‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 4)Chapitre 16 sur 63 · RAT · texte numérisé non relu

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cien se garde bien de partager cette opinion. Il n’1- |

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lentes, et même d’une hémorragie assez considérable pour exiger des précautions.

Quatrième Phénomène du travail actuel.

. De la formation et de la rupture de la poche des eaux.

La matrice ne peut se contracter ou se resserrer sans agir sur les eaux de l’amnios ; mais ce liquide ; incompressible par sa nature, ne peut se réduire à un moindre volume ; d’où il résulte nécessairement qu'il doit tendre à s'échapper par l'endroit qui lui offre le moins de résistance. Il s’écoulerait donc aussitôt que l’orifice de l’utérus commence de se dilater , s’il n’était arrêté par les membranes, qui lui cèdent néanmoins à cause de leur extensibilité naturelle, et forment une espèce de sac ou de poche plus ou moins révulière, suivant la figure et la situation du col utérin.

. La poche des eaux est donc encore un effet im médiat du travail de laccouchement; ce qui le prouve, c'est qu’elle se durcit ou se ramollit, selon que la matrice se contracte ou se relàche. Cette poche est arrondie, {conoïde ou cylindrique , lorsque l’orifice répond au centre du bassin, et se

dilate uniformément ; elle est au contraire irrégu-— lière, échancrée, aplatie, ovale, lorsque l’orifice s'applique contre les parois du bassin , ou séloigne de la figure circulaire. Semblable à un boyau , elle s’allonge d'autant plus dans le vagin, que le col offre plus de résistance, et que les membranes sont d’une contexture plus lâche: on dirait

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210 PRINCIPES fi

alors que c’est un pied où un bras du fœtus qui se présente. | FE La pratique enseigne que la poche des eaux déborde rarement l’orifice de l'utérus, avant qu'il soit assez dilaté pour laisser passer la tête, ou avant

u’il aîit acquis la largéur d’un écu de six livres. q ;

C’est même un précepte assez général d'attendre jusqu'à cette époque pour donner issue à l’eau de

l’amnios, à moins que ce liquide n’ait déjà forcé la

\ CENT | Ê e e - ñ barrière membraneuse qui le contient. .

Cette poche s'accroît graduellement et augmente

de volume à mesure que le travailavance; enfin, il

arrive un moment où, à force de se distendre, elle

parvient à la dernière limite de son extensibilité naturelle , et alors il faut nécessairement qu’elle cède, soit au poids des eaux qu’elle renferme , soit aux contractions utérines devenues plus énergiques. La rupture en ést presque toujours brusque et inatten-

due : elle ést accompagnée d’une explosion plus ou ; pas DAS IOMR moins bruyante, et suivie d’un flot de liquide qui jaillit à une assez grande distance; la vulve en est.

inondée. | |

Les membranes étant d’une contexture plus ou

moins lâche, cèdent avec plus ou moins de facilités aux efforts de la matrice, etinfluent diversement sur

la durée du travail. Viennent-elles à se rompre dès lés premièrés douleurs , la matrice reste pour Por

dinaire dans l'inaction jusqu'à ce que les eaux se

soient entièrement écoulées; ce qui retarde plus où

moins l'accouchement. Outre cela, lorsque les dou=

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leurs se réveillent, la tête du fœtus porte immédia= tement sur.le col de la matrice , qu’elle entr’ouvre avec violence. Ce n’est plus un liquide dont la douce et molle pression dilate graduellement l'orifice uté-

. in; c'est au contraire un coin solide qui en écarte les (EUR les irrite et quelquefois les déchire. Quelles souffrances pour la mère ! D’un autre côté , l’eau de lamnios n’etant plus dans la matrice, pour en émousser ou modérer la force expultrice, le fœtus doit nécessairement la supporter toute entière. Il doit donc être serré de toutes parts; le cordon ombilical est comprimé, et ne recoit plus une seule goutte de sang ; la circulation:s’arrète , l’apoplexie et la mort sont à craindre. Si par malheur la poche des eaux se rompt, avant qu’une des extrémités du fœtus se soit engagée convenablement au détroit supérieur, l'accouchement est impossible sans les secours de Vart. Que de difficultés alors pour l’accoucheur, surtout lorsqu'il a long-temps attendu après l’écoulement des eaux ! que de tourmens encore pour la mère ! que de risques pour le fœtus !

Des accidens non moins graveset non moins. dangereux sont à craindre, lorsque les membranes trop dures ou trop denses retardent l'accouchement. Alors, si c’est la tête du fœtus qui se présente, elle s’enveloppe de la poche des eaux qu’elle entraîne , et parait hors de la vulve comme coiffée d’une espèce de casquette, dont la superstilion ne manque pas de tirer d’'heureux présages pour l’enfant. Mais l’accoucheur instruit est loin de s'arrêter à de tels oracles. .

212 PRINCIPES L'expérience lui apprend qu'alors le placenta, trop brusquement décollé , expose la mère à périr d'une hémorragie foudroyante , ou que cette masse spongieuse, trop fortement adhérente à la matrice ; peut entrainer et renverser le fond de ce viscère. Enfin, . il n’ignore point que les membranes dont la tête du fetus est recouverte , forment un voile impénétrable à l’airextérieur , et empêchent ouretardent la respiration. L'enfant risque donc de suiloquer, s'il n’est promptement secouru, et d’expirer, pour ainsi dire, aux portesde la vie ;en faisant mentir son horoscope. La poche des eaux peut se rompre au centre ou vers les bords de l’orifice. Dans le premier cas; tout le liquide situé au-dessous de la tête s'écoule d’un seul jet par la crevasse; et si les contractions utérinés sont très-violentes , si la tête est très-basse et très-volumineuse ; en un mot, si elle s’adapte parfaitement au col de l'utérus, le reste du liquide retenu vers le : fond ne sort qu'après l'expulsion de la tète ou même. après celle du tronc. Au contraire, lorsque la tête. ne forme pas un tampon assez exact POUT boucher le. col, l'eau continue de couler jusqu'à ce que la matrice s'applique immédiatement sur le corps du fo tus. Dans cet intervalle, les douleurs sont faibles Le travail languit , la tête semble s'éloigner de l'ori= | fice , et le fœtus remonter vers le fond ; la femme se vefroidit, si l’on n’a pas soin de substituer des-linges | secs à ceux qui sont humides. Gette espèce d'inertie | est d'autant plus longue, que les eaux s'écoulent | plus lentement. Pour ‘hâter le retour des contrac- |

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DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 213 tions utérines, Puzos recommandait alors de sou- ‘lever la tête de l'enfant , afin de favoriser l'expulsion du liquide qui restait dans la matrice : pratique des lus efficaces, surtout après les douleurs passagères par lesquelles la matrice semble se ranimer et révemir de son engourdissement. | S1 les membranes se déchirent vers l'un des bords de l'orifice ou au-dessus, il n’y a qu'une portion des eaux de l’amnios qui s'écoule, et la poche de ce liquide ; loin de disparaître complétement , se distend et se durcit encore de nouveau à chaque douleur. Le moyen d’empécher que cette rupture incomplète ne prolonge le travail et ne cause des accidens , est de déchirer la nouvelle poche des eaux, comme si : elle était entière.

SECTION Ir.

Des signes Sÿmpathiques et concomitans du travail de l’Accouchement.

Nous venons de voir que le travail de l’accouche: ment n’était qu'une suite de douleurs ou de contractions utérines, dont l'intensité, la fréquence et la durée augmentent depuis le commencement jusqu’à la fin, et dont les effets deviennent de plus en plus sensibles, soit pour là femme , soit pour l’accou- cheur. D'abord , c’est lorifice de l'utérus qui se dilate, pendant que son bord s’'amincit; ensuite les membranes se distendent et se déchirent ; les eaux de l’amnios s’écoulent y et toute la matrice se resserre; peu de temps après, l’une des extrémités du

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fœtus’ s engage au détroit supérieur , traverse l’orifice utérin, et parcourt la cavité pelvienne , en dilatant lé vagin , ou bien elle arrive au passage avec le col de la matrice dont elle est entourée. Cette e trémité du tronc franchit la vulve, et le reste bientôt après; l’enfant respire, et la plus grande partie de l'accouchementest terminée.

Cependant la matrice continuant encore de se contracter, s'applique immédiatement sur l’arrièrefaix et l'expulse. Les douleurs que la femme éprouve

pendant ce second travail , sont beaucoup plus foi-

bles que les premières. QUGRES tranchées surviennent encore dans la journée ou les j jours suivans ; ce sont de nouvelles douleurs qu’occasione l expulsion des caillots de sang ou des lochies:

Tel est l’ordre dans lequel se succèdent les prin-

cipaux phénomènes de l'accouchement, ou les ef- : forts que la matrice fait pour se débarrasser du pro- . duit de la conception. Mais que de changemens ne s’opère-t-il pas en même temps dans toutes les fonc-.

tions de l'économie animale ! Au début du travail, la” femme éprouve une espèce de resserrement inté-

rieur qui la trouble, et qu’elle a peine à sphnol

tout son corps frémit et semble s’ébranler; le pouls se ralentit, la respiration est plus gènée ‘; Al y a de

l'anxiété ; la digestion est interrompue; plus d'appétit, mais des nausées , des vomissemens , quelque- |

fois une soif ardente; le visage pälit et s’altére ; ke

peau est sèche ou couverte d’une humeur légèrement ‘yisqueuse ; la femme sngai " s'agite g #4? Ÿ sw

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tourmente; élle'ne sait quelle posture garder; ses membres semblent lui refuser leur service ordinaire ; on dirait que les forces vitales abandonnent tout l’organisme en général, pour se concentrer vers le systéme utérin; où doit s’'accomplir le yœu de la nature, la naissance. de l’homme. ( |

À une époque plus avancée , lorsque la poche des “aux est bien formée , et que lorifice est entièrement dilaté, il s'opère une réaction générale ; alors le pouls se réveille , et acquiert plus de vitesse et de force, sans cesser d’être régulier ; la respiration se presse et devient haletante ; la chaleur se ranime et se répand de toutes parts; le visage se colore, les yeux paraissent étincelans ; la peau s’humecte , et se couvre quelquefois de sueur. Tantôt la femme balbutie ou tient des propos qui annoncent un lécer délire ; tantôt elle parait comme absorbée et plongée dans un état de somnolence, d’où elle n’est retiréesque par la vivacité des douleurs. |

Cette espèce de trouble ou d’agitation est à son comble, lorsque les membranes > Venant à se rompre, produisent une détente générale et un calme qui n'est que de courte durée : la matrice semble né se reposer quepour acquérir de nouvelles forces. Bien tôt la femme se plaint de crampes ou de tiraillemens à 14 partie antérieure ou interne de l’une des cuisses 3 signe manifeste que la tête ou toute autre partie du fœtus s'engage au détroit supérieur , et comprime les rameaux nerveux qui passent sous l’arcade crurale! ou par le trou soupubien.

et

Cépendantla fin dutravailapproche deplusenplus, etles douleurs se succèdent avec plus de rapidité ; la tête roule dans l’excavation du bassin , et comprime le rectum ainsi que les nerfs sacrés ; de là l’excrétion involontaire des matières contenues dans lectrélé de l'intestin , ou le besoïn illusoire d’aller à la garderobe ; de là aussi ces crispations ou ces douleurs aiguës que la femme éprouve à la partie postérieure de la cuisse, de la jambe et jusqu’à la plantedu pied; -on dirait qu’on lui arrache la fesse, qu’on lui déchire le mollet ou qu'on lui ronge le pied. Enfin , la tête va franchir les tubérosités ischiatiques; le coccix est refoulé ; l'anus forme un bourrelet en arrière ,etle méat urinaire fait saillie sous le pubis: Déjà le périnée se tend et se relâche; l’orifice du vagin sentr'ouvre; bientôt le cuir chevelu paraît et disparaît tour à tour ; à chaque nouvelle douleur il en sortun plus grand segment, mais pour rentrer encore ; a cause de l'élasticité du périnée qui le repousse ; les caroncules myrtiformes disparaissent, les nymphes i s’écartent , et les grandeslèvres, complètement déri-. | dées et amincies , enveloppent la tête en forme de couronne. Alôrs la matrice fait un dernier eflort; : +4 douleur est vive ; le frein se déchire ; la femme jette | un cri perçant, soulève le siége, et lance successi- | ‘vement hors de la vulve la tête, les épaules etleitrone de l'enfant. Ce moment, le plus douloureux du tra- | vail, est suivi d'un calme beaucoup plus long et plus : parfait que le précédent ; la femme ne goûte plus qu’un délice ou-un plaisir inexprimable, celui d’être |

pr

mére. L’expulsion naturelle de l’arrière-faix , qui a

heu quelque temps après , trouble à peine cet état, et cellé des lochies est encore moins douloureuse.

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