‹ Cours pratique de l'art épistolaireChapitre 16 sur 86 · CITATIONS, PROVERBES · texte numérisé non relu

CITATIONS, PROVERBES

; pr ExsHFLB. « L'air de Grijnan me fait peur : un Tcnt, qui déraciae les arbre» dont la Iét9 au ciel était voisine et dont les pieds touchaient à Vempire des mortSy me fait trembler, v (Mm" de Sévigné.)

Citation empruntée à une fable de La Fontaine et qui par conséquent a du charme, comme tout ce qui nous rap-

fiage la forme la pins simple. — 85. Lisez ce Douvel exemple de suspension. La solution de l'énigme est-elle exprimée d'une manière nei(e •t explicite? Comment M"*» de Sévigné exprime-t-elle cette idée simple : c'est moi? -^ 86. Qu'esi-ce donc que la suspension? — 87. L'emploi de cet artiiice de style o'exige-t-ii pas beaucoup d'adresse?

peUe le grand fabuliste. De plus, elle est faite pour être comprise de tout le monde : qui ne sait par cœur le Chêne et le Roseau? {69)

!!• ExMPLft. < Votre frèro me parait avoir tout ce qu'il veut, hon éiner, bon git« et le reste. » (M"»» de Sévignd.)

Heureuse réminiscence de la fable des Deux Pigeons , cette admirable composition, si pleine de sentiments vrais et tendres. On aime à trouver ces citations sous la plume de M"* de Sévigné, dont le style offre plus d'une ressemblance avec celui du bonhomme. Aussi semblent-elles s'identifier avec sa manière. (90)

ni« ExivvLB. ■ La Providence est teliement maître» m de toutes nos actioos, que nous n'exécutons rien que sous son bon plaisir, et je tâebe de ne faire des projets que le moins qu'il m'est possible, afin de n'être pas si souvent trompée ; car qui compte sam elle^ compte deus fois, • (Mn»« de Sévigné.)

IVe ExuPLB. « La vie est trop courte pour s'arrêter si longtemps sur le même sentiment ; il faudra prendre le temps oomme il vient, et je sens que je suis de cet heureux tempérament, w (M™« de Sévigné.)

Y« ExxHFLK. « Je ne m'attendais pas à ce nouveau trait de la calomnie, mais qui plume a, guerre a, • (Voltaire.)

Les trois derniers exemples renferment des proverbes , qui ne sont, à vrai dire, qu'une espèce de citations. (91)

— 88. Pourquoi faut-il en user sobrement? — 89. Dans ce premier exemple ne trouvei-vous pas une phrase que Min« de Sévigné & empruntée ailleurs ? Où l'a-t-elle prise ? Cette citation est-elle facile à comprendre? A-t elle aussi du charme? — 90. Où est prise la citation contenue dans le second exemple? Pourquoi aime-t-on à trouver des citations de La Fontaine dans les lettres de H^a de Sévigné ? — 91 . Les trois exemples suivants présentent-ils encore des citations da même genre, c'est-à-dire de passages empruntés à des auteurs? Quel

Diaprés cela, la citation est un mot ou un passage emprunté à un auteur, ou bien encore un proverbe, que Ton invoque à l'appui de ce qu'on avance. (92)

Les citations doivent être bien amenées, rares et courtes.

Réunissant ces qualités, les citations donnent de Tagrément au style épistolaire, comme à la conversation. Mais encore une fois, il faut se garder de les prodiguer, par la raison bien simple qu'il faut être soi dans une lettre. Ne citez pas à tort et à travers, si vous voulez éviter d'être pédant. Soyez sobre surtout de citations puisées dans une langue étrangère, ou dans un auteur inconnu de la personne à qui vous écrivez.

La spirituelle Se vigne savait bien échapper à ce travers : f Je vous citerais là-dessus, dit-elle, un beau vers du Tasse, si je m'en souvenais. • (93)

Enfin, les citations doivent être rares et courtes, parce qu'une lettre qui n'ofiPrirait que des réminiscences serait aussi fastidieuse que la conversation d'un bomme qui ne ferait usage que de sa mémoire. • Vos lettres, dit encore M"* de Sévigné, doivent m'ouvrir votre âme et non votre bibliothèque. • (94)

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