ANECDOTES, CONTES
I«r ExB«nB. ■ On contait hier à table qu'Arlequin, l'autre jour, a Paris, portait une grosse pierre sous son manteau. On lui demanda
Aom donne-t-on à ces espèces de citations ? — 92. Dites ce que l'on entend par une citation, — 93. Quelle» conditions doit-elle présenter? Pourquoi faut-il surtout être sobre de citations empuntées à une langue étrangère ou à un auteur peu familier à la personne à laquelle on écrit? Cï\e% à ce propos une phrase de ■"* de Sévigné. — 94. Les citations trop longues et trop fréquentes engendrent-elles l'ennui? QueUe est la recommandation faite à
ce qu41 Toulait faire de cette pierre ; il dit que c'était réchantUIon d'une maison qu'il voulait Tendre. Cela me fit rire. Si tous croyex, ma fille, que cette invention 8oit bonne pour vendre votre terre, veut pouvez vous en servir. » (.tt™* de Sévigné.) ^
lie ErarLB. « On disait l'autre jour à H. le Dauphin qu'H y avait un homme à' Paris qui avait fait pour chef-d'œuvre un petit chariot trainé par des puces. M. le Dauphin dit à H. le prince de Conti : « Hun cousin, qui est-ce qui a fait les harnais? — Quelque araignée du voisinage, dit le prince. Cela n'est-il pas joli? » (M»« de Sévigné.)
Ille ExKVPLi. ■ Nous vivons comme frères ; ils viennent dans ma chamhre, dont je ne sors guère ; de là, nous allons souper ohet le Roi, et quelquefois assez gaiment. Celui qui tomhait du haut d'un rocher, et qui, se trouvant fort mollement dans l'air, disait : bon, pourvu que cela dure, me ressemblait assez. (Voltaire.) (96)
Préeepfe«.
Vanecdote est donc Tapplication d*un court récit, soit d'un trait emprunté à Thistoire ou à la fable, soit d'un petit éyénement récent, qui a cours dans le monde. (96)
Une anecdote piquante, un conte plaisant et d*une application juste, raniment Tattention et donnent à une lettre du mouvement^ de la variété, de la grâce. (97)
Mais une condition essentielle, c'est la brièveté : un conteur prolixe est encore plus insupportable dans une lettre que dans un cercle. (98)
ce sujet par H"»» de Sévigné? — 95. Lisez très-attentivement ce trois exemples d^anecdoteê et prouvez que ces anecdotes ont de Tàpropos. — 96. Qu'est-ce que V anecdote f — 97. Donne-t-elle de l'agrément au style épistolaire ? — 98. Quelle est la condition essen-
Nous ne parlerons pas des bons mots, jeux de paroles, pensées ingénieuses, pointes et calembours. Tout cela ne s'enseigne pas. Mais un conseil que nous nous croyons obligé de donner, c'est d'user de toutes ces ressources avec la plus grande sobriété et avec une circonspection extrême. Pour une pointe ingénieuse il en est cent médiocres, et comme dit Gresset :
« L'esprit qu'on Teut avoir gâte celui qu'on a. » (99)
Nous parlerons moins encore de certaines licences épistolaires, barbarismes plaisants, etc., que Ton rencontre dans les meilleurs écrivains épistolaires, et surtout chez JM"** de Sévigné. Ces licences, qui ont parfois du charme sous la plume rapide et originale de cet auteur inimitable, dépareraient un style ordinaire, et, quand on veut se former sur les grands maîtres y
« C'est par les beaux côtés qu'il leur faut ressembler. » (100)