L'ANTITHÈSE
Ir ExLXPLi. « Â qui pouTai«je plus conTenablement adn-sser la satire de la cruauté et des erreurs d'uu faux prophète q\x*An vicaire et à i* imitateur du Dieu de la vérité et de la douceur? » (Voltaire au Pape Benoit XIV, en lui envoyant sa tragédie de Mahomet),
Ce qui nous frappe dans cet exemple, c'est le rapprochement d'idées opposées les unes aux autres. Ainsi, cruatUé contraste avec douceur^ erreur avec vérité^ faux prophète avec vicaire et imitateur jiu Dieu de la vérité.
Cette figure s'appelle antithèse. (52)
Ce contraste d'idées sombres {cniauté, erreur) avec des idées riantes {vérité, douceur) frappe vivement l'attention et constitue un véritable ornement du style. (53)
Il est du reste amené sans effort, puisqu'il résulte du rapprochement fait dans l'esprit de l'auteur entre la nature de l'objet offert et le caractère de la personne à qui on le présente. (54)
lî« ËXEUPLP. « Lea libelles contre les grands sont des grains de sablé qui ne peuvent atter jusqu'à eux', mais les libelles contre de simples citoyens sont des caitloux qui leur cassent quelquefois ta tête. (Le même).
Il est aisé de découvrir l'antithèse dans ce nouvel exemple et d'apprécier combien elle rend la pensée originale et piquante. (55).
raison? -* 52. Après avoir lu attentivement ce premier exemple, trouve^. les idées qui y sont opposées les unes au i autres. Comment oppelle-t-on cette figure? — 53. Quel avantage en résulle-t-il pour le style? — 54. Cette antitbèse eêt-elle amenée sans effort? — 65. Découvrez rantithrse que présenie ce second e&emple. Ornc-t elle la
Précepte**
n résulte des exemples cités que VantUhèse consiste à opposer les pensées, au moyen de mots qui rendent cette opposition sensible. (56)
Cette figure est naturelle à l'esprit, toujours disposé à réunir les contraires et à rapprocher deux objets opposés pour les faire mieux ressortir. Ainsi, à l'idée de grandeur s'associe naturellement celle de petitesse, à Kdée du bien celle du mal, à sagesse folie, à tristesse gaité, et ainsi de suite. (57)
L'antithèse tient aussi de la comparaison ; elle compare entre eux des objets opposés. (58)
Amenée naturellement et sans efforts, elle est un des plus brillants ornements du style. Elle a pour l'esprit le même charme que le contraste des sons graves et des sons doux dans la musique, des lumières et des ombres dans la peinture. (59)
Hais, plus ce cliquetis de mots et de pensées est propre à éveiller l'attention et à charmer l'esprit, moins il faut le prodiguer. Rien ne fatigue la vue comme la répétition des éclairs, rien ne lasse l'esprit commel'abus de l'antithèse. (60)