DES TRATAUX D'EXPLORATION ET DE RECHERCHES EN GÉNÉRAL M
a été fait, non aens de très-laborieux efforts, nécessités par la nature aquifére des morts-terrains qu'on avait à traverser. Le résultat de ces efforts a été d*abord la création des mines d'Anzin, qui sont dans les mains d'une puissante compagnie, sans rivale en France et sans supérieure dans le monde pour Timportance de sa production; et ultérieurement la création des mines d'Âniche, qui sont aussi aujourd'hui en grande voie de développement.
Les choses en restèrent là jusque vers 1835. Reprenant, pour répondre aux besoins croissants de la consommation, le point de vue qui, un siècle auparavant, avait conduit à la découverte du terrain houiller sur le sol français, on en chercha de nouveau un prolonge^ ment dans la même direction, c'est-à-dire aux environs d*Arras. Ces explorations n'eurent aucun succès, jusqu'à ce qu'il eût été reconnu que la direction générale de la zone houillère s'infléchissait vers le nord à partir de Douai, et allait passer, non par Arras, mais par Lens et Béthune. Une fois remis sur la voie, on se livra activement aux explorations, en s' avançant de plus en plus vers Touest, et c'est ainsi que furent créées, dans ces viâgt dernières années, les belles exploitations qui jalonnent en quelque sorte à la surface du sol le terrain houiller sous-jacent, depuis Douai jusqu'à l'ouest de Béthune.
Une autre application des mêmes considérations a été faite, dans ces dernières années, pour retrouver dans le département ât la Moselle le prolongement vers le S.-O. du grand bassin houiller de SaiTebruck, que l'on voyait disparaître au voisinage de la frontière française» sous des terrains plus modernes.
Des résultats importants avaient été obtenus par diverses sociétés françaises, qui s'étaient formées pour faire des recherches, et avaient déjà reconnu le terrain houiller, à des profondeurs accessibles, sur plus de 120 kilomètres carrés. Mais ces territoires ont été enlevés à la France, à la suite de la malheureuse guerre de 1870. Le même soin jaloux, qui avait, en 1815, présidé à la délimitation de notre frontière, de manière à ne laisser en France aucune partie alors connue du bassin houiller, nous a dépouillés en 1871, non seulement de «e prolongement, dont la découverte était notre ouvrage, mais encore, autant qu'il a clé possible, du grand gisement de mi-
œrai de fer dont il a été parlé plus haul (n'' 41), et des principales usines qui avaient été créées pour le traitement métallurgique de ce minerai.
Nous pensons que ce qui a été fait dans le Iford et le Pas-de- Calais, ainsi que dans le département de la Moselle, on peut le faire encore sur plus d'un point en France, quoique peut-être sur une moindre échelle^ et qu'il y a là un ordre de considérations qui ne doit pas être perdu de vue, et qui peut, dans plus d'une occasion, être d'une grande fécondité.
§ S. — Des travaux de recherche.
(63) Nous supposons que les travaux dirigés dans l'esprit des observations ci-dessus (n^ 58 et suivants), ont amené l'explorateur à constater l'existence matérielle d'un gîte en un point donné. Si le gtte affleure, cette constatation a eu lieu par de simples travçiux de fouille superficiels. Si le gîte n'aflleure pas, parce qu'il est recouvert par des dépôts plus modernes, on l'a atteint soit par des puits (comme on a procédé dans le dernier siècle pour découvrir le terrain houiller du département du Nord), soit d'une manière plus rapide et moins dispendieuse, mais aussi moins précise, par un au plusieurs trous de sonde exécutés par les procédés qui seront décrits plus loin, et qui ont servi, dans ces derniers temps, pour les recherches du Pas-de-Calais et de la Moselle. Il reste à examiner si le gite dont il s'agit est industriellement utilisable, c'est-à-dire s'il comporte une exploitation permanente, ou au moins d'une certaine durée. La condition néeessairej mais non suffisante, à laquelle il doit satisfaire, c'est qu'il soit convenablement étendu, qu'il ait une certahie suite, une certaine tenue, sans laquelle évidemment il ne payerait jamais les premières dépenses qu'on aurait faites pour établir cette exploitation.
(•4) Dans le cas où le gite afdeure, après qu'on a obtenu tous les renseignements qu'on peut déduire de l'examen géologique du terrain, et des travaux sommaires fSsdts pour étudier les aflQeurements
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<m pour pénétrar dans le$ vieux travaux, on doit se résoudre à aller attaquer et reconnaître le gite en profondeur.
L* attaque peut «e faire eoH par faleries «oit par puits.
Si le relief du SfA le permet, l'attaque par galerie a Tavantage de réduire la dépense de première installation et celle d'exécution de l'ouvrage, parce qu'on n'a ni fraie d^étaUissement de machines au d^ut, ni frais d^extraction et d*épttisement pendant le travail. Cette galerie pourra être œmmencée sur un point d'affleurement du gtte et être une galerie «n direction, ce qu'on appelle «ne ^olme^Tal^gement^ ou bien en dehors du gtte perpendiculairement 4 st dîreetion, ce qu'on appelle tciie gderie à travers bancs.
La galerie d^allongement a l'avantage d'étudier le gite, chemin faisant ; la galerie à travers bancs eeltil d'étudier le terrain encaissant, et par eoneéqoeat 4e faire reeonaaltre les gttes parallfles, sll «n existe.
Le choix entre ces deux syst^es d'attaque dépend essen1feil#ment des dispositions locales.
Sur le gtte même, la recherche doit consister en galeries d'allongement faites à plusieurs niveaux, reliées par des cheminées, et ea quelques bouts de galeries poussés au toit et au mur, de manière à bien reconnaître la direction, l'inclinaison et la véritable puissance 4lu gtte, ainsi que la manière dont la substance à exploiter s'y trouve répartie.
Une attaque par galerie peut ne pas donner de résultats bien déoisifs, si le gîte renferme de vieux travaux ; car souvent ces vieux travaux descendent jusqu'au niveau «des vallées les plus voâsifies, eu même an-dessous, et il faudrait 'aller chercsher beaucoup trop loin le point d'attaque, et par suite faire une galerie beaucoup trop longue, si l'on voulait s'imposer la condition ^atteiodre le gîte dans tiae partie intacte en contre^bas 4e ces vieux travaux.
£e serait ^unedi^pense d'argent, et surtout de temps ,qu'il peut être «oonvenable ms. eécessaive d'éviter, fians ce cas on fera une «ttaque par puits.
On peut établir soit un puits incliné ^(cftieiiiinée ou fendue), partant d'un poiut pris sur l'affleurement, soituc puits vertical, pds
au toit du gite ; de manière à aller recouper le gîte à la profondeur à laquelle on veut Tétudier.
La fendue est l'équivalent d'une galerie d'allongement ; le puits vertical l'équivalent d'une galerie à travers bancs.
n arrivera souvent qu'une attaque par puits sera préférée à une attaque par galerie, parce qu'on trouvera une compensation à la dépense de première installation et au coût plus élevé du mètre courant d'avancement de l'ouvrage, dans une moindre longueur de cet ouvrage et une moindre durée d'exécution, et dans l'avantage d'atteindre le gite à un niveau plus bas, et d'obtenir par là des notions plus décisives sur son allure en profondeur. Enfin on pourra être conduit à combiner les deux modes d'attaques ; à faire, par exemple, une galerie à travers bancs et une fendue qui iront se rencontrer en profondeur en un point donné du gite. Ce système mixte combinera les avantages de l'un et de l'autre mode, et donnera
pour Taérage des facilités particulières.
(65) Lorsque le gite n'afDeure pas, comme dans les cas cités plus haut pour les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Moselle, la marche qui semble indiquée et qu'on a en efTet suivie dans ces derniers temps, est de commencer par constater matériellement l'existence du gite, par un ou plusieurs sondages qui donnent en même temps des notions sur la nature et sur l'épaisseur des morts-terrains qui le recouvrent ; ensuite d'attaquer le gite par des puits verticaux, qu*on installera dès l'origine, de manière qu'ils puissent être ultérieurement transformés en ouvrages définitifs, une fois que le gite aura été atteint et étudié, et qu'on sera fixé sur la possibilité de l'exploiter.
(66) Dans tous les cas, on doit convenir que les travaux de recherches demandent de Vargent et du temps. Le temps surtout est un élément indispensable^ sans lequel on ne saurait résoudre^ on ne doit pas même chercher à poser la question de savoir si un gile donné sera susceptible d'une exploitation durable.
La question ne comporte en effet de réponse positive que lorsqu'on sait si le gite présente une étendue suffisante, et, dans celte
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étendue* une concentration convenable de la matière utile ; et ces résultats ne peuvent eux-mêmes être sûrement acquis sans un développement approprié donné aux travaux de recherche.
La question générale une fois posée, la réponse à y faire demande un examen attentif et sévère d'une foule de questions partielles, techniques, commerciales, économiques.
(67) On doit se demander d'abord quelle est l'importance des firdis qui restent à faire, pour installer cette exploitation définitive.
Ces frais comprennent d'abord les travaux d'aménagement du gîte, et les travaux extérieurs concernant l'exploitation proprement dite ; puis les ateliers d'élaboration de la matière exploitée (ateliers de lavage, d'agglomération ou de carbonisation, fonderie, etc.) ; ensuite les dépenses accessoires pour les nkagasinset ateliers de réparation, pour le logement des employés et des ouvriers, et pour le recrutement de ces derniers ; les dépensea pour l'amenagement des eaux motrices et pour la création de voies de transport; les frais du 'service financier pendant la période d'installation, etc.
(BS) La secoùde question est relative au prix de revient de l'exploitation future.
G*est une matière déUcate, en ce sens que le prix de revient varie généralement en iens inverse (nous ne disons pas en raison inverse) du chiffre de la production annuelle, et que celle-ci ne peut être fixée è l'avance que d'une manière asses approximative.
On fera Thypothèse qui semblera la plus raisonnable, et partant de cette hypothèse on établira le prix de revient en tenant compte des frais généraux probables, de la dépense directe d'exploitation estimée d'après les indications qu'auront fournies les travaux de recherche, des frais d'élaboration ultérieure du minerai évalués, soit par quelques essais, soit d'après la nature du minerai et par comparaison avec les résultats obtenus ailleurs.
On devra, dans ces calculs, prendre pour points de départ les prix de la main-d'œuvre et des matériaux dans le pays, mais ea
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prètoyant que Texj^cÂtatioa à créer pourra biea changer ces élèmeûtê dfta£ uae large meaure.
Si, par exemplet la population clair-semée doit obliger à amener de» ouvriers du dehors, il faut compter, non pas sur le prix actuel de la main-d'œuvre dans le pays, mais bien sur celui du pays où Ton recrutera son personneli augmenté encore de la prime qu'il faudra donner aux ouvriers pour les décider à se déplacer.
Si le boid propre au sout&nement de la mine n'a pas encore d'emploi déterminé dans le pays, il peut être à bas prix quoique peu abondant. Si la mine en consomme beaucoup, il faudra le faire venir de loin^ et le prix sera, non pas le prix local actuel, mais bien eebii do pays d'origine augmenté des fraia de transport.
(•0) QueU seront les débouchés? Cette question commerciale cosiporte de» solution» très-différentes, selon la matière à exploiter. Certaines matières sont d'un usage à peu près général, mais d'une faible valeur intjrinsèque ; de telle sorte que le transport arrive facilement à doubler, tripler et au delà le prix auquel on pourrait les obtenir sur le carreau de la mine.
Tel est, par exemple, le cas de la houille. Le débouché propre d'un bassin houiller donné est la consommation qui se fait autour de lui, dans un rayon tel que ses produits y peuvent arriver à j^us bas prix que ceux des bassins houillers avec lesquels il sera en con<» cvtrence*
En dehors de ce rayon^ ses produits rencontreront une résistance d'autant plus vive qu'ils s'éloigneront davantage, et le placement qu'on pourra en faire dépendra des sacrifices que les exploitants de cto divers bassins pourronti ou voudront &ire, en vue de soutenir 1» eonourrenoe.
Su en définitive^ It conaottmàtioki est faible ou insignifiante dana qH rayon donné, le» débouchés seront nub et le bassin houiller restera fapeëtnent iaeiploîtéf i moins qu'on 00 crée, en même temps qu'en le met en ei)pIeitation| quelque industrie annexe pour en cook sommer les produits, telle qu'une ferge^ une verrerie^ etc., etc«
tu frit, il exiete encore oujourd'huif môme en France^ des bas* sine lumillers doit k itfkhesee en. houille est hiea constatée, et qui