‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 4)Chapitre 19 sur 63 · RAI Y:'SS \/ M · texte numérisé non relu

RAI Y:'SS \/ M

ji HO À

262 PRINOIPES

moins de violence, pour maintenir le bassin dans sa rectitude naturelle ? Ce que l’on sait de plus positif là-dessus, et ce que l’expérience atteste: journellement, c'est qu'une serviette roulée selon sa longueur et placée sous les lombes, est le meilleur

moyen de soulager de telles souffrances. Peut-être

cette espèce de ceinture agit-elle à la manière des gaines aponévrotiques, dont l’usage est de contenir et de rapprocher les fibres musculaires, pour mieux en concentrer Paction. Qu'on n'imagine pas toutefois qu’en soulevant et appuyant ainsi les reins, on va augmenter la convexité de la colonne lombaire, donner lieu à l'obliquité antérieure de la matrice, et rendre l’accouchement plus dHicis Cette objection ; plus captieuse que solide, mérite à peine d’être rétine , et doit s’'évanouir devant les nombreux et salutaires résultats de la pratique.

Vers la fin du travail , lorsque la tête est complétement dans l’excavation du bassin, on observe ordinairement que les douleurs des reins s’apaisent d’elles-mêmes, et que la serviette devient inutile | sous les lombes; mais ne pourrait-on pas l'appliquer … alors avec beaucoup d'avantage sous le siége , sur toutlorsque les femmes couchées à plat ont les fesses is enfoncées dans les matelas, ou que déjà épuisées par la longueur du travail, elles Mme de force pour les sbutégets «

Une précaution bien essentielle, c’estde soutenir fortement le périnée avec la main, lorsqu ñlest distendu par la tête qui traverse Ja vulve; cobtigt,

DE L'ART DES ACCOUCHÉMENS. 265 alors deux grands avantages , celui de prévenir la dechirure de cette partie, dont on n'obtient jamais la réunion. complète, et celui de favoriser la flexion postérieure de la tête, en faisant remonter l’occiput vers le mont de Vénus. |

Dès que:la tête est complétement dégagée, on la soutient d’une main, en laissant tourner le visage vers l’une ou l’autre cuisse, suivant la position, et on porte l’autre vers la commissure postérieure et le périnée, pour en empêcher encore la déchirure lorsque les épaules se dégagent, Enfin , à mesure quele reste du tronc sort, on lesoulève légèrement versle pubis, conformément aumécanisme de l'accouchement naturel.

La tête éprouve-t-elle de la difficulté pour franchir la vulve; oninsinue l'index d’une main sous l’une des mâchoires jusqu’au menton, et on achève de la dégager. De même, lorsque les épaules tardent trop à sortir, on tâche d’abord de les diriger, l’une vers le pubis, et us vers le sacrum, ce qui suflit or-

dinairement pour lever la difficulté. Mais sielle per-,

sistait encore, on tächerait d'introduire sous l’aisselle qui est en arrière, le doigt indicateur d'une main, un lacs, ou l'extrémité crochue d’une des branches du forceps francais. Ce sont là, sans contredit, les moyens les plus propres à favoriser l’ex-

pulsion du tronc, lorsque les épaules y mettent-ob-

stacle à cause de leur situation ou de leur volume ; et 1l s’en faut bien que les efforts dirigés sur lés aisselles, soient aussi dangereux que ceux ‘qu’on ferait | en tirant sur la tête et le col de l'enfant. |

La

ARTICLE V

De la sitüation de. la femme pendant le travail de l’Ac- 4 couchement naturel. | nn.

Rien de plus incommode pour une femme que d’être toujours clouée sur un lit ou sur une chaïse , !

pendant qu’elle acéouche. C’est-bien alors, comme ôn le dit trivialement , qu’elle est sur un lit de misère

ou dé douleurs , etqu’elle Lo inutilementses souffrances. a. lig

En général, la femme ne doit éprouver aucune gène durant l’accouchément ; et sa situation, Join d’être toujours la même ; doit varier sélon l’époque du travail et les accidens qui le corghquent, quelquelois aussi selon l'usage du pays où l’on se trouve:

Certaines femmes ne renonceraient qu'avec peine à des coutumes qui léur ont été transmises par leurs mères, ou qu’elles ont dejà adoptées dans des aceouchemens antérieurs ; le plus court parti est donc de s’yconformeralors, pourvu toutefois qu’iln’en puisse résulter aucun inconvénient. (Kite, que la femme | veuille accoucher agenouillée sur un carreau , assise sur les genoux d’une personne qui la soutient, ou sur un fauteuil, debout ou couchée sûr le bord d'un lit ; cela importe fort peu, quand où sait prendre les précautions nécessaires pour prévenir la chute du fœtus, le tiraillement du cordon ombilical, et le décollement trop brusque du placenta: Mais dans le cas où l’accoucheur sera libre de donnér à la femme la position la plus favorable pour sa déli-

vrance , il ne doit pas balancer de la faire coucher sur le petit lit qui est usité en France. Elle y sera, sans contredit, beaucoup plus commodément que dans les postures indiquées ci-dessus, et même que dans les différentes espèces de chaises inventées par des accoucheurs étrangers. 4 Avant la rupture de la poche des eaux, la femme est libre de choisir la position qui lui paraît la plus commode ; rien ne la presse alors'de"se coucher ; à moins qu'elle ne soit menacée de quelqué accident, comme d’une hémorragie, d'une chuté de matrice , Où à moins qu'il n’y aît une trop grande obliquité, soit antériedke,, soit latérale de ce viscère. Dans ce dernier cas, la position opposée à la déviation serait la plus propre, pour-rétablir le parallélisme de la matrice avec l’axe du bassin, et pour favoriser l'accouchement. | * Ce n’est donc qu'après l'écoulement des eaux , et lorsque des douleurs fortes et fréquentes font espérer une prompte délivrance , qu'on doit placer la femme sur le lit. Mais on a toujours soin de le construire dé bonne heure pour wêtre pas pris au dépourvu. Une coùchette de deux pieds et demi à trois

pieds de largeur , qu’on garnit de sa paillasse, est

ordinairement destinée à cet usage. Si l’on ne peut se la procurer , On ‘prendra un lit de sangles , sur le-

El oi AE un matelas ployé en double, dont Véxtrémité qui est en dessus déscendra un peu plus

bas que l'autre. Des draps et des couvertures en complètent la garniture; des oreïllers sont néces-

Page 1