‹ Cours professes à l' Ecole des mines de Paris, Deuxième partie. Cours d'exploitation des minesChapitre 41 sur 53 · GÉMÉRALITÉS SUR L'ENSEMBLE DES TRATAUX DU^E MIRE · texte numérisé non relu

GÉMÉRALITÉS SUR L'ENSEMBLE DES TRATAUX DU^E MIRE

liant ^ aussi bien pour les divers étages d'un mime gtte que pour les divers gttes d^un même étage.

Telles sont, à mon avis, les réponses à iàire aux quatre questions posées précédemment (n* 256).

(!S6I) En résumant ce qui précède, nous voyons par quelles considérations nous avons délimité le champ d'exploitation réservé à un centre de production donné ; comment ce champ d'exploitation indéfini, ou du moins indéterminé en profondeur, se subdivise en ôlages par une série de travaux préparatoires établis successivement à divers niveaux ; enfin, quel ordre on doit suivre, en général, soit dans Tei^ploilation des divers gîtes parallèles touchés par ces travaux préparatoires, soit dans l'exploitation des divers étages d'un même gîte.

Il nous reste à voir comment on devra procéder à l'exploitation d'un de ces étages sur un gite donné.

C'est à ce moment seulement qu'intervient la question de la Métihode d^ exploitation applicable à ce gîte.

Les méthodes d'exploitation, à l'inverse de ce qui a lieu pour les travaux de premier établissement et les travaux préparatoires, dépendent, jusqu'à un certain point, de la nature du gite, et essentiellement de sa définition géométrique, notamment de sa puissance et de son inclinaison.

Ces diverses méthodes doivent être décrites avec détail ; car le choix à faire, pour un gite donné, et la bonne et intelligente application de la méthode choisie, sont au nombre des objets les plus essentiels dont un ingénieur ait à se préoccuper.

Elles sont, comme on le verra ci-après, assez variées. Néanmoins elles comportent l'application de quelques remarques générales que nous devons d'abord exposer.

(2es) Un gîte suffisamment développé pour être exploitable a toujours au moins une dimension très-étendue, ou pouvant être regardée pratiquement comme indéfinie.

Des deux autres. Tune aumoins est encore asseï importante, même

558 eoims iTEXPioiTATioR ws wam

s*il s'agit d'un amas; eUe est pratiquement indéfime^ comme la pre» miëre, s'il s'agit d'une couche ou d'un filoit.

Dans Tun comme dans Pàutre eas^ on doit conGemr, en général, qu'un enlèvement complet de la matière du gîte détBQmnerait, daos la masse du terrain, un vide étendu qui ne saurait subsister.

Il £aut donc, si cet enlèvement complet a lieu, ou bien laisser ce vide se combler naturellement par des éboulements, ou bien substituer à la matière abattue des remblais provenant du triage des parties stériles contenues dans cette matière, ou pris sur quelque autre point, au jour ou à l'intérieur.

S'il est nécessaire, ou opportun, d'éviter ces éboulements, et si Fou n'a pas de remblais sous la main, ou bien si la matière exploitée n'a pas assez de valeur pour payer les frais de ces remblais, l'exploitation ne peut être que partielle, et Ton se borne à faire, dans la masse du gîte, diverses séries de galeries laissant entre elles des estaus et des piliers, qu'on reperce autant qu'on juge possible de le faire sans entraîner un effondrement général.

De là trois classes d'exploitation bien distinctes :

Les méthodespar rfmMoi^, dans lesquelles on abat toute la matière du gîte, en comblant avec des remblais tous les vides résultant de Texploitation ;

Les méthodes par d^ilagesj dans lesquelles, après avoir découpé le gîte par un réseau de galeries, on cherche à reprendre, en laissant les éboulements se faire en arrière, les piliers d'abord résenés entre ces galeries ;

Enfin, les méthodes gar piliers et estaus^ dans lesquelles on considère l'exploitation comme terminée, lorsqu'on a tracé le rësean des galeries.

(IS63} Le caractère propre des méthodes par remblais est de pe^ mettre un enlèvement aussi complet qu'on lé voudra de la matière utile du gîte, sans amener dans le terrain encaissant aucune perturbation grave.

Les méthodespar dépilagsa ont théariquementle mâma avantage qpe les méthodes par remblais, pour Fenlèv^ment complet dugite; '''^9 ^Pt0T^it il T& toajoujn» op wcliia. gaspillaget soit sur b

GÉNÉRALITÉ» SUR L'SRBBniIB DH9 TRAYAQl ITUNE MINE. 399*

qiraiititfr, soit sur ta qualité de fo mature o&fienu^e : ga^pillagi^d'a»tant plH» marqué' qu^ow opère* sur dbsrgfte» d'une* plus grande* paÎB* sance. En outre, les movi^meiite dSe terrant, au Ue» d^être; canMV atee des remblais bien Mte^» es* simpfesFaflMssements d^eneembte;. sont de* véritables dislocations^ dont llnporlfance erott «fec lia pui»sanee'dte gtte', qurpeun^nt déprécier to surface dte terrain, branler on détruire les consfrncffbns élaftliies; fiwrber TmArèc de Feam dans les travaux, etc., etc.

Les méthodes par piliers et estaus ne produisent théoriquement aneun' mouvement dl^* terrain-, si touteftiff, ee* qui n'arrive pa» Itoujours; OU' a été suffisamment lëservé dancr le tracé de9 galeries ; mais leur grand inconvénient, c'est dé sserifterune très-notable partie, généralement au moins^ le* qnnrt^ pavibis- la moitié et plu» de k oMctière utile du: gite.

Cet inconvénient est tri' que ees mëthodes, mUrefhi» as^ez réfpo»dues^ tendent aujourd'hui à être* ^An^atenen^ abandûnnées. Elles ne seraient économiquement justifiables que si' Hé valeur marchande de la partie sacrifiée était inférieure aux frais qu'il faudrait faire pour rabattre d'abord, et en* outre, soit pour faire dans la mine tous les remblaie nécesrités par cet abattage, soit pour parer à' toutes les indemnités de surface et aux épuisements qur seraient la conséquenee des dépilages.

Cestr dan»; chaque easy ma examen à fliirev et l'on reconnatfra le plus souvent, sauf pour des matières pierreuses de trèsrpen die va«lesr, que le résultat de Pëxamen est favorable k l'emploi d'une méthode eom^orlant l'e^pIcHlation' totale db gfle;

(MM) On comprend, d'après ce qui précède, eot premier lieir, au point de vue techniqim, quele» méthodes* par remblais sont prâ^râbles aux autres^ et que leur supérionfiS^est d'autant {dus marquée que le gîte est plue puisssmt et qu'il flyumit par mètre cubeunepAie grande valeur; ôv seeondf fieui, que les mëttodèe de le deuxième classe, ou méthodes pw dépiiagev, trés-appficabtes aux gîtes è& puissance moyenne ntoès fl dte* graides profondeurs, et peut-ètw alors plus économiques que les méthodes parremBlav, perdent dPhù^ * tant ^tts de lemps^amnf^gtts quTellee s-'appliqueitt i dbs gRes pltta

S60 COURS D*EXPIiOITATIOII DES MIRES.

puissants, plus rapprochés de la surface et situés sous des terrains de grande valeur, ou couverts d'habitations, ou bien disposés de manière à exposer la mine à être inondée ; troisièmement enfin, que les méthodes de la troisième classe, imparfaites au point de vue technique, ne sont applicables qu'aux matières de peu de valeur, ou aux cas dans lesquels on ne pourrait ni se procurer Hes remblais, ni employer le système des dépilages à des conditions de dépense acceptables.

(!M5) Quelle que soit la classe à laquelle appartient la méthode d'exploitation qu'onse proposera d'appliquer à un gîte donné, on devra s'attacher, dans l'application, à satisfaire aussi bien que possible aux diverses conditions suivantes :

1" Rendre l'abattage facile et avantageux, ce qu'on obtient conformément aux notions exposées dans le chapitre III, en menant les chantiers aussi larges et en pratiquant les sous-caves aussi profondes que possible, en adoptant une disposition en gradins qui présente la masse à abattre toujours dégagée sur plus d'une face, etc., etc.

2® Réduire à son minimum le développement et les frais des galeries maintenues à l'état d'entretien. Ce résultat s'obtiendra en ne les laissant ouvertes que sur des dimensions strictement suffisantes pour l'usage auquel elles sont destinées, et en supprimant, au furet à mesure que l'on avance, toutes celles qui ne sont plus indispensables soit pour le transport, soit pour la ventilation.

3* Faciliter la surveillance et en même temps la ventilation, ea concentrant le plus possible les ouvriers sur un quartier donné, au lieu de les disséminer dans toutes les parties de l'étage en exploitation; par conséquent, poursuivre activement les traçages sur le quartier dès qu'on a commencé à l'attaquer, et faire succéder promptement le dépilage au traçage, en ne réservant que les passages strictement nécessaires pour s'étendre au delà de ce quartier.

Cette marche aura encore l'avantage d'améliorer la qualité du produit obtenu, en ne donnant pas aux piliers le temps de s'écraser par une pression du toit s'exerçant pendant trop longtemps et sur une trop grande surface.

4* Combiner l'exploitation d'un étage avecles travaux prépara*

G&NÉRALITtS SUR L'ENSEMBLE DES TRATAUX DURE MINE. 5(H

foires de cet étage ou des étages inférieurs, de manière qu'à mesure que l'exploitation d'une couche approche de son terme à cet étage, ou lorsqu'elle est temporairement suspendue par quelque accident, comme la rencontre d'une faille par exemple, on ait toujours quelques autres couches toutes préparées, à ce même étage ou à un étage inférieur, pour recevoir les ouvriers, et qu'on puisse ainsi compter sur une production normale à peu près constante* tout en ayant une certaine marge pour la faire varier accidentellement selon les be« soins.

(266) Telles sont les principales considérations générales que nous croyons devoir présenter ici.

Nous ne parlons pas encore des dispositions à prendre en vue des services du transport intérieur, de l'extraction, de la ventilation ou de l'épuisement, etc. Ces choses seront traitées en leur lieu. Ces divers services reposent d'ailleurs sur des principes et emploient des procédés qui n'ont pas de rapport direct avec les méthodes d'exploitation dont nous avons actuellement à nous occuper.

Nous le ferons d'abord en termes généraux, en considérant successivement un certain nombre de types se rapportant aux cas les plus importants qui se rencontrent dans la pratique. Nous insisterons sur les circonstances les plus essentielles qui peuvent influer sur le choix de la méthode et sur les détails de son application.

Ces circonstances sont principalement :

La puissance et l'inclinaison du gite, l'absence ou la présence dans le gtte de matières stériles propres à servir de remblais, la solidité plus ou moins grande du gîte, ainsi que des roches encaissantes et spécialement du toit, enfin la manière^ tantôt à peu près régulière et uniforme, tantôt essentiellement variable et discontinue, dont la matière utile est distribuée dans l'étendue du gtte considéré.

eniprnpi lî

OiSBRWf KMI B» nmCIffâL» irtTHPPES D'UKOHATIO»

(!S67) £!lant donne ou un gtl'e, ou un système die gites paraHèles à mettre en exploitation, la création d**un centre âk production complet, se suffisant à lui-même, comporte d^aBord, ainsi que nous IV vous expose, Texécutibn d'un ensemble de trataux souterrains communiquant au jour par deux orifices distincts et destinés à al- 1er rejoindre ces gîtes en profondeur, et, en oufre, rinstallation de moyens mécaniques propres à assurer rêxtraction et tous les services annexes, Ms que ceux de Tëpuisement, de la ventilation, etc.

Un pérîmè'treplus ou moins étendu, en rapport avec rîmportance donnée aux travaux et installations ci-dessus, ainsi qifkvec le chiffre de Textraction projetée, est affecté à ce cenUredfeproductîon, cf constitue ce qu^on appelle son champ éF exploitation^ quf est d'ailleurs indëtermihS dans Fe sens verticaf , et qui se subiiivfee en autant de champs d^exploitiarfion partiels qu'il y a dër gites^ distincte dans le périmètre.

A ces travaux ^premier éfaBtïssement succèdent les* travaux prt* paratoires établis à divers niveaux, qui subdivisent le champ d*exploitation en un certain nombre d'étages superposés, lesquels sont successivement préparés, puis tracés et exploités dans un certain ordre, habituellement dans l'ordre descendant.

La marche ci-dessus s'applique, dans tous les cas, une mine ne différant, en principe, d'une autre mine* sous ce rapport, que par

DBS liTHODEB D'8S7L0I1»9IH)lw 565

retendue en plan des champs d'exploitation et pœr la hauteur les^ ticale des étages.

C'est seuianisnt loraqu'oa en want auoL liaifaux. productifs ài faiw dans un étage, et non auparavanty que se posala cpiestion de la méthode d^exploiiatUm à adopter, c'est-à-dire du nu>de suivant lequel on devra procéder à resécotum de ces travaui^ en ayant regard, aux. diverses circonstances de composition et d-allure: que présente le gtte à expbilsr..

Nous allonS|. est nous référant d'ailleurs aux observations géné^ raies exposées dans le chapitre précédent, décrire les méthodes applicables aux ca&les pkis^ importants qui peu»ect se présenter dan^ la pratique.

Nous considérfflronftsuccesùvementlesraéthodas.qjui conviennent aux gîtes ayant une origine plus ou mpina analogue à celle des. filons, et celles qui conviennent plus particulièrement aux gisements en couches, ou d'origine purement, ou principalement sédimentaire.

Ces méthodes^ bien, que basées sur les> mêmes principes génér raux, comportent, par suite de l'origine des gîtes auxquels on les applique, certaines variations de détail dans Tapplicatioa de ce priacipe; variations qu'il convient de faire ressortir.

§ 1% — Méthodes d'exploitation applicables aux gttes d'origine fUonienne.

(••8). La trait le plus saillant de ce& gîtes, qui résulte de la nature habituellement trésrcomplexe de leur nsmplissage, est la présence, au milieu de la matière utile qui £ût l'objet de l'exploitation, d'une quantité souvent prépondérante de matiërastérile, ou gangue..

La majeure partie de la matière abattue n'a donc pas besoin d'être extraite, et il arrive souvent que,, par suite du foisonnement dû. à ^ l'abattage, elle suffit,, et au delà, pour remblayer bius les vides.

Les méthodes qu'on applique à ces gîtes rentrent donc habituellement dans la classe des méthodes par remblai.

Elles diffèrent d'aiUeucs,, selon la. puissance qjie ces gîtes présentent.

Nous allons considérer quelques cas particuliers.

(1tS9) Premier cas. méOàaênm drex^toltolkMi appliadblM

■iéteiii^piM 4e faiMe poiMince. — Nous entendons par faible puissance une puissance qui n'est pas supérieure (sauf peut-être quelques renflements éventuels) à la largeur maxima d'une galerie de mine ordinaire, soit de 2 métrés à S^^SO.

La puissance des gîtes sera donc variable entre zéro, dans les étranglements, et 2 métrés à ^"'iSO, dans les parties les plus puissantes.

Un filon est caractérisé, comme nous Tavons vu au chapitre l*', par une inclinaison assez grande, habituellement plus rapprochée de la verticale que de Thorizontale ; par la présence, ainsi qu'on vient encore de le répéter, de matières stériles, ordinairement sufBsantés, et quelquefois plus que suffisantes pour assurer le remblai complet des vides que produit Fabattage; par des épontes et un remplissage généralement solides ; enfln, par rirrégularité et la discontinuité de la matière utile accompagnant les matières stériles.

Pour eiploiter un tel gîte, on aura soit un puits vertical, duquel partiront, à des distances ordinairement comprises entre 1 5 mètres et 20, 25, 30 mètres au plus, des galeries à travers bancs allant recouper le gtte, soit un puits incliné, servant directement à reconnaître le gîte en profondeur, à mesure qu^on en continue le fonçagf".

On partagera le gite par une série de galeries d'allongement tracées aux divers niveaux, et par des séries de cheminées allant d*une galerie à l'autre, en massifs rectangulaires, ayant de iS àSO mètres de hauteur et 25, 30, 40, 50 mètres et plus, suivant la direction.

L'objet de ces traçages est, à la fois, de commencer à exploiter le gîte, et de reconnaître ses allures, notamment sa richesse, en diiïé* rents points.

On donnera donc à ces massifs des dimensions d'autant plus faiblés en hauteur, et surtout en direction, que les zones riches seront réparties d'une manière plus morcelée et plus irré^liére dans le plan du gîte.

Ce traçage, représenté ^gure 204, se poursuit à un étage donné jusqu'à la limite assignée au champ d'exploitation du puits, ou

DES MÉTHODES D'EXPLOIUTIOII. 305

jusqu^à la limite du gtlc lui-même. En profondeur on s'étend indéfiniment, établissant de nouvelles galeries d'allongement, à mesure qu'on atteint le gîte par de nouveaux travers bancs, et de nouvelles cheminées, à mesure que les galeries d'allongement se développent sur la direction du gite.

Ces cheminées s'établissent de préférence, sans s'astreindre à les placer à des distances constantes, sur les points qui semblent les plus riches ; de manière à avoir quelque production par le traçage même, et à bien étudier les diverses colonnes métalliques.

Le traçage laisse ainsi subsister un certain nombre de massifs, ou piliers rectangulaires, reconnus sur leurs quatre faces par les deux galeries d'allongement et les deux cheminées qui circonscrivent chacun d'eux.

La partie principale de l'exploitation consiste à enlever ceux de ces massifs qu'on juge exploitables, sans s'astreindre d'ailleurs à aucun ordre déterminé, et en se guidant principalement par la condition soit de régulariser la production, soit, au contraire, de la proportionner, autant que faire se peut, aux besoins variables de la consommation.

Une mine en bonne situation doit avoir toujours a^sez de massifs tracés à l'avance et tenus en réserve, pour assurer plusieurs mois, plusieurs années même d'exploitation.

C'est dans la manière de procéder à l'enlèvement d'un de ces massifs que réside la diflérence entre les deux méthodes d exploitation applicables aux filons, nommées, l'une, la méthode fur gradins renversésj l'autre, la méthode par gradins droits.

(!S70) La méthode par gradins renversés consiste h commencer l'enlèvement d'un massif par un de ses angles inférieurs.

Se plaçant â cet angle, dans la cheminée qui limite le massif, on ouvre une taille horizontale de 1",50, 1",50 ou 2 mètres de hauteur, en surhaussant d'autant le faite de la galerie inférieure. Le minerai abattu tombe sur le sol ; on trie les minerais, et on relève les matières stériles sur un plancher solide, ou sur une voûte, qu'on établit à la hauteur qu'occupait le faite de la galerie.

Quand cette première taille est avancée de quelques mètres, on

806 mm» D'EXPLOITATION SfiS USES.

en ouvre unesecoade, en partant encore de la cheminée, immédiatement au-desBUB de la première.

Les matières abattues tombent sur les remblais de celle-ci. Les matières stériles y restent; les minerais sont descendus au niveau de la première taille, et jetés dans la voie de fond inférieure.

Bientôt après on ouvre une troisième taille au-dessus de la seconde, et ainsi de suite.

Le massif se trouve ainsi enlevé par une série de tailles superposées, parallèles à la direction.

A un moment donné, l'ouvrage présente une série de chantiers en retraite les uns sur les autres, qui figurent comme les marches d'un escalier vu par-dessous, d'où le nom de gradins renversés donaé à l'ensemble des chantiers. En arrière de ces chantiers, les remblais figurent, au contraire, comme une sorte d'escalier dont les marcheSi plus ou moins nettement accusées, seraient vues par-dessus. Le minerai abattu dans un chantier quelconque descend sur les gradins de remblais jusqu'au chantier inférieur, d'où il est jeté dans la voie inférieure qui sert au roulage.

Un chantier est terminé, lorsqu'il vient percer à la cheminée qui limite le massif; l'exploitation du massif entier se termine avec celle du chantier le plus élevé.

Le massif du gite se trouve alors remplacé par un massif égal de remblais, réservant, autant qu'il est nécessaire, les quatre galeries qui le circonscrivainet.

La galerie de niveau inférieure a pour faite le plancher ou la voûte qui porte les remblais ; la galerie supérieure a pour sole le dessus de ces mêmes remblais : les cheminées latérales sont maintenues ouvertes par des buttes et des garnissages, qui limitent le front des remblais, suivant la ligne même qu'occupait la paroi de la cheminée que l'abattage a fait disparaître.

Le travail, tel que nous venons de le décrire, comporte habituellement une légère variante, qui ne modifie pas le principe de la méthode, mais qui facilite beaucoup le transport du minerai jusqu'à la voie de fond. Cette variante, représentée figure 205, en A, consiste à ménager, de distance en distance, au milieu des remblais, des cheminées qm viennent déboucher dans la voie de fond infé-

rieuFe, et qui fie proloiigeiit successivement, par le haut, d'une quantité égale à ia ibftotear d'un gradin de .râBol)lai« chaque fiods qu'un chantier nou¥eau vi^^tà les dépasser*

Ces cheminées sont placées à des distances telles que les ouvriers n'ont pas à joAiiter ou «descendre de plus d'un ou deux gradins, pour en trouver mie dans ila^pielle ils peuvent wnir jeter leurs minerais. Quelquefois ces minerais tombent immédiatement dans la galerie d'allongement inférieure; d'autres fois, et plus sowent; la cheminée est entretenue à peu près pleine, et elle est fermée par le bas à l'aide d'une trappe, que les routeurs viennent ouvrir pour remplir leurs iwagimaelfi ou iAuxs brouettes.

(!S7f ) La méthode par gradins droits^ représentée sur la même figure 205, en B^ procède, ^en commençant Tabattage d'un massif par un des angles supérieurs*

La première taille attaque la sole de la galerie supérieure sur une hauteur de 1 mètre à l'^^bO.Là seconde taille, en retraite sur la première, attaque la sole de celle-ci sur une égale hauteur, et ainsi de suite.

Les remblais provenant du triage des tailles sont relevés sur des planchers spéciaux, qu'on établit en arrière, en nombre égal, ou à peu près égal à celui des chantiers.

On voit que Touvrage étant supposé en activité! le front du chantier figure les mardbes d'un escalier vu par-dessus, et que les remblais posés sur les divers planchers offrent, dans leur ensemble, l'aspect d'un escali^ vu par-dessous. C'est donc la disposition inverse de celle des gradins renversés*

Quelques voies horizontales, réservées au milieu des remblais, servent à conduire le minerai à la cheminée, d'où, suivant les cas, il est jeté dans la galerie d'allongement inférieure, ou élevé par un treuil à la galerie d'alloiigement supérieure.

(S7S) Une variante «commune aux deux méthodes, représentée figure 206, en A et B, consiste à commencer un ouvrage à gradins en un point donné d'une galerie, sans avoir au préalable exécuté une cheminée sur ce point On commence cette cheminée en mon-

tant pour un ouvrage à gradins renversés, en deêcendant pour on ouvrage à gradins droils, et chaque fois que la cheminée a été avancée de la hauteur d'une taille, on ouvre deux nouveaux chantiers à droite et à gauche.

L'ouvrage à gradins se développe ainsi des deux côtés, à partir de la cheminée centrale, formant deux ailes qui figurent comme un sorte d'éventail renversé dans le cas d'un ouvrage montant^ ou d'éventail vu dans sa position ordinaire dans le cas d'un ouvrage descendant.

(IS78) Les deux méthodes ci-dessus sont, sauf quelques variantes de détail qui ne changent rien aux principes, universellement adoflies.

On reconnaît, en effet, qu'elles remplissent d'une manière salisfaisante les conditions générales d'une bonne méthode d'exploitation.

D'abord, elles rentrent dans la classe des exploitations par remblais, permettant un enlèvement bien complet de toute la masse du gîte.

L'abattage y est facile à cause de la disposition en gradins ; le remblai s'y fait économiquement avec des matières prises sur place; les frais de roulage et d'extraction ne portent que sur des matières utilisables ; l'enlèvement d'un massif peut être mené très-rapidement en y appliquant un assez grand nombre d'ouvriers facile^ à surveiller; on peut ne laisser subsister, autour du massif exploité, que les cheminées et galeries nécessaires pour le roulage ou pour le courant d'air. Enfin, les travaux préparatoires, ceux de traçage et ceux d'enlèvement des massifs, peuvent se poursuivre incessamment, dans des conditions d'activité qu'on est nialtre de varier à volonté pour chacun d'eux ; de manière à régler et à assurer la production, autant du moins que le comporte la richesse du gilc.

(274) Malgré ces avantages communs aux deux méthodes, le choix à faire entre elles n'est pas indifférent, et il est essentiel de distinguer nettement les propriétés spéciales à chacune d'elles.

Au foint de vue de la dépense de bois^ la différence est impor-

DBS HfiTHODES D'EXPLOITATION. S6»

tanle, et elle est h l'avantage des gradins renversés, qui ne demandent qu*un seul plancher pour l'enlèvement entier d'un massif, tandis qu'avec les gradins droits, il en faul autant, ou presque autant que de gradins. L'avantage est d'autant plus marqué que les bois sont plus chers, et que les filons sont plus puissants et ont des épontes moins solides, puisque avec ces trois circonstances augmenle trcs-rapidement la dépense de boisage qui correspond à l'établissemenl d un seul plancher, et, à plus forte raison, celle qui correspond à l'enlèvement de tout un massif en gradins droits.

Cet accroissement de ^dépense est tel, qu'on ne songerait certai*. nement pas à exploiter en gradins droits, même dans une mine où la méthode serait d'ailleurs appliquée, tout quartier dans lequel le filon présenterait un renflement dépassant la limite de 2 mètres à 2'',50, indiquée plus haut.

Au contraire, les gradins renversés sont applicables à ces renflements, sous la seule condition que les parties puissantes soient, en même temps, assez solides pour qu'on puisse mener le front des tailles sur toute la largeur du gite. En d'autres termes, avec les gradins droits, la puissance du gite a une Umite absolue^ qui sera par exemple 2'",50 ; avec les gradins renversés, elle n'a qu'une limite relative à la êolidité du gite. Celte puissance sera de iO mètres par exemple, à la condition fiécessaire et suffisante que le gite soit assez solide pour qu'on puisse y mener des chantiers en direction, ayant un front de 10 mètres de largeur. Cela ne veut pas dire qu'on donnera au plancher inférieur une largeur de 10 mètres, ce qui en ferait un véritable ouvrage de charpente ; mais on remblayera à niveau sur le côté, ou sur les côtés, en ne laissant qu'une galerie de largeur ordinaire, appuyée au mur du gtte, ou même ménagée au milieu des remblais : galerie dont les chapeaux supporteront les remblais des gradins supérieurs, et à laquelle aboutiront des cheminées verticales où l'on versera les minerais de ces gradins. Ce système est représenté en coupe sur la figure 207.

Aux points de tue de la facilité de V abattage^ de la mise en place des remblais et du transport du minerai jusqu'à la voie de roulage, on attribue un certain avantage aux gradins renversés sur les gra* dins droits;

S70 COURS D'EXPLOnAnON DURS MINE.

On les considère aussi comme offrant plus de sécurité pour les ouvriers, si les épontes sont mauvaises et ne permettent pas de donner toute la solidilé désirable aux divers planchers portant les remblais.

(IS^^) On remarquera que toutes les indications ci-dessus sont i Tavantage des gradins renversés.

C'est, en efTet, la méthode qui prévaut dans Timmense majorité des cas.

Deux circonstances seulement peuvent mbtiver l'application de la méthode par gradins droits : la première serait le peu de consistance du remplissage, comme lorsqu'on a ce^ qu'pu appelle m /Uon peuni ; la seconde serait la présence jdaas le iilon de minerais de haute valeur, tels que les minerais d'argents ,siirtoi|ut si efi& minerais sont tendres et friables, comme l'argent jroiige jpar ei^emple.

La condition d'avoir un remplissage 4'uijùe pettaineiccNOsistance, dans un ouvrage à gradins renversés, s'explique d'eUe-mème par une considération de sécurité pour les Quvnersu i

La convenance d'exploiler en gradins droits les minerais de haute valeur résulte de la manière différente dont l'abattage de la masse et dont la mise en place des remblais se font dans les deux méthodes.

Ce point demande quelques développements.

Avec les gradins renversés, la matière abattue tombe sur un sol formé par les remblais du gradin inférieur, dans les interstices desquels peuvent s'engager les poussières et les petits morceaux, qui seront dès lors définitivement perdus, puisque ces remblais ne sont pas destinés à être remaniés. Les morceaux eux-méme peuvent être laissés sur le point où ils sont tombés, sans être suf&sanunent examinés et triés par des ouvriers négligents.

Au contraire, avec les gradins droiu, la matière abattue repose sur la masse intacte du gtte ; l'avancement du chantier ne peut continuer sans que toute cette matière n'ait passé par les mains de Fou* vrier. Aucun morceau ne peut donc échapper à son attention, et il faudrait qu'il y eût un parti pris àe négligence ou de mauvaise volonté, de sa part, pour qu'il mit au remblai un morceau qui devrait

»88 VSTHODES D'EXPLOITATIOll. SH

être considéré comme du minerai, ou qui pourrait en donner par un cassage convenable.

C'est là la différence euentiette et earaetémtiquef entre les deux méthodes d'exploitation que nous comparons.

On étendra donc le champ d'application des gradins renversés, en prenant toutes les précautions pour atténuer leur infériorité à ce point de vue.

A cet effet, on devra établir, comme régies importantes, que les mineurs, avant de &ire la tombée, régalent avec soin la surface des remblais sur lesquels la chute va se faire ; qu'ils recouvrent même cette surface avec quelques planches pour prévenir tout tamisage ; qu'ils soient astreints à relever toute la matière abattue, à la trier avec soin k la main et au marteau, et à empiler régulièrement les matières stériles, de manière que les remblais figurent, en arrière des tailles, des gradins nettement accusés.

Lorsqu'on ne tient pas la main à ce que toutes ces conditions soient exactement remplies, lorsqu'en arrière des gradins, par exemple, on permet que l'ensemble des remblais forme une masse irrégulièrement entassée, terminée par un talus plus ou moins rectiligne et à surrace inégale, on peut être assuré qu'une partie nûtor ble de la matière utile se perd dans les remblais soit à l'état de fragments incomplètement triés, soit à l'état de menu tamisant dans la masse.

Cette dernière perte mérite d'autant plus d'être prise en considé* ration que les minerais sont assez souvent, on peut presque dire habituellement, plus friables que les gangues.

Ces pertes au chantier peuvent avoir une extrême importance ; car toutes les dépenses de l'exploitation restent les mêmes, que ces pertes se produisent ou non.

Le supplément de produit qu'on obtient en prenant plus de soin dans le remblayage et dans le triage, en donnant à propos quelques coups de massette pour isoler un point riche dans un fragment stérile, etc..., ce supplément, dis-je, est en quelque sorte un produit trouvé. 11 peut, dans un cas donné, constituer tout le bénéfice de l'exploitation.

Aussi est-il fort utile, lorsque les habitudes locales le permettent,

572 COURS D'CIPLOlTATIOfl DES HIKES.

de rétribuer les ouvriers qui exploitent un massift non au mètre d'avancement, mais à la quantité de minerai préparé, ou, mieux encore, i la quantité de métal contenu dans le minerai préparé. . Cest ce qui se pratique assex habituellement dans quelques parties de TAngleterre, oà les massifs à abattre sont mis en adjudication, à certaines époques, à des compagnies d'ouvriers qui en entreprennent l'exploitation à leurs risques et périls.

Celte pratique est assurément la cause principale de l'activité, de rintelligence, de Thabileté supérieures que montrent les mineurs, dans les districts métalliques où elle est en usage. .

Si Ton ne peut pas l'appliquer partout d'une manière complète, il convient au moins qu'il y ait dans le salaire de l'ouvrier, sous une forme ou sous une autre, une part qui augmente avec la quantité de matière utile obtenue. Nous croyons cela indi^pensttble^ attendu que les mesures indiquées plus haut demandent un swreroU de pàM qui exigerait une surveillance incessante impossible à réaliser, et qni ne se prendra pas^ si l'ouvrier n'y est pas intéressé.

(S76) Deuxième cas. — Bs^loatetloa 4m mUmm pmÊmamÊOm cC êtt

— Nous supposons des gisements présentant les mêmes caractères généraux que les filons considérés dans le premier exemple, sauf que la puissance est supérieure à 2",50, ou, plus exact^ ment, supérieure à la largeur que la solidité du g^te permet dedmmer aux ékanticrs.

Nous avons vu que les gradins droits cessent d*étre applicable:', dès que la puissance dépasse 2 mitres à 2",50, et que les gradins renversés cessent de l'être également, disque la solidité du remplusage n'est pas en rapport avec cette puissance^ quelle qa^ elle suit.

Danscedemier cas, les galeries d'allongement ne peuvent étreponssées que sur une partie de l'épaisseur du gîte. On les établit soit en pleine masse, soit appuyées au mur, ou même quelquefois au toit, si on les juge ainsi placées dans de meilleures conditions de solidité.

Le complément de l'épaisseur du gite est pris ordinairement au moyen de chantiers transversaux allant du mur au toit ; d'où vient le nom de méthode en travers^ donnée la méthode d'exploitation que l'on applique à ces gisements.

DBS MfrraODBS D'BXPLOITÀnOIf. 519

Considérée d'une manière générale, cette méthode consiste à subdiviser un étage compris entre deux galeries de niveau en une série de tranches superposées, ayant la hauteur ordinaire des galeries de mines, soit environ 2 mètres, et A prendre ces tranches dans Tordre ascendant, par une série de chantiers auxquels on donne une largeur en rapport avec la solidité du gîte, et la direction la plus favorable à r&battage.

Ces chantiers sont successivement remblayés et remplacés par d'autres que l'on remblaye à leur tour, jusqu'à ce que la tranche entière ait été enlevée dans toutes le; parties exploitables et remplacée par un remblai continu.

On monte sur cette masse de remblai, en exhaussant le Ealte de la galerie de niveau, et on exploite la seconde tranche comme la première, avec cette difTérence qu'on marche sur le remblai au lieu de marcher sur la masse du gîte.

Cette diilérence peut amener un peu plus de faeiliîé pour CabaUage^ en permettant de faire une sous-cave au bas de la masse à abattre, tin peu moine de faeUUé pour le eoutènement, par suite tant de la mobilité de la sole, que de l'ébranlement produit dans la masse à exploiter par son petit mouvement d'affaissement général sur les remblais.

De la deuxième tranche on passe à la troisième, et ainsi de suite jusqu'à la dernière tranche, que Ton prend sous les remblais de la première tranche de l'étage supérieur déjà exploité.

Si ces remblais sont anciens et ont eu le temps de se tasser, ils sont parfois presque aussi solides, quelquefois même plus solides que le gîte lui-même, et l'enlèvement de la tranche peut se faire immédiatement en dessous d'eux sans disposition particulière, ou, peut-être, en réduisant un peu la largeur des chantiers et prenant quelques précautions déplus dans le boisage. i

D'autres fois on évitera de se mettre en contact direct avec ces remblais, et l'on s'en isolera par un estau d'un mètre, dont on es^ sayera de reprendre une partie en battant en retraite, lorsqu'on sera arrivé à l'extrémité d'une taille.

Le transport se fait parla gal^ie de niveau inférieure qu'on a conr servée au milieu des remblais, et par des cheminées aboutissant à

874 COURS iriIFLOITATIOIf DES HINKS.

cette galerie, dans lesquelles on jetlo le minerai de la tranche ea exploitation, comme dans la méthode en gradins renversés.

(IS'7'7) Dans l'exploitation d'un véritable filon bien réglé, les ga-

. leries de traçage, qu'cm nomme les mères-galeries^ ou les galeria

maitresseê, pourront être au mur du gtte, et reliées préalablement

les unes aux autres par un petit nombre de cheminées montantes

ayant pour objet principal d'assurer la ventilation.

L'enlèvement d'un étage se fera, par exemple, en prenant à partir de la mère galerie un premier système de galeries transversales de 2 mètres de largeur (fig. 208), laissant entre elles des piliers de 6 mètres, qu'on boisera selon les besoins et qu'on poussera jusqu'au toit. Elles seront ensuite remblayées complètement avec les matières stériles obtenues au triage, lorsqu'on battra en retraite do toit vers le mur, en déboisant dans la mesure que permettra la nature du terrain.

Le remblai sera terminé & la galerie d'allongement par un boa mur en pierres sèches, formé avec les meilleurs morceaux triés dans la masse du remblai.

Cn second système de galeries semblables refiendra les piliers par le milieu.

La moitié de la tranche se trouvera ainsi exploitée.

L'autre moitié sera prise par un troisième système de chantiers, dont les deux parois seront formées par des remblais du premi^ et eu deuxième système.

Ces diverses catégories de chantiers sont distinguées par un numéro d'ordre sur la figure 208 précitée.

On passe ensuite à une seconde tranche.

Mais on n*a pas besoin que la première tranche aoit prise daus toute retendue de l'étage, pour passer à la seconde. U sufGt que quelques tailles contigufe soient remblayées dans un quartier de k mine pour pouvoir monter de suite dans ce quartier à la tranche supérieure.

On peut avoir aussi 2 ou 3 tranches et mâme davantage, selon lês besoins de la production* simultanément exploitées dans le même étage.

DIS MÉTHODES D*EXPL0ITATI01I. S7S

On peut même commencer un étage inférieur airant d*avoir achevé Tétage du dessus. Cependant il est assez opportun que cet achèvement ait lieu avant d'avoir donné un grand développement à l'étage du bas, afin que les mouvements successifs que prend la masse en s'affaissant de plus en plus sur les diverses tranches de remblai, et celui, plus considérable, qu'elle prend par suite du ren^ blai généralement incomplet dont on se contente en dernière tranche, ne se fassent sentir que dans un étage déjà entièrement exploité.

En un mot, le principe de prendre les étages dans V ordre deseeth dont doit être respecté, en ce sens que Texploitation de l'étage supérieur reste toujours en avance sur celle de Tétage inférieur.

Le même motif des ai&issements successifs de la masse à expkiftter sur les remblais des tranches exploitées limite le nombre des tranches à prendre dans l'ordre ascendant, e'est-^i-dire ki hauteur verticale des étages. Cet étage doit être d'autant moins haut que la masse du gîte supporte moins bien ces affaissements soit au point de vue de la solidité des galeries, soit à celui de la proportion de gros obtenu à l'abattage.

Une dizaine de tranches par étage^ aoit une hauteur verticale de 20 mètres, est un nombre qu'on ne dépassera pas en général.

(je78) Les gros filons, auxquels s^applique la méthode en travers, présentent souvent des ramifications, par suite desquelles des masses puissantes de la roche encaissante se trouvent intercalées dans le gtte même ; de sorte que les traverses parties de la mère-galerie du mur rencontrent ces masses avant d'arriver au véritable toit du gtte. Il est inutile d'enlever la partie de ces masses comprises dans l'épaisseur de la tranche en exploitation ; on se borne donc à les repercer en quelques points, pour les reconnaître et pour aller toucher le vrai toit, et l'on établit deux systèmes de chantiers distincts, l'un dans la région du mur, l'aulre dans la région du toit, ayant respectivement ces masses pour toit et pour mur. (Voir fig. 209.)

(9T9) La même méthode en travers s'applique également, lorsqu'au lieu d'un filon réglé, on a un amas plus ou moins irrégulier.

576 COURS DmPLOITATION DBS HINKS.

limité dans tous les sens en projection horixontale. (Fig. 210, plan et coupe.)

Dans un tel cas, Taxe de la galerie de niveau servant de base à un étage, au lieu de s'étendre indéfiniment en direction, est une courbe fermée, et la galerie prend le nom de galerie de contour. Son objet est, à la fois, de faire le traçage qui doit précéder Touverture des chantiers d'exploitation, et de reconnaître la forme et les dimensions de la section horizontale du gîte.

La galerie de contour tracée, on traversera le gîte par une galerie suivant sa plus grande longueur, ou par deux galeries à angle droit, le long desquelles on établira les divers chantiers qui serviront, en procédant, comme on Ta dit plus haut, à enlever progressivement toute la tranche et à la remplacer par des remblais.

Les diverses tranches se succéderont, comme on l'a dit, dans ^o^ dre ascendant. Les mêmes galeries serviront pour toutes les tranches, au moyen de cheminées verticales prolongées successivement au milieu des remblais, et aboutissant par le bas à ces galeries, par le haut à la tranche actuellement en exploitation.

(IB80) TaCHSlfellB CAS. — Bzpl«ltetioB «M Oimm pslMsnts od des ■• coBtanMit qw'wM ^ttuiilté lasaMMurte de Muiblaifl. — NouS

avons dit (n*^ 267) que les gisements d'une origine filonienne renferment habituellement une quantité de matière stérile suffisante, ou plus que suffisante, par suite du foisonnement résultant de l'abattage, pour remblayer tous les vides produits par les travaux ; qu il était donc inutile de l'extraire; qu'il était même utile de ne pasTeitraire, pour ne pas augmenter les frais de roulage et d'extraction, et pour profiter des avantages divers que donne l'emploi des remblais, principalement au point de vue de l'extraction complète du gîte.

Cependant ce caractère habituel n'est pas un caractère consianU et Ton a des gîtes puissants dans lesquels les remblais font plus ou moins complètement défnut.

Ces gîtes sont principalement ceux qui ont été formés en une fois, par un véritable phénomène d*cruption, et qui sont remplis par une masse à peu près homogène, à l'inverse des filons ordinaires, ou filons concrétionnés, remplis, à diverses époques, par des cristallisa-

DES MfiTHODES D'EXPLOITATION. 577

lions ducs à des phénomènes successirs et distincts de sublimation ou de dissolution.

La structure des premiers est massive et homogène ; celle des se* conds cristalline et hétérogène.

Lorsqu'on a ainsi un gîte fournissant peu ou point de remblai, parce que la matière exploitable y est pure, ou bien, au contraire, y est assez intimement mélangée avec les gangues, pourque le triage au chantier ne soit pas possible, Texploitation peut encore se ramener au deuxième exemple considéré ci-dessus (n* 276), c'est-à-dire à la méthode en travers.

11 suCQt, pour cela, de suppléer à l'insuffisance ou à l'absence des remblais produits au chantier, en se les procurant d'une autre manière. Par cet artifice bien simple, la méthode en travers devient, en principe, applicable à toux les gites en amcts sans exuftion^ quelle que soU la quantité de remblai fournie par le gîte. On remblayera toujours complètement tous les vides, sauf les mèresgaleries et peut-être les dernières tranches de chaque étage ; on sortira au jour une partie des matières stériles, si le gite en foumit un excès ; on amènera, au contraire, le complément nécessaire, ^t le gîte n'en fournit pas assez.

Il n'y a rien à ajouter à ce qui a été dit plus haut sur les détails d'application de la méthode même. Nous parlerons plus loin des diverses manières dont on peut se procurer les remblais soit dans la mine, soit au jour.

(IB8f ) A côté des avantages qu'il procure, l'emploi des remblais a un inconvénient grave, lorsqu'on les prend en dehors du chantier, celui de la dépense qu'occasionnent l'extraction, le transport et la mise en place de ces remblais. Il peut se faire, surtout pour des minerais n'ayant qu'une valeur restreinte sur place, qu'on ne puisse pas s'en procurer à des conditions économiquement acceptables.

Dans ce cas, à la méthode j)ar remblais on substituera une méthode par dipilages.

On pourra procéder de la manière suivante:

Le gite étant toujours préparé en étages, on le subdivisera en ti^anches horizontales, comme dans la méthode en travers déjà

S78 COURS IVEXPLOITAnON DES HIKBS.

décrite ; mais ces tranches, au lieu d'avoir seulement la hauteur des galeries qu'on y pratiquera, auront, ou pourront avoir une hauteur plus grande, et, au lieu d'être prises dans Tordre ascendant, elles Feront prises dans Tordre descendant, comme les étages euxmêmes.

A la sole de chaque tranche, on fera un tracé quelconque, soit une mère- galerie au mur et un certain nombre de traverses allant du mur au toit, soit une division par piliers et galeries, au moyen de deux séries de galeries à angle droit.

L'objet principal de ce traçage est d'avoir des produits, avant d'eo venir à la période principale de l'exploitation de la tranche, qui est la période du dépilage.

Ledépilage d'un quartier tracé se fera en battant en retraite et enlevant successivement les divers massifs, ou piliers, réservés d'abord. On commence par les prendre sur la même hauteur que les galeries ; puis on provoque Téboulement de la partie supérieure de la tranche. On enlève ainsi ce que Ton peut de cette partie qu'on nomme Testau. Son éboulement est bientôt suivi de Téboulement des vieux travaux de la tranche du dessus déjà exploitée.

Une tranche s'enlève ainsi à peu près complètement sur les deux mètres de hauteur des galeries, et plus au moins incomplètement s\tt la hauteur de Testau, selon l'habileté des ouvriers et selon la manière dont Téboulement des vieux travaux suit la tombée dans les chantiers de dépilage.

Un mouvement général d'affaissement accompagne nécessairement cette méthode ; il se manifeste, dès qu'il y a un certain nombre de tranches exploitées, par la production de fontis qui bouleversent entièrement la surface du sol.

Ce sont les conséquences de ce bouleversement, au point de vue des indemnités à payer aux propriétaires et à celui de Tint^odu^ tion prématurée des eaux dans la mine, ainsi que les inconvénients d'une exploitation moins complète et d'un travail un peu moins sûr pour les ouvriers, qu'il faut mettre en balance avec la dépense qu'entraînera l'emploi des remblais.

On n'a pas besoin d'attendre qu'une tranchée soit terminée pour attaquer la tranche inférieure. On peut, au contraire» tracer une

deuxième tranche pendant qu'on dëpile dans la première, et môme commencer à en tracer une troisième, tandis qu'on achève le traçage de la seconde : mais on ne peut commencer à dépiler, dans une tranche quelconque, que sous des points déjàdépilés.

Ce système est représenté (fig. 211), en coupes longitudinale et transversale.

Quelques galeries diagonales, ou des cheminées, servent à amener les produits d'une taille quelconque au niveau de la voie de fond de l'étage. Ces cheminées doivent être fortement blindées à leur orifice supérieur, lorsque leur emplacement est envahi par le dépilage de la tranche en exploitation, afin de les retrouver ouvertes, lorsqu'on passera à la tranche inférieure.

{1t91t) La deuxième méthode ci-dessus, qu'on peut appeler la mé^ thode en travers avec dépilages, pour la distinguer de la première, qu'on nommerait la méthode en travers avec remblais, est appliquée avec diverses variantes qui dépendent principalement de la consistance du gîte exploité.

En principe, les galeries de traçage et les chantiers de dépilage seront d'autant plus larges que le gite sera plus consistant.

L'épaisseur de Testau est déterminée par les circonstances locales.

L'abattage est d'autant plus économique que cette épaisseur est plus grande. Mais, en même temps, le travail peut être moins sûr pour l'ouvrier, et donner lieu à on plus grand gaspillage de la matière.

Comme exemples extrêmes, on peut citer, dans des ^ites très-consistants n'ayant aucun besoin de boisage, des tranclies de 10 mètres, comprenant des galeries de la hauteur exceptionnelle de6à 7 mètres et des esiaus de 4 à 3 mètres, et dans des gîtes, au contraire, d'une consistance marneuse ou argileuse, des tranches de 2 mètres i S'^ySO, ayant seulement la hauteur des galeries ; c'est-à-dire que l'estau est, dans ce dernier cas, réduit à zéro, comme n'offrant pas, à la couronne des galeries, plus de consistance que les éboulements provenant de la tranche supérieure, pour peu que ces èboulements aient eu le temps de se tasser.

On verra plus loin divers exemples de la manière dont peuvent

être conduits des dëpilages, dans une tranche en exploitation, sous des vieux travaux éboulés, dont la séoare un es tau plus ou moins épais.

(e83) Enfin, dans le cas où le gîte, n*ayant pas des remblais et ne comportant pas leur introduction, on ne pourrait pas non plus dépiler, la méthode h employer consisterait, comme celle dont on vient de parler en dernier lieu, à décomposer chaque étage préparé en plusieurs tranches, à la sole desquelles on exécuterait un traçage séparé du traçage supérieur par un estau plein ; mais avec cette difTérence que ce traçage constituerait toute rexphitation de la tranche.

Dans un travail de ce genre, on a soin de faire correspondre exactement en plan les pleins etles vides des diverses tranches, de manière à éviter les porte-à-faux; quelquefoisen outre, on a soin, à mesure que Ton passe d'une tranche à la tranche infèreure, d'augmenter la section des piliers et l'épaisseur de Testau, et de diminuer, au contraire, la largeur et la hauteur des galeries qui séparent ces piliers.

Ce système d'exploitation, dontla figure 212 donne une idée, peut se désigner sous le nom de méthode en travers avec estons, pour la distinguer de la méthode en travers avec reml)lais, et de la mélhode en travers avec dépilages. Il a été, autrefois, fort employé pour prendre les parties supérieures des gîtes puissants.

Il est arrivé plus d'une fois que, parvenu à une certaine profondeur, le désir de reprendre une partie de la richesse d'abord aban« donnée dans les tranches a conduit à venir refendre les piles, ou les amincir, en même temps que les estaus, par Télargissemenl et l'exhaussement des galeries, autant que cela paraissait compalible avec la sûreté de la mine ; mais souvent la limite a été dépassée, et d'énormes effondrements ont été la conséquence de ces travaux imprévoyants.

Aujourd'hui cette méthode peut être regardée somme surannée, et applicable seulement à des matières de très-peu de valeur, et assez abondantes dans la nature pour qu'on puisse accepter le gaspil* lage que comporte son application.

Nous croyons que ce n'est le cas (T aucun gisement métallique.

DES HÂTUODBS D*KIPLOITATIOII 88i

.§3, —Méthodes d'exploitation applicable auxgttes d'origine sédimentaire.

(1984) Le caractère essentiel de cesgttes désignés, ainsi que nous Façons dit, sous le nom de couches, est la nature simple et la répaililion uniforme de la matière qui fait l'objet de Texploitation ; de sorte qu'en général, un étage à exploiter n'a pas besoin d'un traçage préolable, en vue d'étudier la manière dont la richesse peut s'y trouver distribuée.

Nous prendrons pour type de ce genre de gisement les couches de houille, qui sont les gisements les plus importants à considérer, et nous les diviserons en quatre classes, en tenant compte soit de leur puissance, soit à la fois de leur puissance et de leur inclinaison.

(IS86) PREMnSRGAS. — Bx^loliaUiMi^eacoacliMdeslMNdUMiiiliiCMi.

-— Nous désignerons sous le nom de couches minces les couches de houille d'une épaisseur inférieure à la hauteur minima qu'il soit possible de donner aux chantiers d a battage, ou, tout au moins, très-inférieure à celle des galeries de roulage desservant ces chantiers. Cette épaisseur peut varier depuis 0"',27à 0'',30 (limite au-dessous de laquelle, à noire connaissance, on n*est jamais descendu pour la houille) jusqu'à 0'',70 à CfSO, ou un peu au delà.

Cette insuffisance d'épaisseur oblige d'entamer ou le toit, ou. le mur, soit de toutes les tailles, soit au moins des galeries qui les desservent. Cet entaillement produit une certaine quantité de matière stérile, qui, réunie aux nerfs de la couche, s*il en existe, fournit une masse suffisante pour que l'emploi du remblai forme un trait saillant de Texploitation du gîte.

Nous rapporterons à cette même classe les couches qui, assez puissantes pour qu'on n'ait pas besoin d'entailler le toit ou le mur pour faire de la place aux piqneurs, sont exploitées avec les remblais provenant principalement des nerfs de la couche, ou de la chute d'un faux toit, ou du coupage des voies, ou enfin, au besoin, pris en dehors du chantier.

sas GOUBS D'EXPLOITATIOff DBS MIIIBS.

Le type du système applicable à ces couches est la méthoae d'exploitation par longues tailles, ou par grandes tailles.

Cette méthode, qui esl représentée en plan, figure 213, con slste, à partir du point où les travaux préparatoires ont atteint la couche, à mener une voie de fond horizontale* ou si la couche est elle-même presque horizontale, une voie dans une orientation quelconque. Cette voie maîtresse s'établit en poussant un chanlier sur une largeur assez grande pour qu'on puisse loger sur le côté tous les remblais résultant de Tentaillement de la voie de roulage et du retour d'air.

Ces deux voies sont situées sur les deux côtés de la taille, ou bien la voie de roulage est au milieu du remblai, et le retour d'air vers la paroi d'amont du chantier.

A mesure que le chantier est avancé d'une quantité suffisante, on prend un front de taille le long du retour d'air, et on pousse ce front en ligne droite dans une direction déterminée ; lorsqu'un second avancement égal a été fait, on prend une seconde taille semblable à la première, et on la pousse dans une direction parallèle ; ultérieurement un troisième chantier succède au second, et ainsi de suite.

L'ensemble de ces chantiers présente un front brisé, rappelant, sauf Téchelle, la disposition en gradins usitée dans l'exploitation des filons, pour l'enlèvement d'un massif; d'où le nom àeya^ couchés^ que l'on donne aussi à cet ouvrage.

Chacune des tailles présente, à droite et à gauche, une galerie assurant la circulation de l'air, qui entre par la voie de roulage et parcourt successivement les divers chantiers; d'autres galeries, se ramiPiant au milieu des remblais, desservent chaque taille, et aboutissent à un tronc commun qui conduit les charbons de cette taille à la voie principale de roulage, en traversant le massif de remblai qui, dans la voie maltresse, sépare la galerie de roulage et le retour d'air.

Les matières stériles sont chaque jour rejetées en arrière, pom continuer le remblai dont le front marche à une petite distance en suivant le front des tailles. Les galeries sont maintenues au milieu de ce remblai, au moyen de murs en pierres sèches formés avec les morceaux.

L*ensemble des fronts s'avance ainsi jusqu'à la limite assignée à l'étage en exploitation; une taille arrivée à la limite est remplacée par une taille nouvelle, partant de la voie maîtresse qui a continué d'avancer.

On poursuit le même travail jusqu'à ce qu'on ait partout atteint la limite de l'étage, tant en direction qu'en inclinaison.

(1886) Si Ton suppose la couche entièrement horizontale, ou avec une pente à peine sensible, la direction, tant de la galerie maîtresse que des tailles, reste entièrement arbitraire. On peut alors se déterminer par la condition de rendre l'abattage le plus facile possible ; ce qui conduit à placer le front des tailles parallèle à la feuille du charbon, c'est-à-dire à faire avancer la voie maîtresse parallèlement et les tailles perpendieulairement au clivage.

S'il n'y a pas de clivage nettement déterminé, et si la pente de la couche se prononce un peu plus, on peut tracer les galeries maitresses et les tailles suivant des lignes diagonales ou à demi-pente, intermédiaires entre la direction et l'inclinaison de la couche, et dont le tracé est déterminé par la condition de leur assurer une pente favorable au roulage.

Avec une inclinaison encore plus prononcée, de 15 à 20'', on doit renoncer à l'idée de donner des demi-pentes favorables à la fois à la même galerie et aux voies qui desservent les tailles ; car la pente favorable au roulage se confond alors sensiblement avec la ligne de direction, et par suite la mère galerie et les voies des tailles devraient se couper sous un angle beaucoup trop aigu.

Dans ce cas, on peut employer deux systèmes, ou bien faire la mère galerie de niveau et pousser les tailles suivant la ligne de plus grande pente, c'est-à-dire avoir des tailles montanteSy ou bien, au contraire, faire la mère galerie suivant la ligne de plus grande pente, et mener des taUles chaMantes, c'est-à-dire ayant un front parallèle à l'inclinaison.

Le roulage se fait par traction ordinaire dans les voies de niveau, et au moyen de plans inclinés automoteurs dans les voies mon-* tantes.

58 i COURS D'EXPLOITATION DES UIXES.

(IS87) Le choix entre ces deut systèmes n'est nullement indifférent.

Au point de vue du transport, il vaut mieux que la galerie où circule la masse des charbons soit une voie à traction ordinaire, plutôt que de subordonner les deux services du roulage et de l'extraction aux éventualités de larrét d'un grand plan incliné unique, qui desservirait une série de galeries en direction.

Les tailles montantes sont donc préférables, sous ce rapport, aux tailles chassantes.

Elles méritent encore la préférence pour Tentrefien des galeries, en ce sens que s'il faut entailler le toit ou le mur (ce que nous supposons), une galerie suivant la ligne de plus grande pente se tient beaucoup mieux qu'une galerie en direction, parce que dans celle-ci les bancs découpés en pied par Tentaille, ainsi que les murs de remblai formant la paroi d'amont, tendent à l'obstruer, en cédant à Taction de la pesanteur.

Enfin, une galerie aboutissante une taille montante dessert beaucoup plus facilement les. divers points de cette taille que celle qui abautit à une taille chassante ; le boutage des charbons y est plus facile, et moins gênant pour les ouvriers travaillant à ravancement.

On préférera donc habituellement les tailles montantes.

(ItSS) Les dimensions qu*on donne à ces tailles sont des plus variables. •

En général, la largeur minima est déterminée, comme nous l'avons dit au n^ 285 pour la galerie maîtresse, par la condition de pouvoir loger dans la taille tous les remblais qui se produisent au chantier par l'abattage des nerfs et du faux toit, ou par l'entaillement du toit ou du mur nécessaire pour les besoins de la circulation et de l'aérage.

Quant à la largeur maxima^ elle peut être extrêmement considérable. En Angleterre, on donne 100 métrés, 150 mètres et plus, avec des couches presque horisontalesj fournissant un charbon solide et ayant un trés-bon toit. De semblables largeurs sont très-favorables à la surveillance. Elles facilitent singulièrement l'abattage soit à bras, soit, comme on commence à le faire beaucoup, à l'aide de machines

PSS VÈTHODBS IVEXPL0ITATI09. 585

haveuses. Elles sont favorables au chargement, parce qu^elles sont assez importantes pour recevoir une voie longitudinale, qui met les wagonnets à portée des chargeurs et supprime le boutage, et qu'on ripe tous les jours d'une quantité égale à l'avancement fait par les mineurs.

Mais ces grandes largeurs ne seraient pas facilement applicables avec des couches très-minces, friables et à toit ébouleui, surtout si ces couches avaient une inclinaison notable. Cette dernière circonstance rendrait, en effet, l'entretien et le service difficiles, dans le réseau de galeries partant d'un tronc commun qui devrait aboutir sur un certain nombre de points d'un aussi Ititge firont, pour faciliter le boutage du charbon.

Depuis cette limite supérieure de 1(N) à 150 mètres et plus, jusqu'à une limite inférieure de 6 à 8 mètres, on peut rencontrer toute espèce de dimension intermédiaire, justifiée par les conditions locales.

Un système assez convenable et qu'on rencontre souvent, est un ensemble de tailles montantes de 14 à 16 mètres de largeur, desservies chacune par un petit plan automoteur, dont on remonte, tous les deux ou trois jours, le mécanisme d'une quantité égale à l'avancement du front de taille.

(1289) Des dispositions peuvent être prises, soit dans le système des tailles chassantes, soit dans celui des tailles montantes, pour limiter, à mesure qu'augmente l'étendue des travaux d'une couche, la longueur des galeries à l'état d'entretien.

L'artifice est analogue à celui qui a été indiqué au n* 257, pour diminuer, dans un ensemble de gîtes parallèles, la longueur entretenue des galeries d'allongement d'un étage.

Ëtant donné, par exemple (fig. 214), une série de voies montantes qui se prolongent très-loin en partant d'une même galerie d'allongement, ou costeresse, on tracera, à une certaine hauteur, une seconde galerie dite giUerie de recoupage; et l'on pourra, par In même, supprimer toute la partie des voies montantes comprise entre la costeresse el la galerie de recoupage, à l'exception d'une seule, ou, au plus, de deux ou trois de ces voies, qui recevront un bon'

3K6 COimS OmPLOITATION DIS WOÈg.

système dé plans automoteurs, par lesquels on descendra ou meau mférièûr tous les charbons déjà descendus des tailles au niveau supérieur. De même, si l'cm a une série de tailles chassantes déjà très* éloignées du {dan automoteur qui les dessert, on pourra reporter en avant ce plan automoteur, et supprimer ainsi l'entretien de toutes les Yoiès horizontales comprise entre la première et la nouvelle position du plan.

(eso). Les tailles montantes cessent d'être applicables sur les pentes trop fortes, et Ton pourrait dire que leur limite théorique est celle pour laquelle les charbons abattus glisseraient d'eux-ffUma sur le mur de la couche; car alors Tabattage, surtout sur un large front, serait difficile et dangereux pour les ouvriers ; et la tendance des charbons à glisser sur le mur, pour aller se mêler aux remblais, rendrait le boutage des charbons peu commode.

Ces mêmes tailles montantes sont, en outre, d*un usage peu satisfaisant dans les couches où il se dégage du gaz, soit de la couche même, soit de la masse des remblais ; car le grisou, en vertu de sa légèreté spécifique, se portera de préi^ience sur les points les plus élevés, c'est-à-dire le long du front de taille^ on sur le ptrint mime où est concentrée la niasse principale des ouvriers.

On emploie, dans ce cas, les tailles chassantes, qu'on ouvre successiveinent, à mesure qu'on monte la cheminée qui doit occuper toute la hauteur de l'étage. Ces tailles sont ainsi en retraite les unes par rapport aux autres, et le système d'exploitation prend, dans ce cas, le nom d'exploitation par gradins renversés ; il présente, en effet, la même disposition d'ensemble que l'ouvrage à gradins établi dans un filon pour enlever un massif reconnu exploitable. La diffôrence entre le cas d'un filon et celui d'une couche est qu'ici la méthode, s'applique immédiatement à tout Fétage^ un traçage préalable étant, comme nous l'avons déjà dit, sans objet, à cause de ruoiformité, de composition qui caractérise la couche, au lieu de l'irrégularité de richesse qui est, au contraire, pour un filon, l'état normaL

(JB9t). On voit, par ce qui précède (n"^ 285 et 290), que le système d'exploitation des couches minces, envisagé d'une manièit

■ DBS MÉTHODES ITBXPLOITAnOll. 387

générale, consiste à enlever la masse du gîte sans traçage préalable, en Féloignant de plus 6n plus du {Hiits, et en ménageant en arrière, au milieu des remblais, les voies nécessaires, de manière à arriver en même temps à la timite d'un étage et à la fin de V exploitation de cet étage. On voit que ce système s'applique à toutes les couches, quelle que soit leur inclinaison, mais sous le bénéCce de ces remarques : que si les tailles peuvent être poussées dans wu direction quelconque avefc des couches horizontales ou extrêmement peu inclinées, elles pourront l'être suivant des demirf entes pour uiie inclinaison un peu plus prononcée ; qu'elles seront très-convenablement montantes pour des inclinaisons plus prononcées, suffisantes à l'établissement de plans inclinés automoteurs ; enfin qu'elles devront être chassantes pour toute inclinaison supérieure à celle du talus naturel des charbons.

{%%%). Le système des tailles chassantes a un autre avantage, ap* proprié au cas fréquent d'une inclinaison de la couche toujours prononcée, mais cependant variable suivant la ligne de direction.

Ayant, en effet, établi, à l'origine du travail, sur la hauteur ver* ticale donnée d'un étage, un certain nombre de tailles, dont cha«- €une est desservie par une voie de niveau parallèle à la voie de fond , il n'y a rien de changé à l'ensemble de l'ouvrage à mesure que la pente varie, sinon la longueur des fronts de UàUe^ qui augmente ou dimîntie, à mesure €fae la pente de la couche diminue ou augmente. C'est ainsi, par exemple, qu'on passera naturellement d'un dressant dans un plat, ou inversement, à mesure que le crochon corresponn dant viendra, par suite de son ennoyage, à être rencontré succès* sivement par les diverses galeries de niveau.

(S93). Les tailles chassantes ont, comme on Ta déjà dit, on in* convénient résultant de ce que la galerie qui dessert une de ces tailles est naturellement placée à la partie inférieure, afin de n'avoir pas à remonter les charbons pour les charger dans les wagonnets : c'est que le boutage des charbons le long de la taille est incommode, et peut même devenir dangereux dans les oouches verticales ou très-rapprochées de la verticale. Dans ce cas, en effet, les ouniers, au lieu d'êtie portés par le mur de la couche, sont montés

t 568 COURS D'EXPLOITATION DES MIRES.

les uns au-dessus des autres sur des planchers qui reçoivent le charbon abattu, jusqu'au moment où on le fait tomber de plancher en plancher jusqu'au bas de la taille.

On évite l'incommodité et les dangers qui résultent de cette disposition, en substituant à un petit nombre de tailles droites, prenant la hauteur de l'étage, un plus grand nombre de gradins, analogues pour la hauteur aux gradins employés dans l'exploitation des ^lons, c'est-à-dire n'ayant pas plus de deux métrés de hauteur, et dont chacun n'occupe qu'un seul piqueur.

La disposition est alors tout à fait semblable, même pour les dimensions des tailles, à celle de l'ouvrage à gradins renversés établi dans un filon.

La houille abattue est également jetée dsîns des cheminées qui aboutissent aux voies horizontales ménagées au milieu des remblais. Celles-ci aboutissent elles-mêmes au plan incliné qui les relie à la voie de fond.

Cette disposition a reçu le nom particulier de maintenage. Elle est représentée figure 215. Cette figure doit être rapprochée de h figure 151 qui représente une taille droite.

En arrivant à un dressant, on peut donc le prendre soit par des tailles droites qui correspondent chacune à une des tailles couchées qu'on avait dans la plateur, soit par un maintenage, qui consiste a remplacer chaque taille droite par une série de gradins plaçant les ouvriers en retraite les uns par rapport aux autres. On aurait eu par exemple 5 ou 6 tailles droites ; on aura 20 ou 25 gradins et plus.

Le maintenage doit être considéré, par les raisons indiquées, comme préférable, en général, aux tailles droites. Peut-être n'estil qu'une circonstance qui puisse faire préférer, ou même parfois qui puisse nécessiter les tailles droites : c'est lorsque le courant d'air n'est pas assez actif, et que la mine donne beaucoup de gaz; ce gaz peut être alors diflicile à déloger des angles nombreux que présente le maintenage, tandis qu'il est plus facilement balayé le long d'une taille droite, grflce à sa force ascensionnelle.

{Sea4). Nous avons supposé jusqu^ici que, dans le cas des tailles

DES METHODES D'EIPLOAtIO!!. 3811

chassantes» les galeries de niveau desservant chaque taille aboutissaient à un plan automoteur, qui les amenait à la voie de niveau principale (voie de fond ou voie costeresse).

Très-souventt en réalité, ce plan automoteur n'existe pas, et les galeries de niveau sont rattachées à la voie de fond par des voies inclinées, dites des demi-pentes ou des diagonales, dont Tinclinaison est réglée de manière que les routeurs puissent descendre les wagons pleins en les calant, et les remonter à vide.

Cette disposition, représentée figure 215, qui doit être regardée comme néeessairey quand la pente de la courbe est assez faible pour ne pas permettre remploi d'un plan incliné automoteur, est habituellement conservée, même quand cet emploi est possible.

Peut-être ferait-on bien, comme du reste on commence à le pratiquer, de recourir plus souvent au système des plans automoteurs. Un tel plan s'établit, suivant la plus grande pente, avec une galerie beaucoup plus courte et demandant moins d'entretien, même à longueur égale, qu'une demi-pente (voir n« 287); la manœuvre d'un frein est plus facile et plus prompte pour le routeur que la descente et la remonte, également pénibles, sur la longueur de la demi-pente rachetant la même différence de niveau.

Je pense donc que ce système, sur lequel nous reviendrons en parlant du roulage, est appelé à se répandre plus qu'il ne l'est aujourd'hui. Il me parait évident que s'il était partout praticable^ il serait toujours pratiqué^ et que s'ill'est au contraire très-peu, c'est par une extension peu justifiée du système des demi-pentes, qui est assez souvent le seul moyen dont l'inclinaison de la couche permette de faire usage.

Quoiqu'il en soit on doit remarquer que le système ordinaire des demi-pentes comporte, dans Tentretien des galeries^ la simplification indiquée au n* 289 (fig. 214) pour les voies montantes.

Une nouvelle galerie diagonale desservant toutes les tailles supprime toutes les voies de niveau (sauf la voie de fond et le retour d'air) comprises entre cette diagonale et la précédente. (Voir fig. 216.)

(1t9&) Deuxième cas. — BxploiUUkMi 4m BaMetica de iKMdlle «•

900 GOimS D^PLOITATIOIf DES MIRES.

piAMWMe mojcMc. — Je range dans les ooudies d'épaisseur moyenne, celles qui ont d peu près en puissance k hauteur que Toa donne habituellement aux galeries de mines.

Il doit être entendu que la couche même, ou le fisiux toit qu'elle peut avoir ne fournil que peu ou point de remblai^ et que Tea- ^aillement du toit ou du mur, là où il peut être acddenjteUement nécessaire, n'en produit lui-même qu'en quantité tout à fait insut fisante, pour que l'emploi de ce remblai puisse formerim Iratl notable de la méthode d'exploitation employée.

0 doit être entendu, d'un autre côté, si l'épaisseur de la couche est supérieure à la hauteur des galeries, qu'il ne reste cependant en eouronne qu'une faible épaisseur de charbon.

L'épaisseur pourra être, en définitive, comprise entre tM fw nurins d'un mètre et un peu plus de 2'',50.

(ie96) On peut dire d'abord, d'une manière générale, qu'aux coqches ci-dessus définies on peut appliquer les mimes méthodes qu'aux couches minces, au moyen de l'artifice connu consistant à suppléer à l'insuffisance des remblais que produisent l'abattage aux tailles et le coupage des voies, soit en laissant des vides convenablement disposés en arrière des tailles, soit en prenant sur d'autres points Fappoint en remblais qui peut être nécessaire.

Cette observation n'est pas une simple conception théorique. Elle est, au contraire, essentiellement pratique, et d'une application fréquente.

Ainsi, dans beaucoup de districts de l'Angleterre, on cherche à étendre l'emploi des grandes tailles à des couches de 1 mètre à 1*,30 et plus, où les matériaux sont tout à fait insuffisants à un remblai complet. Ces matériaux sont alors empilés principalement le long des voies de roulage ou d'aérage à conserver ; dans Tinter- Talle il reste de grands espaces vides qui se soutiennent si le toit est très-bon, qui s'éboulent dans le cas contraire, et dont même, au besoin, on provoque l'éboulement, afin de les utiliser, comme carnères à remblais, en cas d'insuffisance trop marquée de ceux qu'on se procure à l'avancement des tailles.

On réalise par là les avantages de surveillance fiicile et d'abat*

DES H&THODSS D*BlPLOITAnON. SOI

tage économique propres à remploi des grandes tailles, en réduisant au strict nécebaire la dépense des rçmblais.

Ce système est donc parfaitement indiqué dans les conditions d'allure où on l'applique ; c'est-à-dire pour des couches peu puissantes, fournissant peu de remblais, à peu près horizontales, ayant un bon toit et un charbon bien résistant.

On pourra d'ailleurs toujours, quelques conditions d'allure que l'on rencontre, appliquer identiquement la. môme méthode que pour les couches minces, en remblayant complètement.

Ainsi les grandes tailles, les tailles montantes ou chassantes, les gradins renversés et leurs variétés de tailles droites ou de maintenages , s^appliquent aux couches mayetmes^ lorsqu'on les remblaye d'une manière suffisante.

Ces dispositions ont leurs avantages propres, qui sont, on Pa déjà dit, l'enlèvement bien complet du charbon, et la facilité de ménager les couches supérieures et la surface du Sm.

Elles ont, par contre, leur inconvénient, parfois très-grave et qui peut même exclure l'emploi du système, c'est Taugmentation du prix de revient résultant de l'emploi des remblais.

(IB97) En fait, la méthode propre aux couches de moyenne épaisseur, celle qui donne assurément la majeure partie du charbon qui se produit dans le monde, est une méthode sans remblais et par dépilages^

Envisagée d'une manière générale, elle consiste à faire d'abord un traçage par deux séries de galeries se coupant sous un angle quelconque et laissant entre eues des massifs ; puis lorsque ce traçage est terminé dans un quartier donné, on dépile^ ou l'on déhouille^ en battant en retraite et laissant les éboulements se faire en arrière.

L'exploitation du quartier est terminée, lorsqu'en battant ainsi en retraite, on est revenu au point où le traçage du quartier avait été commencé.

Ce système est très-simple à concevoir et à décrire ; mais il peut être bien ou mal appliqué ; il importe d'en bien comprendre les vrais principes, et d'entrer daas quelques détails d'application.

59S COURS D EXPU)|TATIOIK 1|M»BS.

Beaucoup de personaes considèrent que la période du traçage appartient véritablement à rexploltatioii-

Us font en conséquence un résea'a^di6«doppé de galeries ; ils donnent à ces galeries uae grande largeur pour faciliter l'abattage, et ils kÎMRit des piliei^ carrés ou rectangulaires aussi étroits que possible.

Us s'étendent de cette manière, en direction et en amont pendage, jusqu^à la limite de Tétage en exploitation. C'est seulement q«and ils sont parvenus à cette limite qu'ils dépitent à partir de Tex4$ibliéitë des travaux, en battant en retraite vers le puits.

Le istéUaiè ainsi compris a deux inconvénients principaux : d'une part, il oHtge'vjttâqu au moment ou l'on commence à dépiler, à entretenir un immense réseau toujours croissant de galeries; d'autre part, les premiers piliers tracés sont les derniers enlevés ; d'où il résulte soit que bon nombre de ces piliers s'écrasent de plus en plus sous la pression du toit, et fournissent, quand on vient à les prendre, une quantité anormale de menu ; soit encore que le mur de la couche se gonfle, obstrue les galeries et donne lieu à de grandes dépenses de réfection lorsqu'on veut reprendre les piliers.

D'un autre côté si, pour éviter ces inconvénients d'écrasement des piles et de soulèvement des roches du mur, on se transportait rapidement jusqu'à la limite du champ d'exploitation, en ne faisantqu'un réseau de galeries étroites circonscrivant un petit nombre de trèslarges piliers, et s< l'on ne commençait à dépiler qu*à partir de h limite, on aurait une longue période pendant laquelle l'abattage serait dispendieux et le nombre des chantiers trës-restreint.

On retarderait ainsi beaucoup le moment de l'exploitation productive.

(IK98) Le meilleur système parait être de combiner ces deux points de vue : c'est-à-dire de se porter progressivement jusqu'à b limite de l'étage au moyen d'un réseau à très-larges mailles de galeries étroites, et, chemin faisant, de considérer les diverses mailles de ce réseau comme devant être tracées et dépitées, chacune pour leur compte et le plus promptement possible, en ne laissant subsister

DBS N^HODES D*BXPIX)ITATION. S05

après le dépilage d'un quartier que les petites galeries nécessaires pour aborder le quartier suivant.

On diminue ainsi la longueur et la durée moyennes des galeries entretenues, et le dépilage se faisant partiellement, dans des parties fraicliement tracées, a lieu dans les meilleures conditions au point de vue de la qualité des produits.

En principe, on peut dire que dis qu*un quartier queleofujue a été tracée on doit se demander si ce quartier peut être dépilé sans empêcher au delà le développement des autres quartiers, et si la réponse est affirmative, U faut immédiatement dépUer.

Le trace fait dans ces conditions constitue la méthode d'exploitation par massifs langs^ tandis que l'autre mode de tracé constitue Texploitation pHvpiUers et galeries^ ou par |itli^r« tournés.

La première expression doit rappeler la pensée que les massifs ne sont recoupés d'abord que de loin en loin, pour les besoins de la circulation et de Paérage ; les deux autres qu'on fait de suite un tracé plus complet de tout l'étage, en vue de faire de ce traçage même une période productive.

(S99) C'est l'exploitation par massifs longs qui mérite assurément la préférence.

On fera, par exemple, un réseau à larges mailles comprenant une série de voies en direction de 50 en 50 mètres, reliées par des voies montantes de 100 en 100 mètres , les unes et les autres ayant les dimensions strictement nécessaires pour le service auquel on les destine.

Ces voies seront comme une sorte de travail préparatoire, à l'aide duquel on attaquera les massifs ou quartiers qu'elles circonscriront, en même temps qu'on les prolongera pour aller former d'au* très grands massifs semblables.

L'attaque pourra se faire par les deux voies montantes, dont chacune prendra la moitié de chacun des deux grands massifs entre lesquels elle est tracée. On fera partir de ces voies une série de galeries en direction^ d'abord étroites, pour assurer la conservatioa du plan incliné, puis s'élargissant brusquement, pour prendre la plus grande dimension que comportent l'allure de la couche et la durée

8M CQ1UK8 D1B1PL0ITATI0N DES MUIES. .

limitée qu'elles doivent avoir. Ces galeries laisseront entre elles- des massifs dont la largeur dépendra également des conditions locales. Ces galeries viendront se rejoindre deux à deux avec les galeries semblables parties de la voie montante voisine*

On obtient ainsi une série de massifs longitudinaux d'une centaine de mètres de longueur, qu'on prend dans Tordre descendant, en les attaquant par le milieu et revenant vers les deux voies montantes.

Le dépilage d'un de ces longs massifs terminé, les voies montanteset les voies en direction qui le circonscrivent restent protégées par un pilier de sûreté qu'on ne reprend qu'à la ûa des travaux. Ces galeries prolongées au delà du quartier dépilé, soit ea direction, soit en amont pendage, servent à circonscrire d'autres quartiers semblable que Ton enlèvera successivement de la même manière,

La figure 21 7 représente en plan la disposition générale d'une exploitation par massifs bngs. On retrouva sur la figure les divers détails ci*dessus décrits. «

On voit comment un quartier est déjà en dépilage, alors que les quartiers situés au delà, suivant la direction ou l'inclinaison, ne sont encore qu'en préparation ou en traçage.

(aoo) Quant au dépilage d'un massif long, il peut se faire suivant deux systèmes différents, entre lesquels il ne me parait pas que Texpérience ait définitivement prononcé, et qui peuvent bien être en effet, Tune et l'autre, à préférer selon les cinx^nstances locales.

On peut, ou bien faire des galeries d'une largeur moyenne et des massifs d'une largeur comparable à celle des galeries,, on bien faire au contraire les galeries les plus larges qu'il est possible, en ne conservant entre elles que des massifs insignifiants, dont le but principal est de soutenir provisoirem^it le toit, c|t qui ne jouent, pour ainsi dire, que le rôle des montants d'un cadre de boisage.

Ce second système, que l'on pourrait appeler le systèiae anglais, n'est applicable qu'avec un bon toit, un charbon solide et un dallage mené très-rapidement. Je serais porté à croire que dans ces

MS VfenODBS IKEXPLOiTiTIOR. 805

conditions, c'est celui qui fournit le plus de gros et qui fait la moin* dre dépense de bois.

(80f )* Dans des conditions moins favorables, on domie habituellement plus de largeur aux massifs qu'aux galeries ; on aura par exemple des galeries de 4 à 5 mètres séparées par des massifs de 6, 8, 10 mètres.

Un de ces massifs, qui aurait, je suppose 8 mètres de largeur et une longueur égale à la distance de deux voies montantes, diminuées de deux fois l'épaisseur du pilier de protection de ces galeries, se prendra à partir du milieu en battant en retraite vers les deux voies montantes.

On commencera par ouvrir une taille montante de 4 ou 5 mètres traversant le massif, jusqu'à ce qu'on rencontre les éboulements du massif supérieur déjà exploité.

Cette première taille ouverte, on continuera le dépilage de deux manières différentes, soit au moyen de séries de tailles montantes, plus ou moins contiguês les unes aux autres, soit au moyen de deux tailles chassantes, marchant en un sens contraire l'une de l'autre.

Assez souvent les tailles montantes sont immédiatement contiguês; alors les ouvriers ont, d'un côté, le massif de charbon que prendra la taille suivante, de l'autre côté les éboulements déjà plus ou moins complets de la taille précédente.

On pousse la taille, ou chantier d'abattage, jusqu'aux éboulements du massif supérieur. Si la taille a été poussée seulement sur la même hauteur que les galeries, et qu'il reste une planche au toit, on la prend en retour aussi bien qu'on le peut, en déboisant et laissant se produire, ou provoquant, avec le pic ou à l'aide de quelques coups de mine, Téboulement de cette planche.

Si cette planche n'est pas nécessaire pour soutenir un faux toit, on peut la prendre immédiatement, pendant qu'on pousse le chantier de dépilage..

Parfois, au lieu de faire ces chantiers immédiatement contigus, on isole un chantier en activité du chantier voisin qui vient d'être achevé, par un petit mur en charbon d'environ 1 mètre d'épaisseur, qu'on reprend aussi bien qu'on peut, au moment où l'on

SOO COURS D'EXPLOITATION DBS HIHIS.

bat en retraite pour commencer le chantier suivant. Cette disposition, qui rappelle ce que j'ai appelé tout à l'heure le système anglais, est représentée figure 218. Elle oblige à faire deux entailles au lieu d'une ; mais elle peut être utile, lorsque la pression du toit est trés-forte, au point de vue de la production du gros ; elle peut aussi diminuer notablement les frais de boisage.

Les tailles montantes sont limitées, dans leur emploi, aux couches horizontales ou médiocrement inclinées.

Des inclinaisons permettant aux charbons de glisser sur le mur, seraient incommodes et présenteraient des inconvénients graves, lorsqu'on viendrait à percer dans les éboulements du massif supérieur.

(aos) Les tailles chassantes, qui sont à^diûenn applicables àtm les cas^ sont donc nécessaires pour les grandes inclinaisons.

Une taille chassante, telle que celle représentée en coupe et ai plan (/i(/. 219), se mène en boisant en arriére du front de taille de manière à r^ler les éboulements.

En général, on tient à ce que ces éboulements ne soient pas trop retardés. Lorsque le toit ne s'éboule pas assez vite, le porte4-taui qui en résulte tend à écraser le charbon le long du front de tailleiCt à augmenter la proportion de menu et la dépense de bois ; puis, lorsqu'enfin Téboulement se détermine et se fait en grand, il est difficile à maîtriser, et il s'étend parfois jusqu'au front même de la taille. 11 peut en résulter des accidents, bien qu'ordinairement un tel mouvement ne se produise pas sans indices précurseurs, qui donnent aux ouvriers le temps de se mettre en sûreté ; mais do moins la taille est démontée^ et il faut un certain temps pour la rétablir.

On tâche donc d'éviter cet accident, et de maintenir l'èboulement à une distance à peu prés constante du front de taille.

A cet effet, lorsqu'on le trouve trop retardé, et que la pression devient trop forte sur le front de taille, on détermine la rangée de buttes jusqu'à laquelle on veut le faire avancer. On fait, le long de cette ligne, s'il y a lieu, tm redoublement (voir la figure 219), c est-àdire qu'on renforce le boisage en doublant le nombre des buttes, et

on déboise entièrement au delà de cette ligne redoublée. Au besoin, le long de cette même ligne, on fait au toit quelques petits coups de mine obliques; de manière à déterminer TafTaissement de la parlie déboisée et à la limiter à la ligne redoublée.

Lorsque l'inclinaison est très-forte, la taille chassante ne peut pas être une taille droite menée sur toute la largeur du massif, parce que les éboulements du massif supérieur, en glissant dans le chantier, empêcheraient le travail des piqueurs, ou compromettraient leur sûreté. 11 faut s'isoler de ces éboulements, en réservant une planche sufGsante qu^on fait tomber en arrière, en en prenant ce qu'on peut.

On peut encore, remplaçant la taille droite par une sorte de main* tenage, dans lequel, à défaut de remblais pour les porter, les ouvriers s'èchafauderont au moyen de planches posées sur les buttes du boisage, ou, s'il y a lieu, sur des buttes posées spécialement pour cet objet et convenablement encastrées dans le toit et le mur (voir la figui^ 220).

(803)En résumantcequ'on vient de dire sur les dépilages, on reconnaît que la disposition des chantiers peut varier, suivant la même loi qu'on a indiquée pour les grandes tailles des couches minces : c'est-à-dire qu^avec des couches horizontales, ou presque horizontales, les massifs longs peuvent être dirigés dans un sens quelconque^ sens qu'on pourra ainsi déterminer par la condition de Taciliter l'abattage, en tenant les fronts des tailles parallèles au clivage ; qu'avec des inclinaisons notables, la double condition de faciliter le roulage et d'éviter, dans les piliers, des angles trop aigus, conduit à avoir des galeries en directioa et des galeries suivant la pente, c'est-à-dire à tracer les massifs longs parallilement soit à l* inclinaison^ soit à la direction de la couche ; que les premiers cessent d'être praticables avec une inclinaison très-prononcée, égale ou supérieure à celle du talus naturel des terres ; enfin qu*à partir de ce point les massifs longs doivent être tracés suivant la direction.

Quant au dépilage de ces mêmes massifs, il peut être efiectué, selon les cas, soit par une succession de chantiers menés trans» versalemeni^ soit par une taille menée longitudinalement ; enfin, ce

598 COURS DP EXPLORAnON JUS Mil».

deniier système est obligatoire, dans le cas des masûfs longs parallèles à la direction tracés dans des couches trés-iodinées.

(8114) TrotsièHE cas. — nMtMUmlÊam des WMrtqi^wipprotliéeadcl^poMUiomliOThiintfiifai. — NoUS désignODS SOQS

cette dénomination de eauches puàssantes celles dont Tépaisseur est notablement supérieure i la hauteur des galeries de mines ordinaires, depais un minimum de 2^,50 à 3 mètres, jusqu'aux plus grandes dimensions connues, qui atteignent 10, 20» 30 mètres et plus.

L'exploitation de ces couches puissantes intéresse particulièrement les ingénieurs français ; car c'est en France que ces couches se présentent le plus communément^ ou du moins fournissent à la production du pays le contingent proportionnel le plus élevé.

Nous distinguerons, par les motifs qui seront exposés plus loin, le cas où ces couches sont rapprochées de la position horizontale, de celui où elles sont, au contraire, rapprochées de la position mticale.

Nous considérons d'abord le premier cas.

En principe, la méthode que nous venons de décrire en dernier lieu pour les couches d'épaisseur moyenne, c'est*à-direrexp/ot<ati(m par massifs Umgs avec dépiïagesj peut être appliquée aux couches puissantes, avec cette seule différence qu'après avoir fait le traçage aa mur de la couche il restera, dans les chantiers de dëpilage, à rabattre les planches laissées (T abord en couronne.

Ce rabattage est toujours un travail assez délicat ; car il doit être conduit de manière à faire tomber ces planches sans que les éboulements du toit surviennent immédiatement après, afin de donner le temps d'enlever les charbons provenant de la tombée des planches, ou tout au moins les morceaux, avant qu'ils soient ensevelis sous ces éboulements.

La figure 221 représente un tel système de rabattage employé dans une taille chassante. On suppose qu'on rabat en deux fois, au moyen de quelques petits coups de mine qu'on fait partir après avoir enlevé les buttes qui soutiennent la masse à abattre. L'ouvrage présente ainsi l'aspect de gradins renversés.

En général, le rabattage ne se fait pas sans qu'il y ait im certain

DES KÉTHODES D'EXPLOITATION. ' 390

gaspillage de charbon perdu sous les ébonlements, gaspillage d'autant plus important que l'épaisseur des planches est plus grande, le charbon plus firiable et te toit plus ébouleux. On considérerait comme difficile de dépasser, avec ce système, une épaisseur de 5 mètres, e'est'à-dire d'avoir ea couronne plus de S^^SO à 3 mètres d'épaisseur.

(305) Dans les mines où le charbon est assez roide, et le toit assez bon, et lorsque Ton peut, en outre, se procurer facilement des buttes de grande longueur, on pourra modifier la méthode de dépilage. On procédera par chantiers transversaux contigus, en prenant toule la hauteur de la couche par un système de gradins, qui permet, i^non un abattage plus éconc^mique, du moins un meilleur triage et un moindre gaspillage des charibons. Le charbon entièrement enlevé, le toit du chantier est soutenu par uqe série de longues buttes ou chandelles, allant du mur au toit ; il est limité d'un côté par les éboulements du chantier précédent, en bout par les éboulements du dépilage supérieur, sur les deux autres faces par le massif en exploitation et par le massif inférieur encore intact.

On commence, le long de ces deux faces et devant la galerie de roulage qui dessert ces dépilages, par mettre des rangées de buttes arc-boutées convenablement ; puis on abat tous les bois qui sont au delà. On les enlève pour les faire servir de nouveau dans le chantier voisin ; on affaiblit à coups de hache ceux qu'on ne peut abat* tre. Le toit cesse d'être soutenu dans toute retendue du chantier, et bientôt il s'abat en masse.

Dès qu'il est abattu, on peut ouvrir un autre chantier à côté ; les ^éboulements sont retenus par les buttes, et quoique encore mal tassés ne viennent pas en coulant encombrer ce chantier, ni la voie de roulage inférieure.

Ce système, représenté figure 222, est appliqué avec beaucoup d'habileté par les mineurs de la Silésie. Hs montrent une très*grande hardiesse pour abattre les bois, ou pour les couper à coups de hache, jusqu'au dernier instant où les craquements qui se font enten* dre annoncent la chute imminente du toit, qui ordinairement tombe en* grand et d'un seul coup.

4' 0 * COURS D'EXPLOITATION DES llINES.

Cette chute est attendue pour commencer le chantier contigu, devenu par là plus facile à prendre.

Si la nature du toit était telle que sa chute suivit immëdiatemeni l'abattage des buttes, ce travail d'abattage pourrait se faire en dehors du chantier, au moyen d'une longue chaîne qui entourerait une série de buttes, et sur laquelle on exercerait un efTort de traction, à Taide d'un treuil, d un cric ou de quelque autre appareil semblable installé à l'abri des éboulements (Voir/Sj. 223).

Un tel système de déboisage est favorable au point de vue de la sûreté des hommes, vt permet assurément de donner un peu plos de largeur aux chantiers de dépilage.

Le mode de dépilage ci-dessus décrit n'est limité que par la longueur des bois que l'on peut se procurer dans le pays, et dont le maniement est possible sans trop de difficultés pour les hommes.

On peut l'appliquer à des couches de 5 mètres, et même à des couches sensiblement plus épaisses, si l'on consent à réserver en couronne quelques planches dont la plus grande partie est sacrifiée.

(806) Un système analogue peut encore être appliqué même à des épaisseurs beaucoup plus fortes, si la consistance du charbon et celle du toit permettent de se dispenser du boisage. » C'est ainsi, par exemple, qu'on exploite, en Angleterre dans le Staflbrdshire, sur une très-grande échelle, une couche horizontale de 9 mètres d'épaisseur dite ten yards coal, ou Dadley Thkk.

C'est encore ainsi qu'on exploite, aux États-Unis, des couches épaisses d'anthracite, remarquables par l'extrême solidité du charbon, comparable à celle de la pierre de taille, et par l'excellente qualité du toit.

Le système suivi revient, en définitive, à une division en massifs longs, avec ce caractère que les galeries de traçage qui séparent ces massifs sont des galeries à très-grande section, ayant la hauteur de la couche et toute la largeur compatible avec la solidité des terrains et formant ainsi la partie principale de l'exploitation. Les massifs réservés sont en grande partie perdus, le dépilage se bornant à les repercer par quelques chantiers.

Leur rôle principal et essentiel est, en réalité, comme on l'a dit

DES MÉTHODES D'KXPLOITATIO^V. 401

plus haut, pour le système de dépilage désigné sous le nom de système anglais, de soutenir le toit des grandes galeries, ou de servi? en quelque sorte de murs aux espèces de chambres que forment cec galeries.

Dans le Staffordshire, ces galeries, ou chambres, sont ouvertes sur une trentaine de mètres et plus, quelquefois sur 45 mètres de largeur ; les massifs compris entre ces tailles ont 7 mètres seulement d'épaisseur. Le toit de la galerie est en outre soutenu pér une rangée, ou quelquefois deux rangées de petits piliers tournés, dits men ofwavj alignés dans l'axe, ou parallèlement à Taxe de la galerie, auxq uels oïl donne la section et Técartement que Ton juge nécessaires, (soit, par exemple, 8 mètres de côté et 11 mètres d'intervalle).

L'avancement présente une série de gradins renversés ; la souscave se fait au mur de la couche, et les divers bancs de charbon sont successivement rabattus dans l'ordre ascendant.

Dans les conditions où s'exécute ce travail, l'abattage est très-économique, mais assez dangereux, et les accidents sont fréquents. En outre, si les bancs se détachent trop facilement les uns des autres, il peut y avoir un assez grand gaspillage de charbon, parce que les gros nerfs que présente la couche tombent quelquefois par plaques immenses, recouvrant le charbon des planches inférieures avant qu'on ait eu le temps du l'enlever complètement. Ce charbon enfoui dans les déblais s échauffe et prend feu facilement, et il arrive souvent qu'au lieu qu'on ait à songer à dépiler les massifs qui bordent une galerie, celle-ci doit être prématurément abandonnée et toutes les issues qui y aboutissent complètement bouchées, à cause des incendies qui se développent en arrière du front de taille;

(307) Aux États-Unis, le même système de travaux est appliqué, avec cette diflerence que la galerie à grande section est menée en gradin droit, c'est-à-dire en attaquant d'abord les bancs supérieurs de la couche.

Ce mode de travail est favorable au bon triage du charbon et k son extraction complète. 11 est en outre moins dangereux pour les hommes, et me parait, en définitif devoir être préféré au mode suivi dans le SlafTordsbire.

Dans l'un comme dans l'autre pays, le solde la galerie, en arrière de l'avancement, reste encombré, sur une hauteur plus ou moins grande, par les matières stériles que fournit l'abattage, ou par le menu que parfois on abandonne en partie. Une voie de roulage s'ètablirait difficilement sur cette masse de débris, à moins d'y faire des remaniements coûteux. On peut alors employer un artifice consistant à ménager, dans l'axe des massifs longs, une petite galerie étroite qu'on met dé distance en distance, au moyen de courtes traverses, en communication avec la grande galerie. C'est par les traverses les plus voisines du front de taille que sont évacués les produits de l'abattage.

Le système décrit dans les deux numéros ci-dessus est représenté en plan (fig. 224).

(308) Le système des grandes galeries du Staffordshire et de la Pensylvanie peut sembler défectueux, en ce qu'il n'assure pas renlèvement complet du gite ; mais, abstraction faite de ce défaut qui semble inhérent, quoi qu'on fasse, à l'exploitation des gites puissants sans remblais, on peut considérer que ce système, tel qu'il est pratiqué en Angleterre et, mieux encore, en Pensylvanie, est, après tond pour les très-grosses couches de 8 à 10 mètres, lorsque celles-ci s'j prêtent, la manière la plus économique d*appliquer la méthode da massifs longs avec dépilage.

C'est elle qui donne le minimum de frais d'abattage et de soutènement.

La plupart du temps, même en tenant compte des massifs trèsincomplètement exploités qui restent entre les galeries, on reconnaîtra que la perte définitive en charbon n*a rien d'excessif, surtout si l'on emploie le système des tailles en gradins droits, et qu'elle n'est peut-être pas supérieure à ce qu'elle serait dans une autre manière d'appliquer la méthode dont il s'agit à des couches d'une éjà ptdssance.

(SOU) Mais cette méthode, de quelque manière qu'on l'appliquai a plusieurs défauts essentiels qui sont : . .

Un certain gaspillage de charbon, croissant, toutes choses égales il ailleurs, avec la puissance de la couche ;

Le danger des incendies qui sont, avec certaines natures de charbon, une conséquence presque inévitable de ce gaspillage normal (s'il est permis d'accoupler ces deux mots), et qui parfois en amène un nouveau, plus considérable encore, à cause des quartiers entiers qu'il faut abandonner pour limiter ces incendies ;

Enfin, les dégradations de la surface et parfois les dangers d'immersion qu'amènent leséboulements ; défauts qui croissent avec l'épaisseur de la couche et diminuent à mesure que la profondeur augmente.

(81 0) Pour faire disparaître ou du moips pour atténuer ces diyers défauts, on fait intervenir un artifice dont nous n'avons pas encore parlé, et qui peut être appliqué à tous les gites puissants dont la stratification est nettement marquée.

Il consiste à considérer la couche comme étant la réunion de plusieurs couches distinctes, formées chacune d'un certain nombre de bancs et devant être exploitées séparément.

On élimine ainsi la difficulté résultant de la très-grande épaisseur du gîte, et la question à résoudre est celle de savoir comment on devra exploiter un certain nombre de couches superposées, dont on est maître de régler l'épaisseur individuelle, et qui sont très-voisines les unes des autres^ ou plutôt, en fait, en contact immédiat les unes avec les autres.

Cela peut se faire de deux manières essentiellement différentes. On peut considérer les différentes tranches comme des couches d'une épaisseur moyenne permettant de les exploiter par massifs hmgs avec dépilage^ et alors on les prendra dans l'ordre descendant, la première étant dépitée comme une couche placée dans des conditions ordinaires, la seconde et les suivantes ayant chacune pour toit les éboulements produits par les dépilages supérieurs.

Cette disposition fractionne les éboulements, sans diminuer leur importance finale; mais elle diminue les gaspillages de charbon en réduisant, autant qu'on veut, les planches à rabattre dans les de pilages.

On peut prendre, au contraire, les diilërentes tranches comme des

couches de moyenne épaisseur devant être exfloiiéespar remblai cornplety de manière à amoindrir beaucoup les efTets des mouvements du terrain et à faire disparaître tout gaspillage de charbon.

Alors habituellement y bien que ce ne soit pas une conséquence forcée, on suit, dans Tenlèvement des tranches, Tordre ascendant, montant sur les remblais d'une tranche pour exploiter la tranche suivante.

Ces deux méthodes d'exploitation sont connues sous le nom de Méthode de Blanzy et de Méthode de Rive-de-Gier, du nom des localités où on les a d'abord employées.

La Méthode de Blanzy pourrait être nommée: Méthode éPexpUntaim par tranches avec dépilage ; celle de Rive-de-Gier : Méthode ffexploitationpar tranches avec remblai. La notion du dépilage comporterait, pour la première, l'enlèvement des tranches dans l'ordre descendant. Celle de l'emploi des remblais n'implique pas forcément d'ordre déterminé, et il y a des motifs pour agir de l'une ou de Tautro façon.

D'une part, l'ordre ascendant serait assez indiqué par cette considération qu'il sera habituellement plus commode d'avoir des remblais sous les pieds que de les avoir sur la tête.

D'autre part. Tordre inverse pourrait être motivé par une trèsgrande intlammabilité des charbons, faisant craindre que des incendies ne se développent dans les franches supérieures, à la suite de leur affaissement sur les remblais des tranches inférieures.

A ces deux méthodes qui correspondent, la Méthode de Blanzy à la méthode en travers avec dépilage, et la Méthode de Rive-de-Gier à la méthode en travers avec remblai, dénommées au n* 280, il conviendrait, pour continuer l'analogie entre les couches puissantes et les amas contenant peu ou point de remblai, d'ajouter une méthode par tranches avec estaus sans dépilage^ qui correspondrait à la méthode en travers avec estaus, indiquée n* 285.

Elle consisterait, à proprement parler, dans la Méthode de Blann avec cette seule différence : que l'exploitation serait terminée avecle tracé des diverses tranches superposées, et que Ton sacrifierait ainsi, presque complètement, soit les piliers tracés dans chaque tranche, soit les estaus réservés entre les diverses tranches.

DES MÈTOODES D'EXPLOITAnON. 405

Nous ne faisons qu'indiquer le système, qui doit étreregardé comme suranné, et généralement inapplicable par les motifs indiqués au n' 283 précité.

(81 f ) La méthode par tranches avec dépilage s'appliquait, à Blanzy, à une couche d'une quinzaine de mètres d'épaisseur, que l'on subdivisait en trois tranches à peu près égales, arrêtées à deux nerfs principaux, donnant dans la couche des points de repère faciles à reconnaître.

Ces trois tranches, assimilées à des couches distinctes, étaient exploitées par massifs longs, tracés de telle sorte que les voies de fond et les galeries de traçage des diverses tranches d'un étage fussent exactement de niveau, et que leurs voies montantes se confondissent en projection horizontale (voir la coupe fig. 225).

Cela ne présentait aucune difficulté, puisque la moindre petite traverse faite dans la couche permettait de se repérer exactement dans les trois tranches parallèles.

L'exploitation d'une des tranches se faisait suivant le système exposé aux n** 299 et 301 , c'est-à-dire enla divisant d'abord en quartiers distincts, par un réseau à larges mailles de voies de niveau et de voies montantes à petite section, puis en traçant un quartier par un système de larges galeries horizontales, laissant entre elles des massifs longs. Enfin, le traçage du quartier terminé, on dépilait les massifs dans l'ordre descendant par deux fronts de taille revenant vers les voies montantes, ces chantiers de dépilage étant d'ailleurs conduits avec le rabattage indiqué au n" 304.

Cette exploitation faite dans la tranche du dessus, on faisait le même travail dans la tranche intermédiaire, et enfin dans la tranche du mur.

(StZ) Dans les premiers temps, on avait pensé qu'il convenait de laisser un assez grand intervalle de temps, 2 ou 3 ans par exemple, entre les dépilagcs des quartiers correspondants de deux cou« ches superposées. On pensait par là donner aux éboulcments le temps de se tasser, et rendre ainsi plus facile l'exploitation du quartier inférieur ayant ces éboulements pour toit.

400 GOORS D'EXPLOITATION DES HIIIES.

On a reconnu que dans les conditions de Blanzy, c'est-à-dire avec un charbon dur et un toit solide, il n'en était rien, et que le rabattage dans les dépilages de ce quartier se faisait plus régulièrement, et avec moins de danger pour les ouvriers, sous des éboulements même récents que sous le toit intact de la couche, parce qu'on réglait mieux la chute du toit en arrière des rabattages, et qu'on évitait les pressions irrégulières et parfois excessives qui se produisaient, lorsque l'éboulement ne suivait pas d'asses près ces rabattages.

On a donc adopté le système de faire, en quelque sorte mwltani' ment^ le dépilage des trois quartiers, cette simultanéité devant s'entendre avec cette restriction que les dépilages des massifs longs qni se correspondaient étaient dans chaque étage un peu en arrière de celui de l'étage supérieur.

L'ensemble des trois dépilages se présentait donc en coupe comme une sorte d'ouvrage à grands gradins droits; tandis que chacun de ces grands gradins figurait, par suite du rabattage, un ouvrage à gradins renversés.

(818) Cette disposition offrait, en outre, un avantage au point de vue des incendies spontanés auxquels sont sujets des charbons de Blanzy.

En effet, le rabattage d une couche, même réduite à 5 mètres d'épaisseur, ne se faisait pas sans un certain gaspillage de charbon menu qui restait enfoui avec les éboulements.

Ce charbon mélangé d'ailleurs à des schistes inflammables provenant des nerfs et du toit de la couche, et en communication avec Tair atmosphérique par les fissures dues aux éboulements du toit, se trouvait dans les meilleures conditions pour s'échauffer progressivement et aller jusqu'à l'incandescence.

n arrivait donc qu'en venant dépiler en dessous, au bout d'un temps assez long, on faisait tomber lé feu dans les chantiers en activité.

Comme cet échauffement ne se fait que d'une manière lente, il n'a pas encore eu le temps de se produire à un degré dangereux, si le second dépilage passe assez promptement sous le premier; le

DES HËTHODES D'EXPLOITATION. 407

nouvel éboulement produit sur la masse le même effet de refroidissement qu'on obtiendrait en la remaniant à la pelle et en exposant les diverses parties au contact de Tair frais.

Il en résulte que les éboulements ne peuvent s'échauffer définitivement jusqu'à l'incandescence que dans des quartiers où ils n'ont plus à être remaniés, c'est-à-dire où toutes les tranches sont prises, et où par conséquent le feu peut se développer impunément.

Tel est le système qui a été inventé par M. Harraet, il y a une trentaine d'années, et qui a été considéré, en son temps, comme un progrès très-intéressant.

Il a beaucoup diminué, mais non annulé le gaspillage du charbon et réduit les dangers d'incendie , et il a permis un prix de revient assez bas; mais il est resté avec les inconvénients inhérents aux dépilages des masses puissantes, inconvénients qui sont, ainsi que nous l'avons déjà dit : un certain gaspillage de charbon inévitable, le bouleversement de la surface du sol, le sacrifice des gites non encore exploités situés au toit, et enfin, quelque soin que l'on prenne, un travail assez délicat pour les hommes et certaines chances subsistantes d'incendie, ou au moins d'échaufiement, forçant d'abandonner quelquefois des massifs, ou même des quartiers entiers, avant leur exploitation complète.

En fait, à Blanzy même, où la méthode avait pris naissance, on lui substitue aujourd'hui une méthode par remblai.

Nous croyons cependant que la méthode de Blanzy peut être appliquée avec avantage, dans les localités où les terrains auraient peu de valeur et avec des charbons non inflammables. Elle est évidemment très-économique.

(314) La méthode par tranches avec remblai demande généralement une division en tranches plus minces que celle qu'il est possible d'adopter pour la méthode avec dépilages. Ce qui limite l'épaisseur dans celle-ci, c'est la hauteur des planches qu'on consent à exploiter par rabattages, en acceptant un gaspillage proportionné ; dans la première, au contraire, l'épaisseur est déterminée par la condition de pouvoir mettre facilement les remblais en place dans le chantier, en se tenant à niveau.

On se limite donc habituellement à la hauteur ordinaire des galeries, 2 mètres à 2",50.

On peut concevoir, que Ton prenne au mur de la couche une hauteur de 2 mètres, et que l'on fasse dans cette tranche, assimilée à une couche, un tracé quelconque par piliers et galeries, ou par massifs longs. Lorsque ensuite on en vient à exploiter ces piliers et ces massifs, on emploie une disposition quelconque pour les chantiers, à la condition de les remblayer exactement, au lieu de laisser les ëboulements s'y produire.

On peut même supposer quau lieu d'un traçage en piliers, ou en massifs longs, on applique à la tranche, si le charbon et le toit le permettent, une exploitation directe par longues tailles, sans traçage préalable, les remblais qu'exige cette méthode, et qui font défaut au chantier, étant remplaci's par des remblais pris sur d*autrès points, dans l'intérieur de la mine et au dehors.

Ainsi, en définitive^ en se plaçant à un point de vue toutàfait général, on peut dire qu'on exploitera une tranche en y disposant les chantiers comme on le trouvera le plus a propos, sans autre condition obligatoire que de remblayer complètement tous ces chantiers quels qu'ils soient, sans laisser se produire aucun éboulement.

Une seconde tranche se prend en montant sur les remblais et en opérant de la même manière que pour la première; une troisième cuccède à la seconde et ainsi de suite.

Le système est représenté sur la figure 226 qui doit être rapprochée de la figure précédente. Dans Tune et dans l'autre, les numéros indiquent l'ordre dans lequel on prend les tranches.

La figure 226 suppose qu'on est en troisième tranche, la couche de 8 à 10 mètres ayant été partagée en 4 tranches de 2 mètres à 2»,50.

(815) Le nombre de ces tranches est théoriquement indéterminé. Mais les remblais d'une tranche exploitée ne supportent pleinement la tranche supérieure qu'après avoir cédé un peu à la compression. Il se fait ainsi, dans la partie supérieure de la couche, une série de petits aflaissements successifs, dont l'amplitude totale augmente proportionnellement au nombre des tranches exploi*

DBS MÉTHODES D'EXPLOITATION. 409

tëes, et est d'autant plus grande, pour un nombre donné de tran^ ches^ qu'elles ont é(é moins bien remblayées.

Ce mouvement, lorsqu*il ne dépasse pas certaines limites, peut £tre avantageux avec des charbons très-durs ; mais le plus souvent, il diminue la proportion du gros, en même temps qu'il augmente la dépense de bois^ En outre, avec des charbons très- faciles à enflammer, il peut arriver que la masse en s'affaissant, se broie et se fissure assez pour s'échauffer, même jusqu'à l'incandescence, comme le ferait une masse de menu.

Ces circonstances, et surtout la dernière, limitent le nombre des tranches et, par conséquent, la puissance de la couche qu'il est possible d'exploiter par la méthode dont il s'agit.

Je pense que le maximum pourrait être limité à une dizaine de tranches, soit 16 à 25 mètres, puissance bien rarement dépassée. Cela n'empêcherait pas d'appliquer le système, au besoin à des couches encore plus puissantes, et même aussi puissantes que Ton voudrait, en établissant sur la hauteur de la couche plusieurs étages qu'on prendrait successivement dans l'ordre descendant, chacun d'eux étant pris par tranches dans Tordre descendant.

Sur une couche de 30 mètres, par exemple, on pourrait former 2 étages de 15 mètres, ou même, si les charbonsétaient très-friables et très-sujets à s'enflammer, aller jusqu'à 5 ou 6 étages, à prendre chacun en 2 ou 3 tranches de2'*,50 ou 2 mètres.

(816) Pour l'application de la méthode, on fera le plus habituellement \\n tracé par massifs longs, que l'on dépilera soit par une sëri^ de tailles transversales contiguës dites viailles, dont chacune sera remblayée entièrement avant de prendre la taille suivante, ou l>ien par des tailles chassantes, en arrière desquelles on fera suivre le remblai.

Quelquefois les tailles transversales sont remblayées à mesure qu'on les avance, en laissant seulement sur le cêté un passage étroit, dont une paroi est formée par le massif intact, et l'autre par le remblai terminé par un muraillement en pierre sèche. Cette dispos Vion est favorable, lorsque la solidité des planches prises pour toit ne

permet pas de laisser le chantier ouvert sur toute sa largeur jusqu'à ce qu'il ait traversé tout le massif (voy. fîg. 227).

On peut également, dans ce cas d'un remblai partiel du chantier, commencer le travail du piquage par la partie d'amont, en revenant vers la galerie de traçage et faisant le remblai en arrière.

Dans ce dernier cas, le passage qui dessert le chantier actuel est celm qu'on a réservé en remblayant le chantier précédent (voy. fig. 228).

Ces dispositions, qui exigent que le remblai d'une taille soit paremente au moins sur une face, le rendent un peu plus cher que lorsqu'on le relève tout entier à la pelle ; mais il est mieux fait, mieux bourré au toit, et on prévient les éboulements qui sont un danger actuel pour les hommes, une difficulté future pour le moment où l'on repasse sur le même point dans tes tranches supérieures, et, avec certains charbons, un danger d'incendie.

(81*7) Nous avons dit que dans la méthode dont nous nous occupons, les tranches étaient habituellement exploitées dans Pordre ascendant ; mais il ne faut pas en conclure que l'exploitation d'une tranche doive être terminée dans toute son étendue, avant de pouvoir aborder la tranche supérieure. 11 y aurait là une fâcheuse intermittence dans la produclion.

Il faut, au contraire, dans chaque tranche, maintenir le principe de la division en quartiers distincts, dont on achève l'exploitation aussi lestement que possible ; dès qu'elle est faite, on peut monter sur les remblais et attaquer immédiatement la tranche supérieure.

On conçoit que l'on puisse être ainsi encore à la première tranche dans un quartier, tandis que, dans un autre, on sera déjà en seconde, ou en troisième tranche, et même au delà.

n n'en résultera qu'un peu plus de sujétion et de complication dans la distribution des remblais et dans le transport des charbons.

Par contre on pourra, en appliquant systématiquement cette idée de faire succéder rapidement l'exploitation des divers étages sur un même point, ou d'employer ce qu'on a appelé le système verticalj réaliser un certain avantage très-appréciable avec des charbons fa* ciles à s'enflammer : c'est d'éviter les incendies qui peuvent, comme on l'a dit tout à l'heure, se développer lorsqu'on laisse les bancs

DES MÉTHODES D'EXPLOITATIOH. 111

supérieurs, déjà plus ou moins disloquée, reposer pendant longtemps sur des remblais sans être remaniés.

Le type du système '?ertîcal consisterait, lorsqu'on a remblayé une vieille, à exploiter immédiatement à Taplomb de cette vi aille jusqu'à l'étage supérieur, avant de passer à la viaille voisine.

(318) Nous avons supposé, dans ce qui vient d'être dit, la couche horizontale, et alors la superposition d'une tranche sur une autre s'entend d'une manière absolue, en ce sens que les galeries de traçage de la seconde tranche s'obtiennent en remblayant celles de la première et en élargissant leur faite. Mais si la couche a une inclinaison notable, l'étage peut être limité à un plan horizontal, comme d'ailleurs nous l'avons indiqué aux figures 225 et 226 ; les galeries de niveau de la première tranche seront au mur de la couche, et les galeries des tranches successives s'obtiendront, non plus en exhaussant, mais en élargissmit vers le toit les galeries précédentes.

On peut profiter très-bien de cette inclinaison moyenne de la couche pour faciliter la mise en place des remblais. A cet effet, dans le déhouillement d'un massif en même temps que les produits sont évacués par la galerie inférieure, les remblais sont versés par la galerie supérieure, maintenue ouverte à cet effet, à la base des remblais du massif supérieur.

Si l'on dépile par une taille chassante, ces remblais peuvent être maintenus parallèlement au front de la taille qui est ordinairement suivant l'inclinaison; on peut aussi leur laisser prendre leur talus naturel en arrière de la taille, si la solidité du toit le permet.

Si les tailles sont montantes, on remblaye chacune d'elles d'une manière complète avant de commencer la taille contiguë.

On peut ainsi varier la disposition du travail, comme dans le cas des couches très-rapprochées de Thorizontale, profitant seulement de l'inclinaison pour faire en sorte que les remblais arrivent en place par l'effet de la pesanteur, et qu'on ait, tout au plus, quelques remaniements partiels à faire, pour combler exactement tous les vides.

41t COURS D'EXPLOITATION DES MINES.

La limitation des tranches parallèles à la couche à deux plans horizontaux, et non à deux plans normaux à cette couche, est donc applicable, en définitive, aux deux systèmes d'exploitation des tranches avec dèpilage et des tranches avec remblai.

Considérant spécialement ce dernier système, nous dirons que le mode de limitation indiqué s'applique convenablement, toutes les fois que la couche n'est ni presque exactement horizontale, ni trop inclinée.

Dans le premier cas, Télargissement serait illusoire puisqu'il ne ferait point recouper de nouveaux bancs ; dans le second cas, l'eiploitation d'une tranche se trouvant avoir pour mur le remblai de la tranche supérieure, ce mur causerait un sérieux embarras dans l'exploitation, s'il présentait une inclinaison supérieure à celle que le remblai tendrait à prendre naturellement.

Cette dernière remarque nous conduit naturellement à examiner ce que l'on doit faire, lorsque les couches puissantes sont rapprochées de la position verticale.

(819) Quatrième cas. — BxpioKatfMi de» eondM* de iMNiiUefdf-

I, mpproehéee de la poelUoa vertfeide. — NoUS venoUS dCToif

les divers systèmes d'exploitation applicables aux couches puissantes horizontales.

Dans un premier ordre d'idées, on fait pour ainsi dire abstrûdivn de la puissance^ et l'on exploite par massifs longs disposés cotntnt' pour les gîtes d'une puissance moyenne, tantôt donnant peu d importance au traçage, et se réservant de dépiler les massifs intermédiaires en rabattant alors les bancs laissés d'abord en couronne. tantôt, au contraire, établissant des galeries à grande section ne laissant entre elles que des piliers peu épais, dont on consent à sacrifier une certaine partie, leur dèpilage restant toujours plus ou moins incomplet.

Ce système est évidemment impraticable pour une couche rapprochée de la verticale ; car, avec des galeries étroites tracées au mur, le rabattage ne se ferait pas ; avec des galeries de toute largeur, k? piliers intermédiaires, qui seraient alors des cloisons horizonlate. ne présenteraient aucune solidité.

(320) Dans un autre ordre d'idées, tenant compte de la puissance de la couche, on la partage, par la pensée, en une série de couches superposées d'une épaisseur réduite, et on les exploite, tantôt, dans un ordre toujours descendant, par massifs longs avec dépilage et ëboulement, tantôt, dans un ordre généralement ascendant, avec un remblai complet.

Le premier mode n^est pas absolument inapplicable aux couches verticales; mais le dépilage, toujours difficile dans les couches dressées, le deviendrait particulièrement avec un mauvais toit formé, dans chaque tranche, par les éboulements de la tranche supérieure.

La seconde méthode le deviendrait également, à cause du mauvais mur formé par les remblais de la tranche inférieure.

Ainsi, on est conduit, finalement, à chercher de nouvelles méthodes applicables au cas où Ton, a à la fois, une grande puissance et une grande inclinaison.

Il faut introduire quelque principe nouveau, et c'est ce qu'on fait, en modifiant Tartifice considéré au n"" 310.

Pour cela, on divise la couche, non plus en tranches parallèles à la stratification, mais en tranches horizontales ou à peuprès horizontales, c'est-à-dire qu'à un système de travaux exécutés dans le plan de la couche on substitue une méthode en travers.

On subdivise ainsi la couche, en étages dont on fixe la hauteur à volonté; puis, dans chaque étage, on est maître de régler le nombre et par conséquent la hauteur individuelle des tranches.

On prend les étages dans l'ordre descendant.

Il reste à voir comment et dans quel ordre on prend les diverses tranches d'un étage.

(S'Zt) Chacune d'elles est assimilable à une couche horizontale d'une épaisseur donnée, et représente, en plan, un grand rectangle dont la longueur est indéfinie dans le sens de la direction, et dont la largeur est l'épaisseur de la couche mesurée horizontalement.

On doit concevoir, en termes généraux, qu'on applique à ces tranches les deux méthodes distinctes, exposées ci-dessus (n^ 310 et suivants), pour le cas de tranches faites parallèlement à la strati-fication dans les couches sensiblement horizontales.

La question de Texploitation des grosses couches vei'ticales se trouve ainsi résolue en principe.

On pourra donc employer des méthodes analogues, sauf quelques variantes possibles, soit à celle de Blanzy, soit à celle de Ri\e-de Gier; la première (méthode en travers avec dépilage), procédant nécessaimetit dans Tordre descendant, pour les tranches ; la seconde (méthode en travers avec remblais) procédant habitueUement dans Tôt die inverse.

Elles rentrent d'ailleurs dans les systèmes précédemment décrib aux n*^ 280 et suivants pour les amas métallifères.

On conçoit, en effet, d'une manière générale, qu'il n y ait point de différence géométrique evAre un filon puissant ne contenant qu'une quantité insignifiante de remolais et une eotiche puissante rapprocha ie la verticale y et que, par conséquent, le même système de travaux puisse convenir aux deux cas.

Ce qui a été dit aux n^ 280 et suivants, pour les filons puissants, peut donc se dire pour les couches dont il s'agit.

Ainsi Ton pourra, en introduisant des remblais, employer la méthode en travers proprement dite ; on pourra, sans faire usage des remblais, employer une méthode en travers avec dépilages.

On pourrait, enfin, à la rigueur, employer une méthode en travers avec estaus, sans remblai ni dépilage.

Mais on fera abstraction de cette dernière, comme théoriquement imparfaite, par les motifs déjà indiqués au n"" 283 et répétés ao n*^310.

Il ne restera donc, en définitive, que les deux autres méthodes

(82!d) Celle qui consiste à dépiler sans employer les remblais, s'appliquera en traçant ordinairement au mur, quelquefois au toit de la couche, une mère galerie, ou maîtresse-galerie, servant de base à un traçage par piliers et galeries ou par massifs longs, disposés transversalement entre le mur et le toit du gite. Ce traçage se fait sur une hauteur de 2 mètres ; mais la largeur des chantiers et b hauteur de Testau réservé au-dessus, pour les isoler des éboule* ments de la tranche supérieure déjà exploitée, dépendront essentiellement de la dureté du charbon. Avec des charbons ébouleui

DES MÉTHODES D'EIPLOITATION. 415

on pourra donner moins de 2 mètres de largeur aux chantiers et 3 mètres et plus d'épaisseur à Testau ; avec des charbons durs la première dimension pourra être poussée à 3 mètres et plus, la seconde réduite à 1 mètre.

Le déhouillement se fera, en partant de la limite, par l'un des moyens de dépilage indiqués au n"* 301 , en traitant la tranche entière comme un massif long, ayant pour largeur /Vpai^^eur horizontale de la couche^ et tracé dans une couche horizontale qui aurait pour puissance la hauteur de la galerie augmentée de la hauteur de VestoUy et qui aurait, en outre, un toit ébouleux.

On pourra, par exemple, dépiler, par une série de tailles contiguês, séparées seulement les unes des autres par un massif latéral de 1 mètre à l'^^ôO. Chaque (aille traverse toute la couche, et on revient sur ses pas en rabattant Testau réservé au toit, et prenant en même temps ce que Ton peut du petit massif réservé d'abord sur le côté (fig. 229).

Les éboulements de Tétage supérieur suivent immédiatement le rabattage ; on les retient au besoin par quelques murs en pierres sèches, faits de place en place pour les empêcher de trop envahir le chantier. Ils forment alors, en arrière du rabattage, un talus sur lequel se posent les ouvriers qui font le travaiL On revient ainsi jusqu'à la mère galerie, que l'on barre également par un mur en pierres sèches, établi au droit du petit massif qui va être réservé pour protéger le chantier suivant.

Tandis que le dépilage d'une tranche se poursuit, on peut-être en traçage, ou même en dépilage, dans la tranche inférieure, et même dans la suivante, pourvu que les divers dépilages soient tenus en retraite les uns par rapport aux autres, formant ainsi, dans leur ensemble, une sorte de gradin droit, analogue à celui dont on a parlé au n"" 312.

(S^S) Dans la méthode en travers avec remblais, la seconde de» méthodes indiquées au n"* 321, on appliquera généralement les diverses considérations exposées dans les n^' 314 et suivants. Cependant quelques détails complémentaires ne seront pas inutiles.

Avec des charbons friables et inflammables, on a pu réduire la

416 COURS D'EXPL0ITAT104>' DKS VINES.

hauteur des étages à 6 mëlres, comprenant seulement trois' tranches lie 2 mètres ; chaque tranche est prise par un système do traverses allant du mur au toit, et remblayée au fur et à mesure avec le plus grand soin.

Ces traverses sont prises, i la fois, en divers points de la mère galerie, et non pas seulement à partir des deux extrémités du champ d'exploitation en battant en retraite, afin de pouvoir ainsi multiplier les chantiers et avoir une production suffisante.

On prévoit le cas où, malgré la hauteur réduite des étages, le feu viendrait à se déclarer dans vix quartier, en seconde ou en troisième tranche. Il faut alors, pour limiter l'incendie, barrer la mère galerie, ce qui condamnerait toutes les tailles situées au delà du barrage. Pour éviter qu'il en soit ainsi, on fait tracer, en sus de la mère galerie, une autre galerie parallèle qui est tout à fait dans la roche du mur, et qui communique de distance eu distance avec la mère galeiie par de courtes galeries à travers bancs de quelques mètres. La mère galerie sert pour amorcer les diverses traverses; la galerie du mur sert pour le roulage. Un incendie vient-il à se déclarer sur un point? On lo circonscrit immédiatement par deux barrages établis dans la mère galerie, entre deux galeries à travers bancs consécutives, et, par conséquent, la couche reste abordable sur tous les points, sauf entre ces deux barrages, qu'on a eusoiu de rapprocher l'un de l'autre autant qu'il a été possible.

La galerie au mur et les travers bancs constituent des dépenses assez importantes, et le système n'est applicable que dans des terrains d'un travail facile ; toutefois on doit remarquer que la roche abattue peut être utilement employée aux remblais; de sorte que ces galeries peuvent être considérées, pour ainsi dire, comme des carrières à remblais, et que leur coût doit être dégrevé des frais qu'on aurait dû faire pour se procurer ces remblais par quelque autre moyen.

Ce système est indiqué en plan sur la figure 230. Les numéros tracés sur la figure ont le même sens que ceux de la figure 208.

(9Z4) Un caractère général des méthodes en travers, soit avec dépilage, soit avec remblai, c'est dene présenter à l'exploitation que

DES MÉTHODES D'BXPLOITÀTIOR. 417

des tranches d'une superficie réduite^ relativement à celle des tranches parallèles au plan de la couche. C'est, en quelque sorte, comme si, au lieu d'une série de massifs longs parallèles, on n'avait qu'un seul massif, ayant pour épaisseur la traversée horizontale de la couche.

De là une limitation fâcheuse de la production journalière.

On peut, dans une certaine mesure et de diverses manières, parer à cet inconvénient.

En premier lieu, si la traversée horizontale du gile le comporte, on pourra très-bien, au lieu d'une seule mère galerie, en avoir deux, l'une au toit, l'autre au mur, et nféme, en outre, une troisième, établie dans le milieu de la couche. De cette manière, l'exécution d'une traverse peut comporter quatre chantiers en activité à la fois, savoir : un partant de chacune des mères galeries du toit et du mur, et deux partant de la mère galerie médiane.

{Bits) Une seconde manière d'augmenter la production d'une tranche consiste à lui donner une plus grande hauteur, comparable à celle qu'on donne aux tranches d'une exploitation en travers avec dépilage, soit 5 à 6 mètres, par exemple.

On peut avoir en même temps, par cela même, un abattage plus avantageux, et l'on arrive, en outre, comme on va en juger, à avoir un remblayage non-seulement aussi facile, mais même plus économique qu'en remblayant à niveau.

Une tranche de 5 mètres d'épaisseur, par exemple, se prendra au moyen d'une mère galerie au toit servant à évacuer les produits, et une mère galerie au mur située 5 mètres plus haut, par laquelle arriveront les remblais (fig. 231 et 232).

On exploite par une série de traverses poussées du mur au toit, d'abord sur deux mètres de hauteur ; puis arrivé au toit, on se met en communication avec la galerie d'amenée des remblais, par une cheminée étroite, laissant au besoin un petit massif de charbon triangulaire pour soutenir la sole de cette galerie. C'est par celte cheminée que sont jetés les remblais qui coulent suivant le talus naturel des terres. Les hommes placés sur ces remblais rabattent les 3 mètres laissés en couronne, en revenant du mur vers le toit, 1 »

m (MRS tnniGiTAnoH ma jums.

et n'ont à remaner que les ranfalais aéoessaires pour achever de remplir le chantier jusqu'au toit et da\er le deaaaus de la tnacke flnpërieure.

(8S6) Les chantiers menés en travers du gîte sont ordinafaeneot moins favorables à Tabattage que les daaûers {larailëles à la stratification, par leqr positif» même et aussi parce qu'ils ont à traverser les nerfs, parfois assez épais, que présentent souvent ces grosses couches, qui ne «ont le plus sonvent, à bien dire, qu'une série de couches de pnissaiioe ordinaire dont les entre^euxseswt progressivement réduite d'épaisseur.

Cette disposition des tailles, suivant la direction, peut être appliquée {fig. 233) lorsqu'on le juge o|^(»tun, et dans ce cas les ebantiers d'abattage, au Keu d'être des traverses peipendiculaires an mères galeries, partent d'une semblable traverse paraUèlemeot i ces mères galeries.

Si, en même temps, la tranctie à prendre est dans les conditioDS d'épaisseur indiquées au numéro précédent, «t qu'on «ntende mettre les remblais en place par la partie supérieure du chantier, ea profitant de leur poids, la disposition ne diffère plus assentieUemeot de celle qui a été indiquée au n* 3i8«

C'est qu'en elfet il y a identité giomitriqae enti^ des tranches parallèles à la stratification, limitées à deux plans horizontaux donna, et une tranche horizontale comprise entre ces deux mêmes planSy exploitée par une succession de tailles parallèles à la stratification.

(8167) Résimié mrnr !«• %piatr« mmm pvéeé«Mite. — Ce qui vieot

d'être dit sur les diverses méthodes d'exploitations applicables i la houille, doit être considéré comme également applicable aux autres gisements en couches.

Ces méthodes diffèrent, comme on yieai de le voir, selon les ooaditions d'allure propres au gtte.

On ne peut pas dire, d'une manière absolue, qu'une quelconqne d'entre elles soit supérieure à toutes les autres aupoint de vue ted»r QMc^ puisqu'elles ne sont pas toutes applicables aux mêmes circonstances.

DES HÉTHODES D'EXPLOITATION. 419

( On a vu déjà quels sont les mérites respectifs des méthodes applicables à un cas donné ; il reste à comparer ces divers cas entre eux, a» point de wu de leurs avantagée éconanàquesm

Nous éliminerons, dans cette comparaison, Tinfluence de la richesse absolue contenue dans un périmètre donné, en supposant que l'épaisseur totale mesurée verticalement soittoi^yours la même, qu'il s'agisse d'un gîte unique très-puissant, ou d'un certain nombre de gîtes plus minces.

• (8IB8) Cela posé, on peut dire, pour les gîtes de la première classe, que l'exploit^ition en est relativement peu avantageuse, par plusieurs motifs : en premier lieu, l'abattage y est coûteux, soit à cause de la position peu commode des ouvriers dans un chantier très-bas, soit parce qu'un travail donné de sous-cave correspond & une faible production, soit enfin parce que, si l'on a des couches très-minces, l'entaillement du toit, complément indispensable de l'abattage proprement dit, devient un travail important.

En second lieu, les services du roulage et de Taérage demandent un coupage de voies souvent très-onéreux. L'entretien d'un réseau donné de ces voies dans une couche, donne une dépense, par tonne, d'autant plus forte que ce réseau correspond à une plus faible production, c'est-à-dire que la couche est plus mince ; la mise en place des remblais qui proviennent des coupages des voies est difficile, surtout pour les tailles chassantes ; le boisage est dispendieux surtout dans les dressants.

Aussi on regardera, en définitive, les couches minces exploitées avec remblai, comme étant d'une exploitation généralement dispendieuse, le prix de revient subissant d'ailleurs une augmentation notable, en passant de Tallure en plateurs à l'allure en dressants.

(829) On est de suite dans une position tout à fait différente, lorsqu'on passe à des couches moyennes permettant de donner aux chantiers, sans toucher aux roches encaissantes, une ouverture suffisante pour le travail des hommes et pour les galeries de roulage.

On peut dire que, dans ces couches, le prix de revient de l'abattage proprement dit, comparé à celui des couches minces, y varie, toutes

choses égales d'ailleurs, presque en raison inverse de l'épaisseur du charbon.

La dépense des remblais est supprimée, celles d'établissement ei d'entretien des galeries sont réduites dans une proporlionimportante.

Les éboulements produits par le dépilage donnent lieu à des affaissements d'une tout autre nature que ceux qui ont lieu dans um couche exploitée avec remblais complets. Ces éboulements ont lieu avec concassage et foisonnement des roches, tandis que les affaissements des couches les unes sur les autres, dus au tassement progressif des remblais, ne sont accompagnés d'aucun foisonnement et se font ainsi sentir, avec le temps, à toute distance ; de sorte que des couches moyennes, suffisamment distantes les uiies des autres et à jour, pourront être parfaitement exploitées par dépilages, sans plus de dommages et peut-être avec moins de dommages à la surface que si l'on employait des remblais.

Tontes les conditions se trouvent alors réunies pour obtenir le prix de revient le plus bas.

Tel est le cas de la majeure partie des exploitations houillères de l'Ânglcferrc, et c'est là une cause évidente de supériorité des mines anglaises, dont le prix de revient normal, malgré le taux élevé de la main-d'œuvre, est très-inférieur à celui de la plupart des mines du continent. Il est certain qu'abstraction faite des circonstances exceptionnelles et vraisemblablement passagères qui se produisent depuis dix-huit mois dans l'industrie houillère, les mineurs anglais ont pu généralement vendre avecbénéfice, sur le carreau de la mine, à des prix très-inférieurs au simple prix de revient obtenu dans beaucoup de houillères du continent, notamment dans la plupart des houillères du nord de la France et de la Belgique.

Lorsque la distance des couches entre elles ou à la surface n'es: pas suffisante, eu égard à leur puissance, le dépilage par êbouloment, sans rabattage pour les couches moyennes, avec rabatiage pour les couches épaises, a les inconvénients, déjà plusieurs fois signalés, de disloquer le terrain superposé, de compromettre les frites situés au toit, d'augmenter Tcntretien d'eau et de donner lieu à des indemnités en faveur des propriétaires de la surface ; en ouln'i dans le cas où le rabattage s'applique sur une grande ëchcilo.jv

DES MÉTHODES D*EXPL(>ITATIOX. 421

veux dire à une grande épaisseur de charbon, d'occasionner des gaspillages et parfois des incendies qu*on ne peut pas loujours roaitrîser.

L'emploi du remblai est donc indiqué, malgré Taugmentation qui en résulte dans le prix de revient, et bien qu'il ne fasse qu'empêcher les dislocations violentes du terrain, mais non les simples cassures ni les affaissements généraux.

(330) Lorsque l'épaisseur devient telle, eu égard à la consistance du charbon et à la nature du toit, que la couche ne peut plus être prise en une fois sur toute son épaisseur, on a vu que, si elle est rapprochée de l'horizontale, il y a lieu de la considérer comme composée de plusieurs couches distinctes à exploiter séparément.

Ces couches séparées doivent être exploitées dans l'ordre descendant, si on les dépile par éboulement, et peuvent être prises dans un ordre arbitraire, mais habituellement ascendant, si l'on emploie une exploitation par remblai.

On doit regarder l'emploi des remblais comme d'autant plus indiqué que la couche a une puissance totale plus grande. En fait, cet emploi se répand de plus en plus, et l'on reconnaît que la diminution des dégâts de la surface, celle des frais d^abatlage et parfois de boisage, l'augmentation du rendement d'un périmètre donné, la diminution des chances d'accident et d'incendies, sont des avantages positifs, ou éventuels, qui compensent le surcroit de dépense occasionné par les remblais.

(881) Enfin, si l'on considère les couches puissantes rapprochées de la position verticale, qui doivent être exploitées par une méthode en travers, on aura, pour se décider entre la méthode des dépilages avec éboulement et celle des remblais, des motifs du même ordre que pour les couches horizontales; aussi, en fait, les remblais obtiennent-ils de plus en plus la préférence, dans l'un comme dans l'autre cas.

Toutefois, il y a entre les deux cas cette différence que les couches rapprochées de la verticale sont, en général, tcutes les autres circonstances étant les mêmes, exploitées moins avantageusement que

les couches horizontales. Il y a pour qu'il en soit ainsi divers motifs de détails, notamment l'augmentation des frais d'abattage, e(il y a, en outre, ce motif général, que la moindre étendue horizontale des étages ne permet pas d'avoir, à un niveau donné, une production journalière aussi importante.

(332) De ce qui vient d'être dit, on pourrait conclure qu'ayant dans un champ d'exploitation d'une étendue donnée, une certaine quantité de charbon à exploiter, l'exploitation s'en fera plus avantageusement si les couches sont rapprochées de la position horizontale, que si elles le sont de la position verticale ; plus avantageusement aussi, si l'épaisseur totale étant par exemple, de 10 mètres, on a cinq à six couches de 2 mètres, ou un peu au-dessous de 2 mètres, que si l'on avait ou un plus grand nombre de couches plus minces, ou un moindre nombre de couches plus épaisses ; soit, par exemple, une quinzaine de couches de 0",65 à 0*,70, ou une seule couche de 10 mètres.

Si l'on voulait préciser ces avantages par des chiffres, autant du moins que la chose est possible, avec des éléments aussi variables, selon les temps et selon les lieux, que ceux qui entrent dans le prix de revient, peut-être pourrait-on se résumer ainsi :

1^ Pour les couches minces de houille, exploitées par remblais, qui sont celles dont le prix de revient est le plus variable, selon l'épaisseur de la couche, son inclinaison, la nature de son toit, etc., od les exploitera rarement à moins de 7S50 à 9 francs la tonne sielles sont horizontales, et à moins de 9 à 11 francs et même au delà^si elles sont verticales ;

2"^ Pour les couches d^ épaisseur moyenne exploitées par dépUages, et placées dans les meilleures conditions d'inclinaison, de facilité d'abattage et de solidité du toit, je ne pense pas qu'il y ait aujourd'hui un seul district de mines où l'on exploite, en portant bien O compte toutes les dépenses réelles et tous les amortissements, 1 moins de 5 francs par tonne.

Ce prix,tout àfait exceptionnel, sera toujours dépassé, dès que qo^ qu'une des conditions énoncées ci-dessus fera défaut; si, parexem* pie, la couche dépense beaucoup de bois, si elle est dérangée ptf

DES HËTfOMS voÊWgrknm. An

des faiUes firégnenles, si elle est rapprochée de la verticide, etc. ; de sorte qu'en définitive on sera plus habituellement à 6 fr., et parfois beaucoup au-dessus de ce chiffre, ^ue rapproché de la limite inférieure de 5 francs.

L'emploi des remblais complets substitaës ta dépilage amènera ffeut-èlre quelque amélioration de prix sur certains chefs de dépense, notamment sur le boisage ; mais on àewà compter, en définitive, sur une augmentation* totale de prix qui pourra être comprise, selon les cas, entre 0',50 et 1 franc par toKoe.

3^ Pour les cowhes éFmne grande épaiseeitrr j^estime que les couches horizontales, à charbon solide et non inflammable, et avec un très-bon toit, peuvent être exploitées par massifs lof^ etdépilages, avec ou sans division, préalable en tranches, dans des conditions économiques aussi avantageuses que les couches moyennes, quant aux dépenses courantes de Texploitation, bien qu'elles leur restent inférieures à cause de leur extraction moins complète et des éven» tualités de dégâts à la surface; mais ce système d'exploitation, par les motifs déjà indiqués (notamment au n^ 315), sera rarement applicable.

Ordinairement, on sera conduit à exploiter avec remblai, par tranches soit parallèles à la stratification, soit horizontales, et le prix de revient pourra être compris entre 7 et 8 francs pour les couches horizontales, entre 7^50 à 9 francs pour les couches verticales.

(898) Je ne donne ces divers chiffres que comme des espèces de moyennes s'appliquant assez bien à l'époque actudle, mais qui no dispenseront nullement d'étudier spécialement la question des prît de revient dans un cas donné, avec la pensée qu'on pourra bien^ dans des circonstances spéciales, être en dehors de ces moyennes; les dépasser, par exemple, d'une manière notable, si Ton est grevé d'amortissements considérables, on si Ton a de très-grands frais d^é» puisement, ou encoresi l'allure des couches est très-irrëgulière, ou si la consistance du terrain entraîne une grande dépense de bois, été*

Sur les 200 et quelques nnUions de tonnes qui, en ce monnenlt se produisent annuellement dans le monde, on peut estimer que les deux tiers, au moins, sont produits par des couches d'épaisseur

moyenne, un quart par les couches minces, et le reste, soit 8 p. 100, par les grosses couches.

Ces chiffres permettraient, si on le voulait, de calculer une moyenne générale. En admettant, par exemple, 6',50 pour les premières, 9',50 pour les secondes et 8 francs pour les troisièmes, on trouverait une moyenne générale de 7S37, qui, par sa généralité même, est dépourvue d'intérêt pour le mineur de profession.

J'ajouterai enfin que les prix de revient indiqués ci-dessus, qui sont les prix mr le carreùu de la minej et s'appliquent, avons-nous dit, à Vépoque aetuelley ne pourront que s'acci*ottre avec le temps^ et même assez rapidement, par l'augmentation incessante de la maind'œuvre, des bois et de tous les objets de consommation. Mais, sauf quelques récurrences possibles dans les moments de crise, ces prix de revient ^accroilront moins v\Xe que les prix de vetite, parce que l'augmentation de la production, quoi qu'on fasse, n'arrivera pas à suivre l'augmentation de la demande. Celte insuffisance croissante aura sa conséquence écohomique inévitable : une élévation spéciale de prix^ s'ajoutant à celle qui résultera naturellement de la dépréciation progressive de la monnaie et lui sera commune avec les autres marchandises (voir le n'^ 72).

§ 3. — Appendice sur remploi des remblais.

(834) Nous avons vu, dans les deux paragraphes précédents, quel rêle important joue remploi des remblais, dans les méthodes d'exploitation que l'on peut appliquer aux divers gttes, qu'ils se présentent en filons, en amas ou en couches.

Sans y revenir en détail, nous rappelons que tantôt ces remblais sont produits par l'exploitation même et pris soit dans la masse du gîte, soit dans les roches encaissantes, tantôt ils doivent être pris, partiellement ou en totalité, sur d'autres points, pour suppléer à l'insuffisance ou à l'absence des remblais produits au chantier ; que ces remblais, généralement utiles, sont, on peut le dire, indispensables, dans tous les gttes puissants dont on veut faire l'exploitation complète^ en évitant les divers inconvénients que présentent les mé-

thodes de dépUages avec ébaulement, notamment le gaspillage d'une partie souvent importante de la matière utile que fournit le gile, gaspillage bien plus grand encore lorsqu'on se borne à un traçage non suivi de dépilages ; qu'ils n ont d'ailleurs d'autre inconvénient qu'une certaine augmentation, parfois plus apparente que réelle, du prix de revient, et que cet inconvénient disparaît et disparaîtra de plus en plus, pour beaucoup de matières, et assurément pour la houille^ devant Tintérét supérieur qu'on trouvera à éviter tout gaspillage dune matière appelée, ainsi que nous venons de le dire, à devenir de plus en plus recherchée.

Il importe donc d'entrer dans quelques indications sur la manière dont ce service des remblais peut être organisé.

(386) En principe, les remblais proviennent du triage fait sur place des matières stériles qui accompagnent la matière utile exploitée (les gangues dans les gisements métalliques, les nerfs de grès ou de schistes dans les couches de houille).

Ils proviennent également des roches encaissantes, soit qu'il y ait un faux toit à abattre, soit à cause de l'entaille qui peut être faite dans ces roches, afin de donner au chantier d'abattage la largeur ou la hauteur suffisante pour que les piqueurs puissent y travaillei*, ou afin de donner des dimensions convenables, ou un sol bien résistant, aux voies de roulage ou d'aérage.

L'avantage de ces remblais, c'est d'être en quelque sorte à pied d'œuvre^ et Ton peut souvent dire que, dans ce cas, les remblais ne coûtent rien, en ce sens qu'il en coûte moins, pour utiliser sur place ces matières stériles, que pour les rouler jusqu'au puits, les amener au jour et les déposer.

Ces remblais produits au chantier, ont parfois Tinconvénicnt, dans les couches de houille, d'être composés principalement de schistes plus ou moins bitumineux ou pyriteux, susceptibles de fermenter, de s'échauffer, et même de s'enflammer spontanément, lorsqu'ils restent longtemps en tas sans être remaniés. L'exemple n'est pas rare de vieux travaux remplis de remblais, ou resiapksj dans lesquels il se développe ainsi spontanément des incendies.

4m cooBS DUPLorrAnoR ms inm.

Des schistes ayant cette propriété de s'enflammer sptmtaBèmenl doivent être eitraits an jonr, on du moins on ne doit les employer qn'atec précantioD, mélangés, ou en quelque sortenpyA, dans une masse de remblais infermentescibles»

(sa^) A défaut des remblais pris au chantier, ou dans soo yoi* sinage immédiat^ il faut en prendre ailknrs, soit dans la mme mëmet soit au jour* On y parrient de diverses maonères.

Ainsi, dans une exjdoîtation par grandes tailles, on lussent de place en place, à une certaine distance en arrière du front du chantier, des vides circulaires entourés d'un bon mur en remblai, qu'on maintiendra d'abord bien boisés et qu'on fera communiquer parrnie ou plusieurs galeries avec le front de taille (fig. 235).

En déboisant, on déterminera un ëboulement avec diaIocalio& des roches ; il se fera une espèce de cloche, ou de fontis, qui deviendra une carrière à remblais, dont on viendra diai^r les produits à l'entrée des galeries ci-dessus.

S'il s'agit d'un gtte incliné, on fera à un niveau convenable une conrte galerie à travers bancs dans la région du toit. A son extré* mité, on battra au large, en avant et sur les c6tés, jusqu'à ce qu'on ait une excavation suffisamment étendue. On 1» déboisera en battant en retraite vers la galerie à travers bancs, à l'extrémité de laquelle on viendra ensuite prendre les matières éboulées (foir fig. 234).

D'autres fois, on aura pu'préalablement exploiter par dépilage a^ éboulement une tranche au toit de la couche, et ultérieurementt lorsqu'on prendra le reste de la couche par une série de chantiers en travers, on trouvera, en chaque point où un chantier atteindra le toit, les éboulements du dépilage qui pourront être employés comme remblais dans ce chantier même.

Si le gîte est découpé par des failles remplies sur une épaisseur plus ou moins grande de matières broyées sans consistance, une galerie quelconque poussée cbns le gfte peut, au point où die rencontre une de ces failles, devenir sur ce point une source de rem* biais. On boise très-fortement Textrémité de la galerie à la rencontre de la faille ; on monte sur le plan de celle-ci une cheminée de quel-

DKS IfiTHODIS lynPLORAnOH. 481

ques mètres de hauteur, qu'on élargit en battant en retraite de mftniëre à y déterminer des éboulements, qu'on vient prendre au pied de la cheminée et qui se renouvellent au fîir et à mesure qu'on les enlève (fig. 235).

Enfin, on a soin toutes les fois qu'on fait un travail préparatoire quelconque dans le rocher, tel, par exemple, que celui de la figure 230, d'employer en remblais les roches abattues.

 dé&ut des moyens ci-dessus indiqués, ou comme complément de ces moyens, on prendra les remblais au dehors. •

On pourra d'abord, après qu'ils auront brûlé en tas à l'air libre, redescendre dans la mine les schistes bitumineux ou pyriteux qu'il aura d'abord fallu extraire, comme on vient de le dire au numéro précédent.

On pourra employer de même des scories et autres déchets d'usines métallurgiques, des matières sableuses ou argileuses faciles à piocher, ou même des roches solides obtenues par de grands abattages.

Ce dernier cas s'appliquera très-bien, pour un gîte exploité à une faible profondeur, en se combinant avec Texploitaiion à ciel ouvert de la partie voisine des efQeurements. Le découvert de l'exploitation à ciel ouvert fournira ainsi, pour l'exploitation souterraine établie en aval pendage de la première, des remblais qui ne coûteront que les frais^de tran^ort et de mise en place, si l'on met leur abattage au compte del'exploitation à ciel ouvert.

(887) Les remblais obtenus par l'un ou Tautre des systèmes indiqués au numéro précédent, il faut les introduire dans la mine» puis les mener au chantier.

On peut supposer qu'on les introduise à l'aide du même appareil qui sert à l'extraction, les matières utiles extraites étant ainsi équilibrées jusqu'à concurrence du poids des matières introduites.

La force motrice à développer par la machine s'en trouve réduite di'autant.

Mais c'est là un avantage tkéoriqucj bien peu important en prt* tique, avec les puissantes madiiaes d'extraction que l'on établit

426 COURS D'EIPlOnATlON DES UINES.

aujourd'hui, et cet avantage ne compense évidemment pas les deux inconvénients principaux inhérents à ce système.

Le premier de ces deux inconvénients est de rendre étroitement solidaires deux services, celui de rextraction et celui des remblais, tandis que le premier doit, au contraire, être parfaitement indépendant, de manière à fonctionner avec la plus grande l'dpidité possible.

Le second inconvénient est que les produits devant suivre un chcmin descendant^ pour se rendre du chantier au puits, la place d'accrochage est, en principe, au point le plus bas de Télage en exploitatation. Ce même chemin est donc montant pour les remblais, s'ils sont introduits par la même place d'accrochage.

Ainsi, en général, le puits et l'appareil d'extraction ne doivent pas être employés à l'introduction des remblais.

Ceux-ci doivent être introduits soit par des cheminées verticales dans lesquelles on les jette, soit par des appareils automoteurs établis dans ces cheminées, ou dans des fendues.

En principe, ils doivent arriver au point le plus haut des tranches en exploitation, de manière à ne plus avoir qu^à descendre pour parvenir au chantier auquel ils sont destinés.

On devra disposer les choses, quand les conditions locales s'y prêteront, de manière que le même matériel descende chargé, du chantier vers le puits d'extraction, et qu'après avoir été vidé au jour, il aille se remplir à la carrière aux remblais, que de la carrière il se rende vers l'orifice d*une cheminée d'introduction des remblais, et qu'enfin, il redescende encore, du pied de celte cheminée vers le chantier où il devra vider son remblai et prendre une nouvelle charge.

Cette disposition a été établie avec succès sur une grande échelle par M. Graffin, directeur des mines de la Grand-Combe (Département du Gard).

Les conditions locales, ingénieusement mises à profit, ont permis qu'à l'exception du moment où ils sont élevés dans le puits d'extraction, les yragons soient aidés par l'action de la gravité, dans le parcours circulaire qu'ils exécutent du chantier à la recette inférieure du puits, de la recette supérieure au lieu de déchargement, de ce

DES MÉTHODES D*EIPLOltATIOII. 429

lieu à la carrière aux remblais, de cette carrière à Toritice de la cheminée d'introduction des remblais, de cet orifice au pied de la cheminée, et de là enfin au chantier, d'où ils sont partis avec du charbon et où ils reviennent avec du remblai.

Cette disposition évite Tencombrement à Taccrochage et dans les voies de roulage; elle permet de faire ces voies étroites et peu coû- .teuses, et elle rend le transport très-économique, puisque le roulage n'ayant lieu partout que dans un sens, on peut augmenter la pente des voies de roulage jusqu'au degré où les wagons sont sur le point de descendre seuls par l'action de la gravité.

(838) On sait que l'on compte, en nombre rond, dans une mine de houille, environ une tonne de production par mètre cube de vide résultant de l'exploitation. On devrait avoir théoriquement 1,200 kilogrammes, la densité de la houille étant à peu près 1,2. La difTérence en moins compense à peu près les déchets du triage des nerfs, et les pertes inévitables que Ton fait sur le menu obtenu à l'abattage, et surtout au havage.

On compte, dans un travail avec un remblai bien complet, 8 hectolitres de remblai par tonne extraite ou par mètre cube de vide, la différence de 2 hectolitres étant due à ce qu'il existe toujours certaines galeries qui doivent rester ouvertes et qu'on ne remblaie pas, à ce que Ton ne bourre pas toujours parfaitement jusqu'au toit, et enfin i ce que, par un phénomène très-habituel dans les mines, la poussée au vide diminue généralement les dimensions des chantiers qui ne sont pas immédiatement remblayés.

En admettant que les matières abattues pour former le remblai foisonnent de 50 pour 100, ou donnent 15 hectolitres au mètre cube, on voit qu'une tonne de houille extraite suppose une quantité

de .-z de mètre cube de roche en place, abattue et introduite pour

remblayer les travaux.

On en déduira, quand on aura évalué le prix de Tabattage, les frais de transport et ceux de mise en place, quelle sera la dépense par tonne qui résultera de l'emploi de ce mode de travail.

Soit, par exemple, la roche s'abattant au prix de 1 franc par mè-

ISO GOURS D'SIPLOITAnOH DES MINES.

tare ctibe maure en d^lai^ et le transport et la mise eo place coûtant

0 fr. 50 c.,le prix par tonne de houille sera ^ x(lH-O.5O)=0'.80.

Ce chiffire n'a rien d'anormal, et représente bien à peu près k prix qu'on peut réaliser dans des conditions moyennes.

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