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IV. — MACHINES A BATTRE LES PIEUX

175. Billot de bois. — Lorsqu'il s'agit de battre des pieux courts et grêles dans un sol peu résistant on se sert d'un billot de bois armé de bras ou de poignées et qui peut être soulevé par quatre ou six hommes (fîg. 167 et 168).

PIEDX, PALOTS ET PALPLANCHES. 293

Ce billot de bois s'appelle aussi mouton à main.

Mais, eti général, les pieux, pilots et palplanches sont enfoncés au moyen de machines spéciales appelées sonnettes, dont la pièce principale est le mouton, qu'on élève à une certaine hauteur pour le laisser tomber sur la tète des pieux.

Les sonnettes sont placées soit sur des échafaudages, soit sur des bateaux. Dans le premier cas, on obtient un battage plus régulier.

Si l'on est obligé de battre sur bateaux les pieux directeurs d'une fondation, on peut obtenir une précision sufGsante dans le travail en établissant une ou plusieurs machines à cheval sur deux bateaux plats parallèles, rendus solidaires au moyen

Fig. 167.

d'une plate-forme en madriers s'étendant sur leur (f double largeur.

On distingue deux espèces de sonnettes : les sonnettes à tiraudes et les sonnettes à déclic.

176. Sonnettes a tiraudes. — Une sonnette à tiraudes se compose d'une base triangulaire ap- ^^^' **?* pelée patin ^ de deux montants appelés jumelles et d'un mouton :

1** La base triangulaire, appelée patin et aussi enrayure, comprend une semelle A, une queue B assemblée à la semelle et deux contre-fiches D,D qui maintiennent la semelle et la queue dans une position perpendiculaire l'une à l'autre (fig. 169, B);

2° Les deux montants ou jumelles J,J, formant coulisses et assemblées verticalement à tenon et mortaise sur là semelle, sont coiffées à leur tête par un chapeau C (fig. 169, A). Ces jumelles sont maintenues à une distance de 0'",J0à0™,12

■291 F0NBATIOH9.

Tune de l'autre, ce qui dépend de lagrosieurdu mouton dont on se sert, par deux contre-flcbes inclinées F,F oommées hanches.

Une roue à gorge ou poulie P est placée entre les jumelles un peu au-dessous du chapeau C. Les jumelles sont maintenues verticalement de l'arrière à l'avant par un arc-boutant B,

assemblé, d'une part, avec les jumelles et, de l'autre, avec li queue du patin. Cet arc-boutant H est traversé par des chevilles ou échelons qui servent à monter jusqu'au haut des jumelles. Cette disposition a fait donner le nom â'écheletlei

l'arc-boutant.

PIEUX, PiL0T9 £T P^LPLANCHES. 29S

Enfin une poulie q^ au moyen de laquelle on met le pieu en fiche, est placée à Textrémité supérieure de Tarc-bou* tant H ;

3"" Le mouton M ou lourde masse prismatique en bois, bardée de fer, ou plus généralement en fonte. Il glisse verticalement entre les deux jumelles et y est maintenu par des guides ou ailerons en bois d^d^ munis de clefs (Og. 169, G). Les faces des jumelles, ainsi que celle du mouton, qui «'applijque contre elles et les joues des guides, doivent être constamment graissées afin de rendre plus facile le glissement du mouton.

Sur la poulie P passe un câble attaché par une extrémité à l'anneau du mouton, et qui, à Tautre bout, se termine par des cordelles appelées tiraudes au moyen desquelles les hommes élèvent le mouton et le laissent retomber sans lâcher pour cela les cordelles.

Quand un pieu P (fig. 170) est placé sous le mouton, on Ty maintient aussi verticalement que possible' au moyen d'un guide en bois e^ appelé bon^ homme ou gamin^ auquel il est attaché avec un bout de corde tordu par un garrot. Ce guide ou bonhomme glisse entre les deux ju-* melles au fur et à mesure que le pilot pénètre dans le sol sous l'action du mouton.

L'enrimeur est chargé de conduire le tra- ^' *^^' vail du battage ; avec l'aide de manœuvres il met le pieu en fiche, c'est-à-dire dans la position verticale correspondante à l'axe du mouton, l'attache au bonhomme et le dirige le mieux possible dans son mouvement de descente. L'enrimeur constate aussi la quantité dont le pieu s'enfonce par volée et cela au moyen d'une marque faite à l'avance par rapport à un repère fixe.

On appelle volée une série de trente coups d'un mouton tombant d'une hauteur moyenne de 1^,20 à 1",30.

Il faut 3 minutes pour battre une volée de trente coups, savoir : 100 secondes pour le battage, 20 secondes pour le

temps perdu et 60 secondes pour le repos de Téquipage; en tout 180 secondes ou 3 minutes. Cependant on n'exige des ouvriers sonneurs, qui travaillent dix heures par jour, que douze volées par heure, ce qui porte à cinq minutes le temps moyen nécessaire pour battre une volée.

Lorsqu'il y a lieu de faire quelque autre manœuvre et d'arrêter le battage momentanément, on met le mouton au repos au moyen d'une tige en fer que Ton fait passer sous les guides et dans des trous pratiqués dans les jumelles de la sonnette. L'opération qui consiste à suspendre ainsi le mouton à une tige en fer et à le maintenir en repos s'appelle mettre au renard.

Le nombre d'ouvriers nécessaires pour la manœuvre d'une sonnette à tiraudes dépend du poids du mouton. Ce poids varie de 200 à 600 kilogrammes. En admettant que chaque homme puisse soulever 20 kilogrammes, il faudrait quinze hommes pour un mouton de 300 kilogrammes ; mais, en général, on ne peut guère exiger un eflbrt de traction de plus de 15 kilogrammes par homme. On mettra vingt honmiespour un mouton de 300 kilogrammes. Avec un mouton plus pesant, le nombre des hommes dépassera vingt. Dans ce cas, l'obliquité des cordelles sur le câble afiaiblit la puissance d'action de chaque sonneur, et, pour y remédier, on attache au câble un grand cercle autour duquel sont fixées les tiraudes. Pour agir tous exactement de la môme manière, les ouvriers sonneurs ont l'habitude de chanter et de régler leurs mouvements sur leur chant cadencé.

En agissant sur les tiraudes, les ouvriers sonneurs font avec les bras un mouvement d'environ 0"*,90 ; mais, en vertu de l'élasticité des cordelles et de la vitesse acquise, le mouton peut s'élever jusqu'à l'",30.

Le mouton d'une sonnette à tiraudes est, ainsi que nous l'avons déjà dit, en bois ou en fonte.

Les moutons en bois ont la forme d'un bloc rectangulaire et doivent être garnis de frottes en fer à leur partie supérieure et à leur base. Le bois employé pour la confection des mou-

ItlECJij PILOTS ET PALPLANGHES. 297

tons doit être dur. Le mouton doit avoir des dimensions suffisantes pour peser au moins la moitié du poids des pieux ou^ le plus souvent, pour être d'un poids égal et même supérieur à celui des pieux.

Les moutons en bois sont munis à leur face postérieure de deux guides d, d appelés aussi oreilles ou ailerons^ qui s'engagent d'une part dans le mouton et de l'autre entre les jumelles de la sonnette. Ces guides ou oreilles sont maintenues par des clefs en bois.

La forme des moutons en fonte est celle d'une pyramide quadrangulaire tronquée (fîg. i71). Une mortaise en forme de queue d'aronde est ménagée dans le mouton afin de recevoir les guides ou oreilles, qui sont également en bois. Lorsque ces guides sont introduits dans la mortaise, on garnit le vide qui se trouve en dessous au ««• *^*- '^

moyen d'un coin que l'on chasse à coups de marteau.

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