‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 5)Chapitre 14 sur 35 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Physiologie et Hygiène de la femme en couches. •

Ce seroit une grande erreur de croire que l'accouchement , tel que nous l'avons examiné , soit une maladie proprement dite, puisque tout s'y passe conformément au vœu de la nature. A la vérité 7 la femme souffre , pour se débarrasser du produit de la conception ; on diroit même que tout son corps s'ébranle et se disloque, pendant que l'enfant traverse la filière du bassin. Mais que ces douleurs et ces agitations sont différentes de celles qui tiennent à une lésion d'organes ou de fonctions ! Elles n'ont ni la même cause , ni le même caractère , ni la même continuité. Dailîeurs , les suites en sont rarement fâcheuses par elles-mêmes , attendu qu'elles sont aussi naturelles que le principe d'où elles dérivent. En un mot, l'état d'une femme nouvellement accouchée appartient plus à la physiologie qu'à la pathologie, et les ressources de la thérapeutique y sont moins indiquées et moins nécessaires que les préservatifs de ihygiène. Exposons donc succinctement les principaux phénomènes qui suivent l'accouchement naturel , afin de mieux faire sentir l'utilité des soins que la femme exige après la délivrance et pendant tout le temps des couches.

ARTICLE PREMIER

Des suites de V Accouchement naturel.

Quand on se représente les efforts de la femme en travail ? surtout dans un premier accouchement ,

faut-il être surpris quelle en soit fatiguée et même harassée ? Aussi , dès qu'elle est délivrée , malgré le* plaisir qu'elle éprouve d'être mère, se plaint-elle * toujours d'un sentiment de faiblesse ou de lassitude , comme après un exercice violent ou une marche forcée. Il lui semble pendant quelque temps que tout son corps ait été meurtri , comme dans Une courbature générale. Ses membres sont endoloris; le bas-ventre , la matrice et la vulve ont plus de sensibilité ; le visage est moins coloré , l'œil moins vif, la voix moins sonore , le pouls moins fort et moins fréquent ; la femme ne sent plus la même chaleur : quelquefois tout son corps frissonne. Pendant le travail , tout étoit dans l'état d'érétisme et de tension ; après l'accouchement , tout est dans l'état d'atonie et de relâchement. La femme ne soupire plus qu'après le repos ; quelquefois même elle s'endort sur le lit de travail, et ce premier sommeil est un bienfait de la nature , qui ne contribue pas peu à la délasser et à réparer ses forces.

Cependant cet état de foiblesse et de prostration qui succède à l'accouchement, n'est que momentané ; bientôt les propriétés vitales reprennent de l'énergie; la chaleur se ranime , le pouls se réveille, une légère moiteur se répand uniformément sur toute la surface du corps , et la femme éprouve un sentiment de bien aise qui , en lui faisant oublier les douleurs de l'enfantement 3 lui laisse l'intime conviction d'une santé entière ou facile a réparer.

La matrice en particulier offre des phénomènes

qui méritenrde fixer l'attention du médecin-accoucheur. Aussitôt qu'elle est débarrassée du produit de la conception , elle se resserre par sa contractiiilé naturelle ; mais elle ne revient pas sur-le-champ a son volume ordinaire ; ses parois restent encore plus ou moins engorgées , et les différens fluides qui les abreuvent , ne s'en expriment que d'une manière lente et successive. Dans les premiers momens après la délivrance , on voit couler par la vulve un sang pur qui s'échappe par les extrémités encore béantes des sinus utérins ; au bout de quelque temps , il ne sort plus que des caillots noirâtres plus ou moins volumineux. A mesure que la matrice se contracte , les vaisseaux en deviennent plus flexueux , et perdent de leur calibre. Passé les premières vingt quatre heures , il ne coule par la vulve qu'une sérosité rous* sâtre , qui prend bientôt une apparence puriforme, et qui ne se supprime que pendant la fièvre de lait. Enfin , cette espèce d'écoulement utérin devient blanchâtre, et acquiert une odeur particulière, à laquelle un accoucheur exercé ne sauroit se méprendre; les taches qu'il laisse sur le linge ressemblent à peu près à celles du lait.

Telles sont donc l'origine , la marche et la distinction des lochies ou vidanges que les auteurs , plus attentifs à la couleur qu'à la nature de celte excrétion utérine, divisent en sanguines, en séreuses, et en puriformes ou laiteuses.

Les premières ne durent guère que pendant vingtquatre heures , les secondes pendant trente-six ou

quarante- huit heures, jusqu'à la fièvre de lait ; et les dernières se prolongent pendant quinze ou vingt jours, quelquefois jusqu'à six semaines, époque où, il est fort difficile de les distinguer d'avec la leucorrhée ou fleurs blanches , auxquelles tant de femmes sont sujettes , surtout dans les grandes villes.

Quelle méprise ne seroit-ce pas de comparer > comme Ta fait Van-Swieten , ces trois espèces de lochies aux phénomènes que présente une solution de continuité , par exemple , une plaie ! Dans celleci, le sang coule d'abord à cause de la division des vaisseaux ; bientôt après il ne suinte plus de ses bords qu'une sérosité roussâtre , qui disparoît durant l'inflammation ; enfin , la suppuration arrive , les bords s'affaissent , et la cicatrisation s'opère. Mais après l'accouchement naturel , que voit - on de semblable dans la matrice ? D'abord , ce viscère ne souffre aucune sorte de lésion • car le placenta et les membranes n'étant que contigus à sa surface interne , leur décollement ne peut être une véritable déchirure , comme le supposoit le célèbre commentateur de Boerhaave ; donc on n'a point à redouter l'hémorragie , l'inflammation , ni la suppuration qu'on observe dans une plaie j et la prétendue analogie de ces phénomènes avec ceux des lochies n'est rien moins qu'exacte. Si la matrice, après l'accouchement rend d'abord du sang pur , et ensuite une sérosité , dont la couleur ressemble à celle du pus ou du lait , ce n'est pas parce qu'elle s'est enflammée, mais parce qu'elle achève de se dégorger pour rêve*

nir à son volume naturel. Les lochies ne ressemblent pas non plus aux fleurs blanches quant à leur origine ; car celles-ci tiennent à une irritation accidentelle de la membrane muqueuse de la matrice 7 et celles-là ne sont qu'un effet de la contraction naturelle de ce viscère.

Quoi qu'il en soit de la manière d'expliquer la génération des lochies, cette espèce d'excrétion utéi me varie suivant une foule de circonstances, tant individuelles qu'hygiéniques , telles que le tempérament , îa constitution , l'âge et la manière de vivre de la femme , le régime qu'elle suit dans ses couches , la sensibilité propre des organes génitaux , la saison , le climat, l'état habituel de la menstruation , les affections morales. L'expérience atteste aussi que l'allaitement diminue l'abondance et îa durée des lochies. Mais rien n'est moins prouvé que l'influence attribuée par Hippocrate au sexe de l'enfant sur l'écoulement lochial de la mère. Une fille n'est ni plus impure qu'un garçon , ni plus propre à prolonger la durée des vidanges.

Les parois de la matrice ne se dégorgent pas toujours avec facilité, parce que les extrémités de ses vaisseaux sont dans un état de spasme ; d'ailleurs les caillots qui se forment dans la cavité de ce viscère, après l'accouchement naturel , peuvent y être retenus plus ou moins de temps , à cause de leur volume excessif, ou à cause du resserrement de l'orifice utérin. De là de nouvelles contractions et de nouveaux efforts pour les expulser P de là enfin

de l'art des Accoochxméns. 3.^ 7 ces douleurs plus ou moins semblables à celles du travail , et auxquelles on a donne le nom de tranchées utériîies .\L\les sont plus ou moins aiguës, suivant la sensibilité de l'individu , et surtout de la matrice en particulier. On les observe plutôt ou plus tard , mais toujours dans les premières vingt-quatre heures cjui suivent la délivrance ; leur durée varie depuis un ou deux jusqu'à trois ou quatre jours. La femme en est peu tourmentée après un long et pénible accouchement , soit parce que la matrice a eu plus de temps alors pour se dégorger durant le travail, soit parce que sou orifice , trop relâché , ne peut se contracter que foiblement pour s'opposer à Hssue des caillots. Voilà sans doute pourquoi , après le premier accouchement, qui, toutes choses égales , est plus long et plus difficile que les autres , l'absence des tranchées utérines dédommage de la violence et de la durée des souffrances qui ont précédé. Ces sortes de douleurs consécutives , quand elles sont causées par la résistance d'un caillot , s'étendent et se dirigent du nombril vers le siège, comme celles du travail. Elles ne sont pas continuées ; elles sont au contraire entrecoupées par des intervalles qui deviennent de plus en plus longs , et dans lesquels rien ne coule de la matrice. Seulement le calme qui succède a chacune de ces quintes douloureuses , est marqué par un liquide dont la femme se sent mouillée. Tels sont les caractères qui distinguent celte espèce de tranchées', d'avec celles qui sont occasionnées par l'engorgement des parois d%

la matrice ou par la crispation de ses extrémités artérielles. Celles-ci attaquent ordinairement les fem^mes qui sont tourmentées de coliques durant la menstruation • elles sont plus douloureuses et plus opiniâtres que les précédentes, et ne sont point suivies de caillots de sang. Enfin elles laissent la matrice volumineuse et son orifice toujours ouvert; d'où il résulte que le sang coule en même temps.

Du troisième au quatrième jour après la délivrance, quelquefois plutôt , rarement plus tard , lorsque les lochies purulentes cessent , et pendant que les tranchées durent encore, il s'opère, dans toute l'économie de la femme une espèce de trouble ou de révolution éphémère , à laquelle on donne le nom àe fièvre de lait \ peut-être mériteroit-eîle encore mieux celui de fièvre puerpérale , parce qu'elle est une suite naturelle de l'accouchement. Quoi qu'il en soit, les physiologistes ne sont pas d'accord sur la cause de ce mouvement fébrile. Les plus vulgaires l'attribuent au reflux du lait qui , après l'accouchement, se porte de la matrice aux mamelles , comme si ce liquide avoit été destiné à nourrir le fœtus durant la grossesse , ou ne s'étoit pas déjà formé dans ïe sein de la mère avant la fièvre de lait, et même quelquefois avant le travail de l'enfantement. Van- Swieten, en adoptant en partie l'opinion précédente, regarde cette fièvre comme un effet de l'inflammation et de la suppuration utérines qui succèdent à la délivrance. Mais nous avons déjà fait sentir tout le vide et tout le ridicule de cette hypothèse, Enfin ,

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ne seroit-ce pas confondre l'effet avec la cause, que d'attribuer uniquement la fièvre de lait à la distension des mamelles , comme l'enseigne le professeur Mont.eggia ? Tout nous porte donc à croire que celte révolution laiteuse n'est qu'une sorte de crise provoquée par la nature , pour rétablir l'équilibre dans tout l'organisme de la femme. En effet , pendant la grossesse , la matrice étoit devenue un centre d'action ou de vitalité ,- qui maîlrisoit pour ainsi dire toutes les fonctions, et les faisoit concourir d'une manière plus ou moins immédiate au développement du fœtus. Mais l'accoucbement terminé , ce viscère se contracte , et repousse les mouvemens fluxionnairesqui venoient y aboutir, et dont il n'a plus que faire. De là cet embarras momentané , cette pléthore vasculaire , en un mot , cette réaction fébrile qui n'est que le premier degré de la fièvre inflammatoire , et dont le résultat est la direction des propriétés vitales vers les mamelles , où elles augmentent et perfectionnent l'excrétion laiteuse.

Toutes les femmes ne sont pas également disposées à la fièvre de lait. Celles dont la transpiration est très-abondante en sont presque exemptes; il en est de même de celles qui nourrissent, de celles qui ont peu de lait , de celles qui se livrent habituellement à des travaux pénibles, de celles qui vivent avec sobriété , et de celles qui ont des règles modérées.

Quelques praticiens assurent avoir observé cette fièvre durant le travail ; mais il est difficile de concevoir une telle anticipation; surtout quand l'accou-

chement est naturel. Si la révolution laiteuse n'a pour but que de favoriser la sécrétion ou l'élaboration du lait dans le sein, pourquoi s'opéreroit-elle avant que le fœtus eut cessé de communiquer avec la matrice* ou avant qu'il fut venu au monde ? Il est vrai que , cliez plusieurs femmes , les mamelles sont gorgées de lait avant l'accouchement , ou pendant les derniers mois de la grossesse; mais ce n'est point là un effet de la fièvre dont nous parlons. Ce n'est qu'un résultat de la sympathie ou correspondance entre la matrice et les mamelles : sympathie admirable que le Père de la médecine avoit si bien observée , et qui démontre que l'intention de la nature n'est pas d'abandonner le fœtus après sa naissance.

Au début de la fièvre de lait , la nouvelle accouchée ressent un peu plus de mal-aise qu'à l'ordinaire; sa peau est plus sèche ; quelquefois elle éprouve des frissons vagues. Peu de temps après il se forme vers le sein une sorte d'irradiation que des physiologistes attribuent à l'ascension du lait ; les mamelles se gon-* fient, se tendent, et deviennent douloureuses ; il s'y manifeste des éîancemens ; les lochies se suppriment; peu à peu le pouls s'anime et s'accélère ; la respiration se presse , la chaleur augmente ; le visage se colore ; les yeux étincellent; la soif eut plus ou moins vive ; il y a constipation, mal de tête, quelquefois une sorte de léger délire ou de rêvasserie. Dans la plus haute période, le gonflement du sein se propage jusqu'aux clavicules et aux aisseî!es.La femme alors est obligée d'écarter les bras, qu'elle ne peut approcher

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du tronc sans souffrir; la respiration est plus ou moins gênée.

Cet étal dérétisme ou d'excitation ne dure guère que vingt-quatre heures, au bout desquelles il survient une détente générale. Alors tous les symptômes s'apaisent; les lochies reprennent leur cours, la femme se plaint de picottemens ineommodes, et se sent bientôt inondée d'une sueur abondante , dont l'odeur aigre fait croire au vulgaire , que le lait s'échappe par les pores de la peau. Le gonflement du sein diminue aussi, et le lait coule , pour ainsi dire, a flots. C'est ainsi que se juge la fièvre de lait, et que le calme se rétablit dans toute l'économie.

On peut encore considérer comme une des suites de l'accouchement, même le plus naturel, le relâchement des parois abdominales , ainsi que les rides ou les vcrgetures qui en sillonnent la surface cutanée. La matrice, en se développant d'une manière lente, mais continue et graduée, repousse le péritoine , les muscles abdominaux , le tissu cellulaire et la peau* Distendus outre mesure , pendant la grossesse, et fatigués par le travail de l'accouchement, ces organes tombent , après l'expulsion du fœtus, dans une sorte d'atonie , qui ne leur permet plus de recouvrer leur ancienne élasticité. C'est de cette même cause que dépendent la disposition à la lipothymie ou à la syncope, et l'engorgement des viscères abdominaux chez la femme qui vient d'accoucher. Le vide plus ou moins prompt de l'abdomen , joint au relâchement de ses parois , fait que le sang et les autres

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fluides n'éprouvent plus la même résistance , en parcourant les vaisseaux qui arrosent cette cavité splanchnique. Us y affluent donc des parties supérieures et s'y précipitent, comme après la déplétion trop subite de l'abdomen chez un hydropique à qui l'on a fait l'opération de la paracenlhèse.

ARTICLE II

Des soins que la femme exige après la Délivrance.

Si la femme n'est point malade après un accouchement naturel , elle est au moins disposée à le devenir; car elle a été plus ou moins affoiblie par le travail ; sa sensibilité s'est exaltée ; la matrice conserve plus de volume et de pesanteur qu'à l'ordinaire , ce qui la rend plus sujette à se déplacer ; les parois abdominales sont flasques et presque sans ressort ; le vagin et la vulve ont été distendus, froissés, contus par la tête du fœtus; enfin, les lochies peuvent se déranger, et la révolution du lait peut être plus ou moins orageuse. Concluons donc que , si la femme doit se passer de médicamens après un accouchement conforme au vœu de la nature, elle a néanmoins des précautions à prendre ou des écarts à éviter, jusqu'à ce que tout soit rétabli dans Tordre.

Immédiatement après la délivrance , que l'accoucheur s'empresse de porter une main sur l'hypogastre de la femme , pour examiner si la matrice se contracte, ou revient sur elle-même. C'est alors un bon signe que de trouver au-dessus du pubis et sous la vessie un corps de la grosseur du poing , dur et

DE l'art des accouciiemens. 555 arrondi ; c'est une preuve rjue la matrice jouit de sa conlractilité , et qu'on n'a point à craindra l'inertie de ce viscère, ni l'hémorragie qui en dépend. Qnc si l'on trouve, au contraire, en palpant l'hypogastre un corps mollasse et sans énergie, il faut y pr-ini r . de légères frictions , pour exciter les contractions utérines. La main ne découvre-t-elle rien qui indique la présence de la matrice , ou sent elle un vide en forme oie cui-de-lampe; il est à craindre que ce viscère n'ait été entraîné, ou son fond renversé par la délivrance; on s'en assure alors, en introduisant sur-le-champ le doigt indicateur dans le va^in , et on prend les mesures nécessaires pour replacer ou réduire la matrice.

Lorsque ce viscère s'est dégorgé, et qu'il ne rend plus de sang liquide , il faut changer la femme de lit, à moins qu'on n'ait à craindre des accidens. Plus on la laisse sur le lit de travail après la délivrance , plus elle est agitée ensuite , quand elle passe dans celui où elle doit rester le temps des couches. D'ailleurs le repos qu'elle prendroit sur le premier, ne seroit qu'imparfait et peu salutaire, à cause de l'ordure et de l'humidité dégoûtante où. elle croupirok.

Qu'on se garde bien de permettre à l'accouchée de se tenir debout ou de marcher, pour se rendre à son lit; il faut qu'on F y transporte ; mais avant, on a soin de la changer de linge . On renouvelle sa coiffure é surtout quand elle a sué pendant le travail, et on couvre plus ou moins sa tête, suivant l'habitude et la saison ; on lui passe une chemise propre , pour

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l'ordinaire fendue en devant , qu'on a soin de sécher et de chauffer légèrement ; on garnit son cou et ses épaules d'un fichu ■ et on lui fait endosser une camisole plus ou moins chaude, suivant la température habituelle de l'air. On lui applique aussi une servietle ouvrée ou un morceau d'ouate sur le sein ,~ pour le garantir du froid , si c'est en hiver, et on lui ceint le ventre d'un bandage médiocrement serré , ou d'une ceinture élastique , pour en soutenir les parois, pour prévenir la syncope , ainsi que la hernie, et l'engorgement des viscères abdominaux ; peut-être aussi pour favoriser l'écoulement des lochies , et pour rendre les tranchées plus supportables, en fournissant un point d'appui à la matrice.

Il est des femmes qui compriment leur sein , et y . ' appliquent même des topiques astringeus , pour empêcher le lait de s'y porter, et d'en altérer la forme ou la beauté ; c'est à l'accoucheur de s'élever contre de tels abus, et d'en faire sentir les dangereux inconvéniens. Une mère peut-elle être assez légère et assez imprudente pour acheter, au prix de sa santé et de sa vie, le futile avantage de conserver quelques appas? Peut-il y avoir pour elle de plaisir comparable à celui qu'elle goûte en allaitant ses enfans ?

Peu, Mauriceau et De Larnotte se sont aussi récriés contre le bandage de corps; mais loin de le proscrire entièrement, ils n'en ont condamné que le mauvais usage. Il y a des femmes qui, pour diminuer leur ventre après l'accouchement , pour en prévenir les rides, et surtout pour recouvrer celte finesse de

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