‹ Cours pratique de l'art épistolaireChapitre 6 sur 86 · III. BBIÈlTETi · texte numérisé non relu

III. BBIÈlTETi

Par brièveté on n*entend nullement la longueur matérielle de la lettre, mais bien le plus ou moins de mesure que Ton a gardé dans les développements. (32)

Cette mesure, c'est le sujet même qui la donne. Si le sujet est simple, clair, les longs détails sont superflus; dans le cas contraire, il réclame des éclaircissements, et la lettre pourra fort bien être longue, sans pécher contre la brièveté. (33)

On voit donc que la brièveté doit être subordonnée à la clarté; quand elle doit s'acquérir aux dépens de celle-ci, elle devient un défaut. Boileau a signalé l'écueil :

€ J'évite d'être long et je deviens obscur. •

cité. A quel propos fut-elle écrite? Expliquez les surnoms qui y sont donnés à Voltureet au duc d'Enghien. liaez le texte de cette lettre, pour y découvrir l'exagération de la pensée et de l'expression. — 31. Cette lettre péche-t-cUe contre toutes les qualités du style épistolaire? — - 32. Qu'entend-on par brièveté^ — 33. Comment apprécic-t-on la lon-

Que la brièveté ne dégénère jamais en sécheresse ni en obscurité. (34)

11 s'ensuit encore que la brièveté n'est pas la même pour tous les genres de lettres. Ainsi les lettres d'affaires réclament plus de brièveté que celles qui concernent des relations d'amitié. Celles-ci veulent du laisser-aller. « Il faut un peu, dit M"" de Sévigné, entre bons amis, laisser trotter les plumes comme elles veulent ; > et, comme l'a très-bien dit Gresset,

• L'esprit n'est jamais lat d'écrire Lorsque le cœur est de moitié. »

L'amitié est parlière : remplissez sans crainte vos quatre pages : le trop de brièveté ne va pas aux épanchements du cœur, et les lettres les plus longues paraissent toujours courtes à un frère, à un ami. (35)

Ainsi, la lettre de M"* de Sévigné, modèle de clarté et de simplicité, malgré sa longueur, ne pèche nullement contrera brièveté, puisqu'elle ne renferme pas jin détail qui n'intéresse. (36)

Comment acquiert-on cette qualité?

La seule règle à suivre c'est de rejeter tous les détails inutiles qui n'intéressent point le lecteur. Puis, un élément essentiel de la brièveté, comme de la clarté, c'est l'ordre. Sans ordre, il y a difiTusion, verbiage. (37)

A la brièveté est opposée la prolixité. C'est le défaut

gueur qui confient à uoe lettre? — 34. A quene autre qualité essentielle la brièveté doit-elle être subordonnée? — 35. La même brièveté convient-elle s tous les genres de lettre»? Citez à ce propos une maxime de ]!•»• de Sévigné et une pensée de Gresset. — 36. La lettre de 9In>o de Sévigné, reproduite plus haut, ne pèche-t-elle pas contre la brièveté? — 37. Comment acquiert-on la brièveté, et quel est l'élé-

d'une lettre qui entre dans des détails trop minutieux, et qui est longue, circonstanciée jusqu'à Tennui. Telle est celle de Voiture au duc d'Knghien, (38)

La prolixité engendre l'ennui ; elle rend le style lourd et traînant. De plus, elle blesse l'amour propre du lecteur ; car c'est se défier de son intelligence que de lui donner les détails les plus simples, qu'il aurait aisément devinés luimême. (39)

Des ornements qne comporte le style èpistolaire.

La simplicité, qui fait le caractère essentiel du genre èpistolaire, n'exclut nullement l'emploi des figures. Le modèle que nous avons cité de M*"« de Sévigné (p. 7) en est une preuve. Du reste, les figures sont aussi naturelles à l'homme du peuple qu'à l'homme de l'esprit le plus cultivé, car la parole upus a été donnée pour être la peinture vraie et frappante et non la traduction affaiblie de notre pensée.(l)

Les figures sont destinées à donner au langage de la force, de l'élégance, de la variété, de l'intérêt. L'attention est bientôt rebutée, si un certain agrément ne la soutient. (2)

La lettre admettra donc tous les ornements qui conviennent à une conversation soignée. L'écueil est dans l'abus ;

ment essentiel de cette qualité? — • 38. Quel est' le défaut opposé à la brièveté? Dites en quoi il consiste et citez-en un exemple.— 39. Quels sont les inconvénients de la prolixité ?

1. La simplicité que réclame le genre èpistolaire exdut-eUe l'emploi des figures? Appuyez votre réponse d'un exemple et d'une raisno puisée dans la nature même de l'esprit humain. — 2. Quels sont les

remploi des figures exige de la mesure, de la sobriété et Fabsence de tout^ recherche.

On peut en user lorsqu'elles se présentent naturellement sous la plume et qu'elles rendent mieux la pensée que ne le ferait une forme plus simple. (3)

Notre but n'étant pas de donner une théorie complète des figures, nous nous bornerons à glaner dans les meilleurs écrivains épistolaires, pour y découvrir les principaux ornements de style que comporte la lettre.

Les méthodes qui présentent la théorie avant la pratique étant toujours arides et souvent stériles, nous avons résolu de suivre une marche contraire. Nous déduirons les règles des exemples. L'élève gravera bien plus facilement dans sa mémoire les définitions qu il aura trouvées lui-même par l'examen d'un texte étudié avec soin.

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