VI* SUJET
Consoler un père de famille de la perte de sa fortune.
Conseils : Vous appréciez la perte cruelle qu'il a faite et vous savez qu'il souffre moins pour lui-même que pour sa famille, dont la position se trouve gravement compromise. Mais c'est précisément dans l'amour de ses enfanta qu'il doit puiser du courage pour rétablir ses affaires. Il serait coupable, s'il se laissait aller au découragement ; il ne vit pas pour lui seul, il se doit aux siens, dont il est le soutien et l'appui.
C'est dans ces rudes épreuves que l'homme doit prouver qu'il est homme ; il y a même une jouissance intérieure à lutter contre l'adversité, à la rendre impuissante à désarmer notre courage.
VIP SUJET.
Un fils {ou une fille) à sa mère, pour la consoler de la mort de son petit frère.
Conseils : Quelles plus douces consolations que celles qu'un fils peut adresser à sa mère, pour soulager une peine qu'ils sentent vivement l'un et l'autre?
Une pauvre mère a tant besoin, dans ces cruelles circonstances, de trouver une compensation à ce qu'elle a perdu
dans un surcroît d'amour de la part des enfants qui survivent.
Vous regrettez d'être en ce moment à la pension ; vous voudriez vous trouver auprès de votre mère pour la consoler.
Vous lui faites la promesse d'être bien soumis, bien studieux, et de ne jamais l'affliger.
Réponses an\ lettres de condoléance.
MODÈLES
Réponse de Jtf"** de Grignan à M. h Président de MoulceaUy sur la mort de if"** de Sévigné.
« Votre politesse ne doit point craindre, Monsieur, de renouveler ma douleur, en me parlant de la douloureuse perte que j'ai faite ; c'est un objet que mon esprit ne perd pas de vue, et qu'il trouve si vivement gravé dans mon cœur, que rien ne peut ni l'augmenter ni le diminuer. Je suis très-persuadée, Monsieur, que vous ne sauriez avoir* appris le malheur épouvantable qui m'est arrivé, sans répandre des larmes; la bonté de votre cœur m'en répond. Vous perdez une amie d'un mérite et d'une fidélité incom* parables ; rien n'est plus digne de vos regrets. Et moi. Monsieur, que ne perds-je point? Quelles perfections ne réunissait-elle point pour être à mon égard, par différents caractères, plus chère et plus précieuse ! Une perte si complète et si irréparable ne porte pas à chercher des consolations ailleurs que dans l'amertume des larmes et des gémissements. Je n'ai point la force de lever les yeux assez .haut pour trouver le lieu d'où doit venir le secours; je ne puis encore tourner mes regards qu'autour de moi ; je n'y vois
plus cette personne qui m'a comblée de biens, qui n'a eu d'attention qu'à me donner tous les jours de nouvelles marques de son tendre attachement. Il est bien vrai. Monsieur, il faut une force plus qu'humaine pour soutenir une si cruelle séparation et tant de privations. J'étais bien loin d'y être préparée! Je me flattais de ne jamais souffrir un si grand mal. Je le souffre, et le sens dans toute sa rigueur. Je mérite votre pitié, Monsieur, et quelque part dans l'honneur de votre amitié, si on la mérite par une sincère estime, et beaucoup de vénération pour votre vertu. •
IP MODÈLE
Réponse de Fléchier au P. Vignes, 1701.
• Je n'ai pas douté, mon révérend père, que vous n'eussiez la bonté de prendre part à mon affliction quand elle vous serait connue. Vous connaissiez le frère que j'ai perdu, et vous l'avez regretté. Vous avez de l'amitié pour moi, et vous avez compati à la douleur que j'ai eu de le perdre. Je vous prie de lui accorder les secours de vos prières, et de me croire, autant que je le suis,... »
IIP Modèle.
Réponse du maréchal de Navailles au comte de Bussi, 1679.
i Je suis sensible, comme je le dois. Monsieur, au témoignage que vous me donnez de la continuation de votre amitié sur la perte que j'ai faite de mon fils unique. En vérité, Monsieur,^la nature ne peut seule résister à de pareilles épreuves, et l'on a grand besoin de secours pour
soutenir la pesanteur d'un semblable coup. Je vous supplie, Monsieur, d'être bien persuadé de la reconnaissance que j'ai de vos bontés, et que personne ne saurait être plus attaché que je le serai toujours à tous vos intérêts. »
Préeeptes.
S'il est un cas où les préceptes sont superflus, c'est bien celui où il s'agit de répondre à une lettre de condoléance. Montrez-vous sensible aux consolations qui vous sont adressées ; pour le reste, laissez parler votre cœur, et faites la . réponse qu'il vous dictera.
EXERCICES DE COMPOSITION
P' Sujet : Réponse du comte de Grignan à M. de Pompone qui lui a adressé ses condoléances à l'occasion de la mort de M™* de Se vigne, belle-mère du comte. 11 le remercie et lui sait gré de la douleur qu'il a témoignée. C'est une perte bien douloureuse pour tous les parents et les amis de M'"*' de Sévigné. M. de Grignan promet de donner des détails à M. de Pompone sur la fin touchante et édifiante de cette femme illustre. Il termine sa lettre par l'assurance de son attachement.
IL Réponse de Rosine à sa grand'mère, (Voir IIP Sujet, page 145.)
III. Réponse de Juliette à sa tante, (voir ¥• Sujet, page 146.)