T R 0 1 S I È \I E CON F É R E V C B
la force nerveuse, doit se composer nécessairement d'une cellule ou corpuscule névrogène, qui es( un «cotre indépendant d'activité nerveuse, et de deux fibres complémentaires dont l'une est afférente, c'est-à-dire destinée à l'apport des impressions centripètes, et l'autre ellérente, destinée à l'envoi des impressions centrifuges.
(Jette induction spéculative est pleinement confirmée par l'expérience : les observations microscopiques nous montrent que la cavité de la cellule névrogène est en continuité avec celle de plusieurs fibres auxquelles elle donne naissance; d'autre part, l'observation des phénomènes nerveux et la physiologie expérimentale viennent attester les propriétés opposées et complémentaires de ces fibres en nous apprenant que la réflexion centrifuge des impressions centripètes est une loi fondamentale de la mécanique nerveuse, commune au système cérébrospinal, au système spinal et au système ganglionnaire.
Les sensations ne paraissent exercer, sans doute, qu'une influence indirecte sur la production des mouvements volontaires; mais cela lient à ce que la réaction de l'impression sensoriale sur le système musculaire est modifiée par la pensée. Que l'intervention de celle-ci vienne à être momentanément suspendue par une cause quelconque, aussitôt la réaction motrice de la sensation recouvre une instantanéité et une régularité toute mécanique. C'est ainsi qu'une vive sensation de lumière nous fait clore instinctivement les paupières, c'est ainsi qu'un bruit ou un contact imprévu peut déterminer un sursaut général de notre corps.
Les propriétés excito- motrices sont tellement évi-
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dentés dans les fonctions du système spinal , qu'elles lui ont valu la dénomination de système réflexe. En effet, tous les mouvements qu'il détermine dans les muscles mixtes répondent à une excitation dont le siège est dans ces muscles eux-mêmes ou dans les parties avoisinantes, et dont le rôle est évidemment de signaler à la motricité les circonstances locales, physiologiques ou accidentelles, qui réclament actuellement son intervention. C'est ainsi que l'excitation causée par la présence d'un corps étranger dans le larynx détermine dans cet organe des contractions plus ou moins violentes destinées à le débarrasser; c'est ainsi qu'en excitant la rétine, la lumière force la pupille à se contracter pour protéger l'organe délicat contre une action trop vive de ses rayons. L'électricité appliquée à la physiologie expérimentale nous permet de constater que les fonctions végétatives mises en jeu par le grand sympathique tirent leur nature distinctive d'un mode d'activité spécial et inhérent à ceux de ses ganglions qui les concernent. Les modifications très-étendues et très-promptes que l'on développe dans l'énergie de cette activité ganglionnaire en portant l'action d'un irritant sur l'extrémité terminale de ses nerfs conducteurs, ne doivent-elles pas faire supposer que l'excitation ainsi produite est arrivée au ganglion par le canal d'une fibre ganglionnaire afférente? Sans doute, on peut supposer que l'irritation n'est parvenue au ganglion qu'après avoir effectué un circuit de réflexion à travers un couple nerveux cérébro-spinal ; mais, en admettant que la chose se passe ainsi, il reste à s'expliquer comment l'excitation prise par une fibre
afférente «In système racbidien et ramenée par sa complémentaire efférente peu! passer dans le ganglion.
L'analogie porte à croire qu'en pareil cas la transmission de l'excitation d'un système à l'antre s'effectue par une impression motrice de la fibre spinale efférente sur une fibre afférente du ganglion.
J'ai développé ailleurs ma pensée sur ce point difficile. Je me contenterai d'ajouter que le pouvoir réflectif intrinsèque des ganglions se trouve établi directement par des expériences de vivisection qu'il serait trop long de décrire ici, et dont la première mention est due à Uenle, si je ne me trompe.
Une cellule névrogène, centre générateur de la force nerveuse et siège d'un mode spécial d'activité vitale; de plus, aboutissant à ce centre, deux fibres dont l'une lui apporte les impressions passives et l'autre sert à l'envoi des impressions actives, tel est, en résumé, la constitution générale de l'élément nerveux intégrant.
Les éléments nerveux se rapprochent entre eux ou se séparent suivant les rapports de ressemblance ou de dissemblance des modes vitaux qu'ils représentent, et ils sont groupés anatomiquement en trois systèmes.
La réunion de leurs centres spéciaux constitue le centre général du système. Du faisceau des modes d'activité ou facultés vitales desquelles ces centres élémentaires sont respectivement le siège, résulte un ensemble synthétique que les physiologistes appellent unie, quand il s'agit des modes d'activité propres au cerveau.
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Un échange de fibres a lieu entre le système cérébrospinal et le système ganglionnaire; et telle est l'étendue de cet échange, que, dans les plus petits ramuscules de ces deux arbres nerveux, on constate, décelées parleur couleur étrangère, quelques fibres de l'arbre opposé.
La signification de ce lien nerveux, jeté entre toutes les facultés de Pâme et toutes les facultés de la vie organique, ne saurait maintenant nous échapper. Ce lien, consistant en un conducteur double des impressions reçues et des impressions données, crée par conséquent une dépendance réciproque entre le centre de la vie animale et le centre de la vie végétative. De là il résulte qu'une modification fonctionnelle provoquée sur un point du premier aura pour écho une modification dans l'activité propre à un point correspondant du second, et réciproquement.
Il nous reste maintenant à appliquer ces données à la solution du problème de l'idéoplastie.
Il s'agit, on se le rappelle, d'employer la force nerveuse accumulée au cerveau à modifier des fonctions déterminées de l'économie.
Or, nous venons de voir que toutes les fonctions animales, végétatives ou mixtes, ont leur siège au cerveau ou bien s'y rattachent, de telle sorte que chacune d'elles est en corrélation avec une faculté de l'âme, et que , pour modifier celle-là, il suffit d'impressionner celle-ci.
Il ne s'agit donc plus, pour nous, que de déterminer la faculté de l'âme sur laquelle nous voulons agir. Xous
rROISIBME CONFERENCE.
devrons ensuite la tirer de son sommeil hypotaxique par une excitation locale et exclusive. Son activité réveillée, elle deviendra aussitôt le point d'affluence de la force nerveuse que la torpeur générale do cerveau a lai — s'accumuler.
Mais comment découvrirons-nous la faculté voulue? VA puis, à quel genre d'excitation aurons-nous recours pour la stimuler ?
Toutes les impressions ressenties par Pâme sont nécessairement perçues par la conscience. Elles sont plus ou moins durables; mais, après être restées effaci durant longtemps, elles peuvent se reproduire tout à coup par le relourdes idées accessoires auxquelles elles se trouvaient primitivement associées, et c'est ce qui constitue le souvenir.
Pour exciter la faculté de l'âme correspondante à la fonction végétative que l'on désire modifier, il suffit donc de réveiller le souvenir de l'impression mentale provoquée antérieurement par la modification végétative proposée. Ainsi, pour déterminer le vomissement, suffirait-il donc de susciter le souvenir des nausées que l'action d'un émélique sur l'estomac avait provoquées jadis?
Certes l'impression subjective de la mémoire est de même nature que l'impression objective qu'elle reflète. C'est, à vrai dire, une impression identique; mais, privée maintenant de son intensité primitive, elle ne peut réagir avec efficacité sur la vie organique.
Toutefois, les ressources de l'organisation mentale nous fourniront le moyen de rendre aux impressions
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rétrospectives de l'àme toute la vivacité, toute la vigueur
et toute la puissance organo-motrice de l'actualité.
Pour compléter cet exposé, nous emprunterons les développements suivants à un ouvrage que nous avons déjà mentionné :
« Les Impressions de la Mémoire vivifiées par les Impressions de la Crédivité.
» 470. Il esl une faculté passionnelle dont le ressort, d'une vigueur merveilleuse, peut servir à restituer toute la force et tout le feu primitifs aux impressions ternes et débiles de la mémoire, et à en faire sortir des effets aussi positifs, aussi efficaces, aussi puissants, que ceux dont est capable l'impression directe elle-même. En un mot, il nous appartient de faire usage d'un procédé qui consiste à diriger toute impression mémorative par le véhicule de l'impression directe appliquée à un irrésistible levier passionnel que nous nommerons la Crédivité. Et, comme l'excitateur purement mental de cette faculté peut être renfermé tout entier dans le signe mémoratif vocal, il s'ensuit que renonciation, telle que le coup de marteau qui écrase la capsule pour produire la détonation de l'arme à feu, l'Enonciation, dis-je, frappe, en quelque sorte, la Crédivité sur la Mémoire, et enflamme celle-ci de l'étincelle qu'elle fait jaillir de celle-là : aussitôt le pâle souvenir d'éclater de lumière et de chaleur, et l'ombre de se transformer en réalité.
« Mais on va dire : Qu'est-ce que la Crédivité? — Cette question fort légitime nous oblige à faire une courte digression sur le domaine de la Psychologie.
TROISIÈME CONI ÉRENCE.
» 47 1 . L'Anie, considérée comme ressemble d< Facultés, s'offre à nous, telle qu'une pyramide, sous trois grandes laces, qui soui : la Sensitivité, l'Intelligence et la Passion. Chacune de ces trois classes de facultés se divise progressivemt al en une série d'ordres, de genres et d'espèces. Vous n'avons ici à nous occuper que de la division des Passions, car c'est à cette catégorie qu'appartient la faculté qui fait l'objet de cette recherche.
m Les Passions se distribuent en trois ordres : ce sont des tendances qui sollicitent l'Homme par le plaisir, ou le contraignent par la peine, à servir trois grands intérêts, tous trois reliés dans l'Harmonie de la Nature par une solidarité complète, ayant pour seul objet absolu le bonheur de "Etre, et constituant à eux seuls la raison première de l'Univers. C'est d'abord , — l'intérêt de la conservation et du développement de V 'Individu; — puis l'intérêt de la conservation et du développement de V Espèce, — et, enfin, l'intérêt suprême, qui embrasse les deux autres, celui de la conservation et du développement de la Société Humaine, et, généralement, de la Société Universelle des Etres et des Mondes.
» De là trois ordres de passions, celles de l'Intérêt Personnel, celles de l'Intérêt Domestique, et celles de l'Intérêt Social. C'est à ces dernières que doit maintenant se restreindre notre étude.
» 472. Les passions de l'Intérêt Social forment deux genres, celui des Passions Sociales Centripètes , et celui des Passions Sociales Centrifuges. Les premières impriment à l'individu une tendance à se porter vers le centre