DU BOISAGE ET OU VURAILLEMEIIT GOURART DANS LES MINES. S
trouve inscrit dans Vintérieur du rectangle formé par uoe série de palplanches. Mais il peut se faire qu'on n'obtienne pas ainsi une section surfisante ; car il sera souvent arrivé que, pour faciliter le travail du fonçage, on ait d'abord ouvert le puits sur une faible section. Le muraillement définitif doit se faire alors en élargissant le puits. Ce travail s'exécute en battant au large^ au fur et à mesure que la maçonnerie s'élève. On procède en traitant les palplanches qui soutiennent le terrain comme celles dont on garnit le front de taille d*une galerie ; c'est-à-dire qu'on les prend à tour de rôle, qu'on gratte le terrain par derrière et qu'on les repousse immédiatement au fond de la petite excavation produite, en complétant le soutènement provisoire du terrain par quelques boutsde planches enfoncées horizontalement, de champ sur les côtés et à plat au faite de l'excavation ; puis, quand on a fait ainsi un vide d'une certaine largeur, on le remplit immédiatement par un bandeau correspondant de maçonnerie. On arrive de cette manière à donner au puits maçonné une section intérieure eireanserite au boisage dont il était d'abord revêtu.
(£Of ) Enfin, dans les terrains très-coulants et très-aquifères que l'on rencontre souvent en Silésie et dans le bassin de la Ruhr, on a employé un système qui consiste à murailler le puits directement; système qui, sous ce rapport, se rapproche de celui du n"" 195, mais qui en diffère essentiellement en ce que, ne trouvant pas de point d'appui pour allonger la colonne de maçonnerie par le bas, au fur et à mesure de l'approfondissement du puits, on la fait descendre tout d'une pièce dans le terrain, en rallongeant par la partie supérieure.
L'appareil comprend donc une roulisse inférieure, qui sert de base à toute la maçonnerie, it qui est armée d'un sabot tranchant. On forme ainsi une espèce de tour mobile, sur laquelle on pose de nouvelles assises de maçonnerie à mesure qu'elle descend.
Cette roulisse inférieure s'appelle une Irou^^e coupante. Elle est d'abord posée sur le fond d'une première excavation de grand diamètre, qu'on a boisée selon que la nature du terrain le demandait. La maçonnerie s'élève sur cette trousse.
De 2 en 2 mètres environ, on a soin d'v intercaler des roùlîsses
m GOimS D'RPLOrrATIOIl DBS MINES.
qui sont reliées entre elles et à la trousse coupante, et serrées sur la maçdnnerie par des boulons noyés dans l'épaisseur même de cette maçonnerie.
D'autrefois le serrage des diverses roulisses a lieu par Tintermé* diaire des pièces de bois qui servent à diviser le puits en compartiments.
En outre, sur tout le pourtour extérieur de la maçonnerie, on cloue sur les roulisses une sorte de coffrage continu, formé par des madriers. Enfin, si l'intérieur du puits comporte quelques subdi^» sions en compartiments, on en met en place au moins les pièces principales, en les faisant porter sur les roulisses, dans des potelles réservées dans la maçonnerie.
Toutes ces dispositions sont prises pour prévenir, autant que possible, la dislocation de la maçonnerie et les frottements du terrain pendant l'enfoncement de la tour.
Cet enfoncement se fait d'ailleurs par le seul poids de la tour, on en la chargeant convenablement.
On facilite et on règle cet enfoncement, en travaillant au fond du puits. On maintient ce fond plus ou moins revêtu de garnissages, et on travaille à l'avancement, en le découvrant partiellement, selon que le demandent la nature du terrain et la tendance de la tour à s'enfoncer plus ou moins inégalement.
Avec un terrain trè»-mouvant et en même temps trës-aquifère, la question est de chercher à retenir le terrain, bien plutôt qu'à Texeaver ; car il arrive que, sous l'action du courant d'eau déterminé par l'aspiration des pompes, le terrain tend à remonter dans Tintérieur de la tour, à un niveau d'autant plus élevé qu'il est naturellement plus meuble et que l'appel par les pompes est plus énergique.
n faut tflcher, ainsi qu'on Ta déjà dit, de n'eidever quele terrain correspondant au vide qui doit être fait.
Tout ce qu'on enlève en excès tend à mettre lâ masse du terrain en mouvement, et il peut en résulter des accroissements irréguliers de pression, qui augmentent les frottements et tendent à produire des déviations de la tour.
En somme, un travail de ce genre est fort délicat ; on doit le ran-
DU BOISAGE ET DU KURÂTLLEHENT GOtmAHT DANS LES MINES. 279
ger au nombre des plus difficiles qui se présentent dans l'exploitation des mines.
La figure 185 représente le système dont il s'agit, tel qu'on l'applique, en Silésie, à des puits ronds de petit diamètre.
La figure 184 est un détail à une plus grande échelle d'une trousse coupante.
Le système est également employé, dans la Ruhr, pour des puits rectangulaires à grande section. La tour présente alors, en section horizontale, la forme générale d'un rectangle ; mais les côtés, au lieu d'être rectilignes, sont légèrement convexes au dehors, afin que la maçonnerie puisse agir comme une voûte pour résister à la pression du terrain.
C'est parle système de tours enfoncées dans le terrain, que s'exécutent, dans certaines localités, les puits à petite section et peu profonds, que Ton creuse pour avoir de l'eau.
A une autre extrémité de l'échelle, c'est par le même système qu'ont été exécutés, dans le temps, les puits de 14 mètres de diamètre qui servent d'accès au tunnel de la Tamise.
Dans ce travail, la question était de chercher, non pas à enfoncer, mais plutôt à retenir la tour qui tendait à descendre par son poids. Elle était portée sur un système de pilotis, dont on découvrait successivement les tètes pour les enfoncer, par le battage, à l'aide d'une sonnette.
La tour faisait un petit mouvement pour descendre sur la tèledes pieux déjà enfoncés, en enfonçant elle-même la tète des autres.
Dans ces dernières années, le génie civil a employé un système analogue à celui qui vient d'être décrit, pour descendre, non pas des revêlements de puits, mais des fondations de maçonneries en mauvais terrains.
Au lieu de faire d'abord une fouille, puis de venir construire au fond de cette fouille, on élève la maçonnerie au-dessus du sol, et on la descend par son poids dans le terrain, en venant fouiller par dessous.
Le service de ces fouilles se fait par un puits réservé au milieu même de la maçonnerie. C'est, en somme, le même système que pour un puits de minCi sauf que la tour est remplacée par un mas*
sif rectangulaire, ayant la section qu'on veut donner au bloc de maçonnerie à descendre. Le travail suppose un terrain aussi mauvais que Ton voudra , mais ne donnant qu'une quantité d'eau limitée.
§ 3. — < Données numériques sur la boisage et le muraillement.
(ZOUt) Nous nous bornerons d'abord à considérer les cas simples et courants, pour lesquels on peut arriver à des évaluations précises que ne comportent pas les travaux faits dans des terrains très-mauvais, surtout si ces terrains sont en même temps très-aquiféres ; car il peut arriver, dans ce dernier cas. que le gros de la dépense soit, non pas Vexicuium du travail lui-même, mais Vépuisement de^ eaux pendant cette exéctUian
V Boisage à cadres d*une galerie. — Supposons une galerie boisée avec des cadres sans semelles, dont les montants ont 2 mètres, le chapeau {""«SO, et qui sont munis de quelques garnissages
Supposons un cadre et demi par mètre courant de galerie, et le bois à 0'",60 le mètre linéaire.
Un cadre demandera 0*,50 de buttes ; soit pour le mètre courant 8'',35 de buUes,
Nous supposerons 10 mètres courants pour garnissage, à 0',15 l',50
Total ues matières 6',45
, Main-d*œuvre totale pour amener les bois au chantier, les façonner, pi*éparer l'emplacement et faire la pose, S francs par cadre, soit par mètre courant 5',00
Total 4S0 y.
Soit donc une dépense de 9 à 10 francs par mètre courant, pour un boisage solide, mais non excessif, dans une galerie à assez gi'andc section.
S"" Boisage d^un puits. — Soit un puits de 4 mètres sur 1",30 dans œuvre, divisé en deux compartiments d'extraction et un de retour d'eau.
DU BOISAGE ET DU MIRAILLEHENT COVRAIiT DANS LES MINES. S8i
Supposons un cadre par mctre, formé de pièces équarrics de 0-,20 de côté.
Il faudra : deux pièces de 4",40 8",80
Deux pièces de i-,70 5»40
Deux pièces de i ",30 2,60
Total, 14.80
SoiH4.80x0.80«=0-,593à80francs 47',36
Poteaux dans les angles pour relier les cadres, 4 mètres à 1 franc. ... 4,00
25 inèires courants pour garnissage à 0.15 3,75
Coulantage des compartiments, 5 mètres à 3 francs 15,00
Total des matières 70,11
Main-d'œuvre de pose et menus frais 10,00
Total 80 11
Soit une dépense, en chiffres ronds, de 80 francs, non compris le service du jour, pour un boisage très-ordinaire, dans un puits dont la section est plutôt faible que forte.
S"* MuraUtement ordinaire i^une galerie. — 11 faut faire quelques hypothèses sur les prix élémentaires à appliquer, prix qui peuvent varier beaucoup d'une localité à l'autre.
Nous supposerons le moellon à 5 fr. le mètre cube, à pied d'œuvre.
En Belgique, on trouvait, il y a quelques années, des briques cuites en tas à l'air libre, fabriquées avec de la terre prise sur place, au prix de 7 à 8 francs le mille. On en trouve encore à 10 francs, prix inférieur à ce qu'on obtient partout ailleurs. En admettant un prix double, soit 20 francs le mille, on est probablement encore en dessous plutôt qu'en dessus du prix moyen auquel on les obtient en France.
Un mètre cube de maçonnerie de moellons dépense 2 à 3 hectolitres de mortier, suivant la forme plus ou moins régulière des moellons, et demande 0^,6 d'un maçon avec son aide.
Un mètre cube de maçonnerie de briques pourra employer 500 riques, moins de 2 hectolitres de mortier, et une demi-journée seulement de maçon et de son aide.
Nous admettrons le mortier à 1 franc l'hectolitre, et la journée du maçon et de son aide à 6 francs.
Nous aurons ainsi, pour le mètre cube de maçonnerie :
AVEC DBS MOELLOSS. ATEC DE LA BUQUS»
Matériaux 5' 10'
Mortier 5' 3'
Main-d'œuvre 3',60 3*
Total ll',60 75»
Prenons la galerie considérée au commencement du numéro 193.
On aura 2 pieds-droits de 1"',20 sur l'épaisseur moyenne de0*i80, soit par mélre courant i-,92àii',60 22',27
Une voûte d'une brique et demie sur 1 mètre de rayon cubera t",57 par par mètre courant; on estimera le mètre cube à 18 fr. au lieu de 15 fr., en doublant la main-d'œuvre, à cause de la sujétion qu'entraîne la oonstruction de la voûte, soit l*,37à 18 Tr 24,66
Total 46,93
Soit 47 fr. le mètre courant, pour le maçonnement d'une galerie de mine ordinaire.
Ce prix est susceptible d'une très-sensible réduction, si les travaux souterrains fournissent des matériaux utilisables comme moellons. Il y aurait de ce chef une réduction de 9 fr. 60 à faire sur le prix des pieds-droits, et le prix de revient descendrait à 37 francs en nombre rond. U s'abaisserait même à 23 ou 24 francs si les moellons étant pris dans la mine et toujours supposés ne rien coûter, on comptait en outre les briques à 10 francs le mille.
C'est, on le voit, un prix au moins double et pouvant être plus que quadruple du prix du boisage.
4*" Muraillement ordinaire d'un puits. — Soit un puits rond de 4 mètres de diamètre intérieur, muraille à 4 demi-briques.
On aura par mètre courant 7*,07 à 18 fr 127',26
Bétomiage par derrière snr mie largeur moyenne de 0",20» environ 3 mètres cubes à 10 fr. le mètre posé. S0,00
Total 157',26
Soit, en nombre rond, 160 fr. par mètre, non compris le service de jour.
On doit retenir les nombres : 9 à 10 francs pour le boisage, 37 à 47 francs pour le muraillement d'une galerie de mine, et 80 francs