‹ Cours pratique de l'art épistolaireChapitre 10 sur 86 · L'HYPERBOLE · texte numérisé non relu

L'HYPERBOLE

I"* ExftHPLK. « Il vous faudrait un homme uniquement occupé à recueillir lea médailles que vous remportez, ■ (Montesquieup, à l'abbé de Guasco).

Cette phrase renferme une exagération évidente, dont ridée simple est : Vous remportez beaucoup de médailles. Considérés a travers le prisme de Tadmiration, les succès se grossissent.

Cette figure s'appelle hyperbole, (44)

Elle est un véritable ornement du style dans cette phrase, car, en donnant à la pensée une forme plus vive et plus énergique, elle rend la louange plus délicate que ne Taurait fait Texpression simple de la vérité. (45)

lie ExBMPLi. « J'admire la lettre de Pauline ; est>ce de 8on écriture ? Non; mais pour son style, il est aisé à reconnaître ; la jolie enfant ! Je voudrais bien que tous puissiez me l* envoyer dans une de vos lettres, (Unie de Sévigné). (46)

Cette figure rend d'une manière vive et pittoresque le désir qu'éprouve M"' de Sévigné de voir auprès d'elle la

doit éviter? — 43. Tous souventz-vous d'une lettre dans laquelle ces défauts se trouvent réunis? — 44. Que découvrez-vous de particulier dans cette phrase ? Faut-il prendra à la lettre le compliment qui s'y trouve exprimé, ou bien l'expression est-elle exagérée? En un mot, y a't-il hyperbole? — 45. L'hyperbole con&titue-t elle ici un ornement du style? Rend-elle mieux la pensée que ne le ferait l'expression exacte delà vérité? — 46. Lisez attentivement ce nouvel exemple.

jolie enfant qu'elle afifectionne, et ce désir est exprimé sous la forme d'un gracieux badinage qui nous révèle son âme tendre et affectueuse. (47)

Préeeptes.

Vhyperbole consiste donc à agrandir ou à diminuer les objets, à les présenter bien au-dessus ou bien au-dessous de ce qu'ils sont, de façon toutefois à les faire mieux comprendre par l'exagération que par l'expression exacte de la vérité, (48)

L'hyperbole est la figure favorite de l'imagination, et la conversation familière même en fourmille. Ne dit-on pas à chaque instant : plus blanc que neige, moins que rien, cet homme est lent comme une tortue, il est léger comme une plume, ce cheval va p/ws vîte que le vent, et mille autres expressions analogues ? (49)

Mais autant cette figure est naturelle, autant il faut se garder de la prodiguer. Rien de plus énergique qu'une hyperbole bien ménagée, rien de plus froid qu'une hyperbole outrée, employée sans mesure et sans discernement. (50)

L'hyperbole, on le voit, a aussi quelque affinité avec la comparaison ; mais, au lieu de comparer à des objets semblables, elle compare à des objets plus grands ou moindres. (51)

47. Réduisez la pensée à sa plus simple expression. Se trouye-t-pHe embellie par l'hyperbole? — 48. En quoi consiste donc l'hyperbole^ et quelle est sa condition essentielle? — 49. L'emploi de cette figure est-il oaturel, même dans la conversation ? Citez quelques hyperboles très-communes dans le langage familier. — 50. Quel est l'écueil u éviter dans l'emploi de cette ligure, et pourquoi? — 61. Quelle ressemblance et quelle différence y a-t il entre l'hyperbole et la compa.

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