SECOND SOUS -ORDRE
Des accoucliemens où Fer^fant présente le tronc*
On oonçoit , au' premier abord , que ces accouchemens ne peuvent se terminer d'eux-mêmes ou par les seules forces de la nature » puisqnue le tronc de l'enfant bien conformé et à terme est tdujourst plus long que le bassin de la mère n'est large. Mais comme cette disproportion n^est que relative et non absolue , on peut toujours espérer de la corriger 9 ou de la faire disparaître avec la main. II ne s'agit pour cela que de retourner l'enfant , et de lui faire présenter au détroit supérieur Tune des extrémités de l'ovoïde , a>ua la forme duquel il est naturellement ployé dans la matrice, Hippocrate et les plus célèbres médecins de l'antiquité avaient si bien, senti cette vérité fondamentale , qu'ils recommandaient toujours de faire descendre la tête à l'entrée du bassin , lors même qu'il eût été facile de saisir l'extrémité opposée , et de l'entraîner au dehors. Nous n'entreprendrons point ici de réfuter les manœuvres qu'îU * avaient imaginées pour opérer cette conversion ou ce déplacement. EUes^ étaient , pour la plupart , si grossières et si bizarres , qu'on ne pouvait Jamais y avoir recours sans compromettre le salut de la mère et de l'eniant.
Parmi lesi moderneis , les uns , trop zélé» partisans d© la doctrine des anciens ^ et d'ailleurs effrayés des dangers qui menacent l'enfant quand on l'amène par les pieds , préfè^^ent de l'eactrairepar la tête j les autres, au contraire, en bien plus grand nombre, convaincus des difEcuItés et des obstacles qui s'opposeraient à cette dernière manœuvre , lors même que le tronc de l'enfant serait encore mobile, conseillent exclusivement de le retourner et de l'amener par les pieds.
Cette pratique, il faut en convenir, si die n'est pas toujours la pius sûre et la plus «avantageuse, comme Sm^ie l'avait penié, est au moins la plus facile à exécuter. Car si l'on pouvait entreprendre de ramener la tête au détroit supérieur, ce serait tout au plus quand elle n'en est pas éloignée, par exemple, quand elle présente la nuque ; encore faudrait-^il alors que les eaux ne se fussent pas écou* lées depuis très-long-temps. Sajas cette condition , quel espoir auraiton de réussir lorsque le tronc de l'enfant serait immobile sous le& contractions de la matrice , ou lorsque des circonstances, accid^xt^I^s presseraient avec urgence la délivrance de la femme ?
PREMIER GENRE
jpes accouchemens où V enfant présente la Jace postérieure du tronc j.
Ce genre d'accouchemens doit être des plus fréquens dans la, l^ratique, attendu qu'il est une suite, en quelque sorte naturelle ^
Digrtized byLnOOQlC
JDE L'ART ÎDES ACCOUCHEMENS. ^
de ceux où l'enfant vienl par le sotnmet de la tête. Il mérite donc la priorité dans là démonstration des procédés aiànuels, qudque spécieuses que soient d'ailleurs les raisons qu'on pourrait alléguer en faveur des faces latérales du tronc.
Cette mauvaise situation de l'enfant paraît dépendre uniquement ' de la trop grande quantité de liquide qui l'environne , et qui le rend^ plus ou moins mobile dans la matrice ; c'est donc sans raison que certains auteurs l'attribuent à l'obliquité de ce viscère , qui n'y contribue en aucune manière.
On distingue trois régions sur la face postérieure du tronc; savoir, la nuque , le dos et les lombes ; les deux dernières sembleraient devoir se présenter plus fréquemment que l'autre , parce que leur forme arrondie s'accommode mieux à celle du bassin; mais elles sont plus éloignées de la tête , ce qui pourrait les rendre plu« rares. Ces trois régions ont chacune des signes propres qui les caractérisent , et qu'il importe à l'accoucheur de bien connaître, quoique l'indication soit la même pour toutes , quant à la manière d opérer.
Il faut néanmoins convenir qu'avant l'évacuation des eaux de l'amnios , ce diagnostic peut offrir quelques difficultés ; mais elles s'évanouissent immédiatement après la déchirure des membraiie^ ; car alors les angles de la mâchoire inférieure, le bord supérieur de chaque omoplate et les apophyses épineuses des vertèbres cervicales indiquent clairement la présence de la nuque.
On reconnaît le dos k une tumeur arrondie , large et inégale , où l'on rencoùtre le bord doî'sal ou postérieur, ainsi que l'angle inférieur de chaque omoplate , les apophyses épineuses des vertèbres correspondantes et les arcs osseux formés par les côtes.
Enfin , les lombes ont pour signe distinctif une tumeur plus ou ïnoins large et arrondie, traversée dans sa longueur par les apophyses épineuses des vertèbres lombaires , et terminée d'un côté par les crêtes iliaques , de l'autre , par les côtes àsternales.
Quelle que soit la région de la face postérieure qui se présente , elle peut se placer de quatre manières différentes à l'enti-ée du bassin.
Dans la première position, l'extrémité supérieure dô tronc répond à la cavité cotyioïde gauche, et l'exttémité inférieure à k symphyse sacro-iliaque droite.
Dans la seconde position , l'extrémité supérieure est placée vers la cavité cotyioïde droite, et l'extrémité inférieure vers la symphyse sacro-iliaque gauche.
Daiis la troisième position, l'extrémité supérieure regarde la symphyse sacro-iKaque droite , et iVxtrémité inférieure se dirige vers la cavité cotyioïde gauche.
Dans Ja quatrième position, l'extrémité supérieure est appuyée contre la symphyse sacro-iliaque gauche , et l'extrémité inféi'ieure contre la cavité cotyioïde droite.
Chacune de ces positions présenté deux indications. La première consiste à ratnener la tête* au détroit supérieur, et la seconde à tetourner l'enfant pour l'extraircpar les pieds. Examinons dans
a4o t*RINCIPES
quels cas elles conviennent , et quels avantages on en peut retirer. D'abord , on ne saurait disconvenir que 1 enfant ne coure beau^ coup moins de risques eu venant par la tête que par les pieds ; c'est une chose incontestable. Mais comment lui procurer une naissance aussi avantageuse, quand il présente le dos ou les lombes? La tête est alors si éloignée de l'entrée du bassin, qu'il serait très-diffîcîle,
!)Our ne pas dire impossible, de l'y ramener, quoique les eaux de 'amnios se fussent écoulées depuis peu , et que le tronc de l'enfant fût encore mobile. Il est donc hors de doute que , pour ces deux régions, il faut se borner exclusivement à retourner l'enfant et à l'extraire par les pieds. Tout autre procédé tiendrait moins de la prudence que de la témérité.
il n'en serait peut-être pas de même si l'enfant présentait la nuque. La tête est alors si peu éloignée du détroit supérieur, qu'on pourrait espérer de l'y ramener, non en agissant immédiatement sur elle , mais en repoussant les lombes ou Textrémilé opposée du tronc. Toutefois il faudrait, pour entreprendre une telle réduction,
aue l'enfcint conservât encore assez de mobilité pour obéir à la main e l'accoucheur, et que le travail ne fut compliqué d'aucun accident, sans quoi l'extraction par les pieds serait encore exclusivement indiquée.
Cette dernière manœuvre serait encore préférable 4 l'autre dans les deux premières positions de la nuque ; car alors , en ramenant la tête* à l'entrée du bassin, on ne pourrait empêchel» le visage de se présenter en devant , lorsqu'elle serait descendue dans l'excavation : ce qui ne matjquerait pas d'avoir des inconvéniens ou d'offrir des diflScultés, pour peu que la conformation du bassin fût vicieuse. D'après toutes ces considérations, Textraction de l'enfant par les
{)îeds est exclusivement indiquée , lorsqu'il présente le dos ou les ombes à Tentl'ée du bassin ; elle est encore préférable à toute autre, lorsqu'il vient par la nuque. C'est donc cette manœuvre que nous devons exposer en peu de mots et avec le plus de clarté qu'il nous sera possible.
Avant tout, nous ferons observer que, si l'on opère au moment où les eaux de l'emnios viennent de s'écouler, on peut se servir indifféremment de la main droite ou de la main gauche pour aller saisir les pieds , quelle que soit la région de la face postérieure , et de quelque manière qu'elle se présente à l'entrée du bassin. Cela est même vrai pour les lombes, quoique les eaux de l'amnios se soient déjà écoulées depuis longtemps; car alors les pieds sont si peu éloignés, qu'il est plus facile de les accrocher de suite et de les entraîner à la vulve, que de leur faire parcourir uii immense circuit en retournant l'enfant.
L'une des deux mains n'est donc exclusivement nécessaire que pour la nuque et le dos , lorsque la matrice a eu le temps de se contracter sur l'enfant , après l'évacuation de l'eau de l'amnios ; car il est indispensable alors de le pelotonner, en tirant sur les pieds comme sur l'extrémité d'un arc qu'on resserre ou qu'on raccourcit, A la vérité, des accoucheurs, au. lieu d!aller saisir directenient les
DE L'ART DES AGCOUGUEMENS. a4i
i^ecb dans ce cas-lâ , conseillent de les rapprocher de Tentrëe du bassin , en éloignant^ïa tête ou la partie supérieure dû tronc ; mais ce procédé , tout au plus praticable pour les lombes au moment de la rupture des membranes , serait trop difficile et peut-être impossible pour les deux autres régions , à quelque époque qu'on 1 entreprît. D'ailleurs , admettre la possibilité de ramener les pieds au détroit supérieur, c'est admettre également celle d'y ramener la tête; et alors, pourquoi ne pas donner la préférence à celle-^ci , puisqu'il en résulterait moins de difficulté pour délivrer la mère et plus de sûreté pour l'enfant? Mais c'est assez discuter sur les avantages du pelotonnement et sur le choix de la main avec laquelle on doit l'enti^rendre ; il est temps de démontrer comment cette manœuvïC s'exécute dans chaque positipn de la face postérieure du tronc. ' ^
Première position.
Des accoudiemens ou Fenfisint présente ki iace postériear e du tronc , la tête répondant à la cayite eolyloïde gauche.
Dans cette position , les pieds , situés vers la symphyse sacroiliaque droite , doivent sertir à droite. On doit donc se servir de la main gauche; on la porte dans un état de supination sous la région qui se présente ; on refoule le tronc vers la fosse iliaque gauche , et on tâche de l'incliner sur le côté qui répond à la main ; on parvient sur les fesses , et on accroche les pieds , sur lesquels on tire !>our les amener à la vulve , en les faisant passer sur l'abdomen et a poitrine de l'enfant ; dans le même temps , avec la main droite , on dirige la tête vers la partie postérieure du bassin , et on termine cette espèce d'accouchement comme dans la seconde position des pieds.
Seconde position.
Des accouchemens où l'enfant présente la face postérieure du tronc, la iéte répondant à la cavité cotyloïde droite.
Cette position ressemble beaucoup à la précédente. Les pieds , situés vers la symphyse sacro-iliaque gauche , doivent être ramenés à gauche et en devant ; il faut donc se servir de la main droite. On l'introduit en supination sous la région de la face postérieure qui se présente ; on refoule le tropc vers la fosse iliaque droite , et on tâche de l'incliner sur le côté qui répond à la mam ; on arrive ensuite sur les fesses , et on y accroche les pieds ; on les fait passer sur le ventre et la poitrine de l'enfant , pendant que de la main gauche on dirige ]^ tête à droite et en arrière. Lorsque les pieds sont à la vulve , on termine l'accouchement comme dans la première position des pieds.
Troisième position.
Pes accouchemens où Tenfant pkrésedte la facç postérieure du tronc, la ié\e repondant à la symphyse sacro^iJiaque droite.
Dans cette position , qui est oppbsée à la première , les pieds ,situés à gauche et en avant , doivent sortir à gauche. Il faut dond
a4a PRINCIPES
introduire la tnaia droite en supination sous la région qui se ptésente. On incUne le tronc sur le côté droit, et on le dirige en arrrière et à gauche^' pendant que de l'autre main , appliquée sur le ventre.de li^ iee^^e., on rèpo^8Së le fond de la matrice yers la fosse iliaque gauche \ on saisit les pieds sur les fesses , et on opère comme dans la première position des pieds.
. , ,, . Quatrième position.
Des accoac)iem'ens ou Tenfiint présente la face postérieure du tronc, la tête répondant' à la symphyse sacro-iliaque gauche.
Dan* cette position , les pieds , situés à droite et en àvàiit , doivent sortir à drop te ; il faut donc se servir de la main gauche. On Tînti'oduit en supination sous la région de la face postérieure qui se présente ; on soulève le ti^ne , et on l'incline sur le côté gauche , en le refoulant vçvs la fosse iliaque droite , pendant que de l'autre main, appliquée sur le ventife de la femme , on incline le fond de la matrice yers la fosse iliaque droite. On va saisir les pieds sur les fesses , et on continue d'opérer comme dans la seconde position de ces extrémités.