CHAPITRE W
. (480) On a vu au commencement du chapitre XIII, par quelles phases passe généralement un corps qui prend successivement les trois états solide, liquide et gazeux.
Nous n'avons, au point de vue de l'application aux machines à feu, à considérer Teau qu'à l'état liquide et à l'état gazeux. Les données numériques que nous allons indiquer, sont principalement dues à M. Regnault, qui les a consignées dans sa relation des expériences entreprises pour déterminer les lois et les données physiques nécessaires au calcul des machines à feu.
Nous ne pouvons les présenter ici que sous la forme la plus abrégée.
(491) L'eau liquide émet des vapeurs à toute température ; de sorte que si une masse d'eau est renfermée dans un milieu confiné, l'espace libre au-dessus de l'eau finit par le remplir de vapeur d'eau, même à la température ordinaire . Cette production de vapeur, ou, comme on dit, cette évaporation, se fait lentement, à la surface même du liquide, sans qu'il y ait dans la masse aucun phénomène apparent, et elle continue jusqu'à ce que l'espace libre soit saturé de vapeur, c'est-à-dire contienne autant de vapeur que le comporte la température. Si le milieu dont il s'agit vient à augmenter ou à diminuer de volume par le déplacement d'un diaphragme mobile, sans pour cela que la température varie (ce qui comporte néces-*
sairement une addition ou une soustraction de chaleur, selon que le volume a augmenté ou diminué), on devra concevoir qu'il se produit, ou qu'il se condense, une certaine quantité de vapeur, de manière que l'espace libre au-dessus du liquide reste saturé, comme auparavant, c'est-à-dire contenant la même qttantité de vapeur dans V unité de volume, La condensation ou précipitation de la vapeur sera complète si cet espace devient nul. Si au contraire cet espace augmente de plus en plus, il arrivera un moment où sa saturation exigera la vaporisation de la masse entière du liquide. A partir de ce moment, si l'espace augmente encore, et si l'on suppose toujours la température constante, la vapeur cesse de saturer cet espace, et elle se comporte comme un gaz permanent, suivant la loi de Mariotte, approximativement d'abord, et ensuite de plus en plus exactement, à mesure qu'elle s'éloigne de son point, de saturation.
{4Mt) Si au lieu de considérer l'eau sous une température constante, nous supposons qu'on la chauffe, tout en la maintenant dans le milieu confiné dont on vient de parler, il pourra se présenter deux cas, ou bien le chauffage se fera trcs-graduellement, ou bien il se fera d une manière rapide.
Dans le premier cas, on n'observera aucun phénomène apparent, sinon que la vapeur saturée étant d'autant plus dense qu'elle est formée à plus haute température, une nouvelle évaporationon se produira, et elle s'arrêtera lorsque l'état de saturation correspondant à la nouvelle température, se sera établi. Il existera alors à la surface libre du liquide, une pression qui sera ou la pression de la vapeur à saturation, si l'espace était d'abord entièrement vide, ou celte même pression augmentée de celle qui sera produite par l'atmosphère qui pouvait exister à l'origine au-dessus de la masse liquide.
(498) Dans le second cas, c'est-à-dire si la chaleur est rapidement appliquée au liquide, ou, au contraire, si Tespace saturé de vapeur est brusquement refroidi, l'eau liquide conservant sa température, il pourra se produire le phénomène de Véhullition. L'ébul-
lition est caractérisée par cette circonstance que la vapeur ne se produit pas seulement a la surface libre du liquide, comme nous le supposions tout à l'heure, mais qu'elle se produit dans toute la masse liquide.
La vapeur ainsi formée se réunit en une quantité de globules qui, en raison de leur faible densité, montent dans la masse liquide et viennent crever à la surface. C'est la formation de ces globules et leur ascension à travers le liquide qui entretient la masse dans un état d'effervescence et de bouillonnement que l'on désigne sous le nom d'ébuUition.
On doit concevoir que ces bulles de vapeur ne peuvent se produire et se maintenir au milieu du liquide, qu'à la condition d'avoir une force élastique égale à la pression à laquelle elles sont soumises.
Cette pression, rapportée à l'unité de surface, est égale, pour une bulle de vapeur, à la pression extérieure à laquelle la surface libre du liquide est soumise, augmentée du poids d'une colonne de liquide ayant pour base l'unité de surface, et pour hauteur la profondeur actuelle de la bulle au niveau du liquide.
Si l'on néglige cette colonne relativement à la pression extérieure (ce qui est souvent permis), on peut dire que le phénomène de TébuUition se produit dans une masse liquide quelconque, lorsque sa température est telle que la vapeur saturée peut, à cette température, exister à une pression égale à la pression extérieure qui s'exerce actuellement à la surface libre du liquide.
Ainsi la température de l'ébuUition d'un liquide est liée intimement à cette pression extérieure, et quand on énonce qu'un liquide bout à telle température, on doit énoncer en même temps sous quelle pression, ou à défaut d'énoncé, il doit être sous-entendu que Ton parle d'une cerlaine pression déterminée, telle par exemple que la pression atmosphérique.
Sans cet énoncé ou ce sous-entendu, l'indication de la température d'ébuUition, ne comporterait aucune idée précise.
(494) Un des éléments principaux à connaître pour la vapeur d'eau, au point vue mécanique, c'est précisément cette relation qui
existe entre la température et la pression de la vapeur saturée. On saura par là à quelle température il faudra porter une chaudière pour avoir une pression donnée, et inversement d'une température donnée, on saura déduire la pression sous laquelle la vapeur est iormëe.
Cette question a beaucoup occupé les physiciens, MM. Dulong et Arago d'abord, et ultérieurement M. Regnault.
11 n'existe, jusqu'à présent, aucune théorie qui permette d'établir une loi quelconque entre ces deux éléments, l'établissement de cette loi impliquerait sans doute sur les Torces moléculaires des connaissances qui nous font encore entièrement défaut.
On est donc réduit à représenter par une formule purement empirique, les résultats des observations.
La formule établie par M. Regnault est la suivante :
log. ¥ =z a ^ baf
dans laquelle les diverses lettres ont les significations ou les valeurs numériques suivantes :
F est la pression mesurée en millimètres de mercure, c'est-à-dire que c'est la hauteur exprimée en millimètres d'une colonne de mercure produisant sur sa base une pression qui, rapportée à l'unité de surface et exprimée en kilogrammes, donnerait la pression telle quon a l'habitude de la définir. La pression atmosphérique ordinaire qui correspond à 10330^ par mètre carré, correspond en même temps à F = 760"^.
Le nombre a est égal à 5,4233177.
Le nombre b est 5,4642763, et son logarithme est 0,7575327.
Le nombre a est 0,9936, et son logarithme est r99972311.
(a étant une fraction, la caractéristique de son logarithme est négative.)
La température t est mesurée à partir de 20'' au-dessous du zéro du thermomètre centigrade.
On calculera par logarithmes le terme b(x\ et le retranchant du nombre â, on aura le logarithme de la quantité F.
(495) Cette formule, qui est en nombre
log. F = 5,i235177 — 5,4642703 x 0.993C»
a l'inconvénient de donner la pression sous une forme inusitée dans les applications, mais il est facile de la transformer. Si l'on veut exprimer la pression en kilogrammes par mètre
carré, en la désignant par p, on aura p = ^^k X 10350^ ; et si i est
la température comptée à partir du zéro ordinaire qui correspond, comme l'on ^sait, à la glace fondante, on écrira f+20 dans la formule.
On a donc
log. p = log. F -H log. 10330 — log. 760
= a -. Ja « + «0 -H log. 10330 — log. 760 log. p=a— &«»xa* + log. 10330 — log. 760 = a-h log. 10330 — log. 760 — bx^ «• = a* — t'a'
équation de la même forme que Téquation donnée, et que l'on en déduira en posant :
a' = 5.4233177 -f- log. 10330 — log. 760 b' = b9.» ... log. *' = 0.7375327 -h 20 x {Î.99725H) log. a = î. 9972311.
11 en résulte :
a' = 6.5567305 log. 6' = 0.6821547 ft'^ 4,8011
et la valeur de log a reste Î,99723H... a= 0,9936. La formule
log. p = 6. 5567305 — d'à*
OU bien
log. p = 6.5567365 — 4,8011 x 0.9936<
pourra donc être employée, concurremment avec celle de M. Regnault. Elle donnera directement la pression en kilogrammes sur le mètre carré, quand on connaîtra la température t du thermomètre centigrade, tandis que celle de Regnault donnera, avonsnous dit, des millimètres de mercure.
(4MB) La formule ci-dessus pourra servir à déterminer la quan-
tité -£ , qui fera connaître la manière dont la pression varie pour
une variation donnée de la températurei et dont nO\is aurons besoin plus loin.
11 vient, eu différentiant
,oge*! = - 4.8011 î^^a^dt P log e
î^ = -4.8011 --1^, al;,.
dt (log g)* '
Cette quantité ^ est donnée en fonction de p et de f; elle ne peut
être obtenue explicitement en fonction de Tune des deux variables seulement, la relation entre celles-ci étant une équation transceoduule qui ne permet pas l'élimination.
(497) On remarquera que la relation
log F = a — W
et la relation équivalente
log P = a' — 6'a«
qui donnent la pression en fonction delà température, ont été obtenues empiriquement, au moyeu d'expériences comprises entre des limites de températures beaucoup plus écartées que celles que Ton a à considérer habituellement dans les applications mécaniques. Ces formules pourront donc être appliquées avec confiance. Cependant il semble bien qu'elles ne doivent pas représenter, d'une manière entièrement satisfaisante, la véritable loi qui lie la température et les pressions; car la quantité a étant une fraction, a* diminue à mesure que t augmente, de sorte que f = oo donne log F = a, ou logp = a', c'est-à-dire que la pression n'augmenterait pas indéfiniment avec la température, et aurait un maximum qui serait donné par les relations log F=a, ou log;;=a'. On en lire soit F=265440 millimètres, soit jp== 3604200 kilogrammes, nombres qui correspondent tous deux à 349 atmosphères.
La valeur finale -£ serait nulle, c'est-à-dire que la courbe reprè-
sentée par la formule, ou ayant pour coordonnées soit F et f, soit Pet t, aurait une asymptote parallèle à Taxe des températures, menée à une distance de Torigine qui donnerait, à l'échelle adoptée pour le tracé, soit le nombre F = 265440, soit le nombre
L'existence de ce maximum ne semble pas bien dans la nature des choses.
11 est du reste tellement au delà des pressions que nous avons à considérer dans les machines, qu'il n'y a pas lieu de s'arrêter sur ce point, et Ton regardera la formule comme représentant, avec une exactitude très-suffisante pour la pratique, entre les limites de température et de pression où l'on aura à l'appliquer habituellement, la Joi inconnue et probablement assez complexe qui lie les pressions et les températures.
(498) Il ne suffit pas de connaître quelle pression aura la vapeur formée à une certaine température; il n'est pas moins nécessaire de savoir, pour l'application à faire aux machines à vapeur, en premier lieu, quel volume occupera ce kilogramme de vapeur, ou quelle sera la densité ou le poids du mètre cube, ou en d'autres termes, quel sera, soit le volume spécifique, soit le poids spécifique de la vapeur ainsi formée, et en deuxième lieu, quelle dépense de chaleur aura entraîné la vaporisation soit de ce kilogramme soit de ce mètre cube de vapeur. C'est encore à M. Regnault que l'on doit la détermination la plus exacte de ces éléments.
(499) Relativement à la première question, on pourrait dire que
connaissant la composition chimique de l'eau, formée de deux
volumes d'hydrogène et un d'oxygène condensés en deux volumes
de vapeur d'eau, on a immédiatement la densité de la vapeur, en
ajoutant à la densité de l'oxygène (1,1026), deux fois la densité de
l'hydrogène (0,0688), et prenant la moitié de la somme.
On trouve amsi -^ ^ == 0,621 pour ce que nous
avons appelé la densité tabulaire S, à introduire dans la formule
450 COURS DE NAGHmES.
générale déduite des lois de Mariotte et de Gay-Lussac. On admel généralement le nombre 0,624.
On aurait donc pour la vapeur d'eau
PV = R'(a-|.<)Q,
le nombre a étant, comme on sait, éfral à 273, et la quantité R'
SoitPV=469(273-H0Q.
En appliquant cette formule dans le cas où Q = 1",^ = 100', cl P = 10333 kilog., on aura le volume V d'un kilogramme de vapeur sous la pression atmosphérique et à la température de 100 degrés; ce qui répond, comme on le sait, à un état de saturation pour la vapeur.
On trouve ainsi V = l'",693, pour le volume spécifique de lavapeur à 100 degrés et à la pression atmosphérique.
En faisant au contraire 7=1, on aura pour le poids spécifique 0 = 0,591 (voir n* 327).
(600) En réalité, Texpérience donne pour la vapeur saturée un volume spécifique sensiblement moindre, ou un poids spécifique sensiblement plus fort, cela tient à ce que les lois de Gay-Lussac et de Mariotte, sur la combinaison desquelles est établie la formule précédente, ne sont pas entièrement applicables à de la vapeur saturée^ c'est-à-dire à de la vapeur qui est sur le point, à la moindre augmentation de pression, de se précipiter à l'état liquide.
A ce moment il n'existe pas entre les molécules cette indépendance que supposent les lois de Gay-Lussac et de Mariotte; mais à mesure que Ton s'éloignera de la saturation par une augmentation de température ou par une diminution de pression, la vapeur pourra, avec une approximation de plus en plus grande, être considérée comme un gaz permanent soumis aux deux lois ci-dessus.
Ainsi, lorsqu'on donnera arbitrairement une pression p ou une température t pour la vapeur d'eau, on devra considérer les deux quantités logp et a' — 6V.
Si ces quantités sont égales, l'étal défini par led éléments donnés, p et ty est la saturation.
Si Ton a logp > a' — 6V, l'état défini par ces mêmes éléments est une sorte détat virtuel qui en réalité ne peut pas exister. La Tapeur élevée à cette température et soumise à cette pression, se sera condensée et n'existera plus qu'à l'état d'eau liquide.
Enfin si l'on a log p < o' — b'a\ la vapeur sera plus ou moins éloifjUée de son point de saturation, et la formule du numéro précédent pourra lui être appliquée, avec d'autant moins d'inexactitude que la pression sera plus faible ou la température plus élevée.
(50f ) Dans le cas où il s'agit de vapeur saturée, c'est-à-dire lorsque l'égalité logP= a' —b'af est satisfaite, on peut, à défaut de la formule applicable aux gaz permanents, déterminer par une autre considération les volumes ou le poids spécifique de la vapeur d'eau.
Pour cela on a recours à l'équation différentielle du n*" 485
dqdt = .^ (a -h t) dpdv
qui peut s'écrire dg = A (a -h i) -^ dv, et qui sous cette forme résout
facilement la question dont il s'agit.
Considérons en effet le phénomène de la vaporisation s'effectuant à une température et à une pression déterminées, a + ^ est constant
et il en est de même de la quantité ^ d'après le n"" 496.
Dès lors en intégrant depuis le moment où un kilogramme d'eau à la température de la chaudière commence à se vaporiser jusqu'à l'instant où il est entièrement réduit en vapeur, appelant v le volume de l'eau, V le volume de la vapeur, on aura
équation qui déterminera l'accroissement de volume (Y — v), si la quantité q est connue, puisque Ton se donne a -f- ( et que la quantité
ppeut être calculée.
(6<ra) Quant à cette quantité q, elle a été déterminée par M.Règnault de la manière suivante :
Il a déterminé, par une expérience directe, le nombre de calories nécessaires pour amener l'eau liquide de la température zéro aune température t quelconque.
La formule qu'il a établie est de la forme
avec les valeurs numériques b = 0.00002 et c = 0.0000005.
11 a déterminé, également par expérience, la quantité X de chaleur nécessaire pour produire l'effet thermométrique ci-dessus indiqué, et en outre, une fois arrivé à la température t, pour vaporiser ce même kilogramme d'eau à cette température et sous la pression correspondante.
Les résultats obtenus peuvent être représentés par la formule empirique suivante :
La quantité X — (ji est donc précisément la quantité de chaleur fournie à la vapeur pendant le changement d'état. C'est la quantité q de la formule
Tout sera connu dans cette formule, excepté la quantité V — » qu'elle pourra servir par conséquent à déterminer.
Faisons le calcul dans l'hypothèse de la vapeur saturée à 100% et par conséquent à la pression atmosphérique.
Nous avons les formules générales
et par suite
X — I* = 606.5 — 0.695*— 0.00002(« — 0.0000005P Cette dernière formule pour *= 100* donnera
X — fi = 606.5 — 69.5 — 0.2 — 0.5 = 556.50.
PROPRIÉTÉS MÉCAlflQUES DES TAPEURS. 453
la quantité A est, comme on la vu 7^^^.
On a
Enfin la quantité -^ a pour expression (n* 498).
T^logaa^,
(log e)«
quantité qui, malgré le signe qui l'afTecte, est positive, puisque, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, a étant une fraction, son logarithme est négatif.
En remarquant que log ^= 0.4342945, et effectuant les calculs
indiquésparlogaritbmes, on trouve que la quantité ^ a pour logarithme 2,5862298.
On en déduit ensuite
log (V -r ») = log ç -- log A — log (a-^t)^ log ^ = 0.1990200 V — « = 1.581
Ainsi, d'après ce calcul, un kilogramme d'eau, ou, ce qui revient à peu près au même, un litre d'eau, se changerait en 1582 litres de vapeur à 100^ sous la pression atmosphérique,
La différence entre ce chiffre de 1582 litres et celui de 1695 obtenu an n** 499, serait en quelque sorte la mesure de l'effet de condensation que commencent à produire les forces moléculaires au moment ou la vapeur est saturée et sur le point de repasser à l'état liquide.
M. Zeuner, de Zurich, admet des résultats intermédiaires entre ceux qui viennent d'être indiqués.
Il prend pour la vapeur saturée à 100*, un volume spécifique égal à 1".646 et un poids spécifique égal à 0''.607. (Voir ci-après les tableaux pages 462 et suivantes).
Le poids spécifique de la valeur saturée à lOO"" sera d'après le calcul précédent
tandis qu'il n'est que de 0*.591, en partant de la densité tabulaire théorique de la vapeur et la considérant comme un gaz permanent, et de 0S607 d'après M. Zeuner.
(SOS) Les quantités |a et X considérées dans le numéro précèdent résolvent la dernière question posée au n"" 498.
La quantité \», est la quantité de chaleur nécessaire pour élever 1" d'eau de zéro ai*.
Cette quantité n'est fonction que de la température* peut-être devrait-elle être à la rigueur fonction de la pression ; mais en fait elle ne varie pas d une manière appréciable avec ce dernier élément, ce qui peut être considéré comme une conséquence de ce que la compressibilité des liquides est extrêmement faible.
Si Ton prend la quantité ^, on a la limite du rapport de Taccrois-
sement de chaleur à l'accroissement de température, ou l'accroissement de chaleur qui, en supposant la proportionnalité entre ces deux éléments, produirait une variation de température d'un degré.
C'est, par définition, la chaleur spécifique de l'eau dans les conditions où se fait l'expérience.
Ce n'est donc, rigoureusement parlant, ni la chaleur spécique à volume constant, puisque le liquide s'est un peu dilaté, ni la chaleur spécifique à pression constante, puisque la pression de l'atmosphère de vapeur a augmenté légèrement par l'efiTet de la température.
La valeur c = ^ = 1 -h 0.00004^ H- 0.0000009 e montre que
cette quantité, qui est, par définition même de la calorie, égale à 1 pour t = 0, augmente légèrement avec la température.
La quantité X est la quantité de chaleur nécessaire pour élever 1* d'eau de zéro à t®, et ensuite pour le réduire en vapeur saturée à cette température.
La quantité r = X — \k constitue proprement c« que les physiciens désignent sous le nom de chaleur latente.
On voit que cette chaleur latente diminue assez rapidement avec la température.
PROPRIÉTÉS HÉGÂRIQUBS DES TAPBUR8. 455
Cette diminution cependant ne compense pas l'augmentation de chaleur sensible due à l'accroissement de température, et en somme la chaleur nécessaire pour échauffer d'abord de 0 à T et pour vaporiser ensuite à t^ un kilogramme d'eau augmente avec la température L
En un mot X — pi diminue, mais X augmente avec cette température.
(504) Outre les quantités X, i^, <;= -^, r= X — ja, dont la signification précise est définie par ce qui précède, on peut encore considérer les quantités suivantes :
r La quantité
que l'on déduit de l'équation posée au n** 502.
C'est la quantité de chaleur qui correspond au travail extérieur produit par suite de la vaporisation d'un kilogramme d'eau, qui avait le volume t; à l'état liquide et qui prend le volume V en se vaporisant;
2** La quantité J = X — Ap (V — t;) = X — Apu, (en posant V — v = tt), qui est l'augmentation de la chaleur interne de l'eau considérée d'abord liquide à zéro, et ensuite vaporisée à (• ;
3* La quantité p = X — p. — Apu = r — Apu = J — [a, qui est la chaleur latente de vaporisation proprement ditej c'est-à-dire la chaleur latente totale, diminuée de la partie de cette chaleur qui a été employée en travail extérieur.
La quantité p est la partie de la chaleur latente qui n'a été employée ni à élever la température, ni à produire un travail extérieur; elle a été employée à augmenter l'énergie intérieure de la masse, et elle est représentée par le travail moléculaire des forces intérieures qui ont été vaincues pendant l'énorme expansion que la vaporisation a produite et par l'augmentation de la force vive des mouvements vibratoires des molécules.
(505) On remarquera que ces trois quantités Apti, J et p sont présentées sous une forme assez complexe, à cause du facteur ^ qui
ne s'obtient, comme nous l'avons vu, qu'en fonction des deux variables ;? et t^ entre lesquelles on n'a d'ailleurs qu'une relation purement empirique.
Il n'y a rien d'irrationnel à essayer de représenter la fonction Aj)u elle-même, par une autre relation empirique plus simple, qui ne contienne que la température.
Cette substitution doit môme être regardée comme étant virtuellement possible, puisque la pression dépend de la température.
A cet effet, M. Zeuner, a proposé les formules suivantes :
Ap«= 30.456/ î^*
Ces formules sont admissibles sans aucune difficulté, du moment qu'elles donnent des résultats qui concordent suffisamment avec Texpérience.
Par cette concordance, elles deviennent aussi légitimes que celles, plus compliquées, qu'on tire de l'équation empirique posée au n' 494.
(50B) Les diverses relations établies dans les chapitres précédents peuvent être calculées au moyen des formules indiquées.
Si Ton prend pour point de départ la température, on peut connaître, par la formule empirique de M. Rëgnault ou par les formules qui s'en déduisent, la pression correspondante de la vapeur à saturation, exprimée soit en millimètres de mercure, soit sous toute autre forme, selon la transformation qu'on aura fait subir à la formule.
Connaissant p et t, on saura calculer numériquement toutes les autres quantités relatives à un kilogramme d'eau vaporisée dans les conditions définies par ces éléments p et t.
Nous résumons dans le tableau suivant, en les présentant sous la
forme immédiatement propre aux applications numériques les di* verses formules précédemment établies :
l"" Formule donnant la pression en kilogrammes par mètre carré de la vapeur à saturation formée à la température t.
log P = O — fr'a
logP=d.5567505— 4.S0ii x 0.995(M
Iog4.8011= 0.6821547
log 0.9936 = 1.9972511.
Ces logarithmes numériques serviront à calculer par logarithmes le dernier terme du second nombre de la quantité ci-dessus, et ensuite une simple soustraction donnera le logarithme de la quantité p;
2* Formule donnant la quantité ^.
dt '^ (log e)* ^
logO. 0706144 =¥.8488954
logO. 9936=1.9972311.
Ces logarithmes numériques serviront à calculer par logarithmes le second membre de l'équation, et à trouver ainsi le logarithme de
la quantité ^ ;
3* Formule donnant la quantité de chaleur nécessaire pour porter 1*^ d'eau liquide de 0" à r*.
4"* Formule donnant la chaleur spécifique de Teau liquide à une température t.
c = ^1 = 1 -h 26/ + 3c/« = 1 + O.OOOii/ 4- 0.0000009<«.
y Formule donnant la quantité de chaleur pour porter 1^ d'eau
4^8 COURS DE HAGHINES.
liquide de 0*à /", et en outre la réduire en vapeur à celte même température t et sous la pression correspondante
x=M-f-Nt x-|-60(;.5-h0.505^
(y Formule donnant la chaleur latente totale de la vapeur à (*
r=;^X — (A = M-h(N-l)t — 6<* — ci*
r = X — |A= 606.5 — 0.695* — 0.00002<« — O.OOOOOOa».
7** Formule donnant la chaleur qui correspond au travail extérieur produit par la formation d*un kilogramme de vapeur saturée à la température t
Apu = Jizi£)f.= 50.456/ i±5Î
8*» Formule donnant l'augmentation de la chaleur interne de Teau prise à 0** et vaporisée à t®
J = X — A»tt = X — 50.4561 2r±rî = 575.05 4- 0 .2342*
9® Formule donnant la chaleur interne absorbée par la vaporisation de l'eau
p = r— Aptt = X~-p. — Apu=J— 14.: = 575.03 — 0.7882*.
(607) Pour faire une application numérique de ces diverses formules, on supposera que l'on considère la vapeur saturée, sous la pression atmosphérique ordinaire, c'est-à-dire à ^00^
Les formules donneront :
1~ formule log p = 4 . 01 42505.
2« formule log ^ =2.5862298 = (Voir n* 502).
3* formule p. = iOO + 0.24-0,5 = 100.5.