IV
jugement, d'habituer les élèves à la réflexion, de les interroger pour leur faire trouver d'eux-mêmes les idées principales qui, selon les circonstances données, doivent prendre placé dans une lettre.
Un second principe, non moins important, c'est Vétude des bons écrivains, moyen puissant pour orner Fimagination et pour former le style. Ce principe, que la raison seule établit, se trouve du reste confirmé par les autorités les plus sérieuses de tous les temps.
Notre volume s'ouvre, comme la plupart des livres qui traitent de la matière, par quelques considérations gênéraies sur Tart épistolaire.
Le second chapitre est consacré aux ornements du style relatifs au genre.
Le cérémonial étant d'une importance réelle et trop souvent méconnue, nous avons donné tous nos soins à cette partie qui est négligée dans la plupart des manuels. S'il est vrai que la manière dont une lettre est écrite nous fait souvent préjuger du caractère et de l'éducation de son auteur, cela est particulièrement applicable aux soins matériels de la correspondance. Le rpspect que nous accordons aux autres donne la mesure du respect que nous méritons nous-mêmes.
Après ces notions préliminaires commence la partie véritablement pratique de notre ouvrage, celle qui a pour but immédiat d'initier l'élève à la rédaction épistolaire.
Nous avons admis l'ancienne classification des lettres en différents genres, quoiqu'il soit difficile, nous le savons, de les soumettre à des divisions bien tranchées ; nous y avons vu un moyen de procéder avec plus d'ordre et de méthode. Traitant ainsi à part chacun de ces genres, nous guidons l'élève dans les exercices progressifs qui doivent le former à la rédaction.
Le premier de ces exercices est l'analyse des modèles.
Dans un art ou dans un métier quelconque Tapprenti le plus intelligent a besoin d'un modèle, qu'il étudie d'abord, pour l'imiter ensuite. Il doit y examiner les diverses parties qui composent l'ensemble, et ce n'est qu'après les avoir défaites une à une, après avoir reconnu la destination spéciale de chacune d'elles, qu'il s'essayera à reconstruire, à imiter e^ enfin, à inventer lui-même.
Le maître qui ne tiendrait pas compte de cette progression naturelle et nécessaire, passerait à bon droit pour un homme inhabile et inexpérimenté.
Telle est aussi la marche que nous voulons faire suivre à l'élève pour lui enseigner la composition épistolaire.
C'est de l'analyse des modèles que nous déduisons les préceptes de chaque genre. La théorie doit être le corollaire de l'étude des chefs-d'œuvre et le produit du travail personnel de l'élève. Trouvées par lui-même, les règles se graveront plus profondément dans sa mémoire. De plus, c'est un moyen infaillible de rendre l'étude attrayante.
Notre recueil sera du reste sobre de préceptes. Convaincu que le côté pratique seul est réellement profitable à la jeunesse, nous écarterons toutes les théories vagues et abstraites, dont la prodigalité fatigue l'esprit sans l'éclairer.
Les règles une fois établies, viennent les exercices de composition, dans lesquels le travail de l'élève sera précisément l'inverse de ce qu'il a été pour l'étude des modèles. Jusqu'ici l'élève a analysé, défait, décomposé; maintenant à son tour de refaire, de reconstruire, de composer. C'est ici surtout qu'il a besoin du secours d'un maître intelligent et dévoué.
Notre recueil contiendra en outre un grand nombre de sujets, ^ccom^SL^nés de conseils sur la manière de les traiter.