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V. Oscar remercie Jules, qui lui a envoyé du gibier

CONSEILS

Vous recevez à l'instant même un magnifique lièvre et de gros et gras perdreaux, par un commissionnaire aussi discret, aussi muet que le gibier qu'il apporte.

Ce cadeau anonyme vous aurait longtemps intrigué, si vous ne vous étiez souvenu de certains détails de la dernière conversation avec votre ami : le coupable ne peut être que lui. Du reste, à la beauté du gibier, à la sûreté du coup, vous avez reconnu l'habile chasseur.

Comment le remercier? C'est embarrassant. Vous aimez mieux vous tirer d'affaire en le grondant bien fort de vous avoir envoyé la plus belle partie de sa chasse. Vous ne lui pardonnerez qu'à une seule condition, c'est qu'il vienne manger sa part de ce superbe envoi.

Quelques bons amis seront de la partie.

Ton : affectueux et enjoué.

VI. Nodier à ii"* Fanny Robert, jeune sourde-muette, qui lui avait fait cadeau d'un joli dessin fait de sa main.

CONSEILS

Il la remercie vivement. Qu elle ne regrette pas le sens dont Dieu l'a privée : c'est qu'il hésitait à la faire âme ou corps, et les misérables organes du vulgaire seraient une disgrâce pour les anges. La parole est si peu de chose î Nodier en voit une nouvelle preuve dans Fimpuissance où il se trouve de peindre son admiration et sa reconnaissance. Il ne peut pas lui exprimer ce qu'il sent ; qu'elle le cherche dans son propre cœur.

Il termine par de nouveaux remerciements.

VII. Le comte Joseph de Maistre remercie la baronne de P*** d'avoir donné riiospitalité à son fils Rodolphe,

Remerciements; désir de pouvoir en faire autant à l'égard du fils de la baronne. Rodolphe est revenu tout enchanté des politesses dont il a été l'objet. Il connaissait déjà la baronne, pour l'avoir vue à Lausanne ; mais il y a dix ans, et il n'en avait alors que six. Il termine par une courte réflexion sur la rapidité du temps.

VIII. Ernestine à sa sœur aînée, Louise, qui lui a fait cadeau d'un joli bracelet.

Vous pensiez à Louise et au bonheur de posséder une sœur aussi aimante, aussi dévouée, quand on est venu vous annoncer ce matin que quelqu'un vous demandait au parloir. Vous croyez que c'est Louise, vous volez vers elle-

C'était la vieille bonne qui vous apportait un écrin, contenant un joli bracelet. Aussitôt vous devinez que c'eSt un cadeau fait à Louise et dont elle se prive pour vous faire plaisir. Vous interrogez la bonne, mais on lui a recommandé le secret. Du reste, vous n'avez pas besoin de ses

aveux ; vous connaissez votre bonne sœur. Vous lui exprimez votre reconnaissance.

iX. Charles remercie une personne qui l'a protégé au sortir du collège et lui a fait obtenir une pluce dans une maison de commerce.

Supposez que vous êtes déjà installé depuis quelque temps dans vos nouvelles fonctions.

Vous vanterez les avantages de votre position, et les égards de votre patron, que vous attribuez aux bonnes recommandations de votre protecteur.

Vous lui direz aussi les efforts que vous faites pour vous rendre digne de cette bienveillance ; vous tâcherez de rendre à votre chef des services, qui deviendront encore plus importants, lorsque vous serez initié aux affaires.

X. Georges a tiré un numéro heureux pour la milice. Son père lui a montré une lettre de son oncle qui s'engageait à le racheter dans le cas où Georges serait tombé dans la conscription. Georges annonce à son oncle la bonne nouvelle, et le remercie avec effusion de ses intentions généreuses.

XI. Zoé a fait présent à sa cousine Laure des premières broderies faites de sa main. Laure la remercie. Ce cadeau est précieux à ses yeux. Laure, qui se connait en petits ouvrages de ce genre, félicite Zoé sur son habileté et sur son bon goût. La lettre qui accompagnait le cadeau est aussi gracieuse que Touvrage même.

Xn. Jules remercie son ami Ernest qui lui a rapporté des coquillages d'Ostende. (Voir sujet V, page 188.)

Il espère avoir le plaisir de lui offrir aux prochaines vacancss un joli volume illustré, que son père lui a promis. Mais Alfred ne doit pas s'y tromper ; ce n'est pas pour

s'acquitter envers lui qu'il lui donuera ce volume. Il mettra toujours le cadeau de son ami bien au-dessus du sien. Seulement il veut que celui-ci possède également un souvenir d'amitié. (Même sujet pour demoiselles.)

XIII. Lucie, dans une visite à Adrienne, avait adniiré un joli ouvrage de main. Son amie s'est empressée de lui en faire cadeau. Lucie l'en remercie vivement, mais en même temps elle se reproche d'avoir provoqué ce cadeau par son indiscrétion. La surprise a doublé la valeur du présent.

XIV. Victor, de retour chez ses parents, remercie M***, le père de son ami, de l'affectueuse hospitalité qu'il a reçue chez lui pendant quelques jours de^vacances.

Réponses aux lettres de remerciemeDts.

MODÈLES

Jl/"* de Sévigné à 3L de Bussi, 1678.

« Je vous avoue, mon cher cousin, que je ne savais nullement l'intérêt que vous preniez aux gens à qui j'ai trouvé occasion de faire plaisir. Je me suis tenue trop heureuse qu'un honnête homme ait voulu une si petite chose qui dépendait de moi. J'étais sur le point de le remercier de l'avoir acceptée, lorsque j'ai vu qu'il ne tenait qu'à moi d'en recevoir un remerciement de vous. Mais je ne veux point vous tromper, mon cher cousin, ni vous faire valoir ce qui n'en vaut pas la peine, et ce que je n'ai point fait pour l'amour de vous. »

M"^^ de Sévigné à M. de Pompone,

€ Si vous continuez à vous plaindre de la peine que je prends à vous écrire, et à me prier de ne point continuer, je croirais que c'est vous qui vous ennuyez de lire mes lettres, et que vous vous trouvez fatigué d'y faire réponse ; mais sur cela je vous promets encore de faire mes lettres plus courtes, si je puis ; et je vous acquitte de la peine de me répondre, quoique j'aime encore vos lettres. Après ces déclarations je ne pense pas que vous espériez d'empêcher le cours de mes gazettes. Quand je songe que je vous fai» un peu de plaisir, j'en ai beaucoup. Il se présente si peu d'occasion de témoigner son estime et son amitié, qu'il ne faut pas les perdre quand elles viennent s'offrir, i

M. P*** au comte de Btissi,A61^.

€ Le faible service que j'ai tâché de vous rendre ne méritait pas la manière dont vous me témoignez que vous l'avez reçu, et vous deviez me laisser ma satisfaction d'avoir fait une action que vous désirez, sans y mêler un compliment que je n'avais pas attendu. Soyez assuré, Monsieur, du plaisir que je trouverai toujours à vous témoigner, par mes services, la vérité avec laquelle je suis, etc. »

Préceptes.

Montrer que nous sommes touchés de la reconnaissance qu'on nous exprime et que nous nous trouvons heureux d'avoir pu être utiles, tel est notre premier devoir dans nos réponses aux lettres de remerciements. La délicatesse nous commande en outre d'atténuer le service rendu, loin de l'exagérer.

EXERCICES DE COMÏ>OSITION.

I" SUJET. Joseph répond aux remerciements d'Ernest et lui envoie de nouveaux ouvrages à lire, entre autres un livre traitant de la botanique. Votre ami rend si bien compte des ouvrages qu'il lit que vous voudriez lui en faire lire souvent. (Voir sujet II, page 203.)

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