PRINCIPES ARTICLE V
De la position du Fœtus par rapport à la matrice et au bassin de la mere.
. Ï s’en faut bien que vers la fin de la grossesse, les dimensions du fœtus soient dans un rapport d’égalitéaveccelles de la matrice; en effet, ce viscère n’a guère alors qu’un pied de long sur sept à huit pouces de largeur en tous sens ; tandis que le fœtus à terme peut avoir de seize à vingt-deux pouces de long sur quatre ou six pouces de large, et La peu moins d'épaisseur. Fee Mais cette espèce de disproportion, qui est trèssensible pour la longueur, s’évanouit par l'attitude que le fœtus prend dans la cavité de la matrice, où toutes ses parties sont dans un état de demi-flexion, à peu près comme chez l’homme qui dort ou se repose. La tête est penchée sur la poitrine, la co-
lonne vertébrale courbée en devant ; les bras sont
pliés, les poings à demi-fermés , les cuisses et les jambes fléchies, les genoux écartés, les talons rapprochés et appliqués sur les fesses. et
Ainsi pelotonné, le fœtus se. réduit à une sorte d’ovoide, dont la longueur n "est que de neuf à dix pouces, et dont l’axe est plus ou moins incliné par rapport à celui de la. “matrice. C'était sous cette forme qu Hippocrate le comparait à une olive renfermée dans un bocal à col étroit et allongé : comparaison lumineuse, analogie exacte sur laquelle reposent le mécanisme de l'accouchement naturel,
la connaissance des obstacles qui s'opposent à cette: fonction , et la méthode de les écarter ou de les surmonter. Car on voit par là que l'enfant ne peut venir au monde sans offrir l’uné de ses extrémités à l'entrée du bassin, el que par conséquent il est arrêté, s'1l se présente en travers, à moins qu’une main secourable ne le rédresse, et ne le remette sur la voie.
On a beat ucoup disputé sur la situation du fœtus ue rapport au bassin de la mère, dans les diffé.
…. réntes époques de la grossesse. Des accoucheurs
même très-distingués, ne rencontrant pas la tête de l'enfant, ont prétendu qu'il était accroupi et comme assis sur la saillie sacro-vertébrale, la tête en haut et les pieds en bas jusqu’au septième mois. Suivant eux, il exécutait alors un mouvement ex: traordinaire ; la tête culbutait et se précipitait vers lé détroit supérieur du bassin, où elle restait jusqu’à l'accouchement, le front appuyé sur la saillie du saerüm. Mais que l'observation est loin d’être favotable à cette hypothèse ! L'ouverture des cadavres, dans Jes cas d’avortement, a presque toujours moniré que la tête du fœtus répondait au bassin, et qu'elle y était située diagonalement. D'ailleurs , cette extrémité étant la plus volumineuse et la plus pesante , ne voit-on pas que sa situation en haut pendant six mois sérait non-seulement incommode, mais encore entièrement opposée à la gravitation générale des corps ? Enfin, la longueur du fœtus, qui, à sept mois, l'emporte de beaucoup sur les di=
mensions latérales de la matrice , ne l’'empêcherait:
elle pas de culbuter, à moins qu’il ne fût environné
d’une très-grande quantité de liquide ? Dans ce cas-
là même, pourquoi n’aurait-il pas culbuté plusieurs
fois avant cette époque, et pourquoi, après ce mou-:
vement subit, le front resterait-il appliqué contre: Ja saillie du sacrum , tandis que les côtés de cet os
lui offr iratent des espaces bien plus conformes à sa
rondeur ?
La situation la plus naturelle du fœtus est donc
celle où la tête est placée diagonalement au détroit
“supérieur, de manière que l’occiput répond à l'une:
des cavités cotyloïdes , et le front à la symphyse sa-
cro-iliaque opposée ; c’est la plus conforme à la pe-! : OPP ; P
santeur et à la figure arrondie de la tête, ainsi qu'& ses rapports avec les parties correspondantes du
bassin ; alors les fesses , les cuisses, les jambes et les pieds sont situés en haut et plus ou moins inclines à la colonne vertébrale. Il peut arriver néanmoins
que ces extrémités se trouvent quelquefois en bas
et la tête en haut; maïs cette position insolite et non naturelle, que les partisans de la culbute ne:
sauraient expliquer , tient à l’excessive mobilité du
fœtus dans le commencement de la grossesse : mo—
bilité qui le fait pirouetter sans cesse jusqu’ à l’é—
poque où sa longueur excède les dimensions laté-?
rales de la matrice , et la force de garder constamm—
ment la même situation.
ARTICLE VI
De l'obliquité du Fœtus.
Dans l’ordre naturel, les trois axes du fœtus, de la matrice et du bassin se confondent ou sont dans un état de parallélisme complet; d’où il suit que cet ordre ne peut être interverti, sans qu'il y ait obliquité du fœtus par rapport à la matrice ou par rapport au bassin.
Le fœtus est oblique à la matrice, Lt son axe longitudinal s’'écarte de celui de ce viscère; de sorte que le dernier degré de cet écartement a lieu lorsque le fœtus est situé en travers dans la cavité de Ja matrice.
Les causes de cette obliquité tiennent ou à lagrande Capacité du viscère, ou au volume peu considérable du fœtus, ou à la grande ans du liquide qui Éisironne | |
On reconnoit l'obliquité du fœtus par rapport à la matrice , lorsque ce viscère étant dans sa situation naturelle , le doigt indicateur ne trouve ni la tête ni l'extrémité opposée au détroit supérieur; et lorsqu'en palpant l’abdomen, on rencontre lune à droite et l’autre à gauche. :
Cette situation est d'autant plus défavorable, qu’elle est plus oblique ; et l'accouchement est ab-solument impossible quand elle est transversale, à . moins qu’on ne la redresse ou qu’on ne rétablisse le parallélisme de l’axe du fœtus avec celui de la matrice. |
CS
Le fœtus est oblique par rapport au bassin, lorsque son axe longitudinal s’écarte de l'axe du détroit supérieur, et le dernier terme de cette obliquité a lieu , lorsque le fœtus est situé transversalement, la tête d’un côté et les extrémités inférieures de l'autre.
La principale çause de l'obliquité du fœtus par rapport au bassin, tient à l’obliquité de la matrice, parce que ce viscère entraîne toujours le fœtus dans ses mouyemens.
Il résulte de là que , la matrice conservant sa situation naturelle , le fœtus ne peut être oblique à ce viscère sans l'être au bassin, et réciproquement. Mais on conçoit tres-facilement qu'il peut être oblique par rapport au bassin, sans l'être par rapport à la matrice; ilsuffit pour cela que ce viscère, en devenant oblique au bassin, reste parallèle à l'axe longitudinal du fœtus. En général, c’est toujours une
complication défavorable que celle de l’obliquité du fœtus par rapport à la matrice, avec celle de ce VIS-. cère par rapport au bassin. Cependant, considérée séparément , la dernière est la moins fâcheuse, parce qu’il est plus facile de la corriger que la première:
ARTICLE VII
. Des dépendances du Fœtus.
Le foctus n’est point seul et isolé ail la sold de la matrice ; il y nage pour ainsi dire au milieu d'un liquide plus ou moins abondant; il tient à ce viscère
par le placenta où se préparent en partie les sucs que lui transmet le cordon ombilical, et'par les .
membranes qui lui servent d’euveloppe. Toutes ces dépendances ont été appelées secondines , non que leur formation soit postérieure à celle du fœtus , mais parce que dans l'accouchement, ellés sont pour l’ordinaire expulsées après lui; ce qui leur à fait donner aussi le nom à peu près synonyme d’arrière-faix.
Quant aux membranes qui enveloppent l'œuf, tous les physiologistes ne ont pas d'accord sur leur nombre, surtout depuis qué Guillaume Hunter a fait des recherches sur ce qu'il appelle membranes caduque et caduque réfléchie. Le professeur Chaüssier, dans ces derniers témps, x donné à ces der. nières le nom d’épickorion. Mais comme la véniération et la structure de cette double enveloppe sont encore fort obscures, et que d’ailleurs on ne les rencontre guère passé les premiers mois de la grossesse, nous croyons que la connaissance n’en est pas d’une indispensable nécessité sous le rapport. de l’art des accouchemens ; nous épargnerons donc A nos lecteurs l'ennui d’une discussion qui ne ferait qu'accroïtre ce volume, sans en augmenter l’atilité, et nous nous bornerons, dans cet article, à ce qui concerne les membranes chorion et. amnios, :le placenta, leseaux de l’'amniosetle cordon ombilical.
SECTION PREMIÈRE
dé Du Chorion et de l Amnios.
Le chorion » la plus extérieure des membranes qui eniveloppent le fœtus, paraît avoir plus d'ana-
xd PRINCIPES
logie avec le tissu fibreux qu'avec tout autre. Il adhère à la matrice dans la plus grande partie de son étendue , et sa face externe paraît recouverte d’une espèce de duvet ou de pulpe, dont quelques physiologistes ont pris les différens filets pour autant de vaisseaux lymphatiques, etd’autres, pour les fibrilles des prétendues membranes FAUnqUE) et caduque ré-
fléchie. Mais ne serait-on pas porté à croireque ce
duvet n’est qu’un tissu cellulaire extrêmement fin, qui unit le chorion avec la matrice pendant la grossesse ? Et quant au suc adipeux qu on trouve quelquefois dans le voisinage du placenta , ne paraitraitil passe former plutôt entre la matrice et le choriôn, qu’entre les prétendues lames de cette membrane, ou entre celle-ci et la caduque réfléchie de Hunter : ?
L’amnios appartient à l’ordre des membranes séreuses. Il est mince et transparent, un peu plus
épais et un peu plus ferme que le chorion, auquel
il est uni dans toute l'étendue de sa face externe
par un tissu cellulaire très-fin, tandis que sa face
interne, lisse et polie, est contigué au fluide qui baigne le fœtus. HAN Ces deux membranes, Loin fe End so une gaîne
au placenta , passent au contraire sous cette masse spongieuse , et se réfléchissent ensuite sur le coxdon :
ombilical, qu’elles accompagnent jusqu’à ce qu les
rencontrent la peau du fœtus. Suivant Hewsson , le
chorion s'enfonce aussi dans le plaeenta . c les
vaisseaux du cordon ombilical qu’il suit jusqu à leurs
dernières ramifications. Vers l’origine du cordon , ; #.
lamnios présente une espèce de repli falciforme dont les lames s’écartent, quand on extrait le placenta ,.et forment une vésicule que: quelques anatomistes ont prise pour l’a/lanioïde ; opimon qui paraîtrait avoir quelque fondement, :si V’ouraque
: dans le fœtus humain était creux, comme dans
celui de quelques animaux. Au reste, toute discussion ne sérait ni moins oiseuse ni moins inutile sur cette membrane, que sur la scies M ou le caduque réfléchie de Hunter. à ro:
Une remarque bien plus Mhoitalts noür É pra-
tique , c’est que le chorion: et l’amnios peuvent être
trop denses et trop serrés, ou trop ténus et trop läches; de là des accidens qui, quoique: opposés,
n’en sont.pas moins dangereux pour la mère et pour lenfant. Dans le premier cas; la résistance de ces
membranes peut rétarder et même empêchér l’ac-
couchement ; dans le second, si l’orifice utérin s'ouvre de bonne heure, les eaux de l’amnios, en
‘s’écoulant prématurément , peuvent. occasioner
une fausse couche; et si les membranes résistent
au poids de ce liquide jusqu’au commencement du travail, elles peuvent céder à l’effet des premières douleurs et rendre l’accouchement beaucoup plus
pt
long, parce qu’elles ne peuvent plus former une poche qui contribue à dilater l’orifice de l'utérus.
SECTION II
Lu Du Placenta.
Le placenta’, ainsi appelé , à cause de sa ressem-
130 ; PRINCIPES e
blance avec nne sorte dé gâteau, n’est, suivant certains physiologistes , qu'un amas des houppes tomenteuses qui revêtent le chorion au commen vement de la grossesse, |
La surface externe ou utérine ; lépérementcon- HR en est recouverte d’une membrane assez dé-
dicate ; ‘sous laquelle on n'apercoit que de légères
sinuosités, mais qui se déchiré avec la plus grande facilité, quand on roule le placenta sur lui-même, de sorte que les lobes dont il ést composé, ! ét qui ne sontunis que par un tissu cellulaire très-fin, se séparent alors; ét offrent une structure inévale, et profondément sillonnée. qu La surface interne ou fœtale, au contraire, en est ferme , lisse, polie, et légèrement concaäve ; elle adhère fortement au chorion, qui, conjointement avec l’ammios, recouvre l’admirable plexus vasculire, d’où le cordon ombilical tire se récinel Les dimensions du placenta varient, suivant la constitution de Ja femme, la vigueur de l'enfant et le lieu de la matrice où ce corps est greffé. Au terne de l'accouchement , il à un pouce où quinze lignes
dé épaisseur à son centre, et un peu moins vers ses
bords; la largeur en est de sept à huit pouces ; et par conséquent la circonférence de vingt: un à vingtquatre. Il est alors béaucoup plus petit que le ! Fe tandis qu'il est proportionnellement plus vol neux que lui au commencement de la Hi ce qui est bien digne d’être D
Mais les principales variétés qu’on ÿ remarque
tà CAN
sont relatives à sa couleur, à sa formé, au lieu de. la matrice où il correspond, à l'insertion du cordon ombilical et au nombre des fœtus.
La couleur en est ordinairement rougeâtre , mais elle peut devenir plus ou moins foncée , suivant les indispositions ou les accidens que la femme a éprouvés pendant la grossesse. La phthisie où le virus vénérien invétéré peuvent en occasioner le décollement partiel, d'où résultent des taches noirâtres , ou des ecchymoses plus ou moins étendues.
On a rencontré des placenta échancrés et semblables à des reins. La forme en est néanmoins le plus souvent circulaire, quelquefois ovale, et toujours aplatie. On en a vu qui étaient séparés en plusieurs lobes, qu’on eût pu prendre pour autant de placenta distincts, sans leurs communications membraneuses et vasculaires. \
Le lieu de la matrice où il s'implante n’est point fixe. Le plus communément il en occupe les régions moyennes, sans qu'on puisse néanmoins lui attribuer l'obliquité de ce viscère. Il est très-rare qu'il s'attache au fond, ou au col, et surtout à l’orifice utcrin.Lorsque cela arrive, on observe qu'il est moin svolumineux qu'à l'ordinaire, et le doigt peut facilement en reconnaître la situation, même avant l'accouchement : mais dans tout autre Cas, le lieu dé son implantation est seulement indiqué par la direction du cordon ombilical, sur lequel on fait des tractions après l’expulsion des fœtus. I serart aussi indiqué par la distance de l'ouverture des
membranes au placenta, . si cette ouverture répon-
dait constamment au centre de l’orifice utérin. Le cordon ombilical s’insère tantôt vers le centre,
tantôt vers les bords du placenta, n'importe le point
: de la matrice où cette masse répond : de là des pla-
centa en parasol ou en raquette. Dans certains Cas,
les vaisseaux ombilicaux ne se rendent au placenta
qu'après avoir parcouru une certaine étendue des membranes, et après avoir formé un plexus qui se dirige ensuite vers l’un de ses bords , Ou une espèce de ceinture qui en embrasse la moitié de la circonférence. |
Quel que soit le nombre des fœtus dont la 2 sesse se compose, ils ont tous des placenta distincts; mais quoique ces corps soient contigus dans une certaine étendue, ils n’ont cependant aucune communication entre eux, puisque linjection ne peut pénétrer de l’un à l’autre : disposition avantageuse, d’après laquelle un des fœtus peut être malade ou perdre la vie, sans compromettre le salut des autres. J'outefois 1l est bon d'observer que cette disposition n'est que genérale et non universelle; car des pra= ticiens A et dignes de foi, tels que Smellie et nombre d’autres praticiens plus modernes encore,
assurent avoir vu les artères ombilicales de deux
jumeaux. communiquer entré elles, même à plein canal, sur la surface fœtale du placenta; et le 4
après la section du cordon d’un. premier enfant , jaillir par saccades sous l'influence du cœur d’un second.
On a long-temps disputé sur les moyens d'union du placenta avec la matrice. L'observation rejette toute ‘espèce d’anastomose entre leurs vaisseaux, ainsi que toute espèce d’engrenure mamelonnée entre leurs surfaces. Un tissu cellulaire plus ou moins dense paraît être le seul moyen intermédiaire qu’on puisse admettre. La surface du placenta présente aussi des cavités ou aréoles correspondantes aux sinus utérins ; cavités qui disparaissent par le décollement des surfaces contiguës, et dont les bords affaissés n’ont plus que l'apparence d’une déchirure. D’après ce. mode de communication, le sang de la mère est déposé par les artères utérines dans le placenta, où il s’élabore et se convertit en un suc nourricier que pompent ensuite les radicules de la veine ombilicale, pour le distribuer au fœtus.
Ce n’est donc pas sans raison qu'un auteur appelle le placenta le poumon physiologique du fœtus, puisque l'usage et la fonction de ce corps spongieux sont si analogues à ceux de l'organe respiratoire chez l'enfant après la naissance.
SECTION II
Du Cordon ombilical.
D'où vient qu’on à donné le nom de veine au vaisseau qui porte la nourriture au fœtus, et celui d’artères aux vaisseaux qui en rapportent le superflu u à la mère ? Concoit-on pourquoi le langage anatomique , généralement adopté pour désigner les canaux où le sang ‘circule, admet pour ces trois
vaisseaux seulement une! exception ge cadre si peu avec leurs fonctions ?
Quoi qu'il en soit, si l’on n’a égard qu’à la pro: gression des fluides , la veine ombilicale qui , selon Millot, n’est qu'une branche de la veine-porte de l'enfant, et qui, selon d’autres, prend ses racines dans le plexus vasculaire du placenta, se dirige vers le nombril du fœtus. Parvenue derrière l’anneau, elle quitte les deux artères ombilicales dont elle était accompagnée, et s'élève jusqu’à la scissure du foie, le long de la grande faux du péritoine. Là, elle se bifurque , et l’une de ses branches plongé dans le sinus de la veine-porte, tandis que l’autre, sous le nom de canal veineux, se rend dans la veinecave ascendante. Celle-ci se dégorge ensuite dans le cœur, qui, en se contractant, pousse le sang jusqu'aux extrémités.
Les artères ombilicales ne sont qn’une continuation des artères iliaques profondes ou hypogästriques qui, de la partie postérieure de la vessie, se dirigent avec l’ouraque vers le nombril; de là elles se rendent, en rampant le longs de la veine ombilicale, jusqu’au-dessus des membranes où elles se divisent en une infinité de branches, dont le plus grand nombre versent le sang dans la substance même du | placenta, et quelques unes seulement s’anasto sent avéc les radicules de la veine ombilicale. ® ” Contournés les uns sur ‘les autres et fortement liés par le tissu cellulaire du chorion , ces trois vaisseaux se réunissent en une éspèce de cordon qu'en
weloppent lesmembranes. La veine ombilicale ,plus
grosse que les deux artères prises ensemble , se.
replie souvent sur elle-même , et forme des anses ou des nœuds qui la font paraître variqueuse. Les deux artéres se réunissent quelquefois en un seul tronc ; d’autres fois elles communiquent ensemble par des branches intermédiaires. Il est néanmoins fort rare que ces vaisseaux se ramifient.
Le cordon ombilical paraît entièrement insen-
sible , de même que le placenta et les membranes;
le scalpei de l’anatomiste n'y découvre aucune trace de nerfs. Ils paraissaient également dépourvus de vaisseaux lymphatiques.
La grosseur, la longueur et la fermeté en sont très-variables. Tantôt il est grêle, maigre et comme desséché ; tantôt, au contraire ; pâteux et infiltré ; son volume égale quelquefois le bras du fœtus » Sans avoir pour cela plus de solidité. On y a trouvé une anse d’intestin, lorsque le fœtus était affecté de hernie ombilicale en naissant.
: Dans la grossesse composée, chaque fœtus a ordinairement son cordon ombilical ; et lon ne: cite qu'un ças rapporté par Méry, où les cordons: de deux jumeaux, réunis au milieu de leur trajet, se confondaient en un seul ayant leur insertion : au placenta.
La longueur du cordon est ordinairement de viigt à vingt-deux pouces, terme moyen qui, quel quefois, s'éloigne beaucoup des extrêmes. Baude= locque en à rencontré qui n’ayaient que six pouces,
FAN PRINCIPES 1e 44 tandis que d autres en avaient quarante-huit. L'Héritier en avait observé un de cinquante-sept pouces k et Gardien en cite un autre de cinq pieds. $
Trop court, le cordon ombilical est sujet au tiraillement pendant la grossesse, surtout quand la matrice contient beaucoup de liquide ; de là le décollement total ou partiel du placenta, quelquefois aussi la rupture des vaisseaux, l'hémorragie et l’avortement; de là encore le renversement de la matrice après l'expulsion du fœtus, si le pois adhère trop fortement à ce viscère. |
Trop long, au contraire, le cordon peut s'entortiller autour du corps , du col ou des membres du
fœtus. On en a vu qui étaient noués en plusieurs
endroits ; d’autres qui s'étaient entrelacés au même endroit en forme de natte; sans qu'aucune de ces bizarres dispositions eût jamais paru nuire au développement ni à la santé du fœtus; ce qui est entièrement contraire a l'opinion de Smellie et de Levret. | Discuterons-nous maintenant si le fœtus peut exister dans la matrice sans cordon ombilical ? A la vérité , quelques observations sembleraient prouver que cela n’est pas hors de vraisemblance. Ainsi,
Heister rapporte qu’un enfant vint au monde sans aucun vice de conformation, quoiqu 1l eùt le cor.
don ombilical entièrement pourri. Stalpart Van- Derviel dit aussi avoir vu à La Haye un enfant de quinze mois qui était né sans nombril et sans aucun vestige de cordon ombilical. Enfi n,' on cite des
LE
enfans dont le nombril était entièrement bouché à l’époque de leur naissance. Mais de tels faits, pour * mériter quelque confiance, ne devraient-ils pas être’. plus exacts ou avoir au moins pour garans des auteurs du plus grands poids et d’une véracité à toute épreuve ? Or, quels détails a-t-on sur l'enfant dont parle Heister ? Etait-il vivant ou mort, quand il est venu au monde ? Les vaisseaux ombilicaux élaient-ils pourris , ou n’était-ce que le tissu cellulaire? Voilà ce qu’on ne dit pas, et ce qui serait cependant nécessaire pour prononcer. Quant aux autres observations, quel cas peut-on en faire lors qu'on sait que leurs auteurs ont sacrifié la vérité au plaisir de débiter des choses merveilleuses ?
SECTION IV
De l'eau de lAmnios.
L’eau qui baigne le fœtus dans la cavité de la matrice peut être considérée par rapport à ses qualités physiques et chimiques, à son origine et à ses usages.
Le volume absolu de ce liquide admet presque autant de variétés qu’il y a de femmes grosses. Certaines en rendent deux ou trois livres et même davantage ; d’autres, deux ou trois onces seulement. Il est toujours plus abondant lorsque la femme est sur le point d’accoucher, tandis qu’au contraire la quantité relative n’en est jamais plus considérable que dans le commencement de la grossesse, parce
ET
de : CU.
que le fœtus est alors très-petit et presque LrAPEUT ceptible. x |
La pesanteur. spécifique de Peau de l'amnios ne. surpasse 9 ouère celle de l’eau ordinaire. ;
La température en est presque toujours çonstante et à peu près la même que celle de l’animal vivant ; elle ne varie qu'entre vingt-neuf et trente ou trente-un degrés. |
La couleur en est ordinairement claire et transparente, l'odeur fade et douceätre , la saveur légerement salée; elle est quelquefois trouble, Hi ss verdätre ou noirâtre, trés-fétide, et tellement. piquante ou acrimonieuse, que le doigt de l'accoucheur en ressent l’impression, Cela tient le plus souvent à la présence de quelque matière étrangere, comme du sang ou du méconium, à la putréfaction du fœtus, ou à quelque affection de la mère; on l’observe néanmoins , quoique l’un et l'autre se © RP tent bien.
Quand on agite l’eau de l’ammnios , elle mousse comme toutes les dissolutions gommeuses. Evaporée, elle laisse un résidu qui contient de l’albumine, de la soude , du muriate de soude et du phosphate de chaux. Selon quelques chimistes, passé les pre miers mois de la grossesse, l’albumine dégénère, et dépose un sédiment qui produit la croûte ou l’enduit onctueux dont le nouveau-né est recouvert. Cette opinion est d'autant plus vraisemblable, qu'elle paraît conforme à l’obsérvation ; car cette couche ne se rencontre jamais chez les avortons qui naissent
À é YU LÀ |
DE L'ART DES AGCOUCHEMENS. 145 avant le sixième et le septième mois de la grossesse ; et chez les fœtus qui viennent à terme , elle manqué lorsque l'eau de l’amnios est claire , tandis qu'elle acquiert plus ou moins d'épaisseur où d’étendue , lors: que ce liquide est trouble et bourbeux.
Quelle est l’origine de l’eau de l'amnios ? vient-elle du fœtus où de la mère ? D’abordelle existe ; lorsque le fœtus est encore imperceptible, et la quantité relative en est même d'autant plus considérable que la grossesse est moins avancée, ce qui prouve qu’elle n'est pas le produit de la transpiration fœtale; ensuite on ne peut lattribuer à la sécrétion de l'urine , puisque le fœtus ne laisse pas d’en être environné, malgré, l'imperforation de la verge ou du méat urinaire ; joint à cela que le sac, où la plupart des * môles sont contenues, en est toujours rempli. D'un autre côté, l’eau de l’amnios devient jaunâtre, lorsque la femme fait usage de safran, et ce liquide acquiert la propriété de blanchir le cuivre lorsqu’elle reçoit des frictions mercurielles : preuve manifeste du rapport qui existe entre ce liquide et ceux de la mère, D'ailleurs, les expériences de Monro n’ontelles pas suffisamment démontré l'existence de vaisseaux exhalans sur la surface de l’amnios ? Pourquoi donc cette membrane, de même que la plèvre, le péricarde et le péritoine , ne serait-elle pas regardée comme la source du liquide qu’elle contient ? Les fluides séreux fournissent à l’analyse les mêmes produits que lean de l'amnios. Il est donc trèsvraisemblable qu'ils sont de même nature ;etsilya
140 | PRINOIPES
quelque différence, c’est parce que celle-ci S’accumule autour du fœtus , au lieu que les fluides séreux sont résorbés sur-le-champ. Mais l'absence des absorbans sur les membranes des animaux vivipares et ovipares, explique assez ce phénomène , sans détruire l’analogie qui paraît exister entre l’amnios et les membranes séreuses. ist
… Quant aux nsages. de l'eau de Pamnios, FE au-
teurs anciens et même assez modernes " re
que ce liquide inspiré ou avalé sert à rafraichir ou à nourrir le fœtus. Mais cette hypothèse est si contraire à la saine physiologie, qu’elle ne saurait mériter une sérieuse réfutation. Il est bien plus naturel de considérer les eaux de l’amnios comme un moyen dont Ja nature se sert pour mettre la mère
et le fœtus à l'abri des accidens qu'ils courent pen-—
dant la grossesse, tels que les chutes'et l'impression des corps externes; pour. empêcher l’adhérence du fœtus avec ses enveloppes, ou celle derses. membres avec le tronc ; pour favoriser la dilatation de la matrice pendant la grossesse et celle de son orifice pendant le travail de l’accouchement ; peut-
ètre aussi pour humecter.les po de la génération |
et faciliter l'expulsion de l'enfant.
Mais, pour produire tous ces be ,; l'eau dé;
l'amnios doit être dans une certaine proportion avec
le volume du fœtus: Car si la quantité en est exces— sive ; Ja grôssesse devient pénible, et le, fœtus prend
oo de mauvaises positions; le cordon ombilical s'échappe dès. que les membranes sont rom-
DE L'ART DES, ACCQOUCHEMENS. 147 pues ,‘et le travail est retarde, ou la matrice tombe dans l’inertie. Dans le cas contraire , les mouvémens du fœtus sont.plus bornés , même génés ; la gros sesse devient .incommode, douloureuse ; Pavortetement!est à craindre.
Les :accoucheurs. pensent: qu ] peut s'amasser entre les membrañes une certaine quantité de sérosités qui portent le nom, de fausses eaux ‘et qui S’écoulént quelquefois ayant gone: mais ilest certain que les membranes n’ont présenté au Cun-écarbernent chez les femmes sujettes à ces sortes d’écoulemens prématurés. D’ ailleurs, ne serait-il pas possible; comme des auteurs Vobauvent qu’on eût.pris pour de fausses eaux l'urine que la peus rendinvolontairement vers,la fin de la grossesse , Où même l’eau qui sort de la cavité des membranes, lorsqu'elles ont été rompués au-dessus de l’orifice utérin ; ou enfin:le liquide contenu dans les enveloppes d un autre fœtus mort et dissous BéR de temps Rate Ja conception ?
ARTICLE VIIE De la } progression de fluides chez Le œtus.
Schreger, en Allemagne, considérant que le tan ne se développe pas toujours dans la mairice , mais quelquefois dans les trompes, dans l’ovaire, ou dans l'abdomen , n’admet pour tous ces cas qu’un mode général de circulation. I] pense donc que dans la gros sesse ; soit utérine , soit extra-utérine, le placenta ne reçoit.de la mère que des fluides séreux qui, pom-
pés par les vaisseaux lymphatiques du cordon. om bilical, sont portés successivement dans le canal thoracique du fœtus, dans la veine souclavière gauche, dans Ja veine-cavé supérieure, dans l'oreillette. droite , dans le ventricule pulmonaire , dans le canal
artériel , dans l'aorte et dans toute Péconomie. Sui-
vant cette étrange et singulière doctrine, les radicüles de la veine ombihcale , privées, comme tous les vaisseaux du même ordre, de la faculté d’absor-
ber, sont réduites à charrier Îles fluides qu’elles
recoivent des artères ombilicales ; done le placenta n’est considéré que comme un prolongement du fœtus, où le sang se dépouille de son carbone et de toutes ses parties hétérogènes , comme dans les pouions et'à la surface du corps chez l’homme qui respire. |
On ne éaurait néanmoins disconvenirque ce mode de ciréulation entre la mère et l’enfant ne soït fondé sur quelque analogie ; mais ne sait-on pas aussi que ce genre de preuve est souvent trompeur ; Ou con duit à de faux résultais ? Et, dans ce cas-ci, n'est-il pas formellement contredit par l’anatomie et par l'observation ? D’abord, on n’a ‘point encore découvert des vaisseaux lymphatiques dans le cordon ombilica}, quoique {Kruikshank et Mascagni aient démontre que ceux dela matrice se prolongeaient jusque dans la portion utérine du placenta: En second lieu, les hémorragies qui accompagnent. toujours le découlement brusque de cette masse spongieuse, sont une prenve évidente que le sang y
passe en nature des artères utérines. Concluons donc-que cette nouvelle opinion repose sur des bases plus hypothétiques que démontrées , et ‘plus imaz ginaires que réelles.
I n’en est pas ainsi de la théorie généralement admise par les physiologistes; ceux-ci pensent, au contraire, que le sang et le suc préparé dans le placenta pour l'aliment du fœtus , y est absorbé par les radicules de la veine ombilicale y qui le transmet ensuite jusqu’à la surface concave du foie. Là , une portion en est détournée au profit de ce viscère; et, après s'être mêlée dans la veine-porte avec le sang qui revient de l'abdomen , elle-ést reportée pariles veines hépatiques dans la veiné-cave inférieure où se dégorge aussi le Canal veineux qui est la conti nuation de la veine ombilicale,
Arrivé au cœur, de fluide nourricier. se méle:en partie avec le sang que lorexljette droite reçoit de la veine-cave supérieure, où passe tout entier dans l'oreillette gauche par le trou de Botal; cette oreillette le verse dans le ventricule du mêmecôté, qui le chasse dans l'aorte et ses divisions. Ge tronc artériel Je conduit ensuite à la tête et aux membres ihoraciques. Revénu dé ces parties dans :la veinecave supériéure; il est réversé dans l'oreillette et le ventriculé droits , d’où il est. projeté dans l'artère pulmonaire. Celle-ci, non loin du cœur, envoie deux trés-petites branches aux poumons , et se pro: longe sous le nom de canal artériel jusqu’à l'aorte descendante, dont les ramifications le distribuent à