‹ Cours pratique de constructionChapitre 64 sur 81 · II. — FONDATION SUR UN SOL INCOMPRESSIBLE TRÈS-PERMÉABLE · texte numérisé non relu

II. — FONDATION SUR UN SOL INCOMPRESSIBLE TRÈS-PERMÉABLE

167. Les fondations des écluses sont souvent établies sur des terrains de sable et gravier très-perméables et quelquefois sur des bancs de roche fendillée qui donnent issue à des sources abondantes. Dans ces circonstances, les épuisements

ÊŒUSEa ET AUTBXS OUVRAGES HTDRAtJUQUES. 361

<3eviendraieDt extrêmement onéreux, et l'on ne peut songera ce mode de fondation.

Le moyen h employer pour fonder dans ce cas consiste à établir dans la fouille de l'écluse une couche de béton assez épaisse pour résister sans se soulever ni se rompre à la pression âel'eau. On appuie sur cette couche et dans l'emplacement des bajoyers de l'écluse des batardeaus en béton, en réservant seulement la laideur nécessaire pour construire le parement' des bajoyers. On épuise ensuite les eaux dans cette sorte de vase et l'on construit i sec.

Ainsi soit abcd l'épaisseur de la couche de béton et be le parement extérieur des bajoyers {fig. 153).

Après avoir enfoncé une pile de pieux le long de la fouille, on y adosse un vannE^e de voliges be et sur le chapeau qui couronne les pieux on place une longrine fy à l'extrémité de laquelle on fixe deux moises légères k et i. Dans l'intervalle de ces deux moïses on place des palplanches que l'on fait pénétrer d'environ 0",iO dans la couche de béton. Entre les palplanches et le vannage de voligeson établit lebatardeau en coulant du béton. On a ainsi l'avantage d'avoir des batardeaux parfaitement étancbes et de réduire beaucoup le cube de la maçonnerie à exécuter par épuisement au-dessus du niveau de l'eau.

Ce système de fondation peut s'appliquer non-seulement aux écluses de navigation, mais aux écluses des usines, aux barrages mobiles et en général à toutes les fondations hydrauliques à faire sur une surface assez étendue pour permettre l'établissement de batardeaux en béton qui puissent être compris dans la masse de l'ouvrage que l'on exécute.

Quelquefois un sol perméable qui ne permet pas de faire

282 FONDATIOIIB.

une fondation par épuisement n'a qu'une faible épaisgeur. Dans ce cas, on pourrait employer un moyeu appliqué à l'écluse d'embouchure du canal des Ârdenues dans la Meuse. Là, on avait vainement tenté d'épuiser : le gravier de la fouille communiquait avec la Meuse et les machines étaient impuissantes à faire baisser les eaux. La couche de gravier n'avait que 2 mètres environ d'épaisseur. On enfonça autour de la fouille deux lignes de palplanches distantes de 1",80 environ ; on dragua le gravier entre les palplanches et on y fit un corroi d'argile reposant sur la couche imperméable. On put donc la mettre à sec et y placer sans difficulté une couche de béton, sur laquelle on éleva l'écluse.

§ Ul. — FONDATION SUR UN SOL COMPRESSIBLE.

168. Lorsque le sol sur lequel on doit établir la fondation d'une écluse est compressible, il peut se présenter deux cas : ou la couche compressible a moins de 7 à 8 mètres, Ou elle a une épaisseur plus grande.

Premier cas. — Si la couche compressible a moins de 7 à 8 mètres d'épaisseur, il convient d'avoir recours à l'emploi des pieux, à moins que le sol incompressible ne soit peu éloigné du niveau auquel la fondation est projetée. Alors, s'il s'agit d'une écluse à sas, on peut fouiller jusqu'au terrain solide et remblayer avec du sable, du gravier ou des moellons, puis, sur le tout, immerger une couche de béton d'épaisseur convenable, pour résister à la sous-pression. Quand il en coûterait plus pour fouiller et former l'enrochement que pour battre des pieux, on préfère ce dernier moyen.

Si le sol incompressible est à une certaine distance du niveau auquel la fondation est projetée^ on fait la fouille en draguant, puis on bat des pieux et on les recèpe; si les eaux sont peu abondantes, on les épuise et on pose sur la tête des pieux un grillage sur lequel on élève la maçonnerie à sec.

PIEUX, PILOTS ET PALPLANCUES. 283

Quatid àii cohtraire Iib battage des pieux ou la natut^ même du terrain ont fait surgir des sources abondantes, oh peut échouer, sur la tête des pieux, des traversines, comme cela se fait dans la fondation des piles de pont, puis couler du béton etfôtldéi' comme nous l'avons dit précédemment.

Deuxième cas. — Quand le sol compressible a une épaisseur indéfinie et qu'il est homogène, les pieux ne serviraient à rien, et on emploie quelquefois un grillage ; mais comme le poids d'une écluse ne se répartit pas également, que le sas est plus léger que les bajoyers, il convient de donner la plus grande force au grillage : ainsi, au lieu de mettre de simples trayersines qui plieraient, on en fait des poutres armées en plaçant au-dessous de ces pièces deux arbalétriers butant contre un poinçon et solidement reliés à la traversine par des assemblages à redans et par un boulon au moins (fîg. 1S4).

On rend toutes les traversines solidaires, au moyen de Ion- ^**

grines, et sur le tout on élève le massif de fondation. Mais, avant de construire l'écluse» il convient de chaîner ce massif d'un poids au moins égal à celui qu'il aura à supporter, afin d'obtenir tout le tassement qui doit se produire avant de faire les maçonneries.

ARTICLE Vm.

Pienk, pilots et palplaaehes*

§1. — PIEUX, PltOTS, PILOTIS.

169. On apipclle pieux ies pièces de bois qui ont la moitié de leur longueur enfoncée dans le sol, et l'autre moitié hors du terrain, comme dans les ponts de charpente. Les pieux

sont destinés à porter un édifice construit hors de l'eai:^,

On appelle pilots des pièces de bois entièrement enfoncée^ dans le sol et destinées à porter un ouvrage fondé sous les basses eaux.

On appelle pilots de rive ceux qui forment le périmètre extérieur d'une fondation, et pilots intérieurs ceux qui sont placés dans Tenceinte de la fondation.

On appelle joe/o^îs un ensemble de pilots battus, par rangs et par files, à une distance plus ou moins rapprochée les uns des autres.

Les arbres de droit fil conviennent très-bien pour faire des pieux ; on doit enlever Técorce, afin de rendre leur surface plus lisse et de faciliter le battage en diminuant le frottement; mais on conserve généralement l'aubier^ qui, dans le chêne par exemple, a une force peu inférieure au bois de cœur, tandis que Técorce n'ajoute aucune force au bois. On doit éviter d'équarrir les pieux^ afin de ne pas trancher les anneaux ligneux, dont la contexttîre, plus ou moins serrée que celle des interstices qui se trouvent de Tun à Tautre de ces anneaux, résiste mieux dans les arbres entiers.

Les pieux de fondations sont presque toujours des bois de chêne ou de sapin, et quelquefois de châtaignier. L'aune et le hêtre résistent parfaitement dans les terrains humides. Au pont des Violettes, à Amboise, nous avons employé pour pieux de fondations des bois d'aune concurremment avec des bois de sapin.

La grosseur à donner aux pieux d'une fondation varie de j 0'",20 à 0™,30 au milieu, pour une longueur de S à 6 mètres, j Au pont des Violettes, à Amboise, les pieux d'angles avaient j 0",25 de grosseur et les pieux intermédiaires 0"*,20.

La grosseur des pilots se détermine d'ailleurs d'après leur , longueur et la charge qu'ils doivent supporter. On se sert généralement, pour trouver le diamètre des pilots, de la formule suivante :

PIEUX, PILOTS ET PALPLANCHES. 28S

dans laquelle d représente le diamètre du pilot et /sa longueur eiprimÂd en mètres. Ainsi, pour des pieux de â^^GO, on aura :

L'espacement des pieux varie de 0",80 à 1",80. Cetespaeement dépend d'ailleurs du nombre de pieux à placer dans l'étendue d'une fondation, et ce nombre de pieux dépend luimême de la charge à supporter. Nous avons indiqué au nuinéro 154 la manière de calculer le nombre de pieux à empbyer dans une fondation.

On appelle /îcA^ d'un pieu la longueur qui a pénétré dans ksol lorsqu'il est arrivé au refus absolu.

§ II. — PALPLANCHES.

170. On appelle palplanches des madriers dont la largeur Tarie de 0",20 à 0",40, et dont l'épaisseur varie également AO'jOS à 0",15. Au pont des Violettes, nous avons employé

; As palplanches de 0",25 de largeur sur 0",12 d'épaisseur.

" ÎQ général, les palplanches ont, en longueur, 1 mètre à 1",S0 A moins que les pieux.

Page 1