IV. JW"*' de Maintenon à Louis XIV
Sire, • La reine n'est pas à plaindre ; elle a vécu, elle est morte comme une sainte : c'est une grande consolation que l'assurance de son salut. Vous avez, Sire, dans le del une amie qui demandera à Dieu le pardon de vos péchés et les grâces des justes. Que votre Majesté se nourrisse de ces sentiments! Madame la Dauphine se porte mieux.
Soyez^Sire, aussi bon chrétien que vous êtes grand roi. »
.V. J-'J' Rousseau à M. Vertier.
Montmorency, le 9 février 1760.
€ Ily aune quinzaine de jours, mon cher Verner, que j'ai
appris, par M. Favre, votre infortune ; il n'y en a guère moins que je suis tombé malade, et je ne suis pas rétabli. Je ne compare point mon état au vôtre ; mes maux actuels ne sont que physiques ; et moi, dont la vie n'est qu'une alternative des uns et des autres, je ne sais que trop que ce n'est pas les premiers qui transpercent le plus vivement le cœur. Le mien est fait pour partager vos douleurs, et non pour vous en consoler. Je sais trop bien, par expérience, que rien ne console que le temps, et souvent ce n'est encore qu'une affliction de plus de songer que le temps nous consolera. Cher Verner, on n'a pas tout perdu quand on pleure encore, le regret du bonheur passé en est un reste. Heureux qui porte encore au fond de son cœur ce qui lui fut cher I Oh ! croyez-moi, vous ne connaissez pas la manière la plus cruelle de le perdre; c'est d'avoir à le pleurer vivant. Mon bon ami, vos peines me font songer aux miennes; c'est un retour naturel aux malheureux. D'autres pourront montrer à vos douleurs une sensibilité plus désintéressée ; mais personne, j'en suis bien sûr, ne les partagera^. plus sincèrement. »