SI
L'usage des enveloppes, nécessaire quand on s'adresse à un supérieur, est très-recommandable dans toutes les cireonstances, puisqu'il garantit la propreté de la lettre dans son trajet, et qu'il ne donne pas lieu à l'inconvénient de voir parfois plusieurs mots importants arrachés avec le cachet. (56)
Comme cet usage est devenu presque général, il importe de déterminer les dimensions que doivent présenter les enveloppes.
Pour les lettres de cérémonie, on les prend grandes et carrées, de manière à pouvoir se borner à plier la lettre en quatre ; leurs dimensions varient alors d'après celles du papier que l'on veut employer.
Pour la correspondance ordinaire elles sont étroites et longues, ou bien petites et carrées.
Pour les billets elles peuvent être très-petites ; mais il est plus simple et plus commode de s'en tenir pour cet usage au même papier et aux mêmes enveloppes que pour les lettres ordinaires. (37)
Ce n'est que dans l'intimité qu'on peut se permettre de joindre sous la même enveloppe une seconde lettre destinée à un tiers. Encore faut-il un mot pour justifier ce procédé :
Souffrez que monsieur .... trouve, sous ce pli, ma réponse au billet que vous m'avez envoyé de sa part.
Vous trouverez ci-joint une lettre pour M***; j'ose vous pritr de (58)
de plier une lettre? — 5G. Quels avantages présente rusag;e des enveloppes? —57. Quelles dimensions conviennent auxenveloppes des lettres de cérémonie? des lettres ordinaires? des billita? — 58. Peut-on joindre sons la mémo enveloppe une lettre pour un tiers , et quelles
VU. De Tadresse.
L'adresse doit indiquer le nom, la profession ou le titre, et le lieu de la résidence du destinataire. (59)
Autrefois on répétait sur toutes les lettres :
à Monsieur, à Madame,
Monsieur *** Madame ***
Aujourd'hui on supprime ordinairement la préposition à, et Ton ne met qu'une seule fois Monsieur ou Madame, eu faisant suivre immédiatement et sur la même ligne le nom de la personne. Toutefois l'ancienne manière vaut au moins la nouvelle ; elle semble plus respectueuse. (60)
Pour les personnes titrées ou en dignité, on répète sur Tadresse l'inscription de la première page :
A Son Altesse le
A Son Eminence
A Sa Grandeur , etc.
Pour un souverain on écrit tout simplement :
Au Roi.
A l'Empereur. (61)
Si la personne à qui l'on écrit a plusieurs titres, on se borne à en mettre un ou deux, les plus importants, en les faisant suivre d'un etc.
Monsieur, Monsieur,
Monsieur***, Bourgmestre, Monsieur ***, Pair de France, Membre de la Chambre des Conseiller d'Etat, etc.
Représentants, etc.
précautions exige cette liberté? Exemple. — 59.Dequelle8 indications se compose une adresse ? — 60. Faut-il répéter monsieur et le faire pt'écéder de la préposition 4? — 61. Comment se fait l'adresse pour
Dans toutes ces indications relatives au nom et aux titres, tes abréviations ne sont pas admises. (62)
Voici maintenant quelques instructions relatives à la résidence du destinataire.
Quand il s'agit d'une commune peu importante ou qu'il existe plus d'une localité portant le même nom, il faut y ajouter la province ou le département, et même le bureau de poste qui dessert cette commune. (63)
La désignation de la rue et du numéro du domicile est utile pour les grands centres de population, excepté lorsqu'on écrit à un fonctionnaire public d'un grade élevé ou à un personnage bien connu. On écrivait du fond de l'Asie :
A Monsieur de ïontenelle, en Europe.
Mais n'imitons pas la naïveté du bon campagnard qui écrivait du fond de son village :
 mon fils, aTOcat à BruxeUes. (64)
En fait d'abréviations relatives àlarésidence, on ne tolère que celles-ci : i'* EjV pour en ville; 2*» l'omission de n^: ainsi, 20 pour n<> 20. (65)
Plusieurs personnes ont l'habitude de mettre l'indication du n* avant celle de la rue ; mais il serait difficile de trouver une raison d'utilité à ce procédé qui est un emprunt
les personnes titrées ? Pour uir souverain? — 62. Et si la personne a plusieurs titres? Exemple. Les abréviations sont-elles admises pour le nom et pour les titres? — 63. Dans quel cas faut-il ajouter le nom de la province ou du département et même du bureau de poste qui dessert le lieu de destination? — 64. Quand doit-on indiquer le nom de la rue et le numéro du domicile? Quelle exception y a-t-il à faire? — 65. Quelles sont les seules abréviations admises sur l'adresse ? —
aux usages anglais, et de ces deux manières de faire une adresse :
Monsieur *** MoM'cur ***
Bue du Souci, 4. 4, rue du Souci.
la première semblera toujours la plus naturelle. (66)
On a aussi transpose complètement Tordre de la souscription des lettres : parfois, au lieu de faire suivre le nom et le titre de la personne, du nom de la localité qu'elle habite, on indique en haut de l'adresse la ville, la province ou le département, et en dernier lieu seulement le nom de la
personne.
Liège, rue de la Régence, No ...
Honsieur ***
Cette innovation n'offre pas des avantages assez réels pour faire renoncer à l'ancien mode, qui après tout nous semble plus poli. (67)
L'adresse doit toujours être écrite bien lisiblement. On comprend l'importance de cette recommandation, quand on songe que chaque mois le Moniteur officiel accuse plusieurs milliers de lettres tombées au rebut par la négligence des expéditeurs. (68)
Quand le destinataire n'a pu être trouvé, l'ouverture de la lettre se fait au bout de dix jours, et si elle renferme des données suffisantes sur son auteur, elle lui est remise sans délai, ainsi que les valeurs qu'elle pourrait contenir. Mais si la signature est aussi illisible que l'adresse, il ne reste qu'une ressource, c'est de détruire la lettre. (69)
63. L'indication du numéro doit-elle précéder ou suitre celle de la rte? Donnez un eiemple de chacun de ce« deux cas, afin d'établir votre préférence. — 67. Dites votre avis «ur une innovation qui consiste a indiquer la localité avant le nom du destinataire. Exemple. •*— 68. Est-il important d'écrire l'adresse bien lisiblement? — 69. Que
Manière de caclicler les lettres.
Faut- il employer la cire d'Espagne ou les pains i cacheter? Autrefois on était sévère sur ce point, et Ton aurait regardé comme une inconvenance Tusage de pains à cacheter pour une lettre adressée à un supérieur. (70)
Mais Tusage en a prévalu aujourd'hui, comme étant plus expéditif, et la même raison a fait adopter également les enveloppes gonftnées. Cependant ces enveloppes n'offrent aucune garantie à l'expéditeur et ne peuvent convenil* qu'aux lettres de peu d'importance. (7i)
Nous croyons que l'usage de la cire à cacheter est fort recommandable lorsqu'on s'adresse à une personne dont la position distinguée exige des égards particuliers. (72)
La cire de couleur rouge convient le mieux aux hommes.
Dans le deuil on la prend noire, et l'on fait de même pour les pains à cacheter. (73)
Les pains à cacheter de trop grande dimension ne sont pas de très-bon goût. (74)
Les lettres ordinaires ne réclament qu'un seul cachet ; la lettre assurée en réclame deux, trois ou cinq. (75)
La nature du cacl^et varie ; ceux qui ont des armes les y apposent ; d'autres adoptent une devise en rapport avec leur état ou avec leurs sentiments. Mais, la simplicité étant
devient une lettre dont on n'a pu découvrir le destinataire? — 70. Faut-il se servir do cire d'Espagne ou de pains à cacheter? — 71. L'usage des enveloppes gommées csl-il recommandable? — 72. Dans quel cas vaut-il mieux se servir de cire à cacheter? — 73. De quelle couleur doit-elle être? — 74. Les pain^à cacheter peuvent-ils être de très-grande dimension ? — 75. T a-t-il des cas où la lettre doit porter
ici la meilleure règle, comme pour toutes les autres parties du cérémonial, le mieux c'est d'employer un cachet portant les initiales du prénom et du nom de famille. (76)
Qu'on se garde de fixer la cire ou le pain à cacheter à coups d'épingle, avec une pièce de monnaie, etc. (77)
GOfiSEILS PRATIOIES POIR FA1B£ UNE LETTRE.
La première question que vous devez vous poser est oelle-ci : Que dois-je écrire? Quel est mon but? Ai-je à féliciter, à adresser des compliments ou des souhaits, à consoler, à demander une faveur, à refuser, à exprimer des remercîments, à donner un conseil, à faire des reproches ou des excuses, à narrer un événement heureux ou malheureux? (1)
Méditez votre sujet et tâchez de découvrir ce que vous pourrez dire le plus convenablement pour atteindre le but que vous vous proposez. Rejetez tous les détails qui ne tendent pas à ce but. (Invention.)
Placez ensuite vos idées d'après le degré d'importance et d'intérêt qu'elles présentent ; ' maïs surtout qu'elles se suivent, s'enchaînent et naissent les unes des autres. (Disposition.)
Enfin, donnez à vos idées une forme claire, simple, na-
plu8 d'un cachet? — 76. La nature du cachet varie-t-elle ? — 77. Citez quelques manières inconvenantes de fixer le cachet.
I. Quelle est la première question que Télève doit se poser? Quelles sont les diverses circonstances d'après lesquelles le but peut turier?
turelle et concise, d'après les préceptes déjà exposés. Soyez clair, pour être compris ; simple et naturel^ afin de plaire ; et mesurez la concision de votre lettre sur vos rapports de respect ou de familiarité avec la personne à qui vous écrfvez.
Employez presque toujours le langage du cœur : c'est de tous les langages le plus vrai et le plus écouté. {É locution.) (2)
Abordez franchement Tobjet de votre lettre et n'y allez pas par mille détoui*s. Intriguer son lecteur, c'est le plus souvent l'indisposer. (3)
Il est pourtant des préambules nécessaires. Si l'on est inconnu de la personne à qui l'on écrit, on commence par se faire connaître et l'on explique comment on a été amené à s'adresser à elle ; on s'autorise d'un ami commun, on rappelle d'anciennes liaisons de famille , etc. Parfois aussi le sujet de la lettre est tellement délicat qu'on ne peut l'aborder sans préparation. Mais, dans tous les cas, il faut éviter les longueurs; les longs préambules sont inutiles et fastidieux. (4)
Seconde question : A qui dois-je écrire ? et que suis-je relativement à cette personne? En d'dLixires termes : quelle est sa qualité et quels sont mes rapports avec elle ? Cette question a pour but de déterminer le ton qui convient à une lettre. (5)
— 2. Quel procédé fuut-il suivre, o) pour les idées que l'on Teut exprimer, h) pour Tordre dans lequel elles doivent être placées, c) pour la manière de les exprimer? — 3. Faut-il aborder immédiatement son sujet ou employer des détours? — 4. Dans quel cas un préambule peut-il devenir nécessaire? — 5. Quelle est la seconde question à se
Si vous écrivez à un supérieur, gardez une réserve respectueuse, prenez un ton plein de déférence, mais de cette déférence digne qui ne ressemble en rien à la bassesse. (6)
Si votre lettre s'adresse à un égal, qu'elle respire la franchise et laisance ; dans l'intimité, une douce gaité, un enjouement délicat donneront du charme à votre correspondance. (7)
Enfin, si vous parlez à un inférieur, gardez- vous de faire sentir votre supériorité. Ne vous écartez jamais de la politesse la plus sévère. Du reste, la langue française ne transige pas sur ce point :
€ SorteZy » dit un jour Louis XIV, dans un mouvement de colère, à un homme de cour qui l'importunait. — t Sire, répliqua celui-ci, vos ancêtres auraient dit : Sortons. (8)
Le ton doit aussi varier d'après l'âge, le sexe et le cara«tère de la personne à qui l'on s'adresse. On n'écrit pas à un vieillard comme on écrit à un jeune homme, et le ton que l'on prend avec une personne d'une humeur gaie et facile serait déplacé quand on écrit à un homme d'un caractère sérieux ou morose. C'est à celui qui tient la plume de saisir Tà-propos, que tous les préceptes du monde ne pourraient enseigner ; les seuls guides sont ici le bon goût, le tact, une bonne éducation, le sentiment de ce qu'on doit aux autres et à soi-même. (9)
Enfin le ton varie d'après la circonstance : t Qu'une let-
po«er? — 6. Quel eni le ion qui convient dans une lettre écrite à ua supérieur? — 7. Dans une lettre à un égal? — 8. A un inférieur ? •Citez une anecdote au sujet de la politesse avec les inférieurs ? — 9.. Le ton d'une lettre varie-t-il aussi d'après Tâj^e, le sexe elle caractère de la personne à qui Ton s'adresse? Expliquez votre réponse. ^-
tre soit sérieuse quand elle traite de hauts intérêts ; simple et enjouée, quand elle s'occupe de petits détails, de choses frivoles ; chaleureuse et forte dans le conseil ; amicale et touchante dans la consolation ; modeste dans la demande ; pressante dans la recommandation. » (10)
En résumé, pour bien écrire une lettre, il faut se pénétrer de son sujet, se rendre compte du but qu'on se propose et chercher les moyens propres à le faire atteindre, en ne perdant pas de vue la position dans laquelle on se trouve vis-à-vis de la personne à laquelle on écrit ; classer ses idées dans l'ordre le plus naturel; s'exprimer ensuite simplement, sans recherche, et de manière à être parfaitement compris ; enfin, observer toutes les règles du cérémonial épistolaire. (11)
Des réponses.
Une réponse, étant la continuation de Tentretien commencé par la lettre reçue, présentera beaucoup d'analogie avec celle-ci, pour le fond et pour la forme. (12)
Pour le fond, répondez autant que possible à chaque point : « Vous contentez ma curiosité sur tout ce que je souhaitais, dit M"* de Sévigné à sa fille, et j'admire votre soin à me faire des réponses ponctuelles; cela fait une conversation toute réglée et très-délicieuse. » (13)
Afin de ne commettre ni omissions, ni erreurs, relisez la
10. Enfio le ton ne doit-il pas être en rapport avec le sujet de la lettre? — 11. Quels sont donc les différents points dont on doit tenir compte lorsqu'on a une lettre à écrire ? — 12. Pourquoi une réponse doit-elle aToir de Tanalogie avec la lettre reçue? — 13. Comment une réponse doit.elle être conçue pour le fond? Citez à l'appui un
lettre et conservez-la sous les yeux jusqu'à ce que la réponse soit faite. (14)
Le ton d'une réponse sera conforme à celui de la lettre reçue. Si Ton doit répondre à une lettre sérieuse, il importe de bannir la plaisanterie ; mais on répondra d'une manière enjouée à une lettre familière ^t badine, sans oublier toutefois les distances d'âge et de position qui peuvent modijSer nos relations. (16)
Toute lettre mérite une réponse, quel qu'en soit l'objet et de quelque part qu'elle nous vienne.
Quand le cardinal Dubois, s'amusant à jeter au feu un tas de lettres qu'il avait laissé s'accumuler sur sa table, disait à de Fontenelle : t Je fais des réponses, je me mets au courant, » il faisait là un bien triste jeu de mots, et cette manière facile et peu courtoise ne doit être celle de personne. (16)
Les seules lettres auxquelles on ne soit pas tenu de répondre sont les lettres blessantes et injurieuses. Le parti le plus sage et le plus digne est de les considérer comme non avenues et de n'y répondre que par le silence et le mépris. (17)
Une réponse doit, autant que possible, être immédiate. Si une raison sérieuse vous en empêche, n'oubliez pas de vous excuser et d'expliquer la cause du retard :
« Je vous dois une réponse depuis longtemps, et il y a plus de quinze jours que vous l'auriez, si je n'en avais pas été empêché par un débordement de bile, non pas au
passage de M^e de Sévigné. — 14; Quel est le procédé le plus tûrpour »c commettre ni omissions ni erreurs? -—15. Quel doit être le ion d'une r<^0D8e? — 16. Peut-on négliger de répondre à une lettre? — 17.
moral et au figuré, quoique, en vérité, ce monde si parfait en vaille bien la peine, mais au propre et au phj^sique. » (d'Alembert.)
« Vous êtes surprise que j'aie resté si longtemps sans vous écrire ; mais, Madame, je vous suis trop attachée pour ne pas me flatter que vous ne doutez point que, malgré mon silence, j'aie pensé trcs-souvent à vous, et qu'il a fallu que je n'eusse pas un moment pour vous le dire, puisque je ne l'ai pas fait. » (M"" Aïssé.) (18)
Il vous est permis de différer une réponse : 1* quand il s'agit de vous décider sur une affaire qui demande de la réflexion ; personne n'ignore les dangers d'une décision précipitée : ^ quand vous jugez nécessaire de répondre à une lettre blessante. Méfiez-vous du premier mouvement de votre cœur ; attendez le calme et la réflexion ; ne répondez qu'après quelques jours, afin de ne pas opposer aigreur à aigreur, et faites-le avec cette convenance et cette dignité qui assurent la supériorité.
Quand peut-nn s'en dispenser? — 18. Une réponse doit-elle être immédiate? Que faut-il faire quand des circonstances toutes spéciales y ont mis obstacle? Citei des passages. — 19. Dans quels cas est-il permis de différer une réponse?