‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 349 sur 461 · SD RE FE · texte numérisé non relu

SD RE FE

À cette onccinte qu’il embrasse, à cette multitude de pierres qui le Somposent, à cotte réunion de colonnes de tous jes ordres qui s'élèvent les unes sur les autres, circulairement, Pour soutenir t.2is rangs do portiques ; à toutes les dimensions, en un mot, de ce prodigieux édifice, ‘TOUS reconnaissez tout de suite l’œuvre d’un peuplo souverain de l'univers et esclave d’ün empereur.

J’errai pendant longtemps autour du Colisée, sans oser, pour ainsi dire, y pénétrer : mes regards l’embrassrient avec admiration et respect, IL n’y a tout au plus que la moitié de ce vaste édifice qui soit debout, cependant l'imagination peut encorc relever le reste et voir le monumentenentier. J’entrai enfin dans l'enceinte.

Quel coup d'œil! Quels tableaux ! Quels contrastes ! Quel étalage de ruines, et de toutes les portions du Monument, ct sous toutcs les formes, et de chaque siècle, et de toutes les années, portant, les unes, l'empreinte de la main du temps; les autres, l'empreinte dela main du barbare: cellesci écroulées hicr ; celles-1à, il y a peu de jours; un grand nombre qui vont tomber, et quelques-unes enfin qui, de moment en moment, tombent. Ici c’est un portique qui chancelle, 1à un cntablement, plus loin un gradin, et Sepondant, à travers tous ces débris, les lierres, les ronces, la mousse, les plantes, les arbustes rampent ; ils s’avancent, ils s’insinuont, ils prennent picd dans le ciment, ct incessamment ils détachont, séparent, pulvérisent ces masses que des siècles avaient formées, et qu’avaient unies ensemble la volonté d'un empereur ct les bras de cent millc esclaves,

C’était donc 1à que combattaient, dans les jours de fêtes romaines, pour hâter un peu plus le sang dans les veines de cont mille oisifs, les gladiateurs, les martyrs ct les esclaves |

Jecroyaisentendre les rugissements des lions, lessoupirs des mourants, la voix des bourreaux, et, ce qui épouvantait le plus mon oreille, les applaudissements des Romains. Je croyais les entendre, ces applaudissements, pressant, Gncouragcant, exigeant le Carnarge:; ceux des hommes, demandant aux Combattants toujours plus de sang ; ceux des femmes, aux mourants, toujours plus de grâce.

Il me semblait voir une de ces femmes, belle, jeune, quand un gladiateur était tombé, so lever alors sur la pointe du pied, ct, d’une bouche qui venait de sourire à un enfant, accueillir ou repousser, quereller ou applaudir le dernier soupir du vaincu, comme si elle l’eût acheté.

Que l'ennui romain était féroce ! on ne pouvait l'amuser qu'avec du sang...

Je me suis promené dans toutes les parties du Colisée, j'ai monté à tous los étages, je mesuis assis dans la loge des empereurs,

J'aurai longtemps dans mon âme le silence et In solitude que j'ai rencontrés dans ces corridors, le long de ces gradins, sous les voûtes do cos portiques,

DuPary.— Lettres sur l'Ltalie,

L'êl

COLISÉI

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