DU NOMBRE
31. On appelle période, une phrasy longue, harmonieuse et dont los Parties sont ordinaireinent liées entre elles par des Conjonctifs ou des conjonctions,
Le nombre consisto à divi égales et tantôt inégale sir de l'oreille et le bes
ser la période en portions tantôt S,,Mesurces cl cadencées, pour le plaioin do la respiration.
En poésie, la Mesure est déterminée par des règles positives ; en prose, gles précises : Cependant, elle n’e
ñ est par tous les grands maîtres,
RèGLes. (a) Les périodes peuvent êtro de deux, de trois, de quatre membres, rarement de cinq.
Un membre est une partio notablo de la période, terminée par un repos qui n'est complet que pour la dermire,
Ex. : 1. Je ne serai point décapité pour avoir voulu vous ravir la vie, —2. Mais pour avoir porté une couronne après laquelle vois soupiriez,
men men
1. Oh! si tu revenais sur la rive fleurie, Que ton cœur généreux nous légua pour patrie Noble père de nos aïcux !
2. Comme ton cœur charmé bondiruit d'allégresso, En voyant tes enfants tout brillants de jeuncsse, Grandis, prospères et joyeux, A. LB, Rouruier,
1. Venez, lui dirent-ils, venez sous ces ombrages, 2 Vous rafraichirez nos fouillages, | | 3. Et nous, par un juste retour, | Nous vous garantirons de ce flambeau céleste, | Astre puissant, père du jour, Dont le trop d’ardeur est funeste,
(à) La période à quatre membres ou période carrée est la plus harmonieuse,
1! Ex. : C’est à cette heure que Philomèle commence à préluder,—quar.d les forêts ont retenu leurs mille voix,—que pas un brin d'herbe, pas
une mousse ne soupire,—que la lune est dans le ciel et que l'oreille de l’hommo est attentive.
(c) Frites les membres d'une période à peu près égaux ; que cependant les derniers soient plus longs qu: les autres.
le EE 2H jus RE duché es
1. L'oiseau qui a perdu ses 2, —C'est encoro l’air du sait qu’un ;
3 —Mais, par un coup de son art, ie musicien n’a fait que changer la qi clef, et la cuntate du plaisir est devenue la camplainte de la douleur.
‘d) Terminez la période de manière que la voix ne reste pas élevée en prononçant la dernière syllabe, comme cela aurait lieu dans l'exemple suivant :
petits chante sncore ; temps du bonheur qu’il redit, car il n’en
Ex.: C’est à cette heure que Philomèle commence
à préluder..….
lorsque i‘oreille de l’homme est attentiv
e et que la lune est dans le ciel,
(e) Examinez en rclisant vos périodes, ‘oreille, plaisent à l'esprit et favorisent la
si ICS repos flattent respiration,
32, L de ressc la phra:
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De là, celle de:
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près égaux ; les autres.
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QUALITÉS DU SrTyLe.
DÉ L'HANMONIE IMITATIVE.
32. L'harmonie imilalive consiste dans un rapport sensible de ressemblance entre le son des mots où le mouvement de la phrase et l’objet dont on parle,
Champlain décharge son arquebuse, les balles Partent, silent, volent et s’enfoncent dans le front du chef ennemi,
Pour qui sont ces serpents qui siflent sur vos têtes ?
Lo son des mots où Je Mouvement de là phrase peuvent imiter les sons des objets, les mouvements de ces objets ou les sentiments que l’auteur exprime.
De là, trois sortes d'harmonie imitative : cello des sons, celle des mouvements physiques, celle des sentiments ou mouvements de l'âme.
33. Imilalion des sons. Les mots, qui par cux-mêmes sonnent comme leur objet, sont appelés Ononalopées.
Ex.: Cri, souÛle, sifle,
Il y a harmonie imitativa lorsqu'on emploie les onomatopées ou qu'on produit un effet analogue par le rapproche. ment d’autres mots.
Mais sur le front des camps déjà les bronzes grondent Ces tonnerres lointains se croisent, so rénondent,
34. Imilalion des Mouvements physiques, Quand le mouvement de l'objet est lent, pénible, l'harmonie emploie des mots dont les syllabes Sont longues et pénibles à prononcer.
On supprime les conjonctions, tout ce qui rend le styie coulant.
Dans un chemin montant, sablonnoux, malaisé, Et de tous les côtés au soleil exposé, Six forts chevaux tiraient un cocho.
Quand au contraire lo mouvement est rapide, elle se sert de syllabes brèves et faciles à prononcer, L'harmonie des mouvements est Sensible dans ces vers :
Il voit venir à lui mort ! non cette mort qui platt à la victoire, Qui vole avec la foudre et que pare la gloire, Mais lente, mais horrible et traînant par la main La faim qui se déchire ot sc TOuge le sain,
16 PRÉCEPTES LITTARAIRES,
Pope, poète anglais, donne à la fois le précepte ct l'exemple (b) de l'harmonie imitative dans un passage dont voici la traduc- la fort 1: | tion : mais s
1 | Que 1e style soit jaloux, lorsqu'un tendre zéphyre, expres 14 À travers les forêts, s'insinue et soupire ; Qu'il coule avec lenteur, quand do potits ruisseaux Tratnont languissamment leurs gémissantes eaux : Mais lo ciel en courroux, la mer pleine de rago, Font-ils d'un bruit affreux retentir lo rivago, 37. ( Le vers, comme un torrent, en grondant doit marcher,
de lan Qu’Ajax soulève et lance un énorme rocher, plus én Lo vers appesanti tombe avec cotto masso, Voyez-vous, des épis effleurant la surface, es | Canille, dans un champ, qui court, vole et fend l'air, mots, 1 Î Lo style suit Camille et part comme l'éclair. DUFRESNEL, il | Remarque. Le genre do beauté, que produisent ces deux | premières imitations, nous trouve froids, pour peu qu'il nous | 38 | paraisse calculé; c'est pourquoi il ne faut pas le rechercher, # , é FF. : \ quirév 35, Nnilalion des sentiments ou mouvements de l'âme. Le À - 5 À : F : à | son el le mouvement, comme le montre l'influence de la Sun | musique, ont une certaine analogie avec nos sentimenis ; 3 te ‘ = , 3 ©jeune 1 c'est sur co Principe quo repose cette troisième espèce d'har- Û re monie imilative : elle consiste à employer des expressions D cer de vie dont les sons et les mouvements puissent impressionner le # 39, I lecteur ct faire naitre en son âme les sentiments de tristesse, prennen de mélantolie, de pitié, d'almiration, etc. ment. 40, Qi on peut 9 Ü CHAPITRE Ii. LLC Les tre pl DES ORNEMENTS DU STYLE. lonomas.
36. On appelle ornements Qu style tout ce qui de sa patire | peut embellir une composition. EE { ie < e il. La [ll Les principaux sont: les figures de style, les images, les tu-d' 1 épithètes, les alliances de mots. nn + +. Le:
Le . É- i Räcues. (a) Les ornements no plaisent qu’autant qu'ils cause. à €
sont conformes à la nature du sujet traité et qu’ils sont dis. tribuës avoc goût,
(*) Méto:
epte ot l'exemple L voici la traduc-
phyre,
isseaux
y eAUX ; ago,
t marcher.
end l'air:
DUFRESNEL.,
iisent ces deux r peu qu'il nous s le rechercher, Is de l'âme. Le influence de la os sentiments ; e espèce d'harles expressions ipressionner le its de tristesse,
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li de sa patvre »s images, les
autant qu'ils u’ils sont dis.
ORNEMENTS DU STYLk, 17
(b) I ne faut pas chercher à embellir les pensées qui, dans la forme où nous les Concovons, ont un ornement suflisant ; mais seulement celles qui apparaissent à notre esprit sous une expression Commune, triviale ot sans grâce,
à I —-Des Figures de Style en général.
37. On entend par figures de Stylo des formes particulières de langage qui manifestent l'idée d'une manière plus noble, plus énergique, plus élégante que les formes ordinaires,
Les figures de style sont de trois sortes: les figures de mots, les figures de grammaire, les figures do pensée.
4 Il. —Des Figures de Mots.
38. Les figures de mots consistent d qui réveille une autre idée que ce tement et exactement.
ans l'emploi d'un met lle qu'il doit exprimer direc-
Aucun bruit du dehors n'arrivait on lo jeune martyr s’éteignait,
S’éteindre doit exprimer directement cesser de brûler * il signifie cesser de vivre ; il est donc omployé au sens figuré dans cetto phraso,
39, Les mots détournés de Icur sis
guification ordinaire prennent le nom de {ropes, d'un mot grec qui signifie changement.
40. Quand on donne à un mot une signification étrangère, on peut se fonder: f sur un rapport de correspondance : ? sur un rapport de ressemblance entre les objets.
Les tropes de première cspèce s'appellent mélonymie ct anlonomase: les autres, mélaphore, allégorie et ealachrèse.
ce moment dans cetto chambre où
41, La Mélonymie emploie un mot pour un autre, en vertu d’un rapport de correspondance entre les objets.
42. Les principaux rapports de correspondance sont : de cause à effet ; de contenant à contenu ; de tout à partie, et
en
(°) Métonymie signifie changement de nom