‹ Cours pratique de constructionChapitre 65 sur 81 · III* — BATTAGE DES PIEUX ET PALPLANCHES · texte numérisé non relu

III* — BATTAGE DES PIEUX ET PALPLANCHES

ni. Le battage des pieux et palplanches comprend trois ^rations distinctes :

1* L'affûtage et le sabotage du pieu ou de la palplanche;

2^ La mise en fiche ;

3* Le battage proprement dit, qui s'effectue au moyen de ^^chines spéciales, dites machines à battre les pieux .

*72. Affûtage et sabotage des pieux et palplanches. — ^ affûtage des pieux consiste à les tailler en pointe à leur ex-

Fig. 455.

trémité inférieure, ce qui leur permet de pénétrer plus facilement dans le sol.

Le sabotage consiste à armer la pointe des pieux d'un sabot en fonte, en fer forgé ou en tôle, ce qui les empêche de s'é-

mousser lorsqu'ils s'enfoncent dans les terrains durs.

Dans les terrains tendres ou fecilement pénétrables, on peut se borner à fidre durcir au feu la pointe des pieux.

Les sabots doivent être fixés solidement aux pieux. Ceux en fer forgé (flg. 185) ont leurs trois branches percées de trous, ce qui permet de les fixer sur le pieu.

Ceux en fonte (flg. 1S6) sont fixés au pieu par le moyen d'une broche en fer terminée à son extrémité inférieure par un petit cône qui forme alors la pointe du sabot. On enfonce la broche dans le pieu h coup de marteau, et une fois entrée, cette broche ne peut plus sortir par rapport à sa forme dentelée en crémaillère.

Les sabots en tôle ont une forme conique à base circulaire, et ils enveloppent entièrement la pointe du pieu. L'extrémité du sabot se termine en pointe de fer et est formée d'un noyau plein deO",10 soudé à la tête. Les sabots se fixent aux pieux au moyen de clous. A Au pont des Violettes, à Am-

boise, nous avons employé des sabots coniques en tôle, système Ca* muzat, Ces sabots (fig. 1S7, A, B, C) avaient 0"^,^^ de hauteur et 0"*,nS Fig. 157, ▲. Détail delà contHre. de diamètre à la base du cône, leur poids étant de 3 kilogrammes. Ces sabots ont servi pour le» pieux intermédiaires du périmètre de l'enceinte, pieux dont le diamètre en leur milieu était de 0'",20.

Les pieux d'angles de l'enceinte des fondations avaient 0",25

Fig. 156.

PIEUX, PIL0T8 IdT PAM*LANCHES. 287

de grosseur. Ils étaient munis de sabots en tâle de QTjM de hauteur sur 0"^,50 de diamètre h la base du cône et pesant S kik^rammes.

La t61e des sabots pour les petits pieux de 0°*,20 de grosseur a 0",00a ou O'^yOOS d'épaisseur, tandis que, pour les gros pieux, elle a de0-,003àÛ",Û0S.

Afin que la jonction des bords de la tôle foripant le cône ne présente pas de point faible, ces bords sont repliés p,^ ^57 g

et agrafés, puis tenus assemblés par ^****** ^* p'®** développé, des rivets, de façon à former une couture très-résistante; répaisseur totale h cet endroit est de quatre feuilles.

Dans les sabots en fer forgé et à branches, les extrémités de oelles-Gi n'étant pas reliées entre elles, si le pieu vient à, rencontrer un obstacle, la pointe du sabot rentre en dedans en brisant les fibres du bois qui Tavoisinent, et la pointe s'écrase sous les coups répétés du mouton ; alors il n'entre plus, môme avant , d'avoir atteint la couche solide, et on voit des pieux, ? que l'on croyait battus au refus, tasser sous la charge pig. 157. c. qu'ils ont à supporter, "•''* *'*'^'"-

Oans les sabots en fonte, ce métal cassant résiste mal au contact d'un corps dur et se brise en produisant les mômes effets que les sabots h branches.

Avecles sabots en tôle, on obvie à ces inconvénients, car la tôle enveloppant la partie antérieure du pieu réunit avec force les fibres du bois et les tient serrées en raison de la densité des terrains dans lesquels on l'enfonce. La pointe du pieu ainsi armée présente au sol une surface qui lui permet d'entrer plus aisément ; alors le battage devient plus facile, plus sûr et s'exé<* cute plus rapidement et plus régulièrement, car le sabot ne pouvant quitter le pieu l'accompagne toujours, nonobstant les obstacles qu'il peut rencontrer, jusqu'à ce qu'il ait atteint la couche résistante.

Parmi les pieux que nous avons fait battre à Amboise, quel**

288 roRDiTiOMS.

ques-une se sont fendus pendant ropération et ont été am< cbés. Nous avons constaté que le sabot n'avait point quitté la {loînte du pieu et n'avait subi aucune altération.

Nous avons employé des sabots en tâle pesant 3^,60 pour les pieux de 0" ,20 d'équairissage et des sabots pesant i kilofemmes pour les pieux de 0~,3S d'équamssage.

Les sabote du poids de 3%S0 ont coflté

3 fr, 80 et ceux de

4 kilogrammes ont coûté 4 francs. Us sont revenus, avec le tran»port à Amboise, à

5 fr. 10 et 6 fr. 20.

Les figures 158 et

169 représentent des

Ht. m. ne. ID*. ni. ih. . , ... .

sabots en tâle, grand et petit modèle, qui ont été employés au pont du Rhin.

La ligure 160 représente un sabot àcinq branches. Ce genre de sabots a également été employé au pont du Rhin.

Au pont de Montloui8-su^ Loire, on a employé des sabots à branches, représentés par les figures 161 et 162.

Lorsque le battage est difficile, la tète des pieux pou^ rait s'écraser sous le choc du mouton. Pour éviter cet ioconvénient, on arme la tête

Fl|. 1.1. Fiï, .«. ^gg p.^^^ ^,^^^ j^jjg ^^^

lalro en fer qui protège .les Qbres en empêchant leur écnseniont.

Les paipianches doivent également être affûtées à pointe oblique et leur pointe garnie de ferrures appelées lardoirt, du poids de 3 fi 6 kilogrammes.

PIEGZ, PILOTB ET PALPLANCRES.

lire 163 représente des lardoirs pour palplanches de 0",30 de largeur.

ploie aussi, pour garairk pointe des palplanches, des 1 tôle de forme cous à base elliptique, Gamuzat (fîg. 164).

Is, que l'on emploie planches de Û*',25 pèsent 2SS0 et coû- . 50 pièce, pris en . Ces sabots ont été i avec succès dans ins de roche tendre, dans des terrains fornuSs de gros dans des terrains graveleux d'une assez grande duifin dans des terrains renfermant une grande quan- "os cailloux et d'enrochements.

!Ut aussi, comme pour les pieux, cou- ^.-^^ — . a tète des palplanches d'une irette en fer j^ .-p=y i rectangulaire ou elliptique. Au pont de \^ ^t, "^ is-sur-Loire, les frettes avaient la forme nensions indiquées par la figure 163. "*'

dD

FIg. 103.

rif. iti.

Mise en fiche des pieus. — La mise en fiche des nsiste à amener la pièce au pied de la sonnette, à la au moyen d'une poulie placée au haut de la machine, ittre dans une position verticale correspondante à mouton et à en piquer la pointe en terre à l'emplavoulu. Ces diverses manœuvres s'exécutent par 3 ouvriers commandés par un charpentier qui porte Venrimeur.

iQt la durée des opérations de la mise en fiche, le est maintenu au haut de la sonnette au moyen d'une lU fer. Lorsque le pieu est bien dans sa position, on lisser doucement le mouton sur la tôte du pieu pour fifonce un peu plus; on attache ensuite ce pieu à un i bois e qui glisse entre les deux jumelles de la son-

290 FOIfDATlONS.

nette et qui sert à maintenir le pieu dans une position verticale. Ce guide en bois (fig. 169, G, et 170) est connu sous le nom de bonhomme ou gamin.

Lorsque la mise en fiche est terminée, on commencée battage.

La mise en fiche d'une palplanche se fait de la même nia-* nière que celle d'un pieu.

174. Opérations du battage. — Il est souvent avantageux, avant d'enfoncer les pieux, de draguer préalablement le teN rain le plus profondément possible, parce que les pieuï descendent ensuite plus facilement et peuvent pénétrer à une profondeur plus grande.

Lorsqu'il s'agit d'établir une fondation sur pilotis, il est nécessaire de commencer l'opération du battage au centre de l'enceinte et de la continuer en s'avançant progressife* ment vers les bords. On commence par la file de pilots du milieu de la fondation et par le milieu de cette file. On com* prend qu'en procédant différemment, c'est-à-dire par le périmètre de la fondation, la compression du terrain produite par l'enfoncement des premiers pieux rendrait difficile le battage des pieux du centre. Il en résulterait en outre que l'on n'obtiendrait dans le battage des pieux qu'un refus relatif et non un refus absolu. Le refus absolu est celui qui résulte de la résistance naturelle du terrain ; le refusnlor , tif est celui qui n'est dû qu'au frottement et qui résulte de la , compression du sol par l'efifet du battage des pieux. Il est \ donc convenable de commencer l'opération du battage au centre d'une fondation et de la continuer en s'avançant vers ., le périmètre. j

On considère un pieu comme parvenu au refus absolu lorsqu'il ne s'enfonce plus que de 0'",003 à 0°,004 par volée ; de trente coups sous l'action d'un mouton de 4 à 500 kilogrammes et tombant de 1",30, ou par volée de dix couj» sous l'action d'un mouton du môme poids et tombant de 3™,90 de hauteur.

PIEUX, PII«OTS ET PAtPLANGHES. 89i

Lorsque les pieux doivent supporter une forte charge, il est important d'arriver dans le battage à un refus absolu.

Pendant le battage, il arrive souvent qu'un pieu ne s'enfonce {dus ; il ne faut pas en conclure que le pieu est au refus^ car si l'on cesse provisoirement le battage sur ce pieu pour le reprendre plus tard, on voit le pieu descendre de nouveau» Gela tient probablement à ce que, pendant le repos, le terrain qui avoisine le pieu a eu le temps de transmettre à une oer* taine distance la compression qu'il a éprouvée et que, lors*^ qu'on reprend le battage, le sol étant redevenu un peu plus élastique, permet au pieu de s'enfoncer de nouveau*

On admet qu'un pieu est en état de supporter une charge permanente de 60 kilogrammes par centimètre carré, quand l'enfoncement n'est plus que de 0"*,0l par volée de trente Gonps d'un mouton du poids de 600 kilogrammes et tombant de 1",20 de hauteur^ ou par volée de dix coups d'un mouton du môme poids et tombant de .S*" ,60 de hauteur. Cette limite de 0",01 est celle à laquelle on se tient dans le battage des . lÂeux de fondations d'un édifice.

Hais si la charge que doivent supporter les pieux n'est pas très-grande, si chaque pieu ne doit supporter que 20, 18, 18 ou 12 kil(^rammes par centimètre carré, on peut s'en tenir à un refus de 0",025 ; 0-,03 ; 0",04 ou O-^jOS par volée, pourvu toutefois que l'on ait la certitude que les pieux ont pénétré dans un sol résistant.

La longueur des pieux est déterminée par les indications des sondages ou bien par le battage de quelques piloAs d'épreuve. Il peut cependant arriver, dans le cours du battage, qu'une pièce soit trop faible en longueur; dans ce cas, On ente sur sa tête un second pieu en faisant l'assemblage à entailles et au moyen d'embrasses en fer.

Dans l'établissement d'une fondation à une grande profondeur d'eau, on facilite le battage des pieux au moyen d'un ikïha&ud disposé par cases dans chacune desquelles est placé \în pieu, et d'un châssis immergé presque au niveau du bnd. Ce châssis a pour but de maintenir et de diriger le

pied des pieux. G*est ainsi qu'ont été établies les fondations du pont de Bordeaux.

Le battage des pieux de fondation du pont de Rouen a été dirigé également à l'aide d'un châssis ; mais on n'en a fait usage que pour enfoncer les doubles rangs de pieux jointifs qui entourent la fondation de chaque pile.

Chasse-pieu. Lorsque l'on doit battre des pieux au-dessous de l'eau, on se sert d'un chasse-pieu. C'est une pièce de bois de chêne garnie de frettes à ses extrémités et munie à sa partie inférieure d'un goujon en fer, qui s'engage dans la tète du pilot, préalablement percée au moyen d'une tarière.

L'opération du battage des palplanches s'exécute de la même manière que celle du battage des pieux.

Dans les encaissements, les palplanches sont battues les unes à côté des autres bien jointivement. On peut aussi les mettre en fiche et les battre par panneaux compris entre des

pieux espacés de mètre en mètre ou de 1 <^^^^^ <^ l-»,80 en 1»,50. Pour empêcher la disjonc-

«j I . — tion des palplanches, on les place entre

.LaaaJ les moises qui relient les pieux, ou bien, si l'on tient à ce qu'elles soit bien solidaires, on les assemble à grain d'orge (fîg. 166). On bat d'ailleurs à peu près simultanément les palplanches, et comme Fig. 166. jg^j, pj^g grande largeur est en haut, les

panneaux sont serrés au fur et à mesure qu'ils descendent et pénètrent dans le sol.

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