‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 4)Chapitre 18 sur 63 · PRINCIPES SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

PRINCIPES SECTION PREMIÈRE

Du mécanisme de P AecouhonEbt naturel dans la position occipito-antérieure gauche, ou première du sommet de la téte.- : He | Dans cette position, l'occiput ou la fontanelle postérieure répond à la cavité cotyloïde gauche, et le front ou la fontanelle antérieure à la symphyse sacro-iliaque droite ; la suture sagittale se dirige donc obliquement de gauche à droite; les deux branches de la suture lambdoïde regardent , l'une la fosse iliaque gauche , et l’autre, le pubis du même côté ; la suture coronale se porte obliquement en arrière vers la fosse iliaque droite. La nuque, le dos et les fesses sont tournés vers la partie antérieure gauche de la matrice; le visage, la poitrine et les genoux, vers la partie postérieure droîte de ce viscère ; les pieds et les jambes vers son fond. | Avantle travail, le diamètre occipito-mentonnier M | et le diamètre perpendiculaire de la tête, sont, l’un oblique et l’autre parallèle à l'axe du détroit supé- : rieur ; tandis que le diamètre transversal et le diamètre occipito-frontal , se confondent avec les deux diamètres obliques du même détroit; d’où il suit que, toutes choses égales d’ailleurs , la tête ne pour rait franchir l'entrée du bassin , sans éprouver quels que difficulté, si elle demeuroit fixe et immobile dans cette position ; car le diamètre oblique du détroit supérieur ne surpasse le diamètre occipito-frontal de la tête qui lui est correspondant, que d’un

quart de pouce où de trois lignes ; et cet excès est insuffisant pour prévenir les frottémens occasionés par l'épaisseur du cuir chevelu , par celle du col de la matrice et des parties molles qui tapissent lé bassin. Mais le travail imprime à la tête certains mouvemens qui en facilitent beaucoup le passage; alors les contractions de la matrice , dirigées suivant l’axe du fœtus, forcent l'occiput à descendre , et le menton qui lui est opposé à remonter vers la poitrine, comme par un mouvement de bascule. Cette espèce de flexion en avant que la tête exécute dans le premier temps du travail, ne saurait être révoquée en doute ; car le toucher découvre que la fontanelle postérieure s’abaisse et s'approche insensiblement du centre du bassin , tandis que la fontanelle antérieure s’en éloigne, et devient quelquefois inaccessible au doigt de l’accoucheur. |

Pendant que la tête fléchit ainsi sur la poitrine,

“ ses dimensions changent de rapport avec célles du bassin. Le diamètre occipito-mentonnier devient parallèle à l'axe du détroit supérieur, et le diamètre

occipito-frontal s'incline sur cette même ligne ; les

deux autres , le perpendiculairé et le transversal, se confondent avec les deux diamètres obliques du détroit supérieur; la tête s'engage donc dans l’excavation du bassin par son extrémité occipitale, et

présente ainsi ses plus petits diamètres ; Qui ont trois

pouces et demi, aux plus grands du détroit supé- Meur, qui ont quatre pouces et demi, ou un pouce de plus. D'ailleurs, la bosse pariétale gauche qui

répond à la partie postérieure gauche du bassin, et

qui supporte plus directement l'effort des contractions utérines, s'engage la première, ce qui facilite encore le passage de la tête. Parvenue dans l’exca-

vation du bassin, elle ne peut conserver la situation

diagonale qu’elle avait au détroit supérieur, parce

qu’elle rencontre alors les plans inclinés que lui offrent le sacrum et le coccix, les ischions et le périnée : obstacles qui décomposent l'impulsion totale communiquée par la matrice en deux autres forces.

dont l’une perpendiculaire se brise, et l’autre pa-

rallèle fait rouler la tête sur son axe, en ramenant l'occiput sous le pubis. Ce mouvement de rotation

ou de pivot que la tète exécute en vertu d’une le-

gère torsion du col, et qu'on peut évaluer à un sixième ou à un huitième de cercle, est encore confirmé par la pratique ; car le doigt sent la fontanelle | postérieure s’avancer à chaque douleur de gauche à droite vers l’arcade soupubienne. : 4 Lorsque la tète est sur le point de franchir le dé- " troit inférieur , le menton est encore fléchi sur la partie supérieure de la poitrine , et regarde la saillie sacro-vertébrale, tandis que l’occiput répond au centre de la vulve; par conséquent, le diamètre oc. cipito-mentonnier est encore parallèle à l’axe du détroit inférieur, et le diamètre occipito-frontal est oblique à ce même axe; des deux autres diamètres de la tête’, le transversal va passer entre les deux tubérosités ischiatiques , et le perpendiculaire entre le coccix et le pubis. Ce sont donc ses deux plus

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. . #4aë pêtits diamètres que la tête va présenter encore aux plus grands du détroit inférieur : ce qui n'aurait pu avoir lieu, sielle avait conservé la position diagonale qu'elle avait au détroit supérieur.

Dans cette période du travail, le corps du fœtus. n'est plus droit, mais courbé près de la nuque, de manière que la tête déjà engagée est parallèle à l'axe du détroit inférieur, et le reste du tronc à celui du détroit supérieur. Les contractions de la matrice ne se dirigent donc plus immédiatement sur locciput, mais sur le menton qu’elles forcent de s’écarter de la poitrine , et de parcourir la ligne courbe quis'étend

depuis la saillie du sacrum Jusqu'au coccix : pendant .

ce temps-là l’occiput, plus voisin de la nuque ou du centre de ce mouvement, roule sous l’arcade du pubis, comme une roue sur son essieu, êt remonte vers le mont de Vénus. Enfin ; le menton francbit la commissure postérieure, et la tête est dégagée. " Nous ferons remarquer aussi que l'œil et le doigt Peuvent saisir et apprécier cette flexion de la tête en arrière. Aussitôt que le menton est sorti , le visage se dirige vers la partie postérieure et interne de la cuisse droite, en reprenant la position qu’il avait avant de s’engager; ce qui confirme encore la rotation de la tête dans la cavité du bassin.

Arrivées au détroit Supérieur , les épaules s'y en gagent diagonalement , puisque le tronc n’a point participé au mouvement latéral de la tête. L’épaule , gauche descend la première vers la symphyse sacrolaque gauche, parce qu'elle supporte plus direc-

Le

tement l'effort des contractions utérines: mais elle se dirige ensuite vers le milieu du sacrum , dont elle parcourt la courbure jusqu’à l’extrémité du coccix, pendant que l’épaule droite, ramenée sous l'arcade du pubis, lui sert de point a appui.

Après qu’elles sont sorties, le reste du tronc se dégage sans aucune difficulté à cause de sa forme conique, qui va toujours en diminuant de grosseur vers les extrémités abdominales. Mais on observe qu'il se fléchit et s'élève un peu vers le pubis de la mère ; de sorte que la portion qui sort suit la direction de l’axe du détroit inférieur , tandis que l’autre s'engage suivant l'axe du détroit supérieur. D

Eu réfléchissant sur la marche du travail que nous venons de décrire dans cette position, il est facile de voir, 1°. que la tête exécute trois mouvemens; celui de flexion en avant , par lequel elle franchit le détroit supérieur ; celui de pivot ou de rotation, par lequel sa position devient directe dans l'excavation, de diagonale qu'elle était au détroit supérieur; enfin, celui de flexion en arrière, par lequel: elle franchit le détroit inférieur et la vulve. 2°. Que: les épaules s'engagent obliquement au détroit supé= rieur, et se dégagent directement au détroit infé— rieur; après avoir exécuté un mouvement de rotation opposé à celui de la tête. 3°. Que le reste du tronc, à cause de l’inclinaison respective des deux axes du bassin , se fléchit dans l’excavation; de sorte qu'un de ces côtés devient convexe vers la courbure du sacrum, et l'autre un peu concave vers le pubis.

D'où il résulte que le fœtus, dans la première position du sommet de la tête, présente toujours ses plus petites dimensions aux plus grandes du bassin. Admirable mécanisme! ingénieuse et profonde combinaison de mouvemens, qui explique une des plus belles fonctions de la nature, et qui, en indiquant la source des obstacles capables de la déranger, fait entrevoir en même temps les moyens propres à les prévenir et à les surmonter!

SECTION Il.

Du mécanisme de l’Accouchement naturel dans la Position

oCcipito-antérieure droite, ou seconde du sommet de la tête.

Cette position ressemble beaucoup à la précédente ; elle en diffère seulement, parce que l’occiput, le dos et les lombes correspondent à la partie antérieure droite du bassin et de la matrice , tandis que le front, le visage , la poitrine et les genoux enregardent la partie postériéure gauche. Du reste , le rapport des dimensions de la tête avec celles du bassin est le même de part et d’autre avant et pendant le travail de l'accouchement. Les efforts de la matrice déterminent aussi les mêmes mouvemens et lés mêmes inflexions de la tête et dés épaules. Au détroit supérieur, mouvement de flexion en avant, par lequel l’occiput s'enfonce dans le bassin ‘et le menton remonte vers la partie supérieure de la poi<

trine; dans l’excavation, mouvement de rotation, par lequel l’occiput roule de droite à gauche, sous

l'arcade du pubis, et le front de gauche : à do vers la courbure du sacrum ; au détroit inférieur, mouvement de flexion en arrière, par lequel l’oc- ‘ciput remonte vers le pubis, et le menton se dégage après avoir parcouru la courbure du sacrum et du coccix. Le mécanisme de l'accouchement dans cette PORTES est donc absolument le même que dans la première, et s'exécute avec la même facilité, à moins que la matrice, le plus souvent oblique à droiteeten avant, ne dirige’ ses forces à gauche et en arrière, n’augmente le renversement de la tête qui existe quelquefois ayant le travail, et ne s'oppose au mouvement de flexion en avant. Il peut arriver aussi que l'intestin rectum, trop remph de matières fécales , porte obstacle au mouvement de pivot dans Pol 2tbe du bassin, en empêchant le front et le visage de rouler de gauche à droite. Ce sont là les seules causes capables de contredire la nature, dont" le but tend à faire correspondre les plus petits. diamètres de la tête aux plus grands, soil du détroit. supérieur, soit du détroit inférieur. | En réfléchissant sur le mouvement de rotation de la tête, on devine sans peine que le visage, aussi> tôt qu'il est dégage, doit se porter vers pi partie ti et interne de la cuisse gauche. TS Quant aux épaules ,ladroites engage la première vers la Sÿmphyse sacro-iliaque droite, pour rouler ensuite vers le milieu du sacrum, pendant que la gauche se porte de la cavité cotyloïde gauche sous É Sue: où elle sert de point d'appui, jusqu’à ce

qu’elles soient entièrement sorties. Ainsi, après avoir décrit un mouvement de rotation opposé à celui de la tête, elles sortent du bassin avec la même facilité qu’elles y étaient entrées. |

SECTION Ill.

Du mécanisme de P Accouchement dans la position occipito- Postérieure droite , ou troisième du sommet de la téte.

Cette position est l'inverse de la première , si l’on confronte les différentes régions de la tête et du tronc. du fœtus avec les points qu'on remarque au bassin. L’occiput,, le dos et les fesses sont en arrière et à droite , tandis que le front, le visage , la poitrine et les genoux sont en avant et à gauche. Mais conimela direction de la tête-est oblique , et que le rapport de ses diamètres avec ceux de la filière qu’elle doit traverser , sont les mêmes que dans la première position, le mécanisme de l'accouchement doit être par conséquent le même. Aïnsi, au détroit supérieur , la tête fléchit en ayant, l’occiput s'enfonce dans le bassin vers la symphyse sacro-iliaque droite, et le menton s’approche de la poitrine vers la cavité

cotyloïde gauche. Dans l’excavation du bassin , la

tête exécute un léger mouvement de rotation qui

ramène l’occiput vers la courbure du sacrum , et le front sous le pubis. Au détroit inférieur , la tête fléchit encore, mais en arrière > €t la nuque se fixe sur le périnée pour servir de centre à ce mouvÿement ; l’occiput se renverse , et les différens points

430 PRINCIPES ‘du visage se dégagent de dessous Ja symphyse du pubis.

Quoique les mouvemens de la tête dans cette position soient les mêmes que dans la première, 1l s’en faut bien qu'ils s’opèrent avec la même facilité ; car après le mouvement de rotation, le ps est obligé de remonter sous la symphyse jusqu’à ce que l’occiput ait parcouru la courbure du sacrum, et franchi la vulve; c’est ce “ rend l’accouchement plus difficile et plus long , à moins que le bassin ne soit très-évasé, ou la tête peu volumineuse.

Dèsque la tête est dégagée , le visage se tourne vers la partie antérieure et interne de la cuisse gauche, à laquelle il répondait avant le commencement du travail. Les épaules s'engagent obliquement au détroit supérieur, roulent dans l’excavation, et sortent directement au détroit inférieur. Le reste du tronc passe ensuite sans aucune difficulté.

SECTION IV

Du mécanisme de l'Accouchement dans la position occipitopostérieure gauche , ou quatrième du sommet de la téte.

Cette position est l'inverse de la seconde; l’occiput, le dos et les fesses sont en arrière et à gauche, tandis que le visage, la poitrine et les genoux sont en avant et à droite. La tête est donc située diagonalement, et le rapport de ses diamètres avec ceux du Pt est le même que dans les PR pré cédentes.

Au détroit supérieur, les contractions utérines font fléchir la tête en avant , de manière que le menton remonte sur la poitrine vers la cavité cotyloïde droite, tandis que l’occiput s'enfonce dans le bassin | vers la symphyse sacro-iliaque gauche. Dans l’excavation , l’occiput roule vers le sacrum ; 1 le visage sous la symphyse du pubis; au détroit inférieur, le visage remonte sous cette symphyse , jusqu’à ce que locciput ait franchi la commissure postérieure de la vulve ; alors la nuque se fixe sur le périnée, pour servir de centre de mouvement à locciput qui se renverse, et au visage qui sort de dessous le pubis. | La tête n’est pas plus tôt dégagée, que le visage se iourne vers la partie antérieure et interne de la cuisse droite; les épaules s'engagent, et sortent comme dans la position précédente ; le reste du tronc suit immédiatement après.

En examinant le mécanisme de l'accouchement dans cette position, on voit qu’elle est la moins favorable de toutes, soit parce que le visage se présente en devant, soit parce que lintestin rectum peut s'opposer au mouvement de pivot que l’occiput doit exécuter dans l’excavation du bassin. C'était là ce que nous avions promis de faire remarquer.

SECTION v.,

De quelques irrégularités OU exceptions qu'on observe dans Les Accouchemens où l'enfant présente le sommet de la téte.

Dans ce genre d'accouchement » lorsque la tête

252 PRINCIPES 4 s'est dégagée du bassin, le visage ne se tourne pas :

toujours vers la cuisse qu'il regardait avant de s’y

engager, maisquelquefois vers celle du côté opposé.

Ainsi, dans la première position, on a observé qu'il

se tournait vers la cuisse gauche, et dans la seconde

vers la cuisse droite. Cette exception à la loi géneé-

rale, toujours fort rare, quoi qu’en disent certains

auteurs, ne peut avoir lieu que lorsque le fœtus est

expulsé complétement par l'effort qui fait rouler la

tête sur son axe dans l’excavation du bassin; car, ce n’est qu’alors que ce mouvement de rotation, se communiquant à la poitrine et au reste du tronc,

fait décrire à tout le fœtus une demi-spirale tresallongée qui ramène chacune de ses parties, et par conséquent le visage , vers le point du bassin opposé à celui d’où il était parti,

Une autre exception; peut-être moins rare que la précédente , a lieu lorsque l’occiput on la fontanelle postérieure correspond à l’une des symphyses sacro-iliaques. On observe alors que cette partie de la tête, loin de se tourner vers le sacrum, suivant la lot générale de rotation , se rapproche insensiblement de la partie antérieure droite ou gauche; en sorte que la troisième position se réduit à la seconde, et la quatrième à la première. Mais on ne conçoit guère que cet heureux changement puisse s’opérer de lui-même, ni à plus forte raison par les secours de Part, lorsqu'il y a déjà long-temps que les eaux se sont écoulées, et que la matrice s’applique fortement sur le fœtus. Il faut convenir que

<ette réduction des positions occipito-postérieures aux positions occipito-antérieures, si elle était faaile, serait d’un avantage souvent inappréciable pour la femme et pour l’enfant.

ARTICLE II

De l Accouchement naturel lorsque le Fœtus présenté Les pieds.

C’est un fait incontestable que l’accouchement où l'enfant présente les pieds peut se terminer par les seules forces de la nature, quoique Hippocrate et Galien, parmi les anciens, et le docteur Flamant, parmi les modernes, aient avancé le contraire. Nous ne saurions donc conseiller, à l'exemple de ces auteurs , le refoulement des extrémités inférieures du fœtus pour ramener la tête au détroit supérieur. Cette espèce de version » tout au plus possible lorsque les eaux viennent de s’écouler ; entrainerait même alors tant de difhcultés et de dangers, que ce Serait une témérité et une folie de l'entreprendre. ie

Mais quel que soit l'avantage de l’accouchement par les pieds, comment justifier l'erreur d'Antoine Peut, qui leregardait comme le plus naturel de tous ? comment justifier, surtout, l’extravagance de quelques auteurs, qui conseillent de refouler la tête , lors méme quelle est convenablement située au détroit. supérieur, et d’y ramener les pieds, sous prétexte de rendre l'accouchement plus facile ? L'expérience a démontré. que l'accouchement par la tête étant le

plus fréquent, doit être aussi le plus naturel et le plus avantageux pour la mère et pour l'enfant. Bien plus, il paraît certain, d’après les tables dressées par Baudelocque, à l'hospice de la Maternité, que l’accouchement par les pieds, à n’examiner que sa fréquence , devrait être encore moins naturel que celui où l'enfant vient par les fesses. À

Quoi qu'il en soit, il est facile d'expliquer pourquoi les pieds se présentent, sil’on considère la mobilité dont le fœtus jouit dans la matrice , avant que sa longeur égale la largeur de ce viscère. Qant à ce qui concerne le diagnostic de ce genre d’accouchemens, il peut bien offrir quelqueincertitude avant l'ouverture de la poche des eaux; mais, après ce temps, ïl est si facile de reconnaître les pieds, soit à la saillie des talons et des malléoles,, soit à la forme et à la disposition des orteils, que toute méprise devient impossible.

Le travail offre , aumoins danslecommencement, les mêmes phénomènes que dans le genre précédent, Ce sont aussi les épaules et la tête qui éprouvent le plus de difficulté pour traverser le bassin, auquel les pieds peuvent se présenter de quatre manières | différentes. je

Dans la première position, les talons répondent à la cavité cotyloïde gauche, et les orteils à la symphyse sacro-iliaque droite. On peut 2PPIÈE calcanéo-antérieure gauche.

Dans la seconde, les talons regardent la cavité cotyloïde droite, et les orteils la symphise sacro=

ihaque gauche. Elle peut s'appeler calcanéo-antérieure droite Danslatroïisième, quiest l'inverse de la première, les talons sont tournés vers la symphyse sacro-iliaque droite , et les orteils vers la cavité cotyloidienne gauche. Nous la désignerons sous le nom de calcanéopostérieure droite. ù

Dans la quatrième , qui est l'inverse dela seconde, les talons se dirigent du côté de la symphyse sacroiliaque gauche, et les orteils du côté de la cavitécotyloïde droite. Nous lui donnerons le nom de calcanéo-postérieure gauche.

On sera peut-être surpris que nous n’ayons pas suivi la division adoptée par les auteurs même les plus modernes, qui, dans la troisième position des pieds, font correspondre les talons au pubis, et à la saillie sacro- vertébrale dans la quatrième. Mais ne serait-ce pas une sorte de contradiction, que d’admettre dans l’accouchement par les pieds ces deux positions directes, après les avoir rejetées dans l’accouchement par le sommet de la tête ? Et s’il est vrai que les positions diagonales en général soient les plus naturelles, pourquoi n’auraient-elles pas le même avantage lorsque les pieds se présentent ? D'ailleurs, ceux qui placent les talons derrière le pubis ou sur la saillie sacro-vertébrale, assurent positivement qu’aprés la sortie du dos, la tête , à cause de sa mobilité, vient se présenter diagonalement au détroit supé- : rieur , parce que la convexité de la colonne lombaire et la forme arrondie du front ou de l’occiput, la for-

cent de se détourner et de se déjeter à droite ou à gauche ; c’est donc avouer que les positions directes se réduisent naturellement aux positions diagonales ; c'est donc dans celles-ci qu'il faut bien étudier le mécanisme de l'accouchement naturel. Enfin, ajoutet-on, le tronc de l'enfant ne peut sortir, le dos

tourné directement vers le pubis , que lorsque le dé-

troit abdominal est resserré suivant son diamètre sacro-pubien, et que le détroit périnéal a trop de largeur en travers. Mais n'est-ce pas là supposer”ce qui est entièrement contraire à l'accouchement naturel, dont la première condition est la bonne con- RE du bassin ? Tout nous porte donc à rejeter la troisième et la quatrième position des pieds, telles que les auteurs les ont supposées; car, outre qu’elles sont peu naturelles, elles n’offrent aucun avantage pour la théorie , et elles sont moins fondées sur l’observation que celles dont nous avons parlé.

SECTION PREMIÈRE

Du mécanisme de l’ Accouchement naturel dans la position

calcanéo-antérieure gauche , ou première des pieds.

Dans cette position , les fesses , le dos et l’occiput répondent à la partie antérieure gauche de la matrice et du bassin, tandis que l’abdomen, la poitrine et le visage en regardent la partie postérieure droite.

Cela posé, les pieds naturellement appliqués sur les fesses sont poussés hors de la vulve; et les hanches, ne tardent pas à paraitre. Celles-c1 s'engagent : diagonalement au détroit supérieur, pour venir se dégager directement au détroit inférieur ; en sorte

que Ja droite se porte vers le sacrum dont elle parcourt la courbure, pendant que la gauche fixée sous le pubis lui sert de point d’appui. Le tronc, légèrement recourbé , se relève vers le pubis, et se dégage sans aucune difficulté jnsqu’aux épaules.

Alors les bras de l'enfant, à cause de la résistance que leur oppose la marge du bassin, remontent vers la poitrine et le visage, pour s’allonger sur les paries latérales de la tête. Les épaules s'engagent diagonalement au détroit supérieur, mais la droite qui est en arrière paraît avant la gauche quiesten avant: elles roulent sur leur pivot dans l’excavation, et se présentent directement au détroit inférieur, où leur sortie est bientôt suivie de celle des bras.

La tête franchit le détroit supérieur, et descend dans l’excavation, en plongeant par le menton qui est naturellement appuyé sur la poitrine : l'occiput se tourne vers le pubis, et le front vers le sacrum:; la nuque se fixe sous. l’arcade du pubis, et le visage s'applique contre le coccyx et le périnée; enfin le menton se dégage de la vulve, et l'accouchement est terminé. |

En considérant avec attention la marche de l'en: fant dans cette espèce d’accouchement » On voit que le tronc se recourbe légérement dans l’excayation du bassin, et qu’une de ses parties se dégage parallélement à l’axe du détroit inférieur , tandis que l’autre s'engage parallèlement à celui du détroit supérieur ; les fesses et les épaules présentent leur plus grande largeur au diamètre oblique du bassin,

et la tête exécute les mêmes mouvemens que lorsqu'elle se présente la PFENNÈLE.

SECTION II

Du mécanisme de l’ Accouchement naturel dans la position calcanéo-antérieure droite, ou seconde des pieds.

Ici, même rapport du fœtus"avec le bassin que dans la position précédente; les fesses, le dos et l’occiput sont en ayant et à droite; l’abdomen, la poitrine et le visage en arrière et a ps ue par conséquent ; même inflexion du tronc, même progression des hanches, des épaules et de la tête. Toutes ces parties s'engagent diagonalement au détroit supérieur et viennent sortir directement au détroit inférieur. La tête se penche d’abord sur la poitrine, roule ensuite dans l’excavation., et ene in se renverse en arrière.

SECTION III

Du mécanisme de l’ Accouchement naturel dans la position

calcanéo-postérieure droite, ou troisième des RE

Cette position étant l'inverse de la première, les fesses, le dos et l’occiput sont en arrière et à droite, Pabdomen, la poitrine et le visage en avant et à gauche ; d’où il résulte que l'accouchement doit être absolument le même. Les fesses et les épaules se dégagent comme à l’ordinaire ; la tête seulement rencontre un peu plus de difficultés , parce que le visage est obligé de remonter sous la symphyse jusqu’à ce que locciput ait parcouru la courbure du sacrum,

du coccix et du perinee. Alors ia commissure postérieure devenant le centre dumouvement de la tête, l’occiput se renverse vers l’anus de la mère ; pendant que le menton, la bouche, le nez et le front se dégagent successivement de dessous le pubis. On conçoit néanmoins, et l'observation confirme, que le mouvement de spirale imprimé aux fesses par la matrice peut être assez fort pour ramener le tronc à la seconde position ; ce qui lève tout obstacle.

SECTION 1IY.

Du mécanisme de l’Accouchement naturel dans la position calcanéo-postérieure gauche, ou quatrième des pieds.

Danscette position, qui estl’inverse dela seconde J les fesses, le dos et l'occiput sont en arrière et à gauche ; Pabdomen, la poitrine et le visage en avant et à droite. Donc point de changement dans les rapports du fœtus avec le bassin, ni dans le mécanisme de accouchement.

Les fesses, les épaules et la tête se dégagent comme dans la position précédente; seulement l'intestin rectum rend la rotation de la tête un peu plus difficile dans l’excavation; Joint à cela , que le visage estobligé de remonter derrière la symphyse du pubis, jusqu’à ce que l’occiput ait franchi le périnée. Mais la nature

réduit quelquefois cette position à l’une des deux | premières , et plus souvent à la calcanéo-antérieure gauche, ce qui prévient ou Ôte toutes les difficultés.

Nous ferons observer que l’accouchement pourraitse terminer dans toutes ces positions, quoiqu’un. *

seul pied se présentät au détroit supérieur ; l'autre s’allonserait alors sur la poitrine de l'enfant, et le travail n’en serait guère plus long ni plus difficile.

ARTICLE IIL.

De l’Accouchement naturel, lorsque l'enfant présente les “æ genoux.

Ce genre d'accouchement, beaucoup plus rare que le précédent, peut néanmoins se terminer par les senles forces de la nature. A la vérité, un desgenoux reste quelquefois appuyé et comme arc-bouté contre le rebord du bassin, ce qui ralentit le travail “ou le rend plus pénible. Mais lorsqu'ils descendent l'un et l’autre en même temps, leur volume ne saurait y mettre obstacle, parce qu'il est toujours pro— portionné auxdimensions du bassin, malgréla flexion des jambes sur les cuisses. |

A yant la rupture de la poche des eaux, si un seul genou se présente, on peui le confondre avec le coude, quoique celui-ci soit plus petit et plus aigu ; mais après l'écoulement des eaux , les cuisses et les jambes sont tellement à la portée du doigt, qu’elles préviennent toute méprise sur la présence des genoux. |

Le nombre de leurs positions à l'égard du bassin, est le même que pour les pieds. ui

Dans la première , les jambes répondent à la partie antérieure gauche du bassin, et les cuisses à la partie postérieure droite. On peut l'appeler #bioantérieure gauche.

Dans la seconde, les jambes regardent la partie antérieure droite , et les cuisses la partie postérieure gauche ; elle peut se nommer tibio-antérieure droite.

La troisième et la quatrième sont inverses des deux précédentes; on peut les désigner sous les noms de tibio-postérieure droite, et de tibio-postérieure

gauche.

Les raisons qui nous ont encore déterminés à nous écarter ici de la doctrine vulgaire pour les positions des genoux, sont les mêmes que dans les accouchemens par les pieds,

Chacune de ces quatre positions, après l’expulsion des genoux, se trouve réduite à la position correspondante des pieds ; le mécanisme de l’accouchement doit donc en être le même ; les hanches, les épaules et la tête se dégagent, comme si les pieds se présentaient les premiers.

ARTICLE IV

De l’ Accouchement naturel, lorsque l'enfant présente les fesses. ,

L'accouchement par les fesses est plus fréquent . que par les pieds, maïs beaucoup plus rare que par la tête. Le rapport des dimensions du bassin à celles des fesses, joint à la mollesse de ces dernières , suffit alors pour expliquer la possibilité de la délivrance par les seules forces de la nature , sans avoir besoin de recourir à l’écartement des os pubis. On ne saurait néanmoins disconvenir que l'enfant qui se présente en double, n’éprouve un peu plus de difficulté PA.

Fe

242 | | IPRÊNCIPES pour traverser le bassin , que celui dontlesextrémités intérieures sont allongées ou étendues. :

Ayant la rupture des membranes, il est très-difhicile, pour ne pas dire impossible , de reconnaître les ‘ fesses , et dé les distinguer , soit d'avec le visage , soit d’avec l'abdomen ; elles sont alors trop élevées. et hors de la portée du doigt. Mais dès que les eaux. se sont écoulées, l'apparition du méconium'fait présumer ce genre d’ accouchement ; enfin , on ne peut plus douter que le fétus né vienne par le siége ou: en double, lorsque le doigt rencontre une tumeur assez étendue ; plus molleique la tête, mais plus dure que le ventre, et traversée d’un sillon où l’on trouve: l'anus et les organes sexuels. 1 200

Les motifs que nous avons exposés à l’occasion des pieds ; nous engagent encore à n’admettre que quatre positions a À des fesses. CIN

Dans la première position, le siége ou le sacrum répond à la partie antérieure gauche du bassin ; on peut la nommer sacro-antérieure gauche.

Dans la seconde, le siége ou le sacrum regarde + cd) la partie antérieure droite ;elle peut s mi sacroantérieure droite: | 1

La troisième et la quatrième étant inversés deil deux précédentes, on pourra leur donner les noms” de sacro-postérieure droite et de sacro-postérieure

gauche.

Dans chacune de cès quatre positions ; Jeshanches

se présentent diagonalement'au détroit supérieur ; !

mais, à mesure qu éllés descendent! V'uné se dirige |

insensiblement vers le pubis, oùelle reste immobile, et l’autre vers le sacrum, dont elle parcourt toute la courbure jusqu’à l'extrémité du coccix. (Celle-ci paraitla première à la vulve ; les fesses se découvrent : le tronc sort, et se recourbe légèremennt vers le mont de Vénus ; enfin, les aisselles s’approchent } les bras se dégagent d'eux-mêmes > et le reste de l’accouchementse termine comme dans la position correspondante des pieds. : ke Nous ferons remarqueren passant, que le véritable et même le seul moyen de bien concevoir le mécanisme de l'accouchement naturel , est d’en simuler . es différentes positions pour chaque genre: sur un mannequin ; on voit pour ainsi dire alors la nature a découvert, et chaque attitude, chaque mouyément du fœtus laisse une impression. qui se grave, et se conserve long-temps dans la mémoire. Nousne saumions donc assez recommander aux élèves de se familiariser avec ce genre d'exercice manuel ; il est beaucoup: plus utile pour eux que le meilleur traité d'accouchemens , {üt-1l même orné des plus belles gravures. Lu RANPEPRE. DE De la conduite dé, Paccoucheur pendant le travail, de l Accouchement naturel. | Si l’on ne considérait que la facilité avec laquelle la plupart des femmes accouchent à la campagne et méme au sein des villes > On serait porté à croire qu'elles n'ont besoin d'aucun secours. Mais il s’en faut'bien que toutes jouissent d'un aussi rare bon-

244 | PRINCIPES heur ; il en est parmi elles qui courentles plus grands dangers ; lorsqu'elles sont entièrement livrées aux ressources de la nature. Le travail de l’enfantement n’est jamais le même dans les difiérens individus ; ‘il peut être trop violent et trop prompt, ou trop faible et trop lent: deux circonstances qui, quoiqu’apposées , n’en produisent pas moins des accidens fort graves et quelquefois mortels. La marche de la nature n’est donc pas tellement régulière et uniforme, qu’elle n’ait jamais besoin d’être rectifiée. IL est souvent utile et même nécessaire de la ralentir ou de l’accélérer ; et alors l’homme de l’art, dont le ministère se réduirait à la fonction de simple spectateur , ne serait-il pas aussi coupable que la matrone ignorante et téméraire qui entreprendrait des manœuvres iuconsidérées. de s

D'ailleurs , toutes les femmes ne jouissent pas de

la même santé. Il y en a qui sont naturellement fai- :

bles et disposées à des incommodités; tel accident

qui ne dérange point le travail de l’une, devient un |

obstacle insurmontable pour l’autre. La conduite de l’accoucheur doit donc varier dans ces circonstances. w

Il faut qu’il sache également prévoir le danger avant

qu’il arrive , et le dissiper quand il est présent. C'est,

en quoi consiste cette sagacité ou ce tact qu'on n’acquiert que par l'habitude et l'expérience. Avec cette précieuse qualité, on saisit toujours l’occasion d'être utile à !2 femme qui accouche ; et on évite tout ce qui peut lui être nuisible ou même incommode, Il est rare qu’elle ne réclame pas quelque soin plus ou

oo ee

moins important dans les différentes périodes du travail. Tantôt c’est à l'hygiène qu'il suffit d’avoir recours ; tantôt ce sont les règles les mieux combinées de la thérapeutique qu’il convient d’observer , pour prévenir ou lever toutes les difficultés qui s'opposent à l'accouchement. Là, une femmenaturellementsensible, craintive etsujette à s’alarmer ou à perdre courage, n’exige que des paroles douces, amicales, consolantes et propres à inspirer de la confiance ; ici, une autre plus ou moins imprudente , tomberait pendant le travail dans des écarts qui pourraient compromettre sa santé, si l’on ne savait prendre un ton ferme pour lui en imposer ; ailleurs, c’est une légère inclinaison de tout le corps, ou de la matrice seulement, qui va favoriser un travail dont on appréhendaït la longueur et presque l'impossibilité. On peut dire, en général, que l’accoucheur le plus habile sera celui qui , à la connaissance de son art, saura réunir assez de dextérité, desouplesse et même de complaisance, pour se conformer aux souffrances, à l'âge , au tempérament, à l'habitude , au goût et quelquefois au caprice de la femme qu’il assiste.

ARTICLE PREMIER

Des précautions que l’accoucheur doit prendre en arrivant auprès de la femme qui réclame son ministère.

Quelle maladresse, quelle honte pour un homme de l’art de perdre son temps auprès d’une femme, en attendant qu’elle accouche, lorsqu'elle n’est pas enceinte, ou qu’elle n’est pas à terme, ou bien qu’elle

west pas encore en travail ! C’est là néatimoins le réproche qu'on pourrait. faire à plus d’un accou- ‘cheur, et surtout à plus d’une matrone. Le premier ‘soin est donc de pratiquer le toucher, pour éviter

de semblables méprises. On s'assure par-là du mou

“Yement actif ou passif du fœtus, seul signe caractémistique de la grossesse ; on examine si le col de l’uté-

rus est entièrement effacé , ou s’il consérve encore ‘de sa longueur , dé sa dureté et de son épaisseur,

‘pour savoir si la femme est à térme où no; On ré-

cherche s les douleurs qu elle éprouvé dépéridsne des contractions utérinés , ou de toute autre cause;

si elles tendent à expulser le produit dé la concep-

tion ; en un mot, Si elles sont vraies où fausses , et

Von née ainstle aval d'avec ce pot en a seüle-

ment l'apparence. On fait attention à l'intensité de ces douleurs, et à la manïère dontelles se succèdent ; on estime l'ouverture de l’orifice utérin et l'étendue

de la poche dés eaux, pour calculer si le travail ést avancé où non. Enfin, le premier accouchement

étant pour l'ordinaire plus long qué les autr es, où s’informé si la femme a déjà éu désenfans, pour ju-. ger à peu près du temps qu’elle doit employer à se débarrasser. ne | Ce n’est pas tout : il y. aurait encore de l'impru-

dence, quand on touche la femme , de négliger l’exa-

men du bassin et de la matrice: il faut que Je’ doigt

et la main apprécient la bonne ou mauvaise conformation del’un , ainsi 1qué la situation droite où oblique \ de l'aatre. Il oHyré aussi dé s'assurer par le tou:

chér de l’état dû vagin et dela vulve. Ces parties ofrent-elles de la rigidité , ou sont-elles assez sou ples ; asséz dilatées pour livrer passagesau produit le l& conception ? La vessie et lé,rectuña sont-ils daus

l'état de plénitude ou de vacuité!? |

: Enfin , le doigt inidicateur,, porté vers le;segment de la matrice qui correspond à l'entrée du bassin, doit vérifier ; autant qu’il est'possible , le volume et la situation du fœtus, Quelle est:la partie qu’il pré sente ?.est-ce le tronc ou lune de ses deux extrérmités ? La tête ést-elle molle ou rénitente:? s engaget-elle par le sommet ? prend-elleune position diago} nale.et favorable ? pañaît - elle, proportionnée à la largeur. de la filière qu’elle doit traverser ? est-elle encôre au-dessus du détroit supérieur ôu dans l’excavation ? exécuté-t-elle à propos les diversmouvemens qui constituent le mécanisme de l'accouchement naturel?

Mais les recherches de baceOtA Eu ne doivent pas se borner au bassin de la mère et au fœtus: il doit jeter aussi un coup d'œil $ur la constitution ‘de li femme en: général. ‘Qu'al examine’si elle est

encore jeune ou âgée; si elle est forte et vigoureuse, où faible et délicate ; si elle jouit d’une bonne santé, ou st elle est afro de ue maladie, soit aiguë j soit'chronique. Si :: Toutes cés précautions sontd’une telle importance, qu onne peut:les négliger sans s’ exposer à faire beau- ET de: mal. On’est alors auprès de la femme qui atconche come si l'on n’y était pas; puisqu'on: est

incapable de lui donner le moindre secours. Que l'accouchement se termine de lui-même ou avec facilité , c'estun bonheur, ouplutôt un hasard dont on peut se réjouir; mais qu'un accident survienne, comment y remédiera-t-on, puisqu'on n’a rien fait pour le prévoir ? Il n’en est pas de même de l’accoucheur qui s’empresse de reconnaître l'état de la mère et du fœtus, ainsi que la nature du travail. Muni de ce diagnostic, il est toujours calme et de sang-froid, soit que letravail marchesuivant le vœu delanature , soit qu’il vienne à se déranger ou à être laborieux. Comme sa pensée a tout examiné et tout prévu, il n’est jamais embarrassé, et il emploie à propos les moyens que chaque cas exige, sans compromettre sa réputation, ni le salut de la mère ou de l'enfant. Pourrait-on donc assez recommander aux accoucheurs de pratiquer cet examen, et aux femmes de s’y soumettre dès le commencement du travail ?

ARTICLE Il.

Des moyens propres à faciliter l’ Accouchement naturel.

Aussitôt que la femme ressent des douleurs ,et qu’elle est avertie de sa prochaine délivrance, on doit lui conseiller de relâcher ses vétemens pourètre | plus à son aise. Qu’elle éloigne aussi de bonne heure toutes les personnes qui pourraient la gèner ou lui être à charge, et qu’elle ne garde auprès d'elle que | celles qui peuvent lui être utiles ou agréables. Qu'elle aille à la garde-robe j si elle'en a besoin, | et si elle est constipée, qu’elle prenne un lavement, |

soit à l’eau simple, pour évaeuer les gros excrémens seulement, soit à l’eau de guimauve ou de graine de lin , pour diminuer en même temps l'irritation de l'intestin. ci La vessie est-elle pleine, la femme doit la vider en urinant, et si quelque obstacle s’y oppose, 1l faut avoir recours à la sonde. Mais cet instrument ne peut pas toujours traverser le canal de l’urètre, à cause de la compression que la matrice exerce contre le pubis. Pour rendre cette opération plus facile, on relève le bassin un peu plus que le reste du tronc; ou bien, à l'exemple d’un ancien accoucheur hollandais, on fait accroupir la femme sur les genoux et les coudes. Dans ces sortes d’attitudes , la matrice, entrainée vers le diaphragme par une légère inclinaison , s’écarte du pubis, et cesse de comprimer le col de la vessie. La sonde pénètre alors plus facilement dans ce viscère, et l'issue est ouverte au liquide quis’y était accumulé. | Y a-t-il déjà long-temps que la femme n’a pris de la nourriture , et prévoit-on que le travail sera encore long, on lui accorde quelque chose de restaurant , tel qu'un consommé ou un potage, afin de soutenir ses forces . Mais si le travail est déjà avancé, et qu'ilmarche rapidement, on ne lui permet que du bouillon léger , encore faut-il que le besoin l'indique. Lorsque la femme sera altérée , on apaisera sa soif avec quelque boisson rafraîchissante , telle que l’eau sucrée, l’eau de groseilles, la décoction d’orge ou de chiendent, la limonade; mais on se gardera bien

250 È PRINCIPES d’avoir de la condescendance pour les liqueurs spi ritueuses , telles que le:vin chaud avecile sucretet la cannelle, l'alcool ou l’eau-de:vie, et certains élixivs que des matrones ont mis en usage parmi les fem- , mes du peuple. Toutes. ces'préparations, plus ‘ou moins incendiaires, ne sont propres qu’à échauffer la femme , à l’enivrer, a provoquer:des pertes abondantes, en un mot à retarder l'accouchement au lieu de l’accélérer. sÉEIRS La saignée est encore un moyen qui péat favoriser l'accouchement dans certaines circonstances. Elle est'indiquée toutes les fois que la femme, jeune el robuste ; éprouve des douleurs fortés'ét fréquentes, sans que l’orifice utérin se dilate d’une manière:sensible, ou sans que le travail fasse de grands progrès: On la pratique aussi avec avantage lorsque la femme est pléthorique ou sanguine ;°ce que Fon reconnaît à la rougeur du visage, à l’éclat de l’œil'qui'étincelle, à l’engourdissement des menrbres ;ä la pesanteur dela tête, et à une sorte d’oppression des forces / bien différenté de la faiblesse etde l'épuisement. Eu diminant alors la quantité des liquides, on prévient là congestion cérébrale ôu les coups de sang; les hémorragies , les convulsions; et même la fibgre y que la violence du travail pourrait allumer Après voir désempli les vaisseaux , si larigidité persévérait encore dans le systènié utérin,!on pourrait./ Sans aucui! risque ÿ} employer és bains ’ ou derhi-bains tièdés, ainsi que les: fumrigations émoldientés.Îlin’y auraît qué la fdmiiie d’une complexion

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 25t

délicate, déjà asthmatique avant la grossesse , ou

disposée à la syncope , ou enfin menacée d’un cancer , à quicésmoyens pourraient étre préjudiciables. Maisals aura ient certainement des succès marqués, quoi qu'en dise Levret, chez la femme qui aurait passé là fleur de: sa jeunesse:sans-devenir mère, et chez celle dont les parties seraient naturellement étroites, ou auraient ‘été resserrées, par quelque cause accidentelle, comme l'abus des astringens ou un'Spasme survenu momentanément. Nous en avons retiré de si grands avantages en plusieurs circonstances, que nous les préférons à toutautre moyen, lorsqu'il est nécessairé d’assouplir la vulve ;, le vagin et même le col de la matrice. Toutefois:il faut que le liquide avec lequel on prépare les bains etlés famigations ne soit pas porté une température trop élevée; cé serait alors un irritant qui crisperait les solides au lieu de les relàcher ; et qui augmentéraït néces- Saïrement la résistance qu’on voudrait surmonter. . Ce serait encore priver la femme-en travail d’une ressource à laquelle le vulgaire et même des accoucheurs accordent beaucoup de vertu, que de négliger certaines applications sur les parties génitales externes ; telles que les onctions avec les corps gras et mucilagineux!, les cataplasmes émolliens les änjections avec le mucilage de guimauve ou de graine de lin. A la vérité, ces topiqués sont le plus souvent inutiles ; et leur action n'est jamais assez eflicace pour ramollir les symphyses ni pour écarter les os dubasshi ; maisil fautau moins tonverir qu’ils peu-

vent remédier quelquefois à la sécheresse des parties molles, et suppléer à l'humidité dont elles sont naturellementlubrifiées. Dans tous les cas, ils ontmoins d’inconvéniens que la plupart des manœuvres adoptées par d’aveugles routiniers pour préparer la voie au: fœtus. Il en est qui, en arrivant auprès de la femme , enfoncent , à plusieurs reprises , leur main dans le vagin, sous prétexte d’en opérer la dilatation; quelquefois même, le croira-t-on! ils n’ont pas soin d'examiner auparavant si la femme est en travail, ou si elle est seulement enceinte. Les imprudens ! ils ignorent que de tels procédés dessèchent les organes génitaux, les irritent et les disposent à l'inflammation. D’autres, pour accélérer la sortie de la tête qui a déjà plongé dans l’excavation , repous-. sent fortement le coccix en arrière, en opèrent

TOR A e e , o e même la luxation , comme si cet os était toujours un

obstacle à l'accouchement. Enfin , il y a encore dans quelques provinces des matrones inconsidérées qui s’'arment d’une pièce de six liards bien tranchante , | et fendent impitoyablement le périnée , lorsqu'il est. tendu sur la tête du fœtus. C’est ainsi qu’elles délabrent une partie que la nature, par un travail lent et gradué, semble toujours ménager, en lui don=

nant , pour ainsi dire , le temps de prêter ou de céder sans se rompre. j | ARTICLE III.

De l'ouverture de la poche des eaux dans l Accouchement naturel.

Si l’on est bien attentif à ce qui se passe dans le tra-

vail de l’accouchement naturel, on observe que les membranes , portées à leur ds degré d’extensibilité , se rompent le plus souvent par l'effet d’une Eten plus ou moins violente. Mais:ce phénomène n'arrive presque jamais que la poche des eaux ne soit bien formée , l’orifice de la matrice complètement dilate , et la tête du fœtus assez engagée pour occuper bientôt après l’excavation du bassin, et pour paraitre à la vulve. Voilà donc trois conditions que la nature exige , et dont l’accoucheur doit attendre la réunion ou le concours pour déchirer les membranes.

Ayant cette époque, l'écoulement des eaux serait prématuré , et le travail , loin d’être accéléré, marcherait avec plus de lenteur. Outre cela , la mère et l'enfant ne seraient pas sans danger ; car, siles douleurs continuaient d’être énergiques et fréquentes, on aurait à craindre l’inflammation ou la rupture de la matrice, la compression du cordon ombilical et la mort de l’enfant. C’est donc ici que la véritable habileté consiste : a ne pas se presser, et que la patience doit être la principale vertu de l’accoucheur.

Maïs lorsqu'on rencontre les trois conditions prescrites par la nature , et que d’ailleurs tout est bien disposé pour l Noah en ne serait-ce pas perdre du temps, et prolonger inutilement les souffrances de la femme, que de laisser la poche des eaux dans son état d’intégrité ? En la déchirant alors, on accélère l’expulsion du fœtus, on l'empêche #4 naître couffé ou enveloppé de ses membranes ; et on pré-

DE: Q it D'LA

vient les dangers qui le menacent ainsique la mères

La rupture des membranes est surtout bien indi-

quée ; lorsque, malgré leur distension convenable et

la dilatation complète de l’orifice utérin ; elles con-

servent trop de consistance et de fermeté pour cé-

der aux efforts de la matrice. Ce serait encore une

grande faute de lesrespecter, lorsqu'après s'être déjà

déchirées au-dessus ou à côté de l’orifice, elles ont formé une nouvelle poche plus ou moins distendue ; | car alors les eaux , obligées de refluer vers la pre-

mière:crevasse, et ne coulant pour ainsi dire que

goutte à goutte , allongeraient lé travail en pure. perte pour l'enfant. 040 81e di

Quelquefois la poche des eaux à tant de mollesse

ou de laxité qu’elle prête indéfiniment ; elle se dur cit à peine dans le fort de la douleur ; mais elle s’allonge en forme de boyau, et s'étend même jusqu'à la vulve; comme siun bras où un pied de l'enfant: s’y

présentait. C’est alors le cas de la déchirer , pourvu

qu'on rencontre la triple condition indiquée par lab nature ; car dès-lors cette poche cesse de contribue à la dilatation des parties, et l’on attendraiten vb qu'elle se déchirat par l'effet des contractions uté-= rines. 3 LS Enfin , il peut arriver que la tête ; déjà très-basseh empêche les eaux de descendre ; ou bien .que:cé li: quide lui-même soit en petite quantité. Dans (ces deux cas ; lesmembranes n'étant pas distendues, ne forment point de poche, etlon dirait que laccouchement se fait presqu’à sec ; il ne'faut donc avoir

égard alors qu’à l’orifice de la matrice ; et lorsqu'il estassez dilaté pour laisser passer la tête, on doit, sans délai, percer les membranes. | T'elles sont les circonstances oùilest utile etmème nécessaire d'ouvrir la poche des eaux pour accélérer le travail de l'accouchement, qui languirait sans cette opération: Mais n’y à-t-il pas aussi des cas où il est trop prompt, et où il est avantageux de le retarder ? Supposons que la matrice soit distendue par une quantité excessive de liquide, ce qui arrive assez communément ; quoique les. douleurs soient alors faibles et peu efficaces , si l’on attendait la rupture spontanée de la poche des eaux, n’aurait-on pas à craindre que le fœtus ne fût expulsé trop brusquement, et: comme emporté par le. flot du liquide ? N'aurait-on pas à redouter aussi que la stupeur ou l'inertie de la matrice ne causâtnne hémorragie mortelle ? Ce serait donc manquer de prudence , et compromettre les jours de la femme, que d’atiendre la distension.entière désmembranes , la dilatation complète de l’orifice utérin et la descente de la tête dans l'excavation..En déchirant au contraire, de bonne heure, la poche des eaux , On donne à la matrice le temps de revenir graduellement sur elle-même , €Ë de se réveiller:dé: son état: d'inertie momentanée à pour lutter.ensuite :contre:la résistance du col , du vagin.et dé la vulve: En:un mot, on retarde l’accouchement, eton prévient quelquefois un grand malheur. À la vérité, l'enfant court alors un peu plus de misque ; mais qu'est-cé que la:compression ‘du M

cordon ombilical, qui est toujours légère dans la supposition ci-dessus, en comparaison de la perte de sang qui peut foudroyer la femme ?

Il est encore fort avantageux et même nécessaire de retarder le travail de l’accouchement, pour empècher la femme de succomber, lorsque les douleurs sont trop fortes et trop fréquentes, ou lorsqu’elles menacent d’expulser trop brusquement l’enfant hors de la matrice. Dans ce cas-là, outre l’inertie de ce viscère dont nous avons déjà parlé , la femme n’aurait-elle pas à redouter la déplétion trop subite de l'abdomen, l’afflux précipité des fluides dans cette cavité , et leur dérivation des parties supérieures; enfin la syncope, la stase du sang dans les vaisseaux utérins, dés engorgemens, des coliques , des tranchées ? Il serait donc indispensable alors de percer la poche des eaux, avant qu’elle füt-bien prononcée, pour modérer la violence des contractions utérines ; il faudrait aussi que cette opération füt pratiquée ayant la dilatation complète de l’orifice ; car si l’on! attendait qu'il fut assez ouvert pour laisser passer law

tête, la matrice, venant à s'appliquer sur le fœtus après l'écoulement des eaux, en serait irritée; ses. contractions deviendraient plus violentes, et-le tra= vail serait accéléré, loin d’être ralenti.

: On observe que l’accouchement se termine pour, l'ordinaire avec d'autant plus de promptitude, qu'il est plus répété chez la même femme; mais alors les tranchées utérines sont aussi plus longues et plus

violentes; en sorte que la femme en est presque, "

.\ à e L ni exempte après ses premières couches, tandis qu’elle en est le plus cruellement tourmentée après les der-

nières. On attribue ces sortes de coliques aux efforts que la matrice fait pour se débarrasser du sang qni se coagule dans sa cavité, ou dont ses parois restent engorgées après un accouchementtrop prompt. Si cette théorie était fondée , ne pourrait-on pas prévenir les tranchées, en rompant de bonne heure la poche des eaux, pour retarder l'accouchement, et pour donner à la matrice le temps de se dégorger on de se vider plus complètement ? Ce moyen paraît,

sans contredit, le plus efficace au premier coup d'œil; mais estil aussi le plus rationnel et le plus sûr ? D'abord il est certain que les tranchées sont une des suites les plus naturelles de l'accouchement; ne

serait-ce donc pas une imprudence de les prévenir,

en déchirant les membranes ? D'un autre côté, la ferme qui accouche pour la première fois est dans toute sa vigueur, au lieu qu’elle est plus faible dans les couches subséquentes. La nature semble donc venir à son secours, en abrégeant le travail de l'accouchement, à mesure que ses forces dimi- nuent par les progrès de 4 age. À la vérite, les tranchées deviennent aussi de plus en plus violentes ; mais 1l s’en faut bien que.ces douleurs, quoique fort

incommodes ; soient aussi fortes que celles qui

précèdent l'accouchement. Enfin il, peut arriver que le fœtus, àraison de sa mobilité, offre successivement différentes parties à l’orifice de l'utérus. Des accoucheurs conseillent alors de rompre la poche des eaux

| Te |

258 ul PRINCIPES aussitôt que la tête vient à se présenter, pourvu que le travail soit bien établi, n'importe la dilat ation de l’orifice. Leur but, en faisant écouler les eaux , dt de fixer irrévocablement la tête, d'éviter la version de l’enfant, et de substituer un accouchement naturel à un accouchement forcé et laborieux. Mais qui peut répondre alors que, le travail deve- , nant plus long et plus douloureux , la mère sera à | l'abri du danger? Qui peut surtout promettre la vie. de l'enfant, que la présence d’un liquide salutaire | ne protège plus contre les efforts redoublés de la. matrice ? in Le | Après avoir exposé les diverses circonstances où. il convient de percer la poche des eaux, soit pour accélérer, soit pour retarder le travail de l’accou-. chement, passons à la manière de procéder à cette ouverture. Quoique ce soit là unie des opérations les plus simples et les plus faciles , elle exige néanmoins quelques précautions. En général, le moment le A plus favorable pour rompre la poche des eaux est celui d’une forte douleur. On y enfonce alors le doigt indicateur , et on réussit ordinairement à la première ou à la seconde tentative. a © Si les membranes sont d’un tissu trop serrés et que le doigt ne suflise pas pour les diviser, on se sert d'un instrument aigu , tel que la pointe des ciseaux ; d'un bistouri ou d’une aiguille à tricoter. Le dé. pointu , dont Stein conseille d’armer le doigt, serait encoré convénable dans le même cas: 1 ‘0 La poche des eaux est-elle flasque sgpeu réni-

tente pendant la douleur, on attend qu’elle soit assez avancée vers la vulve pour la déchirer, en la pincant du bout de deux doigts. Le même procédé convient lorsque les membranes restent appliquées sur. la tété du fœtus, et qu’elles ne forment point de poche. |

Mais , soit qu'on ouvre les membranes avec un instrument aigu , soit qu’on les pince pour les déchirer , 1l serait dangereux de confondre avec la poche des eaux la tumeur qui se forme assez souvent au

cuir chevelu, et qui s'engage dans l’orifice-utérin.

Pour éviter une semblable méprise, il suffit d’ob-

server que les membranes, toujours lisses et tendues

pendant la douleur, glissent sur la tête de l'enfant dès que le calme revient. Au contraire ; la tumeur formée par les tégumens du crâne se ride ouse fronce quelquefois, et le doigt la trouve toujours garnie de cheveux plus ou. moins: distincts. Il ne serait pas moins dangereux de percer ou de pincer, au lieu des membranes, la matrice entraînée par la tête du fœtus dans l’excavation du bassin ; mais alors l’absence du bourrelet que forme l’orifice de ce viscère sert à établir le diagnostic. Avec un peu d'attention, on distinguera aussi la poche des eaux d’avec nne hydrocèle de l'enfant, lorsqu'il présente le siége , ou d'avec une tumeur formée par les parois de l’abdomen, lorsqu'il est hydropique. |

266 | BRINCIPES ARTICLE IV.

Des Soin qu’il convient de Lohnetl à la fenime après s La rupture des membranes et pendant le dernier temps du travail. #

Que l'acconcheur s s'empresse de toucher la a A

aussitôt que les eaux sont écoulées; qu'il recon-

naisse exactement la partie du fœtus qui se présente et la direction qu’elle prend. St c’est la tète, 1l ne doit pas oublier qu’elle doit. être située diagonalement, que ses positions Occipito-antér ieures sont les. plus favorables, etsurtout qu’elle doit exécuter trois. mouvemens pour traverser le bassin. Il saisira donc le moment où elle conserve encôre quelque mobi-. lité, pour lui. donner du doigt ou de la main la situation, la position et la marche les plus conformes au. mécanisme. dé l’accuuchement naturel. C’est alors le cas de ramener l’occiput. vers l’uné des cavités cotyloïdes , lorsqu'il s’en est écarté ; de réduire la troi-

sième position à la seconde, et la quatrième à la.

première ; de favoriser le mouvement de flexiôn en avant au détroit supérieur , celui de pivot dans l’ex= cavation, et celui de flexion en arrière au détroit inférieur. Pour peu que l’on tarde après l'ouverture

de la poche des eaux , on donne à la matrice lé temps,

de revenir sur elle-même, et dès-lors toute tenta= tive devient inutile pour corriger ce qu’il y a, de dé fectueux dans la situation et ‘dans la direction du foetus. Lorsque tout est bien disposé pour la terminaison de l’accouchement , on laisse agir la nature ; on excite même la femme à faire bien valoir les dou-

Fe

pr

+ Na | | DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 261 leurs, à moins qu'elle ne soit sujette au Crachement de sang , à une hernie, ou à une chute de matrice : accidens qu’il est toujours nécessaire de prévenir. Aansi lon exerce une compression plas ou moins forte sur les ouvertures naturelles qui péyvent don ner issue à l’intestin ou à l’épiploon ; et si. la hernie | existe déjà, on tèche de la réduire, ou d'empêcher au moins qu’elle ne devienne plus volimineuse.. De mème , lorsque la tête ou les épaules du foetus menacent d'entraîner la matrice ;. on.soutient le co] de ce viscère au moyen de quelques doigts. qu'on ap plique sur le bord de son orifice pendantla douleur,

Si la matrice est trop inclinée en avant ou sur.les côtés, on la redresse ,.et on tâche de donner au fcœætus ïine direction parallèle à J'axe du : bassin. Le femme épronve-t-elle des crampes aux cnisses. ou aux jambes, on conseille quelques. frietions, sèches sur ces parties ; mais ce moyen, plus illioire qu'efficace, n'agit point sur la,canse du) mal; laquelle tient à la compression des werfs du bassin par la tête du fœtus. Onsoulagérait donc plus Ce te la femme, si lon pouvait accélérer sa délivrance. -

Il est rare que le travail ne soit accompagné Le douleurs de reins, saris qu'on-puisse trop pénétrer la cause de-ce phénomène. Faut-illl’attribuer à-une compression des nerfs ou àjune accumulation de sañg vers les lombes, déterminée. pat. des efforts. de Aa femme ? ou bien ces douleurs ne sont-elles produites que par l’action des muscles;situés à da partie postérieure g" irone, qui se contiactent ayec plus:ow

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