‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 3)Chapitre 21 sur 31 · REMARQUE · texte numérisé non relu

REMARQUE

Si la face postérieure de l'enfant se présentait de front au pubis ou au sacrum , comme dans les deux premières positions admises par la plupart des auteurs , il faudrait donner au tronc une situation diagonale , et ei^ réduire la face postérieure à l'une des positions que nous avons adoptées ; ensuite on irait chercher les pieds, et on terminerait l'accouchement suivant la méthode que nous avons décrite-

ï)e même , si la face postérieure du tronc se présentait en travers, d'une fosse iliaque à l'autre, on inclinerait les pieds vers la symphyse sacro-iliaque à laquelle ils correspondraient , et on irait les chercher avec la main du côté opposé. Ces sortes de manœuvres né présentent aucune difficulté, quand on a un mannequin sous les yeux./

DEUXIÈME GENRE

Des aceouchemçns oàj'enfimt présente la face antérieure du tronc.

L'enfant ne peut présenter la face antérieui'e du tronc sans être plus ou moins renversé sur le dos; attitude qui n'est point naturelle, et dont il ne tarde pas à être victime, pour peu que les efforts de la matrice soient énergiques. Heureusement que ces accouchemens sont aussi rares qu'ils sont défavoi*ables.

Accuser rèbliquité de la- matrice de ehatiger ainsi la situation naturelle de l'enfant^' c'est ihécori naître la véritable cause d'un tel désordre ; elle ne tieçit ^u'à l'excès de mobilité que lui communique la trop gi'ande quanti-té d^'eau renfermée dans les meinbranes.

Trois régions divisent la face antérieure du trône, savoir, la gorge, la poitrine «tFabdomen , dont la première est la plus dangereuse, à cause du reversement de la tête sur le dos.

Avant la rupture des membranes , ces régions sont plus ou moins iiifH elles à reconnaître, parce qu'elles sont hors de la portée du diiîgt; il faut donc nécessairement attendre que les eaux se soient écoulées pour la sûreté du diagnostic.

A cette époque, le* menton ,Técliancrure stemale de la poitrii^je et les clavicules caractérisent la présçncé de la gorge.

On reconnaît la poitrine â une surface éjtendue , où Ton distingue |e sternum , les clavicules et les côtes*

Les signes de Tabdomen sont une tu|^]Lir molle, terminée d'un côté par les côtes asternales et l'appendice xiphoïde, de l'autre par les os des îles et le pubis. On y rencontre aussi l'insiertion du cordon ombilical , ce qui achève d'ôter le doute ou l'équivoque.

La face antérieure du tronc peut se placer de quatre différentes manières à l'égard du détroit supéiûeur.

Dans la première position , la tête répond A la cavité cotyloïde gauche, fet les meçibres abdominaux à la symphyse sacro-iliaque droite. '

Dans la seconde position , la tête se dirige yers la cavité cotyloïde droite, et les membre^ abdominaux vers la symphyse sacro-iliaque gauche.

Dans la troisième , la tête est tournée du côté de la sytaphyscf sacro-iliaque droite, et les membres abdominaux du côté de la cavité cotyloïde gauche.

Dans la quatrième , l,a tête regarde la symphyse sacro-iliaque gauche, et les membres abdominaux la cavité cotyloïde' droite.

Ces quatre positions sont les jmêmef , et présentent les mêmes indications pour la gorge, la poitrine et l'abdomen. Il serait donc inutile de répéter les procédés manuels pour chacune de ces régions en particulier.

Que la face antérieure du tronc se présente de front, en travers ou obliquement à Filtrée du bassin, il est certain que l'accouchement ne peut se terminer qu'avec le secours de 1 art. Mais alors faut-il toujours aller chercher les pieds de l'enfant , ou peut-on quelquefois le** faire naître par la tête? D'abord , :^ette dernière indication serait absolument impossible à remplir, lorsque la poitrine et l'abdomen se présentent. Elle ne pourrait donc offrir quelque espoir de succès que lorsque la gorge vient la première, encore la réduction de la tête à, sa situation naturelle offirirait tant de difficultés dans ce cas-là , que, d'après l'avis de tous les accoucheurs, il vaudrait mieux y renoncer que de l'entreprendre, quoique les eaux vinssent de s'écouler. Bornons-nous donc à décrire succinctement la manière d'aller chercher les pieds , et de les amener à la vulve, puisque c'est le seul moyen de terminer ce genre d'accouchement.

Dans la première position, où les pieds correspondent à la sympjbyse sacro-iliaque droite, on ne peut dégager ces extrémités

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qu'avec la main gauche ; la droite les renverserait sur la fsice postérieure du tronc , ce qui est contraire aux principes du peloton«^ nement On introduit donc la première dans l'ëtat de supination sous la r^on antérieure qui se présente ; on refoule le tronc vers la fosse iliaque gauche de la mère ; on suit le côté gauche de ^ett^ faut ; on arrive sur les fesses ; 'on y accroche les pieds , qu'on en^ traîne à la vulve, pendant que de la main droite on porte la tête à

fauche et en arrière : on termine ensuite Taccouchement comme ans la seconde position des pieds.

Dans la seconde position , les pieds se dirigent vers la symphyse sacro-iliaque gauche ; c'est donc à la main droite qu'il appartient

qu'aux fesses; on y saisit les pieds, et on les amène à la vulve,

pendant que de la main gauche on repousse la tête à droite et en arrière ; on termine ensuite l'accouchement comme dans la pre^ mière position des pieds.

Dans la. troisième position, les pieds sont placés vers la cavité cotyloïde gauche. Pour les dégager, on introduit la main droite en supination sous la région antérieure qui se présente ; on refbule le tronc vers la fosse iliaque droite de la mère, pendant que de la main gauche on incline les extrémités inférieures en arrière et à gauche; on suit le côté droit de l'enfant; on arrive sur les fessée, on y saisit les pieds, et on les amène à la vulve. Le reste comme à l'ordinaire.

Dans la quatrième position , les pieds sont situés vers la cavité cotyloïde droite. On introduit donc la main gauche en supination sous la région antérieure qui se présente ; on refoule le tronc vers la fosse iliaque gauche de la mère, pendant que de la main droite on incline les extrémités inférieures en arrière et à droite ; on suit le côté gauthe de l'enfant , on arrive sur les fesses , on y saisit les pieds , et on les amène à la vulve, pour terminer ensuite 1 accouchement comme dans la seconde position des pieds.

Si la face antérieure du tronc se présentait directement du pubis au sacrum, ou transversalement d un côté du bassin à l'autre, comme les auteurs le supposent , on réduirait ces 'sortes d'accouchemens à l'une des positions que nous avons admises. A cet eâèt, on se servirait indifféremment de l'une ou de l'autre main dans le premier cas ; mais on dirigerait toujours les pieds vers le côté du bassin qui répondrait à celle qu'on aura^jt introduite. Dans le second cas, on emploierait exclusivement la main correspondante -au côté du bassin ou se trouveraient les pieds.

TROISIÈME GENRE

Des (Kcouchemens où l'enfant présente les faces latérales du tronc.

Ces accouchemens sont plus rares que ceux du premier genre, mais plus fréquens que ceux du second. Cependant nous avons

DE L'ART DES AC€OUCHEMENS. . at^S

préféré de ue les placer qu'au troisième rang dans notre division^ ; parce qu'ils nous paraît plus convenable de parler immédiatement après des accouchemens où l'enfant présente l'un des bras hors de la vulve.

On distingue trois régions sur cbaque face latérale du tronc ; • mais on ne peut guère les reconnaître qu'après l'évacuation des eaux, car, avant cette époque, l'enfant est encore trop mobile dans la matrice, ou trop éloigné pour être à la portée du doigt.

Les parties latérales du cou , à cause de leur forme particulier^ se présentent assez rarement à l'orifice de l'utérus. Elles n'ont par elles-mêmes aucune marque propre ou distinctive, et l'on ne peut les reconnaître qu'en les rapportant à quelques-unes des parties cir^ convoisines , telles que le bas de l'oreille, l'angle de la mâchoire inférieure, l'épaule et la clavicule.

Les épaules, naturellement arrondies et saillantes, s'accommodent mieux à l'entrée du bassin , et doivent se présenter plus fréquemment. On les reconnaît à la clavicule, aux angles de l'omoplate et aux bras.

On distingue les parties latérales de la poitrine aux côtes, aux aisselles, au bras, au sternum et à la hanche.

Enfin , les signes qui indiquent la présence des flancs sont les crêtes des os des îles et les côtes asternales. Cette dernière région • se présente plus souvent que la poitrine, mais plus rarement que l'épaule.

Chacune des faces latérales de l'enfant peut se placer de quatre manières différentes à l'entrée du bassin. Dans fa première position, la tête répond à la cavité cotyloïde gauche, et les pieds à la symphyse sacro-iliaque droite ; mais alors la face antérieure regarde ïa fosse iliaque gauche, quand c'est le côté droit qui se présente, et la fosse iliaque droite, si c'est le côté gauche.

Dans la seconde position , la tête est située vers la cavité cotyloïde droite, et les pieds vers la symphyse sacro-iliaque gauche; mais la face antérieure répond à la fosse iliaque gauche ou droite, selon que l'enfant présente le côté droit ou le côté gauche.

La troisième position est celle où la tête est sur la symphyse sacro-iliaque droite, et les pieds sur la cavité cotyloïde gauche; mais la face antérieure répond à la fosse iliaque droite du bassin , si c'est le côté droit de l'enfant qui se présente, et à la fossé iliaque gau'fche, si c'est le côté gauche.

La quatrième position est celle où la tête se dirige vers la symphyse sacro-iliaque gauche , et les pieds vers la cavité cotyloïd'e droite ; mais la face antérieure est tournée à droite , si c'est le côté droit , et à eauche, si c'est le côté gauche.

Lorsque l'enfant présente l'une de ses faces latérales , il est de toute impossibilité qu'il vienne au monde par les seules forces de la nature , attendu que sa longueur surpasse de beaucoup la lar-

feur du bassin. L'accouchement rentre donc de nécessité dans le omaine de l'art. Mais faut-il ramener la tête à sa situation naturelle, ou bien doit-on songer uniquement à saisir les pieds et à les

a46 PRINCIPES

entraîner à la vulve pour terminer ensuite l'opération comme si ces extrémités se {»résentaient naturellement? La première de ces; indications oflre tant de di6Eicultés , au moment même où les eaux viennent de s'écouler, qu'on ne peut espérer d'en tirer aucun avantage. Il faut donc se borner à la seconde, qui est toujours, sinon la plus sûre, du moins la plus facile. Toutefois , on ne doit pas se dissimuler que le succès ne soit plus ou moins assuré, selon que l'on opère plus ou moins promptement aprèsJ'éyacuatîon des eaux , et selon que les pieds sont plus ou moins rapprocké? du détroit supérieur où l'on se propose de les ramener.

Avant de décrire les procédés manuels , nous ferons observer qu'il est assez indifférent de se servir de l'une ou de l'autre main , SI l'on est appelé au moment de la rupture des membranes^ ou lorsque l'entant est encore mobile dans la matrice. Il en est encore de m^me lorsque les hanches se présentent, parce que les pieds sont alors peu éloignés de l'orifice de l'utérus. L'une des deux mains n'est donc exclusivement nécessaire que lorsque l'enfant vient en offrant les autres régions latérales.

Dans la première position , où les pieds répondent. à la symphyse sacro-iliaque droite, on se sert de la main droite ou de la main gauche, selon que l'enfant présente le côté droit ou le côté gauche, ou selon que sa face antérieure regarde la fosse iliaque gauche ou la fosse iliaque droite. On porte cette main sous la région qui est à l'entrée de la matrice, et on refoule le tronc vers la fosse îuaque i laquelle répond le dos ; on suit le reste du côté drcût ou gauche, et on arrive sur les fesses ; on y accroche les pieds du bout des doigts, légèrement recourba , et on les entraîne à la vulve, pendant que de l'autre main on dirige la tête à droite et en arrière, si c'est le côté droit , ou à gauche et en arrière, si c'est le côté opposé. On tire ensuite un peu plus sut celui qui est au-^dessous du pubis , et on achève l'opération , conformément à la règle générale.

Dans la seconde position , où les pieds répondent à la symphyse saçro^iliaque gauche, la face antérieure du tronc décide encore du choix de la i^ain. Est-elle tournée vers la fosse iliaque gauche, on se sert de la main droite, et on fait sortir les pieds à gauche ; estelle tournée vers la fosse iliaque droite, on introduit la main gauche dans la matrice, on suit le côté gauche de l'enfant, et on fait sortir les pieds à droite.

Dans la troisième position , qui est. opposée à la première, les pieds sont situés vers la cavité cotyloïde gauche. Alors , si le côte droit se présente , ou si la face antérieure du tronc répond à la fosse iliaque droite du basân , on se sert de la main droite, qu'on introduit dans un état moyen entre la supination et la pronation sous la région qui se présente ; on suit le reste du côté droit de l'enfant , tandis que de la main appliquée sur l'hypoçastre, on tâche d'incliner les pieds vers Ja fosse iliaque gauche, oùTpn va les chercher. On les dégage de dehors en dedans , on les fait passer sur l'abdomen et on les entraîne à la vulve.

Si, au contraire, le côté gauche se présente, ou si la face anté-

DE LART DES ACCOycrfEMENS. %

rieure dû tronc répond à la fosse iliaque gauche, on se sert de la main gauche, qu^on introduit sous la re'gion qui se présente; on suit le reste du côté gauche pour arriver sur les fesses, pendant que de l'autre main on incline encore les pieds vers la fosse iliaque gauche du bassin ; on suit ces extrémités, et on les entraîne pour les faire sortir à droite en pelotonnant l'enfant sur sa face antérieure.

Dans la quatrième position , qui est opposée à la seconde, les pieds sont dirigés vers là cavité cotyloïde droite. Alors, si la face antérieure répond à la fosse iliaque droite, on se sert de la main droite, et on termine l'accouchement comme dans la première position des pieds. Si , au contraire, la face antérieure de l'enfant est tournée vers la fosse iliaque gauche, on va chercher les pieds avec, la main gauche , et on les fait passer sur le ventre pour les réduire à leur seconde position. U sufht de jeter un coup d'ceil sur le mannequin pour concevoir ces différentes manœuvres.

Lorsque les côtés de l'enfant se présentent de front du pubis au sacrum , ou transversalement d'une fosse iliaque à l'autre comme les auteurs le supposent , on réduit ces positions à celles que nous avons adoptées , et on opère suivant les règl«és que nous venons de décrire.

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