‹ Cours pratique de constructionChapitre 23 sur 81 · Transport au tombereau. — Soient en général · texte numérisé non relu

Transport au tombereau. — Soient en général

P, le prix de la journée du moteur, c'est-à-dire le prix du tombereau à un ou plusieurs chevaux, conducteur compris ;

D, la distance réduite du trajet;

C, le chargement de la voiture, exprimé en parties de mètre , cube ou en nombre de pavés d'échantillon, de fascinés, ; bottes de piquets, etc. ; i

L, le parcours journalier de la voiture marchant sans in- ; terruption et faisant la moitié du traget à charge et l'autre . moitié à vide ;

rf, la distance répondant au temps perdu pendant le désat- ^ télage et le réattelage ;

x^ le prix du transport à la distance rf.

Puisque le moteur parcourt L mètres dans 1 jour, il par-

courra 1 mètre dans r jour.

Le parcours étant D, ou l'aller et le retour étant 2D, et le temps perdu pendant le désattelage et le réattelage étant exprimé par une longueur rf, le parcours de chaque voyage set» représenté par 2D -h d.

Le temps employé à chaque voyage sera donc

(2D + rf) - ou — p— .

Or dans un voyage le moteur transporte C mètres cube^ ^

lonc, pour transporter 1 mètre cube, il mettra un temps ex-

primé par —r^ — jour.

Le prix de la journée étant P, le prix de 1 mètre cube transporté à la distance D sera donc :

Telle est la formule générale du transport au tombereau, c'est la formule indiquée dans tous les devis de TadministratioQ des ponts et chaussées.

De cette formule on déduit celle du transport à la brouette, en négligeant la distance d^ répondant au temps perdu.

Lorsque la distance à parcourir ne dépasse pas 800 mètres, on ne met généralement qu^un cheval à chaque voiture, ce système étant souvent le plus économique. Ainsi, on suppose ordinairement que, pour les déblais de terre de toute nature, les transports s'effectuent par une voiture à un cheval.

On ne met deux chevaux qu'autant qu'il y a beaucoup à monter ou que, le chargement du tombereau étant considérable, un seul cheval fatiguerait trop pour le traîner. Ainsi, on suppose que, pour les tombereaux contenant plus de i mètre cube ou chargés de pavés, moellons, pierres calcaires, etc., on emploie une voiture à deux chevaux.

H est admis que, lorsqu'un tombereau arrive au point de chargement, il doit s'en trouver un autre tout chargé, de sorte qu'il n'y a qu'à désatteler et réatteler les chevaux. Mais il arrive souvent que cette manœuvre ne s'exécute pas et que le charretier attend que son tombereau soit plein pour recommencer son voyage. Dans ce cas, le temps perdu par le charretier et les chevaux dépend du nombre des chargeurs ; mais, quel que soit ce nombre, le temps perdu est presque toujours plus grand que celui nécessaire pour le désattelage et le réattelage. Il est donc toujours préférable d'avoir un tombereau en charge à la fouille pendant que le charretier conduit les terres à la décharge. Il faut d'ailleurs que les

chargeurs ne se reposent pas pendant le trajet du tombereau; par conséquent, le temps employé au chargement doit être égal au temps employé à parcourir le relais et au déchargement, plus au temps perdu.

Faisons maintenant une application pour le transport par une voiture à un cheval et pour le transport à une voiture à deux chevaux.

1* Supposons qu'il s'agisse de déterminer le prix du transport de i mètre cube de déblai au moyen d'une voiture à un cheval.

Un cheval attelé à un tombereau peut traîner un poids de 1 000 kilogrammes ; et comme le poids de 1 mètre cube de terre franche est de 1 400 kilogrammes, le volume C que le

cheval pourra transporter par voyage sera donc -— -=O",70.

Le temps perdu au désattelage, réattelage et autres manœuvres est ordinairement, pour une voiture à un cheval, de dix minutes ou 0^167 = 0^,017. Or le moteur parcourt L = 30 000 mètres par jour ; de sorte qu'il parcourrait pendant le temps perdu une distance de

dz=30 000 X 0^,017 =z 510 mètres.

Nous ferons rf=500 mètres.

Le prix de la journée de la voiture à un cheval, conducteur compris, varie suivant les temps et les localités. Nous le supposerons de 8 francs.

Donc, pour les déblais de toute nature, sable, chaux éteinte, jard, etc., on aura :

P = 8^00, d = ^00, C=OVO et L= 30000 mètres.

Et la formule de transport deviendra :

P(2DH-c/) __ 8(2D + 500) 16 4000

^~ LG 30 000 X0,70 ""21000 "*" 21000'

d'où

2"" Déterminons maintenant le prix du transport de 1 mètre cube de moellons bruts au moyen d'une voiture à deux chevaux.

Le poids de 1 mètre cube de moellons bruts étant de 1350 kilogrammes et les deux chevaux attelés ensemble pouvant traîner chacun 800 kilogrammes, ou ensemble 1600 kilogrammes, il en résulte que le volume C qui pourra

être transporté par voyage sera C:= 7^7^=1" ,20.

Le temps perdu au désattelage et réattelage d'une voiture à deux chevaux est de 17 minutes ou 0**,28. Or, la journée étant de dix heures de travail efiFectif, le temps perdu sera exprimé par tf,028. Mais la voiture parcourant 36000 mètres par jour, elle parcourrait pendant le temps perdu une distance de 36000 X 0,028, c'est-à-dire 1000 mètres. Ainsi

(2 = 1000 mètres.

En supposant le prix de la voiture à deux chevaux, conducteur compris, égal à 13 francs, il viendra pour le transport des moellons bruts :

P=13 francs, <f=l 000 mètres, C= 1/20 et L = 36000; et la formule de transport deviendra :

*"" LC ""36 000 + 1,20 ""43 200 43200 '

d'où

On voit par ces deux exemples la manière dont il faut s'y prendre pour déterminer les quantités C et rf, quantités qui varient avec la nature du chargement. Quant à la valeur de L, Oû admet qu'elle est de 30 000 mètres pour une voiture à un ^keval, de 36000 pour une voiture à deux chevaux, et ieiOOOO pour une voiture à trois chevaux.

24. Relais au tombereau. — Pour déterminer la longueur 4u rdais au tombereau, il faut comparer le temps employé

au chargement avec celui employé au parcours du relais et au désattelage et réattelage, plus au chargement. On aura ainsi une égalité de laquelle on déduira la valeur des refais. Désignons par G le cube du chargement d'un tomberi \u, et par q la quantité de mètres cubes qu'un ouvrier peut cl ger en un jour. Cet ouvrier chargera 1 mètre cube dans

- jour, et il chargera le tombereau dans - jour. S'il y a H ou-

vriers chargeurs, ils chargeront le tombereau dans — jour.

Tel est le temps employé à la charge du tombereau.

Désignons par R la longueur du relais, l'aller et retour

sera 2R. Le temps perdu pour le désattelage et le réattelage

étant représenté par une longueur rf, le parcours de chaque

voyage sera (2R+c?). Or la voiture parcourt L mètres dans

1 jour; elle parcourra donc la distance (2R+rf) dans

2R + rf .

—f— jour.

Appelons le temps nécessaire au déchargement par le basculement de la caisse du tombereau ;

Le temps total employé au parcours du relais et au désattelage et réattelage, plus au déchargement sera donc

et nous pourrons poser l'égalité

d'où l'on déduit

Telle est la formule générale qui donne la valeur du relais.

Dans cette formule, nous ferons q=l2, car on admet que la quantité de terre qu'un ouvrier peut charger en tombereau dans 1 jour est de 12 mètres cubes. Nous ferons 0=0', 0033, parce que le temps employé au basculement de la caisse est

de 2 minutes ou 0^,033, ce qui représente (y,0033 pour une journée de dix heures de travail. Enfin, nous prendrons G^0,S00etL = 30000.

. ^ous allons maintenant faire plusieurs hypothèses sur cette

.irmule.

l"" Supposons que le transport soit effectué par un seul tombereau pendant qu'un homme charge un autre tombereau à l'atelier. La formule ci-dessus nous donnera :

d'où d'où

R= 15 000 (0,042—0,407 — 0,0033), R= 15 000 X 0,022 = 330 mètres.

Ce résultat nous fait voir que, si la distance à parcourir dépassait 330 mètres, le chargeur ne se trouverait plus suffisamment occupé. Dans ce cas, on tiendrait tête au chargeur en effectuant les transports au moyen de deux tombereaux attelés chacun à un cheval| mais seulement jusqu'à une distance de SOO mètres, car nous allons voir qu'au delà de cette distance le charretier doit rester seul pour faire lui-même le chargement de sa voiture.

Pour savoir s'il y aurait lieu de mettre deux chargeurs pour une distance inférieure à 330 mètres, il faut dans la formule (E) faire Hî?=2, etl'on trouve R==1S mètres. Or, comme on ne se sert pas du tombereau pour une distance si petite, il en résulte qu'il n'y aura qu'à mettre un chargeur pour tenir tôte au charretier jusqu'à la distance de 330 mètres, et en supposant toujours le transport effectué par un seul tombereau.

^ Supposons maintenant que les transports soient effeo* tués par deux tombereaux attelés chacun à un cheval, ce qui fait qu'il n'y aura pas de temps perdu pour le désattelage et le ré«ttelRge« Dans ce cas, la formule (E) se simplifie et devimt

Comme on n'emploie pas plus de trois hommes au chargement d'un tombereau, parce qu'un plus grand nombre de chargeurs se gêneraient entre eux, nous donnerons successivement à H les valeurs 3, 2 et 1 • Nous prendrons L=30 000 ; y = 12 ; C =0,800 et 6=0,0033 et la formule ci-dessus nous donnera :

Pour H = 3 chargeurs :

^ 30000 ^ 0,50 oQ33| ^ 15900 x 0,0106 = 159 mètres;

Pour H = 2 chargeurs ;

/0^500 0,0033) = 15000X0,0175 = 262 mètres;

Pour H = 1 chargeur :

R = \^ >— 0,0033) = 15 000 X 0,0384 = 576 mètres.

On tire de ces résultats les conclusions suivantes :

Avec trois hommes à la charge, le charretier peut parcourir un relais de ISO mètres au plus ; avec deux chargeurs, le relais peut avoir 280 mètres de longueur au plus ; avec un seul chargeur, le relais peut atteindre 800 mètres ; au delà de 800 mètres, le chargeur ne se trouverait pas suffisamment occupé pendant le parcours du relais, et dans ce cas le charretier doit rester seul et faire le chargement lui-même.

D'après ce que nous venons de dire, il sera facile de déterminer le nombre d'hommes à placer au chargement en raison de l'espace à parcourir par les tombereaux. Ainsi, lorsque la distance ne dépassera pas 180 mètres, on mettra trois chargeurs ; pour un relais de 280 mètres, il faudra deux chargeurs ; à partir de 280 mètres, on ne mettra qu'un seul chargeur; et au delà de 800 mètres, le charretier devra faire lui-même le chargement.

3* Supposons que les transports soient effectués par trois

Lî

DES MOTERS DE TBANSFORT. 33

tombereaux attelés chacun à un cheval. Dans ce cas, doux tombereaux doivent être chai^gés à Tatelier dans Tintervalle du temps employé par le troisième tombereau à parcourir le relais. Pour savoir à quelle distance on pourra employer trois tombereaux, il faudra remplacer dans la formule (F) la quan* tité G par une valeur double, c'est-à-dire par 2 G, et Ton aura Pour 3 chargeurs,

R = — — - f . ., —0,0033 = 15 000 X 0,025=375 mî)lre«. 2 \ 3 X 12 /

Enfin, si Ton voulait employer quatre, cinq ou six, etc., tombereaux aux transports, il faudrait remplacer dans la formule (F) la quantité G par des valeurs triples, quadruples, quintuples, etc., et on en déduirait la longueur du relais. Ainsi, pour quatre tombereaux et trois chargeurs, on trouverait :

R =-- f C^ ]^ — 0,0033 =15 000 X 0,038 = 570 mètres.

On conclurait de ces résultats qu'avec trois hommes à la charge, on peut employer deux tombereaux de 189 mètres & 375 mètres et trois tombereaux de 37S mètres à 570 mètres ^e distance par équipe de chargeurs.

Si nous admettons que la capacité des tombereaux que ^ous avons désignée par G soit déterminée, tout ce que nous Venons de dire est indépendant du nombre des chevaux, l^uisque cette quantité n'aurait pu varier qu'en raison de ce Nombre. Le prix de location du moteur comprend d'ailleurs ^elui du nombre de chevaux.

La formule (D) du transport au tombereau ne comprend ^ue la dépense du parcours proprement dit et celle du désattelage et du réattelage. Il faudra donc compter à part le char^* gement et le déchargement.

Puisque nous avons appelé q la quantité de mètres culies qu'un ouvrier peut charger par jour, cet ouvrier chargera

1 mtoe cube dans - jour. S'il y a H ouvriers chargeurs, ils

31 TERKÂSSEMtirrS.

chargeront i mètre de terre dans ^ • Si /> est le prix de 1

journée d'un ouvrier chargeur, la dépense du chargemer^ t

i p de 1 mètre cube de terre sera » 77- ou -Tr-,

Quant au déchargement, nous avons dit qu'il était de CjOOSS pour O^^SO; donc le temps employé pour décharger 1 mètre cube sera de 0^,0066 ou, ce qui est la même

chose, — - — , puisque nous avons supposé C = 0,800. La de- \

pense du déchargement sera donc/) X — p — .

Supposons qu'au moyen de nos formules, nous ayons trouvé 0^,22 pour le chargement de 1 mètre cube de terre franche, 0^03 pour le déchargement et 0M9 + 0,00076 D pour le transport, nous écrirons les résultats de la manière suivante :

Prix du chargement 0',22

Prix da transport proprement dît. 0,19 + 0,00076 D. Prix du déchargement ,05

Prix total du transport 0^46 + 0,00076 D.

Au moyen de cette dernière formule établie pour la natures^ de terre à transporter, on calculerait la dépense d'un volum€F==^ quelconque de cette terre, chargée, transportée à une distance quelconque et déchargée.

25. Comparaison du transport a la brouette et du traks — RORT EN voiture. — Lo tfausport à la brouette est moin^ onéreux que celui au tombereau, lorsqu'il s'agit de parcourL^ de petites distances. Le contraire a lieu pour les grande^ distances. Il y a donc nécessairement une longueur pour laquelle le prix du transport au tombereau e^l le même que celui du transport en brouette. Pour obtenir cette longueur, il suffit de poser une égalité entre la formule du transport eu brouette et celle du transport au tombereau, puis d'en déduire /

DES HOYlirS ht TRANSPORT. 9S

la djstance D, que nous supposerons la môme dans les à»m formulas. Nous aurons donc :

d'où d'où

donc

Jp^ PJ2D-M)

4 000 "" LC SpLGD =* 2 000 PD 4* i 000 Vd, (/»LG—i0OOP)D3aK0OP(/;

800 Pc/ D =

pLC — I 000 P

En prenant les valeurs P, d, L, G du transport en voiture à un cheval, on auraP=8S00, rf—800, G —0,70, L=: 30 000. Quant au prix du chargeur en brouette, nous prendrons p=2',40, et on aura

1>= iv .^ ' ^^^^^ — r-i:: — rT7r"-^= •O mètres environ.

Ainsi, 60 mètres est la distance limite du transport à la brouette, et c^est alors que doit commencer le transport avec la voiture à un cheval. Gependant on se sert généralement de la brouette jusqu'à la distance de 90 mètres ou trois relais, et même quelquefois jusqu'à 120 mètres ou quatre relais. m4||

Lorsqu'on a des rampes à gravir, on est obligé de prendre une voiture à deux ou trois chevaux pour effectuer les transports. Pour connaître, dans ce cas» la limite à laquelle devra cesser le transport en brouette, il suffit de comparer la formule du parcoui^a en brouette à celle du parcours en voiture à deux ou trois chevaux.

Pour la voiture à deux chevaux, on l'obtiendra, en prenant Ca»0'*,90 au lieu de 1",20, par rapport aux rampes,

2/) ^P( 2P + rf) \ 000 ' LG '

d'où

d'où

D=: ' = 100 mètres environ.

On trouverait que la limite du transport en brouette pour une voiture à trois chevaux serait d'environ 120 mètres.

On admet que, pour les voitures à trois colliers, chaque cheval peut traîner un poids de 700 kilogrammes, ou ensemble 2100 kilogrammes. On calcule d'après cela la valeur C du chargement d'une voiture à trois chevaux.

26. Transport au camion. — Le camion n'est autre chose qu'un haquet ou petite voiture à deux roues traînée par trois hommes dont deux sont placés à l'avant, entre les bras du brancard, et le troisième à l'arrière. La contenance de la caisse du camion est de 200 litres, c'est-à-dire 0'"%200.

Les ouvriers occupés à traîner le camion s'appellent camionneiirs et le transport effectué au moyen de ce véhicule prend le nom de camionnage.

Pour établir la formule applicable à ce mode de transport, nous désignerons par P le prix de la journée du moteur; par D la longueur du parcours ; par d la distance répondant au temps employé pour s'attacher au camion, le décharger et le remettre en marche ; par L le parcours journalier du moteur, et par x le prix du transport de 1 mètre cube à la distance D. En répétant les raisonnements que nous avons faits pour le transport au tombereau, nous trouverons toujours :

P (2D + d) Vd 2P LG LC ^LG

Dans cette formule, on aura :

P=le prix delà journée des trois camionneurs. Chacun d'eux étant payé 2 fr. 40, les trois hommes seront payés ensemble 2S40 X 3 = 7^20 = P;

L=30000 mètres; c'est le parcours journalier du camioa marchant sans interruption et faisant la moitié du trajet à charge et l'autre moitié à vide ;

C=rO"%200; c'est le chargement de la voiture;

d=h distance répondant au temps employé à l'attelage et au déchargement. Or ce temps est évalué à 72 secondes on O'',02= 0^,002, ce qui correspond à une distance

d = 30 000 X.0,002=: 60 mètres.

Donc

d'où

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