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OUVRAGES D'ART, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉRIEL

ARTICLE I

Dessins d'exéeution» traeé» approvisionnements»

métrés et surveiilance.

106. Dessins d'exécution. — Avant le commencement des ^i"avaux, des dessins et profils d'exécution sont remis à Ten- ^ïepreneur, qui est tenu de s'y conformer exactement dans l'exécution des ouvrages.

Les dessins pour les terrassements comprennent le plan, le profil en long et les profils en travers.

Les dessins d'appareil pour les travaux d'art comprennent le plan, la coupe en long, la coupe en travers et l'élévation.

Tous les dessins doivent être cotés avec exactitude. Us doivent être présentés dans le format dit tellière^ de 0°,31 de hauteur sur 0™,2i de largeur.

Un plan général indiquant la position des ouvrages fait ordinairement partie des pièces qui composent un projet. Ce plan général se dresse à Tune des échelles suivantes :

rSTo' 2-^' liïï'o' s^ '^^ iWo- °" f*^* •''^^l^"'^ "^*S«'

autant que possible, des plans du cadastre. Le plan général

doit toujours être orienté.

Les longueurs du profil en long sont rapportées à la même échelle que celle du plan. Les hauteurs sont rapportées aune échelle dix fois plus grande. Les ponts, ponceaux, aqueducs

186 OUVRAGES d'art, CONDUl'l'E DES TRAVAUX, MATÉRIEL.

et autres ouvrages d'art doivent être figurés en coupe sur le profil en long.

Les profils en travers se rapportent à l'échelle de -rry

ou 0",005 par mètre, tant pour les hauteurs que pour les longueurs.

Les profils en travers sont tous rabattus du côté du point; de départ.

Les dessins des travaux d'art, plans, coupes et élévations sont dressés à la même échelle ; mais cette échelle varie aveo les dimensions des ouvrages»

Ainsi, lorsque les dimensions n'excèdent pas 2S mètres ,

l'échelle est de — ou 0",02 pour mètre.

Pour les dimensions comprises entre 2S et iOO mètres,

l'échelle est de rrr ou 0",01 pour mètre.

luo

Pour les dimensions excédant 100 mètres, on prend

l'échelle de — ou 0",005 pour mètre.

Enfin, les dessins de portes d'écluse, de voies et de matériel des chemins de fer, et en général d'ouvrages en charpente

ou en métal sont dressés à l'échelle de r^ ou 0'',0S pour mètre, ou bien à l'échelle de — ou 0",iO pour mètre.

On prend même dans certains cas l'échelle de r ou

0",20 pour mètre.

Sur les plans, coupes et élévations des ouvrages d'art, on doit écrire en chiffres plus prononcés les dimensions principales, par exemple: pour les ponts et ponceaux, l'ouvertureel la montée des voûtes, la hauteur des pieds-droits, l'épaisseur des piles et culées, l'épaisseur à la clef, la largeur entre les têtes, la hauteur et l'épaisseur des parapets, la largeur des trottoirs, etc.

DSS8IN d'iXÉCUTIOM, TRACÉ, APPROVISIONNEMENTS. 187

Lorsqu'il s'agit de la construction d'un bâtiment, le plan, iê8 coupes et les diverses élévations sont dressés à l'échelle de 0*,0( par mètre. Ces dessins doivent être lavés de teintes conventionnelles en usage dans les bâtiments civils, savoir : le noir pour les constructions anciennes et conservées, le rtmje pour les constructions neuves, et \e jaune pour les constructions démolies ou supprimées.

Les dessins permettent à l'appareilleur de tracer en grandeur naturelle l'épure d'exécution des ouvrages d'art. On fait cette épure soit sur une aire plane horizontale en planches ou eu carreaux, soit sur une couche de plâtre bien dressée à la règle et appliquée sur le parement vertical d'un mur bien plan.

S'il s'agit d'une voûte, on détermine les dimensions de toutes les faces de chaque voussoir, d'abord en projection, puis en vraie grandeur, en rabattant les faces qui sont planes et en développant celles qui sont développables. Les panneaux sont relevés ensuite au moyen de feuilles de zinc et servent à guider le tailleur de pierre.

107. Tracé des ouvrages. — Aucun ouvrage ne doit être commencé qu'après que les dispositions détaillées en ont été indiquées par un tracé ou un piquetage fait sur le terrain par l'ingénieur ou un conducteur délégué à cet effet. L'entrepreneur est tenu d'assister à cette opération et d'en faire la reconnaissance avant l'ouverture des travaux. Le piquetage doit être fait d'après les dessins cotés indiquant les dimensions des ouvrages.

Le tracé ou piquetage peut s'appliquer seulement aux axes Ou aux lignes directrices des ouvrages ; il est alors complété par l'entrepreneur selon les dispositions prescrites par Tingénieur.

En ce qui concerne les travaux de terrassements y des piquets numérotés sont placés aux extrémités de chaque alignement droit ou courbe et aux extrémités de chaque pente et rampe, sur l'axe ou sur une ligne parallèle à cet axe. Les piquets sont enfoncés de manière que leurs têtes soient, autant

188 OUVRAGES d'aKT, CpNDClTE DES TRAVA|]X^ MATÉBIEL.

que possible, à la hauteur de l'axe, ou à un nombre exact de décimètres au-dessus ou au-dessous. Les différences sont consignées dans un état de piquetage ou profil en long qui est remis à Tentrepreneur.

L'entrepreneur complète lui-même le piquetage en indi*quant toutes les arêtes du profil en travers au moyen de bornes repères et de piquets de hauteur. Il place en outre les gabarits ou profils nécessaires pour l'exécution exacte des terrassements, tant dans les lignes droites que dans les lignes courbes.

En ce qui concerne les ouvrages (Tort, les axes et les lign directrices sont repérés au moyen de châssis en charpente de dés en pierre solidement fixés dans le terrain par un massi de maçonnerie.

La figure 94 représente un repère d'axe placé à chaque ex

TJ

Fig. 9k.

Fi g. 95.

trémité d'un pont ; la figure 95 représente un repère intermédiaire placé au milieu de Tune des arches. Ce châssis a éie employé également pour repérer Taxe et les lignes directrices^ des principaux travaux d'Amboise.

DESSIN d'exécution^ TRACÉ, APPROVISIONNEMENTS. 189

L'entrepreneur doit prendre à sa charge tous les frais de

tracé ou piquetage et fournir, en conséquence, les ouvriers

ainsi que les piquets, dés, tringles, lattes, perches, châssis et

agrès nécessaires pour régler les talus, pentes et niveaux près-

crits.

n doit, en outre, avoir sur les chantiers les niveaux, mires, jalons, chaînes, cordeaux, etc., nécessaires tant au tracé qu'à la vérification et à l'exécution des travaux.

Dès que l'opération du tracé a été vérifiée et complétée, s'il ;y a lieu, l'entrepreneur en devient responsable. 11 doit veiller 8i la conservation des piquets et repères de nivellement et de plan dont l'état lui est d'ailleurs remis. Il doit remplacer ceux qui seraient dérangés par une cause quelconque. Il reste d'ailleurs responsable de toute irrégularité dans la construction des ouvrages résultant du dérangement des piquets et xepères du tracé.

Pendant l'exécution des ouvrages d'art, l'entrepreneur ne I)eut intercepter les communications existantes, chemins ou ruisseaux ; il doit, sous sa responsabilité, conduire les travaux cle telle sorte que ces communications n'éprouvent aucune entrave et ne présentent aucun danger, et les travaux provisoires qu'il deviendrait indispensable de construire par suite ^eson incurie resteraient entièrement à sa charge.

i08. Approvisionnements. — Les matériaux doivent être approvisionnés à l'avance sur les ateliers et disposés de manière à pouvoir être examinés et reçus par l'ingénieur avant leur emploi.

Les transports de matériaux de chaque espèce sont dirigés Successivement vers l'emplacement de chaque ouvrage d'art, ^e manière à les y réunir en quantité suffisante pour Texé- ^Ution complète d'une des parties distinctes dont cet ouvrage ^e compose.

A toute époque, l'entrepreneur est tenu, sur la réquisition ^e l'ingénieur, de justifier des quantités de matériaux dont l'approvisionnement est assuré aux lieux d'extraction indiqués,

19() OUVRAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉBllEL.

ainsi que des moyens de transport dont il peut disposer ; faute par lui de fournir à ce siget des justiûcations suffisantes, il est considéré comme n'ayant à sa disposition que les approvisionnements rendus à pied d'œuvre, et les mesures nécessaires pour rétablissement d'une régie, s'il y a lieu, peuvent être prises en conséquence.

Les pierres cassées et le sable sont emmétrés soit en cordon continu, soit en tas isolés, suivant les dimensions qui doivent être prescrites par l'état d'indication des fournitures et travaux à faire.

Les pierres de taille sont approvisionnées sur l'atelier, et les blocs sont disposés de manière que l'on puisse aisément en constater la qualité, les dimensions, le cube réel et la surface de parement, compris les lits et joints.

Les moellons ordinaires sont approvisionnés par tas de S mètres de longueur sur 2 de largeur et 1 mètre de hauteur.

Les pavés sont placés en lignes ou en échiquier sur un plan horizontal et sans superposition, de manière que l'on puisse les voir aisément et les retourner dans tous les sens.

Les bois de charpente sont approvisionnés sur les ateliers et disposés de manière que Ton puisse en apercevoir toutes les faces et en constater facilement les qualités, les dimensions et le cube réel.

109. ÂTiACHEMENTs. — Âu fuT et à mesuTO de l'exécution des travaux, il doit être pris des attachements destinés à constater la position et les dimensions de tous les ouvrages établis. Ces attachements sont relevés sur un carnet spécial appelé journal ou carnet. Us doivent être accompagnés de plans, profils et croquis cotés, toutes les fois que cela peut pa — raître utile à la rédaction et à la justification ultérieure des-^ métrés.

Tous les éléments qui peuvent servir à établir la comptabilité des travaux sont inscrits jour par jour sur le carnet. Gesa inscriptions doivent comprendre les journées d'ouvriers et des voitures, les dimensions des ouvrages, les objets à la pièc0

DESSIN d'exécution, TRACÉ, APPROVISIONNEMENTS. 191

OU au poids^ les fournitures diverses, et généralement tous les objets de dépense relatifs aux travaux.

Les attachements qui par leur nature doivent être contradictoires doivent être acceptés et signés par l'entrepreneur.

En cas de réserves, de contestations ou de refus de la part de l'entrepreneur, il doit en être référé à l'ingénieur pendant que les ouvrages en litige restent apparents et que leurs discussions peuvent être vérifiées sans faire de déblais ni opérer de démolitions.

L'article 39 des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs par l'arrêté ministériel du 16 novembre 1866 prescrit à l'adjudicataire, en cas de refus de sa part d'accepter les attachements, ou de ne les signer qu'avec réserves, de déduire par écrit ses motifs de refus dans le délai de dix jours à dater de la présentation des pièces, faute de quoi il est censé accepter lesdits attachements sans réserve. Dans œ cas, il est dressé procès-verbal de la présentation des pèces et des circonstances qui l'ont accompagnée. Ce procèsverbal est annexé aux pièces non acceptées.

Dans le service des ponts et chaussées, les dispositions du carnet sont indiquées par le règlement du 28 septembre 1849. Les instructions sur la tenue du carnet sont les suivantes :

a Art. 9 du règlement. — Tout conducteur attaché à l'exécution des travaux tient un journal ou carnet d'attachements, sur lequel il inscrit tous les faits de dépense, à mesure qu'ils se produisent, par ordre chronologique, sans lacune et sans classification, quels que soient les ateliers confiés à sa surveillance auxquels ces faits se rapportent.

c Ce journal contient, sur la page gauche, le libellé des opérations et leurs résultats, soit en quantités seulement, soit à la fois en quantités et en deniers, suivant les cas.

« En regard de chaque fait, il reçoit, sur la page droite, croquis et l'indication des pièces dont les détails ne peuvent pas être inscrits sur le carnet, enfin les renseignements propres à justifier la quantité et les sommes portées sur la page de gauche.

192 ODVHAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉRIEL.

Qc Les pigueurs et surveillants placés sous les ordres du conducteur sont pourvus de carnets semblables pour les ouvrages confiés à leur surveillance.

(( Les résultats consignés sur les carnets des piqueurs et surveillants sont rapportés par le conducteur sur son propre journal.

<f Art. 10. — Les carnets sont délivrés par l'ingénieur en chef à l'ingénieur ordinaire, qui en numérote les feuillets et les parafe par premier et dernier, avant de les remettre aux conducteurs.

<c Chaque agent est responsable, vis-à-vis de l'administration, de toutes les indications qu'il consigne sur son carnet et des omissions commises dans ses écritures. H ne doit se dessaisir de ce carnet que sur l'ordre de ses chefs.

(( Les carnets successivement remis, dans une même année, à chaque conducteur, reçoivent une série de numéros.

« Art. 11. Tout est écrit à l'encre sur ces carnets. Chaque attachement porte un numéro et est précédé de la date à laquelle il se rapporte.

cf Les attachements qui, par leur nature, doivent être contradictoires, reçoivent sur le carnet la signature de la partie intéressée. En cas de refus de celle-ci, le conducteur prévient aussitôt l'ingénieur.

« Les dépenses qui figurent sur les carnets ne sont portées en compte qu'autant qu'elles sont ensuite admises par les ingénieurs. L'inscription sur le carnet ne constitue pas titre pour les entrepreneurs. »

Outre les travaux terminés, les conducteurs doivent aussi inscrire sur le carnet les travaux non terminés et les approvisionnements.

La question qui consiste à déterminer la nature des constatations qui doivent être inscrites sur les carnets et la manière dont ces inscriptions doivent être faites ayant présenté quelques difficultés, une circulaire ministérielle en date du 25 octobre 1851 est venue donner des instructions détaillées pour Vexécution du règlement du 28 septembre 1849. Nous en

DESSIN d'exécution, TRACÉ, APPROVISIONNEMENTS. 193

i^produîsons l'extrait suivant concernant le carnet d'attachements :

« Sur presque tous les ateliers, il est des ouvrages qui ne peuvent être rigoureusement appréciés qu'au moment même où ils sont exécutés. Une flache que l'on relève sur une chaussée pavée, un pieu que l'on enfonce dans le sol, une pierre détaille que l'on recouvre de maçonnerie, un mur de fondation, etc., ne peuvent être mesurés qu'à un instant déterminé ; si la constatation était différée, il deviendrait le plus souvent impossible de régler les comptes des entrepreneurs sans léser leurs intérêts ou ceux de l'Etat. Il est donc de la plus haute importance que, pour tous les ouvrages dont la trace disparaît ou qui doivent être cachés, la constatation ait lieu sur le fait même et soit immédiatement inscrite sur le carnet.

«Pour les ouvrages qui restent apparents, au moins pendent un certain temps, le métré ne doit être fait qu'alors qu'il est utile de le faire, c'est-à-dire, en général, lorsque l'ouvrage est terminé. Il y aurait en effet des inconvénients graves à faire le métré d'un ouvrage en maçonnerie, par exemple, en évaluant avec plus ou moins d'exactitude, dans chaque reconnaissance des travaux, les cubes irréguliers successivement exécutés, et l'on arriverait très-probablement ainsi, pour l'ensemble, à des résultats fort éloignés de la mérité. Mais cet ouvrage peut presque toujours se diviser en diverses parties parfaitement définies et distinctes, et il convient que l'on procède pour chacune de ces parties, lorsqu'elle est terminée, comme pour l'ouvrage entier, et que le métré en soit immédiatement dressé. On n'aura pas à craindre, en opérant de cette manière, de commettre des erreurs, et l'on atteindra le but que l'on doit toujours se proposer, celui de se rendre à toute époque un compte aussi exact que possible de la situation des travaux.

a Mais les conducteurs des ponts et chaussées n'ont pas seulement à produire la situation des entreprises, alors que les ouvrages, ou du moins certaines parties des ouvrages \ étant terminées, il est utile d'en faire le métré; il faut que,

194 OUVRAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉRIEL.

conformément aux prescriptions des règlements, ils fournissent aux ingénieurs, à la fin de chaque mois, tous les éléments nécessaires pour établir la situation des travaux et qu'ils^ comprennent dans leurs évaluations, indépendamment des ouvrages terminés, les ouvrages non terminés et les approvisionnements.

« Aux termes de Tinstruction du 16 mars. 1850, on ne saurait se dispenser de porter les travaux non terminés et les approvisionnements sur le sommier du conducteur et par conséquent sur le carnet, dont le sommier ne fait que reproduire les inscriptions en les classant dans Tordre convenable ; mais les ingénieurs doivent les faire séparer d'une manière parfaitement distincte des ouvrages dont le métré est définitif et sur lequel il n'y a plus à revenir ; ils doivent, de plus, faire en sorte que, dans les inscriptions du carnet et dans les situations qui leur sont successivement adressées, les ouvrages non terminés et les approvisionnements, dans les transformations qu'ils subissent, ne puissent donner lieu à aucune confusion.

(( Pour atteindre ce résultat d'une manière uniforme, le mode le plus simple, celui qui se prête le mieux à toutes les exigences des travaux, consiste à procéder, à la fin de chaque mois, sans tenir aucun compte des inscriptions du mois précédent, à une constatation nouvelle ab ovo des ouvrages non terminés et des approvisionnements. Quelques exemples feront connaître les avantages de ce mode.

« Un cube de maçonnerie de forme irrégulière n'a pu, dans la situation du premier mois, être évalué que d'une manière approximative ; à la fin du deuxième mois, une partie définie de l'ouvrage est achevée : comment fera-t-on le métré définitif? J'ai déjà dit qu'on s'exposerait à commettre des erreurs très -considérables si l'on procédait par voie d'addition, c'est-à-dire si l'on ajoutait au cube approximatif, porté le premier mois, un nouveau cube évalué aussi d'une manière approximative ; le résultat ainsi obtenu serait souvent fort .différent de celui que Ton trouve en procédant directement,

MBMIN d'exécution, TRACÉ, APPROVISIONNEMENTS. 195

lîgoureusement, au métré de la partie terminée de Touvrage^ On est donc forcément conduit à faire le métré pour Ten-* semble des travaux exécutés pendant les deux mois, et> si Von veut tenir compte du cube porté à la fin du premier mois^ à retrancher ce cube du cube total que le métré définitif a donné. Dès lors, il est plus simple de ne pas tenir compte du métré du premier mois ; on a moins d'opérations à faire, et il est plus facile de retrouver dans les situations mensuelles les éléments du métré général de l'ouvrage.

« D'ailleurs, il n'est pas toujours possible de procéder par différence : une tranchée pour la construction d'une route, d'un canal, d'un chemin de fer, etc., est entamée; le premier mois, un certain cube, approximativement évalué, a été fouillé et transporté à une certaine distance moyenne ; à la fin du deuxième mois, non-seulement le cube a varié, mais aussi la distance moyenne, et souvent les mains-d'œuvre effectuées sur l'ensemble des terrassements, de sorte que de nouveaux prix provisoires doivent être établis pour les termsements effectués dans le premier comme dans le second mois. Dans cet exemple, pour obtenir deux résultats satis* faisants, on ne peut donc, sans se jeter dans des complications excessives, procéder par voie d'addition ni même de soustraction comme pour les maçonneries, et le seul mode simple^ rationnel, est de recommencer à la fin de chaque mois la constatation ab ovo de tous les terrassements en cours d'exécution.

a Les approvisionnements présenteraient des difficultés de même nature, si l'on voulait dans chaque situation tenir compte de ceux qui ont été portés dans les situations précé« dentés, et l'on augmenterait le travail des agents, en même temps que l'on rendrait les vérifications plus difficiles.

« On devra donc procéder de la même manière pour la constatation des travaux non terminés et pour la constatation des approvisionnements.

<c Ces constatations se feront une fois par mois, à l'époque la plus rapprochée de la fin du mois, que le permettront les

196 OUVRAGES d'art, conduite des travaux, matériel.

exigences du service. Elles seront, pour chaque atelier, distinctes des inscriptions qui se rapportent au métré définitif des ouvrages, et formeront des articles nettement séparés, portant en tète :

« Travaux non terminés,

(c Approvisionnements.

<c Et lorsque la situation du mois suivant aura été établie, on tirera un trait rouge en marge de ces articles, afin que^ dans les vérifications et les recherches à faire ultérieurement^ ils ne puissent donner lieu à aucune confusion.

« L'article 11 du règlement du 28 septembre 1849 port© que les attachements qui, par leur nature, doivent être contradictoires, reçoivent sur le carnet la signature de la partie intéressée. Cette prescription n'est applicable qu'aux travaux terminés.

« Pour les ouvrages non terminés et pour les approvisionnements, la signature de l'entrepreneur ne doit par être réclamée. »

Nous allons maintenant, sur la demande qui nous en a été faite par plusieurs jeunes conducteurs, décrire aussi sommairement que possible la manière dont nous avons procédé pour l'inscription au carnet des attachements relatifs aux travaux d'Amboise, et nous prendrons pour exemple le pont du quai des Violettes, établi sur le canal de dérivation de l'Amasse, au passage de la route départementale de Tours à Blois.

Avant que les déblais de remplacement du pont fussent commencés, des profils du terrain ont été levés dans cet emplacement afin de pouvoir établir ultérieurement le cube des déblais. Ces profils ont été relevés sur un cahier spécial, puis signés et acceptés par l'entrepreneur.

Les déblais furent commencés dans le courant du mois de juin 1861, et à la fin du mois une grande partie était exécutée. On en fit le cube approximatif, et on trouva 13S0 mètres. Ce cube fut porté sur le carnet aux Travaux non terminés.

Dans le courant de juillet, l'emplacement du pont fut coin-

TuiLn:12

DESSIN d'exécution» TKâCÉ, APPROVISIONNEMENTS. l97

plétement déblayé jusqu'au niveau de l'étiage (la Loire était à cette époque à l'étiage). On leva de nouveaux profils ; et en les comparant aux premiers profils, on en déduisit les dimensions de rexcavation, et par suite le cube des déblais à sec, qui fut trouvé de 1739^,40. Ce cube total de 1739",40 fut inscrit au carnet aux Travaux terminés avec les dimensions de l'excavation et croquis coté.

On commença ensuite le battage des pieux et palplanches pour l'enceinte des fondations. Au moment de la mise en fiche de chaque pieu et de chaque palplanche, on en mesurait les dimensions, que l'on consignait sur un registre spécial tenu par un agent secondaire. Après le battage, on constatait la longueur de la fiche, c'est-à-dire la quantité dont le pieu ou la palplanche était entrée dans le terrain. On inscrivait cette longueur de fiche sur le registre du battage avec un croquis coté indiquant la position du pieu ou de la palplanche et du terrain (fig. 96). On inscrivait en outre sur le registre, à titre de renseignements, le poids du mouton, la hauteur de chute, le nombre d'hommes employés, le commencement et la fin du battage, le temps employé au battage, en déduisant les heures de repas ; le nombre de volées de trente coups, et enfin la Quantité dont le pieu était entré dans ^G terrain par chaque volée. On inscrirait en outre le poids du sabot dont ^tait armé chaque pieu ou chaque pal- Planche. Ces sabots étaient pesés à avance.

Un plan de l'enceinte des fondations figurait en tôte du registre du battage, et la position de chaque pieu s'y trouvait ^ïxdiquée avec un numéro. Ce numéro était rapporté sur chaque feuillet du registre contenant les renseignements du battage ^*un pieu. Ainsi on écrivit, par exemple :

FIg. 96.

198 OUVRAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉIUEL.

I Grosseur du pieu O^ySl sur O*,20 Longueur du pieu au moment de la mise en fiche* tt ^10 Longueur restant après le battage • • • . • ,89 Longueur de fiche 4 ,2i

La longueur de fiche était en outre contrôlée par la somme des quantités dont le pieu s'était enfoncé à chaque volée de trente coups.

Pour désigner les palplanches, on disait: deuxième ou troisième palplanchedu panneau (3-4), par exemple, c'est^-àdire deuxième ou troisième palplanche du panneau compris entre les pieux n" 3 et 4.

Chaque feuillet du registre recevait, au fur et à mesure des inscriptions, la signature de l'agent secondaire et celle de l'entrepreneur ou de son représentant.

A la fin de juillet, 20 pieux et 10 palplancbes étant battus furent portés sur le carnet aux Travaux non terminés avec la longueur moyenne de fiche déduite des résultats oonsignés sur le registre du battage.

A la fin d'août, il y avait au total 3S pieux et 108 palplanehef de battus. Ces nombres de pieux et palplancbes furent portés^^ sur le carnet aux Travaux non terminés avec les longui moyennes de fiche, déduites des 38 pieux et des 108 palplanches, dont les dimensions étaient consignées sur le gistre du battage.

Le battage fut entièrement achevé dans le courant du moh de septembre, et l'enceinte se composait de 86 pieux et 190 palplancbes. La fiche moyenne des 86 pieux, calculéi d'après les résultats inscrits au registre du battage, a été d^^ 3", 45, et celle des 190 palplancbes de 3",20. La longueui moyenne des pieux et leur grosseur se sont trouvées un plus fortes que les dimensions fixées par les dessins. On s'ef" — ' est alors tenu à ces dernières dimensions, qui étaient d^^ 8 mètres de longueur pour les pieux et 0",20 d'équar^ rissage.

Les palplancbes avaient toutes en longueur et en épaisseiA- t les dimensions prescrites, c'est-à-dire 8 mètres et 0",12 ;

Dnsm d'exécution, tracé, approvisionnements. 199

iôurs largeurs seules variaient, mais la moyenne fut trouvée

égale à celle prescrite, c'est-à-dire 0",28.

La fourniture des pieux et palplanches étant payée au mètre cube^ et le battage d'après la longueur de fiche et la grosseur des pieux et palplanches, on inscrivit donc sur le carnet, aux Travaux terminés^ les trois articles suivants :

Fournilure i 56 pieux. . . . X 5,00 x 0,20 x 0,20 =5 H ,20 j de bois de chêne, i 190 palplanches. x 5,00 x 0,25 x 0,12=28,50 1 ^*»^"fialtage de 56 pieux de 0"*^20 d'équarrissage à 3^,45 de fiche. fiaUage de 190 palplanches de0>»,25 sur 0>»|12 d'équarrissage et 3b,20 de fiche.

On pourrait nous demander pourquoi, au lieu de procéder ^insi, nous n'avons pas porté aux Travaux terminés chaque pieu et chaque panneau de palplanches au fur et à mesure du lattage. La raison en est qu'il y aurait eu complication d'écritures, non-seulement au carnet, mais encore au sommier, qui est la reproduction de chaque article du carnet, et au métré ^es ouvrages terminés que Ton doit produire chaque mois à l'appui des situations mensuelles des travaux. Ainsi les K6 pieux eussent exigé 112 inscriptions au carnet : fS6 pour établir le cube des bois et autant pour le battage ; les 86 panneaux de palplanches eussent exigé également 112 inscriptions; en tout 224 inscriptions au lieu de 3. En outre, ces 22i inscriptions eussent été reproduites au sommier et aux métrés de chaque mois, ce qui fait qu'on aurait eu en tout 672 inscriptions au lieu de 9.

Enfin il y aurait eu également moins de clarté dans les écritures^ car pour connaître le cube total des bois, il eût fallu additionner les quantités portées en compte dans les mois de

juillet, août et septembre. Il eût fallu en faire autant pour connaître le nombre de pieux et celui de palplanches battus, et rien n'eût indiqué la fiche moyenne, ni pour les pieux ni pour les palplanches. En agissant comme nous l'avons fait, le travail a été simplifié et présenté avec plus de clarté.

Les draguages de l'enceinte des fondations ont été commencés dans le courant de juillet et exécutés en même temps que le battage des pieux et palplanches.

200 OUVRAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX» MATÉBIEL.

A la fin de juillet, I2li mètre» cubes de draguage étaien ^t exécutés jusqu'à 1 mètre sous Tcau. Ge cube a été porté su .r le carnet aux Travaux non terminés.

A la fin d'août, irj8 mètres cubes étaient exécutés jusqu'. "à

1 mètre sous Toau, 80 jusqu'à 2 mètres, et enfin 33 mètr L %

cubes jusc^u'îi 2'",f)0 de profondeur. Ces quantités ont él portées sur le carnet aux Travaux non terminés sans nous 6ti préoccupés des quantités inscrites le mois précédent, puisqi la situation se trouvait établie de nouveau.

A la fin de septembre, les draguages de la fouille étaient coi plétement achevés et furent portés sur le carnet aux '^'^rrmr rr terminés de la manière suivante :

DraguagOBsouB Tcau à uno profondeur do ()B| KO & l'^OO 206"i",^ï^8

Cette disposition tient & ce que les prix du draguage variaie~~ nt pour chaque mètre de profondeur. Les draguages sous Te^^u jusqu'à 0'",r)0 ont été considérés comme déblais à sec ^^ comptés comme tels.

Les cubes ci-dessus de draguage ont été inscrits au carn -^^^ avec les dimensions et croquis de la fouille.

Le coulage du béton a ou lieu pendant le mois d'octobfp-"**®» et aussitôt le travail achevé, le cube do béton employé a é ^^ ])orté sur le carnet aux Travaux terminés avec les dimensior^*^' et croquis de la fouille.

Les maçormeries du pont ont été commencées le 24 octobre "® et le 28 oiîtohre les trois assises du socle do chaque culi^ ^^ étaient montées. Le ])lan de chaque assise indiquant les d ^'' mensions de cJiaquo ])ierre a été relevé et inscrit jour par jot -^^" sur le carnet de l'agent secondaire chargé de la survoillnm^^^^ du travail. (Iliaque attaclienient recevait la signature del'ngc^^'^ secondaire et cellfî du re])résentant dcî l'entrepreneur. I^ pl^t-^'**' faible dimension en qu(MUî des pierres de taille employé-^^ dans les diverses assises a été de 0'",H8 , et la plus forte ^^^ O^jOr;. lies cubes de chaque assise ont été trouvés de 0",î> ^*

DBSsnt d'exécution, tracé, approvisionnements. 201

1",04, 0»,93, 1"*,0S, 1 mètre et l'^jOT, et ont été obtenus par l'addition des cubes partiels de chaque pierre composant chaque assise, ce qui a donné un cube total de 8 mètres pour les six assises. Nous avons porté ce cube aux Travaux non ter" minés^ sur la page de gauche de notre carnet, en renvoyant à celui de l'agent secondaire pour les attachements. De plus, nous avons porté sur la page de droite, à titre de complément 6t de renseignements, les dimensions des socles, bien que cela ne fût pas obligatoire.

Les deux socles ayant chacun 8", 10 de longueur, 0"*,75 de hauteur, et le cube 6 mètres étant connu par les attachements de l'agent secondaire, il nous a été plus facile d'en déduire la queue moyenne des pierres, et nous avons trouvé 0",494. La queue moyenne prescrite devait être de 0",80.

Nous avons donc inscrit sur la page de droite de notre carnet la mention suivante :

Maçonnerie de pierre de taille»

Socle des culées du pont. . . 2 X 8,10 X 0,494 X 0,75=6",00.

Le règlement du 28 septembre 1849 prescrit aux conducteurs de relever jour par jour, sur leur propre carnet, les ^sultats des attachements tenus par l'agent secondaire. En ^'inscrivant pas les attachements de chaque assise le jour ^ême que Tagent secondaire les avait relevés sur son carnet, ïîous n'avons point pour cela dérogé à Tesprit du règlement, attendu que les attachements portés au carnet de Tagent secondaire étaient signés par l'entrepreneur, vérifiés et signés Par nous, et qu'enfin les résultats en étaient relevés sur notre propre carnet en temps opportun, c'est-à-dire lorsque toutes les parties de même nature d'un ouvrage étaient terminées. En procédant ainsi, nous avons simplifié nos écritures au carnet, au sommier, et nous avons eu d'un seul coup le cubé total de la pierre de taille. Notre comptabilité a présenté ainsi plus de clarté.

Enfin nous avons porté aux Travaux non terminés cette

202 ODVRAGU d'aAT» CONPUITB DES TRAVAUX^ UAjtmSL.

partie du travail, quoique complètement achevée* La raison e$t que, dans le mois suivant, il y avait encore des maçonneries de pierre de taille à exécuter ; or, pour connaître à la fin de ce deuxième mois le cube total de maçonnerie de pierre de taille exécutée, il eût fallu faire une addition, c'est-à-dire ajouter ce qui avait été fait dans le premier mois et dans le second. C'est ce que nous avons voulu éviter. Nous n'avons donc passé aux Travaux terminés le cube de la pierre de taille des socles que lorsque toutes les maçonneries de pierres de taille du pont ont été terminées ; de cette manière, nous avons eu d'un seul coup le cube total de maçonnerie de pierre de taille exécutée pour la construction du pont.

En général, dans nos attachements, nous avons maintenu aux Travaux non terminés les parties d'un ouvrage, quoique bien définies, tant que les autres parties de môme nature que celle dont il s'agissait n'étaient pas complètement achevées. Alors seulement nous avons passé aux Travaux terminés les parties que nous avions maintenues aux Travaux non terminés quelquefois pendant plusieurs; mois. Nous ajouterons que les quantités ainsi maintenues aux Travaux non terminés étaient nécessairement reproduites à la fin de chaque mois sur notre carnet aux Travaux non terminés j et qu'un trait rouge était tiré en marge de ces articles sur les feuillets des mois précédents. Nous ajouterons aussi que nous faisions accepter et signer par l'entrepreneur les attachements qui, bien que portés aux Travaux non terminés^ devaient, par leur nature, devenir définitifs et être inscrits tels quels ultérieurement aux Travaux terminés; mais cette mesure n'était pas obligatoire, puisque ces attachements étaient déjà signés sur le carnet de l'agent secondaire.

Les détails que nous venons de donner suffisent pour faire comprendre notre manière de procéder aux inscriptions sur le carnet^ et nous allons terminer la description de la tenue des attachements du pont des Violettes sans entrer dans de nouvelles explications.

Outre la maçonnerie de pierre de taille concernant les so-

DESSIN D'KXÉCUTlONy TRACÉ^ APPROVISIONNEMENTS. 203

êtes des culées, il y avait d*exécuté h la fin d'octobre 1 mètre cube de maçonnerie de pierre de taille dans les arêtes des pieds-droits, 18 mètres cubes de maçonnerie de moellons tè* tués et 123 mètres cubes de maçonnerie de moellons ordinaires. Ces diverses quantités furent portées aux Travaux non terminés.

Le 3 novembre, les pieds-droits étaient montés, et Tagent secondaire avait inscrit jour par jour, sur son carnet, les dimensions de chaque pierre de taille placée à Textrémité de chaque assise et formant l'arête des pieds-droits.

Les pierres de taille formant les arêtes des quatre piedsdroits ont eu les dimensions rigoureusement prescrites, c'està-dire 0",60 sur 0",40, et comme chaque pied-droit avait 2 mètres de hauteur, il a été facile d'obtenir le cube 1",92 des quatre arêtes des pieds-droits. Ce cube, consigné sur le carnet de l'agent secondaire, fut reporté sur le nôtre aux Travaux non terminés j de la manière suivante :

Maçùrmerii de pierre de taille, 4 pieds-droits X 0,60 X 0,40 X 2,00 = 1 ,92.

On plaça ensuite les cintres, et le cube des bois fut inscrit immédiatement sur notre carnet aux Travaux terminés avec les dimensions de chaque pièce et le dessin d'un cintre.

On procéda ensuite à la pose des voussoirs et à l'exécution de la voûte. Au fur et à mesure de la pose des voussoirs, l'agent secondaire en relevait le croquis sur son carnet et inscrivait les dimensions de la pierre.

Les maçonneries du pont étaient achevées complètement au 28 novembre, à l'exception des plinthes et parapets qui ne turent posés qu'au mois de mai de Tannée suivante.

Le métré général des travaux du pont fut alors dressé d'après les règles ordinaires, et le cube total des maçonneries a été trouvé de 401 ",54. On fît ensuite le métré de la maçonnerie de pierre de taille et celui de la maçonnerie de moellons têtues.

204 OUVRAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉRIEL.

La maçonnerie de pierre de taille comprenait le sodé des f culées, les arêtes des pieds-droits et les voussoirsdes tètes. Le >^ cube en fut établi et porté sur notre carnet aux Traoaux terminés^ de la manière suivante :

Maçonnerie de pierre de taille.

Socle 2 socles X 8,1 0X0,494X0,75=6,00]

Pieds-droits. 4 arêtes X 0,60X0,40 X 2,00=1,92 M 4,-01 Youssoirs 10,36X0,60 X 6,09=6,09)

Nous avons dit plus haut que les socles avaient 8",10de longueur, O'^fTS de hauteur et que leur cube, d'après les attachements de l'agent secondaire, étant 6 mètres, nous en avions déduit la queue moyenne 0",494. Cette queue moyenne était un peu moins forte que celle indiquée par les dessins, laquelle était de 0"*,50.

Pour les pierres de taille formant les arêtes des pieds^roits, leurs dimensions ont été les mêmes que celles prescrites, c'est-à-dire O^jôO sur O^jiO. Chaque arête ayant 2 mètres de hauteur, le cube des pierres a été obtenu en multipliant les quatre arêtes par la hauteur 2 mètres, puis par 0",60 et O",40, et l'on a obtenu 1^,92. Ce cube est égal à celui consigné au carnet de l'agent secondaire.

Quant aux voussoirs, le cube de chacun figure au carnet de l'agent secondaire et le cube total est de 6,09. Or tous ces voussoirs ont chacun 0",60 de hauteur, d'où il suit que la courbe passant par leur milieu a 3™, 30 de rayon (la voûte ayant 3 mètres de rayon), et par suite 3",14 X 3",30=10',36 de développement. En divisant le cube 6",09 parle produit 10°',36x0'",60, nous avons obtenu la queue moyenne des voussoirs, c'est-à-dire 0'",49. Cette queue moyenne n'est autre chose que la longueur des voussoirs dans le sens de l'axe de la voûte. La queue moyenne fixée par les dessins était de 0",50.

En ce qui concerne la maçonnerie de moellons têtues, le cube a été facile à établir ; il a suffi de faire la somme des

DESSIN d'exécution, TRACÉ, APPROVISIONNEMENTS. 20S

surfaces des plans de têtes, de Télévation des pieds-droits et de l'intrados de la voûte, puis de multiplier par l'épaisseur fixe de 0",40. On a trouvé 70», 64.

Enfin le cube des maçonneries d'intérieur en moellons ordinaires a été obtenu en retranchant du cube général 401'»,54 la somme 84^,65 des cubes 14°*, 01 et 70", 64 de pierre de taille et de moellons têtues, et l'on a trouvé 316™,89.

La chape en mortier de ciment de Portland, de 0™,04 d'épaisseur, et composée de deux parties de ciment et trois parties de sable, fut appliquée sur la voûte le 3 décembre et portée immédiatement sur notre carnet aux Travaux terminés.

Telle est la manière dont nous avons tenu nos attachements ; et en procédant comme nous Tavons fait, nous connaissions tous les jours la situation des travaux et nous étions en mesure de répondre aux questions qui pouvaient nous être posées, n nous a été facile d'établir le décompte définitif des travaux du pont et de le présenter d'une manière simple, claire et précise. Il en a été de même pour l'écluse de dérivation de l'Amasse et pour les têtes du souterrain. Enfin l'état comparatif des dépenses, entre les ouvrages exécutés et les ouvrages prévus, a pu être dressé avec la plus grande facilité.

110. Métrés. — Tous les ouvrages, sans exception, doivent être 'mesurés et comptés d'après les dimensions spécifiées dans les dessins et ordres d'exécution. Si les dimensions en œuvre sont plus faibles que celles prescrites, les prix ne seront appliqués, en cas de réception, qu'aux quantités réellement exécutées ; si elles sont plus fortes, il n'est pas tenu compte à l'entrepreneur de l'excédant qui en résulte.

Les métrés établis avant l'exécution des travaux, d'après des profils ou gabarits placés à l'avance, et ceux dressés en cours d'exécution doivent être inscrits sur le carnet d'attachements, puis signés et acceptés par l'entrepreneur.

Métré cTun ponceau, — Nous allons donner ici, sur la de-

206 OUVRAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉRIEL.

mande de plusieurs de nos souscripteurs, le métré d'un ponceau. Nous prendrons pour exemple le ponceau indiqué en élévation, en plan, en coupe en travers et en coupe en loDg par les figures 97, Â, B, G, D. ^-^ La figure 98 indique les dimensions d*un sommier.

Vif. «7, A.

ffif . «T, a.

Ce ponceau a été exécuté en 1851 sous notre direction per^ sonnelle, pour le compte de la ville de Meung-sur-Loire, département du Loiret. Nous en avons fait et présenté le projet qui a été approuvé par le comité consultatif des travaux publics. M. le préfet du Loiret nous a fait donner avis de C0tte approbation par M. le maire de Meung.

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208 OUVRAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉRIEL.

m. Surveillance des travaux. — La surveillance des travaux est exercée par des chefs d'ateliers appelés surveillants^ puis par des agents secondaires et enfin par le conducteur des ponts et chaussées. Le contrôle de cette surveillance appartient à l'ingénieur chargé du service. La surveillance consiste à veiller à ce que l'entrepreneur se conforme aux conditions qui lui sont imposées par le devis et le cahier des charges.

U2. Réceptions. — Tous les matériaux doivent être vérifiés et reçus par l'ingénieur avant leur emploi.

Les ouvrages exécutés sont l'objet de deux réceptions générales, Tune provisoire et l'autre définitive.

113. Réceptions de matériaux. — Les matériaux approvisionnés doivent être groupés et mis en état de réception suivant les dispositions prescrites par l'ingénieur. Ces dispositions sont généralement celles que nous avons indiquées au numéro 108, kVdiTiicle Approvisionnements.

Lorsqu'il s'agît de matériaux à compter en dehors des ouvrages, c'est-à-dire de matériaux qui doivent figurer au décompte de l'entreprise explicitement et sans être confondus dans les ouvrages, soit parce que l'administration en a simplement demandé la fourniture, soit parce que le devis a prescrit d'en évaluer séparément la fourniture et l'emploi, ils peuvent être reçus et comptés par masses, au lieu de l'être à la pièce, si l'ingénieur le juge convenable.

Dans ce cas, le compte des matériaux est établi au moyen de tas d'épreuve, comme il suit :

Les matériaux ayant été groupés ou emmétrés en tas par l'entrepreneur, conformément aux indications de l'ingénieur, l'entrepreneur remettra à l'ingénieur la note détaillée des quantités comprises dans chaque tas, et ce dernier désignera un ou plusieurs de ces tas qu'il fera trier, compter ou emmétrer par des ouvriers de son choix. Si la quantité trouvée par cette vérification est moindre que celle portée sur la note, l'ensemble de la fourniture sera frappé d'une réduction pro-

DESSIN d'exécution , TRACÉ, APPROVISIONNEMENTS. 209

portionnelle à la différence ; si elle est égale ou plus grande, les quantités portées sur la note seront simplement admises. Dans le triage, on enlèvera les matériaux de mauvaise qualité ou de dimensions insuffisantes, et dans Temmétrage, on serrera les matériaux à la main avec le moins de vide possible ; Ventrepreneur.ne pourra réclamer aucune indemnité pour les matériaux de cette nature qui resteront incorporés dans la totalité de la fourniture.

Les matériaux comptés à la pièce, tels que pavés, boutisses, bordures de trottoirs, etc., qui sont refusés au moment delà réception, doivent être rangés de côté et enlevés dans un court délai. Ils peuvent être marqués à la peinture à l'huile d'une large croix rouge ou noire.

La réception des matériaux est faite par Tingénieur ordinaire accompagné du conducteur et en présence de Tentrepreneur. Elle est constatée par un procès-verbal de réception dressé en triple expédition. L'une des expéditions est remise à l'entrepreneur, la seconde est conservée par l'ingénieur, et la troisième est envoyée à l'ingénieur en chef.

Le procès-verbal indique en toutes lettres les quantités do chaque espèce de matériaux auxquelles l'ingénieur a reconnu les qualités et dimensions prescrites par le devis et qu'il a reçues.

Les quantités de matériaux reçues font immédiatement l'objet d'un article au journal du conducteur.

Lorsqu'il s'agit de matériaux à compter dans le corps des ouvrages, c'est-à-dire de matériaux qui ne doivent figurer au décompte de l'entreprise que confondus dans les ouvrages, ils sont, avant l'emploi, l'objet de réceptions faites au fur et i mesure de leur livraison et ayant pour but de constater leur bonne qualité et la convenance de leurs dimensions.

Les matériaux rebutés sont rangés de côté pour rester en >'ue du chantier jusqu'à l'achèvement des travaux, afin qu'on soit sûr qu'ils n'ont pas été employés. Ils sont marqués à la peinture à l'huile d'un point ou d'une croix rouge ou noire. Les pièces qui ne sont pas susceptibles de recevoir cette mar-

2d0 OUVRAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉRIEL.

que sont immédiatement enlevées des magasins et chantiers.

Par exception à cette règle, le sable, les graviers, les pierres cassées, les mortiers et bétons déclarés non recevables sont immédiatement jetés et employés dans les remblais ordinaires.

Il est dressé un procès-verbal des matériaux reçus ou refusés, et une copie de ce procès-verbal est remise à l'entrepreneur.

La réception des matériaux à compter dans le corps des ouvrages ne fait point l'objet d'un procès-verbal, et le conducteur n'a rien à inscrire sur son journal.

114. Réceptions des ouvrages. — Indépendamment des réceptions partielles des matériaux, deux réceptions générales sont faites après l'achèvement des ouvrages, l'une provisoire et l'autre définitive.

La première réception générale, dite réception provisoire, a lieu aussitôt après le complet achèvement des travaux et a pour objet de fixer d'une manière précise le jour à partir duquel le délai de garantie a commencé de courir. Elle est constatée par un procès-verbal dans lequel l'ingénieur déclare qu'après avoir examiné et vérifié les travaux, il reconnaît que ces travaux sont terminés et qu'ils peuvent être reçus provisoirement. Le procès-verbal est dressé en trois expéditions : l'une pour l'ingénieur en chef, l'autre pour l'entrepreneur et la troisième pour l'ingénieur ordinaire. Il n'est pas nécessaire de joindre de décompte à ce document.

Si, au moment de la réception provisoire, l'ingénieur reconnaît ou présume que des matériaux de mauvaise qualité ou de dimensions insuffisantes ont été employés, il ordonne la démolition des ouvrages, et la réception est ajournée jusqu'à ce qu'ils aient été rétablis en matériaux de bonne qualité ou de dimensions convenables. L'entrepreneur ne peut se prévaloir des réceptions partielles pour justifier l'emploi de matériaux de mauvaise qualité. En ce qui concerne les dimensions inférieures des matériaux, l'entrepreneur ne peut pas non plus réclamer le maintien de dimensions jugées insuffisantes

DESSIN d'exécution, TRACÉ, APPROVISIONNEMENTS. "^M

par ringénieur en se prévalant de Tarticle 23 des clauses et conditions générales du 16 novembre 1666, qui dit que, dans le cas de dimensions plus faibles que celles prescrites, les prix seront réduits en conséquence, car ce môme article dit aussi que l'entrepreneur ne peut de lui-môme apporter aucun changement au projet ; qu'il est tenu défaire immédiatement, sur Tordre des ingénieurs, remplacer les matériaux ou reconstruire les ouvrages dont les dimensions ne sont pas conformes au devis.

La seconde réception générale, dite réceptmi définitive^ a lieu à l'expiration du délai de garantie, c'est-à-dire six mois après la réception provisoire pour les travaux d'entretien, les terrassements et les chaussées d'empierrement, et un an pour les ouvrages d'art, selon les stipulations du devis (art. 47 des clauses et conditions générales de 1866).

Un procès-verbal de cette réception délînitive est dressé par l'ingénieur qui constate que les travaux satisfont aux conditions du devis et sont en bon ét..t d'entretien, et déclare qu'il y a lieu d'en accorder la réception définitive.

Ce procès-verbal est accompagné du décompte définitif d(;s ouvrages exécutés et des dépenses faites.

Le procès-verbal de réception définitive est adressé à l'ingénieur en chef pour être vérifié et approuvé par lui, s'il y a lieu.

Entre les deux réceptions générales, l'entrepreneur demeure responsable de ses ouvrages, et il est tenu de les entretenir en bon état et à ses frais.

Ho. Décomptes. — Les décomptes concernant une entreprise sont provisoires ou définitifs. Ils sont/ dans Ujus les cas réglés au moyen des attachements pris en cours d'exécution conformément aux règlements de comptabilité du service des ponts et chaussées.

Le décompte provisoire est dressé chaque fois qu'il s'agît de délivrer un à-compte à un entrepreneur. Ce décompte provisoire indique : T le montant des ou\ra^es terminés et d

212 OUVRAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉRIEL.

penses faites au 31 décembre de l'année précédente ; 2° le montant des dépenses portées sur le dernier décompte dressé sur l'exercice courant ; 3® les travaux exécutés (travaux terminés, non terminés et approvisionnements) depuis le dernier décompte provisoire^ avec les quantités et les dépenses ; 4° le détail des fournitures faites par l'entrepreneur depuis le dernier décompte provisoire avec les dépenses qui en résultent.

Ce décompte contient en outre une situation comparative des fonds ordonnancés et des certificats de payement précédemment délivrés.

Le certificat pour payement et le décompte sont envoyés à l'ingénieur en chef; le certificat pour payement est seul produit au payeur à l'appui du mandat.

D'après l'article 40 des clauses et conditions générales de 1866, il doit être dressé à la fin de chaque mois un décompte provisoire des ouvrages exécutés et des dépenses faites, pour servir de base aux payements à faire à l'entrepreneur.

Un décompte provisoire dit décompte de fin d'année est dressé pour chaque entreprise au 31 décembre. Ce décompte est notifié à l'entrepreneur avec délai de vingt jours pour la production de ses observations à l'ingénieur en chef. (Art. 41 des clauses et conditions générales.)

Ce même décompte est adressé à l'ingénieur en chef en même temps qu'on le notifie à l'entrepreneur. Ces notifications doivent être terminées avant le 1" mars.

Le décompte définitif est dressé lorsque les travaux d'une entreprise sont complètement achevés. On doit indiquer dans le décompte définitif les fournitures faites par l'entrepreneur en quantités et en deniers et donner le détail des travaux par sections de l'avant-métré, par ouvrages d'art, par nature de travaux, terrassements, maçonneries, charpente, etc., avec les quantités et les dépenses.

Le décompte définitif est certifié par l'ingénieur et présenté à Tacceptation de l'entrepreneur avec délai de vingt jours pour la production de ses observations. Il est dressé

DESSIN d'exécution, TRACÉ, APPROVISIONNEMENTS. 213

procès-verbal de la présentation du décompte à l'entrepreneur et des circonstances qui l'ont accompagnée.

Le décompte et le procès-verbal de réception définitive sont adressés à l'ingénieur en chef avec le certificat de payement. Cette dernière pièce doit contenir la récapitulation par masse des dépenses détaillées au décompte que conserve l'ingénieur en chef.

116. Mise en régie d'un entrepreneur. — D'après l'article 3S des clauses et conditions générales, lorsqu'un entrepreneur ne se conforme pas soit aux dispositions du devis, soit aux ordres de service qui lui sont donnés par lés ingénieurs, un arrêté du préfet le met en demeure d'y satisfaire dans un délai déterminé. Ce délai, sauf le cas d'urgence, n'est pas de moins de dix jours à dater de la notification de l'arrêté de mise en demeure.

A l'expiration de ce délai, si l'entrepreneur n'a pas exécuté les dispositions prescrites, le préfet, par un second arrêté, ordonne l'établissement d'une régieaux fraisdel'entrepreneur. Il en est aussitôt rendu compte au ministre, qui peut, selon les circonstances, soit ordonner une nouvelle adjudication à la folle enchère de l'entrepreneur, soit prononcer la résiliation pure et simple du marché, soit prescrire la continuation de la régie.

Tout conducteur qui veut mettre sa propre responsabilité à couvert doit tenir scrupuleusement ses chefs au courant de l'avancement graduel des travaux et de l'état des approvisionnements.

Lorsqu'on prévoit, d'après les ressources dont dispose l'entrepreneur ou d'après sa manière de faire habituelle, qu'il lui sera impossible de terminer ses ouvrages pour l'époque finale qui lui a été assignée, les ingénieurs adressent au préfet un rapport de service bien motivé dans lequel ils signalent les circonstances desquelles il résulte que les conditions de l'adjudication ne sont pas remplies et qu'il y a lieu de suppléer à l'inaction de l'entrepreneur.

214 OUVRAGES d'art, conduite des travaux, matériel.

L'entrepreneur est alors mis en demeure, par arrêté du préfet, de fournir une quantité convenablement déterminée de matériaux par semaine^ ou d'employer à ses travaux tant de voitures et d'ouvriers par jour, sous peine de voir ces nouvelles prescriptioriS exécutées à ses frais, à la diligence de l'administration des ponts et chaussées. Si cette mesure ne produit pas son effet dans le délai fixé par l'arrêté lui-même, l'ingénieur dresse un procès-verbal constatant l'inexécution des conditions imposées parla mise en demeure, et un second arrêté préfectoral autorise la mise en régie de l'entreprise k partir de la notification qui en est faite à l'entrepreneur. L'arrêté préfectoral prescrit l'organisation de la régie, en détermine les conditions et nomme le régisseur.

Au moment de l'établissement de la régie et avant la prise de possession de l'atelier par l'administration, il doit être dressé, en présence de l'entrepreneur, ou lui dûment appelé, un inventaire descriptif des équipages, outils, ustensiles de l'entrepreneur et de tout le matériel de ses ateliers. Il doit être dressé en outre un état de situation des travaux exécutés, des matériaux approvisionnés et des dépenses faites. L'état d'inventaire et l'état de situation^ en cas de refus par l'entrepreneur do les reconnaître et de les signer, doivent être revêtus de toutes les formes nécessaires pour établir leur autlicnt^cité.

Lorsque radministration institue un régisseur, elle est tenue de survciUcr sa gestion et de lui faire dresser dos comptes ; autrement une partie de l'excédant des dépenses en augmentation peut être mise à sa charge.

Les opérations de la régie sont inscrites sur un carnet spécial tenu par le conducteur chargé de diriger la régie.

Pendant Texécution de la régie, l'entrepreneur a le droil d'obtenir communication do toutes les pièces comptables, sans que, bien entendu, il puisse entraver la marche des travaux. 11 a éîJi'alonient lo droit, après l'exécution des travaux, dc:^ vodamor un compte do clore a maître de toutes les dépense=:^-^ dr la rriiio. jMais c'est là un droit porv^^onnel h l'entrepreneur -

DESSIN d'exécution, TRACÉ, APPROVISIONNEMENTS. 2lS

ses créanciers n'auraient pas qualité pour réclamer cette communication ni ce compte.

Ainsi donc, à l'époque de la formation du compte de sa régie, l'entrepreneur doit être admis à la discuter et à réclamer la justification des dépenses et frais de régie.

Afind'ôter tout prétexte de réclamations aux entrepreneurs au sujet de la régie, il faut remplir exactement les formalités préalables de la mise en régie, c'est-à-dire notifier l'arrêté préfectoral prononçant la mise en régie et dresser l'inventaire du matériel avant la prise de possession des ateliers.

Il faut aussi que les marchés passés par l'entrepreneur soient maintenus lorsque les parties avec lesquelles il a contracté offrent des garanties suffisantes pour l'exactitude de l'exécution; qu'il ait la faculté de présenter des fournisseurs, sous-traitants et ouvriers auxquels on devra donner la préférence, lorsque l'ingénieur les aura reconnus admissibles, et que la régie n'aura pas déjà pris avec d'autres des engagements définitifs.

En conséquence de l'article 35^ lorsque les travaux de l'entreprise sont peu avancés, la mise en régie n'est que le prélude de la résiliation suivie de la réadjudication sur folle enchère; mais c'est là un droit rigoureux que l'administration n'exerce que dans des cas exceptionnels.

Il arrive aussi quelquefois, que soit par esprit de bienveillance de l'administration, soit sur la réclamation formée par l'entrepreneur contre la mise en régie, cette mesure est annulée ou rapportée eu égard aux circonstances. Il y a alors résiliation pure et simple et l'administration fait alors exécuter les travaux à son propre compte, soit d'après une réadjudication, soit par régie.

L'entrepreneur peut d'ailleurs être relevé de la régie, s'il justifie des moyens nécessaires pour reprendre les travaux et les mener à bonne fin.

Il est entendu que l'entrepreneur supporte les augmentations de prix que subissent les ouvrages et la main-d'œuvre par suite de la mise en régie ou de la réadjudication sur folle

216 OUVRAGES d'art, conduite des travaux^ matériel.

enchère. II est entendu également que s'il y a une diminution dans les prix des ouvrages, Tadministration profite seule de ce bénéfice.

ARTICLE IL

Appareils employés pour le transport^ le bardage^ le montage

et la mise en place des matériaux.

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