‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 420 sur 461 · ST AMBROISE · texte numérisé non relu

ST AMBROISE

innocent,

%—-PLAN DE LA COMPOSITION, L'élève complètera le plan suivant :

{ Après le massacre de Thessalonique ordonné par Théodose, St Ambroise crut devoir sorür de Milan peu avant le retour de l’empereur en celte ville.

I crut qu'avant de se présenter devant lui, il Valait mieux le laisser rentrer en lui-même, C'est alors qu'il lui écrivit cette lettre, pour

LETTRE | l'engager au repentir.

DE Lo EL) RARE Préambule, re TRÉODOSE. | (4

Reproches | 5°

CIE Ge

exhortations. | 7° c'est à regret que je me vois

Contraint d’avoir recours à

8° [cette sévérité ; 9o

J.— ANALYSE LiTTÉRAIRE,— Répondre aux questions (V. p. 289;

, 1) La lettre de saint Ambroise est penuooup plus étendue : elle a par à méme quelque chose de pius cnctueux et ue plus touchant : mais nous avous cru n'cessaire do l’abréger, (M. l'abbé DeIoux.)

Saint J

Qui do pour ple peuple, sainteté, lies tout.

-Silap les désa:

ange d’ir révélait de son es point con couler dec voix, et j

consoler, copendan encore si d'une ma

ne pardonne qu'au 1 Tout-Puissant : ue ie, qui vous conjure, ur, jusque-l\ modèle sa clémence, aussi it pu s’oublier à ce ncore ei votre cœur o tant d'innocents!

utes vos éclatantes loire ; recouvrez-l},

rais-je ne pas l'être r qu’il me devien- Y assister, Co qui l’un seul innocent,

des prophètes: en 1ple des saints (1), ST AMBROISE

lonique ordonné crut devoir sortour de l’empe-

er devant lui, il er en lui-même.

tte lettre, pour

| que je me vois voir recours à cette sévérité ;

ons (V. p. 2891,

ndue ; elle a par touchant ; mais [OUX.)

Conseils : Dans cette lettre-discours, le.but de l’auteur est d’exciter nn empereur au repentir de sa faute ct de l’amener à en faire pénitence. C'est difficile, important ; St Ambroise comprend parfaitement. sa positira, Voyez avec quelle délicatesse, avec quels ménagements, avec quêlle bonté il s’insinue dans le cœur du coupable ! S'il est nbligé de dire quelques paroles amères, tout de suite il y mêle le baume de la charité, qui soutient, qui console, Le saint évêque parle avec simplicité, mais avec ce zèle qui caractérise l’apôtre. ‘

d.—COMPOSITION.

Lettre d’un élève à son maitre pour lui demander des conseils. Plan de la Composition.

Nécessité d'interrompre les études ; il faut choisir une carrière ; inquiétudes ;

DEMANDE DE conseics, À dangers prévus ; [observée ? quelle règle de conduite doit être promesss de suivre les conseils rereconnaissance. [eus ;

Conseils : Le ton de.cet e lettre sera à la fois modeste et confiant ; l'élève s'adresse à un supérieur, à un homme à qui il doit le respect et la reconnaissance, mais C’est à son ancien innître. Comme il écrit pour demander des conseils, il peut parler librement, se laissant: inspirer

ar le cœur encore plus que par l'esprit. Il évitera cependant de tomber dans la diffusion, autrement il provoquerait l’ennui,

‘Autres sujets : 1. Demando de conseils à un bienfaiteur: 2. demande 6 place daus uns administration ; 3 un étudiant à son ancien maitre.

Leçon LXI.

Η—TEXTE À ANALYSER, Saint JÉRÔME écrit à sainte Paule, qui vient de perdre sa fille.

Qui donnera de l’enu à ma tête, et une fontaine de larmes à mes yeux pour pleurer, non pas, commo Jérémie, la mort des enfants de mon peuple, ni, comme le Sauveur, les malheurs de Jérusalem, mais la sainteté, la miséricorde, l’innocence, la chasteté, ct les vertus ensevelies toutes à la fois avec Blésille dans un même tombeau ?

* Si la perte d'une fille chérie est pour une mère le plus grand de tous les désastres, quelle doit être pour vous la perte de Llésille! de ect ange d’innocenco et de modestic ; de cetto jeune vierge dont la beauté révélait les vertus, ct qui réunissait aux qualités aïmables ct brillantes de son esprit les dons les plus précieux de la grâce ? Aussi ne veux-je point condamner votre douleur, Ilélas! je sens iwoi-mémo les larmes couler de mes yeux et inonder mon visage; les sanglots étouffent ma voix, et je suis obligé d'interrompre ma lettre. O vous, que je voudrais consoler, ayez compassion de mon état ! Jo n’ai plus la force de parler ; cependant la maladie m'a conduit si près de in tombe, ma faiblesse est encore si grande, que je suis obligé de dicter ina lettre ; Sans Île secours d’une main étrangère, je scrais privé de la consolation d’exhaler nes

438 NOYENS DE FONMER LE STYLE,

plaintes avec les vôtres, de fortifier mon courage avec vous pour supporter cetto cruelle épreuve.

Qui pourrait condamner mes larmes? Jésus-Christ n’en versa-t.il pas sur le corps de Lazare? Il pleura son ami; moi, je pleure ma fille : n’étais-je pas son père nourricier selon l'esprit? Pourquoi la mort a-t. elle immolé sa victime au printemps de Ja vie, à vingt ans? Pourquoi voit-on dans la prospérité des hommes qui ont vieilli dans le crime ? Pourquoi donc, dans le jeune âge, avec toute la fleur de l'innocence, être moissonnée avant lo temps? Je suis tenté d'aller me briser contre l’écueil de ceux qui accusent la Providence... ; mais la foi ne me ditelle pas que sout ce que fait un Dicu essentiellement bon ne peut ütre que bon. Quand à m'afllige, puis-je douter qu’il n'ait ses raisons ? Parce que je les ignore, est-ce pour moi un motif de croire qu'il n'en ait point? David s’écriait : ‘‘ Vous êtes juste, Seigneur, ct vos jugements sont pleins d'équité. Qui se vante de croire en Jésus-Christ doit, en toute circonstance, trouver bon ce que Jésus-Christ fait. Est-il d'ailleurs raisonnable de se révolter contro un mal inévitabis? Sommesnous au monde pour y vivre éternellement? Abraham, Moïse, Isaac, saint Pierre, saint Jacques, saint Jean, saint Paul, ce vaisseau d'élection, Jésus-Christ lui-même, n'ont-ils pas tous été sujets à la mort ?

Mais pourquoi mourir si jeune? Écoutons l’orazle de la sagesse ! “Peut-êt": que le Seigneur ne l'a enlevée du monde que pour la garantir de la contagion ct de la malignité du siècle, et qu’il s’est hâté de retirer du monde une âme qui lui était agréable, de peur que, s'il la laissait longtemps sur la terre, elle ne s'engageñt dans des routes écartécs ct dans de longs égarements. Ceux dont nous devons déplorer la triste destinée, ce sont ceux qui ne meurent que pour aller subir des supe plices éternels ; mais, pour nous, qui devons aller au-devant de l'époux céleste, nu milieu des chœurs des bicnheurcux, regardons une longue vie ccmme un fardeau pesant et comme une véritable mort.”

Voilà, illustre Paule, les motifs qui adoucissent ma douleur ; ne sontils pas capables d'arrêter aussi vos larmes? la mort de ceux que nous aimons nous laisserait-elle sans espérance, comme les païens? Que les justes de la loi ancienne aient fait éclater leurs sanglots, quand leurs proches quittaient cette vie terrestre, Jésus-Christ n'avait pas encoro ouvert la porte du paradis, ni éteint par son sang cette épée de fou, mise dans les mains d'un chérubin pour en défendre l'entrée, Mais depuis que le véritable Josué nous a mis en possession de la terre promise, la douleur elle-même doit être mélée de joie... Il n'y a pour le chrétien de mort réelle que le péché.

Mais n'est-il pas encore pour vous des motifs particuliers de consolation? Vous avez renoncé au monde: à l'exemple d'Abraham, vous êtes dans la disposition de quitter patrie, famille, pour la terre promise, Comment done vous permettre an excès de douleur que vous seriez la première à blâmer dans une autre ?

C'est, m'allez-vous dire, que vous ne pouvez vous détacher de ja pensée de votre fiile : son image vous poursuit sans cesse et partout. Je

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L'élève

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