‹ Cours pratique de l'art épistolaireChapitre 8 sur 86 · MÉTAPHORE · texte numérisé non relu

MÉTAPHORE

l'ETEani. « La vie est crueUsment mêlée d'absintho » s'écriait Mme de Sévi;5né agitée dUaquiétudes sur le »ort de son fils. (25)

Il y a dans cette phrase un mot transporté de son acception propre à une acception figurée ; c'est le mot absinthe; de même qu'on emploie souvent le mot amerttime pour

— 21. D'après ces eiemples, définissez VaUusion, — 22. Où la puise -t-on? — 23. Quelles sont les conditions que doit remplir ValluHton? — 24. Peut-elle être réellement considt'rée comme un ornement de style? -— 25. Lisez aTec attention cette phrase de

chagrin, affliction. (26) La vie est comparée à une coupe contenant un breuvage mêlé d'amertume. (27)

Il n'y a entre cette nouvelle figure, qu'on appelle metaphore, et la comparaison qu'une différence, c'est que le second membre de la comparaison n'est pas exprimé. (28)

Ile BZKVPLV. « Madame de Buri fait fort joliment tourner ion moulin à paroles. » (M"» de Sévigné.)

Métaphore qui dépeint énergîquement l'intarissable babil de la grande dame. L'expression a revêtu, grâce à cette figure, un tour plaisant et original. (29)

1II«. EXEMPLE. « Ce grand fleuve nous entraine tous. ■(MwodeSé- Tigné.)

Image de la rapidité du temps. La métaphore donne à la pensée une forme énergique, grandiose et presque sublime. (30)

1V« BxivLB. « Je jetterai le temps à pleines mains, comme autrefois. » (Hme de SéTigné.)

Pourraît-on rendre par une image plus sensible et plus vive cette idée simple : dissiper son temps, être prodigue de son temps. (31)

Ve EXEMPLE. < C'est l'aiguille du cadran que nous ne voyons pas aller. (M"»» de SéTigné.)

N'est-ce pas là une heureuse métaphore pour dire que le temps s'avance d'une manière rapide et imperceptible? (32)

mnf de SéTigné. — 26. Quel est, dans ce premier exemple, le mot qui n'est pas employé dans son sens ordinaire? Substituez-y le mot propre. — 27. T a-t-il comparaison? Faites-la ressortir, et prouTes»en la justesse. — 28. Quelle différence trouTez-Tous entre la métaphore tt la comparaison ^ ~*> 29. Lisez ce deuxième exemple et appliquezy les mêmes questions qu'au premier. — 30, 31, 32. Faites de même

La métaphore est donc une comparaison abrégée, une comparaison dont le second membre n'est jamais exprimé. (33)

Voici, entre autres, quelques exemples de métaphore bien familiers dans la conversation même. On dit le feu de la jeunesse, la flenr de Vkg% le poids des années , consumé de chagrin, glacé d'effroi. Toutes ces expressions sont des métaphores, auxquelles il est aisé de substituer le mot propre. (34)

Maintenant, voici d'une manière nette la différence entre la comparaison et la métaphore.

Quand je m'exprime ainsi : Ce guerrier s'élance comme un lion, je fais une comparaison. Mais si, parlant du même guerrier, je dis : ce lion s'élance, je fais une métaphore, car j'omets le second membre de la comparaison, qui s'annonce ordinairement par un de ces mots : comme, ainsi que, tel que, etc. (35)

Les conditions de la métaphore sont : la justesse : elle doit être fondée sur une ressemblance réelle, qui n'ait rien de forcé ; la convenance : il faut se garder de la tirer d'objets bas ou de choses triviales ; la clarté, qui fait découvrir sans peine Vidée simple sous l'expression figurée. (36)

La métaphore est une figure plus hardie que la comparaison : la comparaison s'annonce ; la métaphore jaillit d'un seul trait. (37)

pour les trois exemples suirants. — 33. Déduisez de l'étude de ces exemples la définition de la métaphore. — 34. Donnez quelques exemples familiers de métaphore. Substituez, pour chacun d'eui, le mot propre au mot figuré. — 35. Établissez nettement, au moyen d'un exemple, la différence entre la comparaison et la métaphore. A quelles particules reconnait-on ordinairement une comparaison? — 36. Quelles sont les conditions de la métaphore? — 37. Comme ornement du

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