NOTRE SITUATION
On me demande ce que je pense de notre situation actuelle commo Peupie, et quelle Sera l’issuc de cet état de choses.
La question est emarrassan{e, et sa solutic- dépend moins de nos hommes d'Etat que do la politique impériale,
Il est évident que nous arriy
tier dans lequel nous cheminions avec Confiance sc ré singulièrement. L'immense hcrizon qui s'éten maintenant voilé de gros nuages. De chaque c6 sent de profonds abimes, et l’on ne voit pus bie chemin ombreux qui se déroule devant nos pas. Ricnne paraît certain, et tout semble possible dans l' français, ct c’est dans ce Moment qu’il convie Providence des nations. L’espérancc cest ]}:
m'explique pas l’espoir et Ia confi
dence est un mot vide de sens, ct m
ons à des temps difficiles, et que le sen-
trécit et s’obscurcit dait sous nos yeux c té de Ia route
st apparaisn où nous conduit co
avenir du Canada nt de jeter les Yeux sur la elle n'est que là, et je no ance de ceux qui croient qu: la Provi.
que lc hasard est le grand dicu de ce Faire des prévisions sur notre av dence, serait aussi absurde notro passé, ‘Le hasard ct dont nous Couvrons notre ignorance.’
Voyons donc Ce que la Providence a fait pour Ja nationalité c dienne-françaiso, ot lo passé nous instruira do l'avenir.
Il est impossible de nier que c'est l4 Providence qui a conduit J Cartier snr nos bords, et qui a donné la vie à ce grain de sén s’appelait Ja Nouvelle-France.
Personne n’ignore que ce grain de sénevé a été arrosé martyrs ct qu’il ya Puisé une sûve qui ne tarirn Jamais. sait qu’un bel arbre cst sorti de cette semence, et qu'il vents etaux tempétes, On disait que cette plante, étiolé
en apparence, n'avait pas jeté de racines dans e qu’un soufflo étranger l’arracherait. Mais combi données, depuis, de sa force et de sa vitalité!
La France n versé dans nos veines le plus pur glorieuse filiation ne peut pas être inféconde. dors, la fille aînée de l'Eglise n'avait d'autre but, en devenant mère, que l'extension de la foi catholique et ia conquête d'un nouveau rœaume à Jésus-Christ,
cnir, sans co que de nicr l’
la fortune,
Mmpter avec ]n Proviaction Providentielle dans a dit Bossuct, sont des mots
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du sang des Tout le monde 4 su résister aux ect languissante e sol d'Amérique, et en de preuves elle à
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Telle a été l'origine de la nationalité canadicnne-françaiso, et c'est rour cela qu'elle est inséparable de la foi catholique, et qu’elle ne peut exister sans elle.
Or ce petit peuple dont la vie est aujourd'hui en question, n’a-t-il pas été, commo le peuplo hébreu, l’objet des prédilections divines ? Dieu ne l’a-t-il pas guidé par la main À travers les dangers de sa périble existence ?
Quand la France en délire, ivre d'impiété, a renié sa mère la sainto Eglise ct maculé sa face auguste, Dieu n’a-t-il pas arraché de ses bras de marûtre l'enfant au’elle ne pouvait plus allaiter? N’a-t-il pas planté sur nos rives le drapeau Conservateur d’Albion, pour nous servir de digue contre ce torrent du libéralisme qui inondait le monde ?
Il est vrai que l'Angleterre était dans les mains de la Providence un instrument aveugle, ct que nous ne devons pas être reconnaissants en-
vers elle pour ce bienfait involontaire. Ilest vrai aussi quo ne voyant pas la main bienfaitrice nous ne voulions pas voir le bienfait, mais il n’en est que plus évident que c’est Dieu seul qui nous a conduits loin des citernes empoisonnées où notre première mère allait s’abreuver.
L’Angleterre, elle, avait d’autres desseins, et la nationalité canadicnr.e-française n'était pas ce qu’elle voulait conserver: mais grâce encore à ia Providence, ses tentatives d'anglification furent vaines. Comme Ia nationalité juive, que toutes les rigueurs de la captivité n’ont
jamais pu détruire, l’élément français a toujours Survagé malgré les flots envahisseurs de l'élément britannique.
Ce qui, dans les calculs humains, devait anéantir la race française, n'a été qu’une épreuve dont elle est sortie victorieuse, et n’a servi qu’à développer sa force et sa fécondité. L'union des deux Canadas, qui devait être son tombeau, n’a été qu’une arène glorieuse où l’enfant est devenu un homme!
Et quand ces frères de lait, devenus également forts, vireht qu’ils s’épuisaient en luttes inutiles, ils se donnèrent généreusement la main et contractèrent une nouvelle alliance avec d’autres frères qui voulurent partager leurs destinées, La confédération fut une révolution, mais une révolution pacifique que les circonstances avaient rendue nécessaire.
L'horizon politique se trouva agrandi, et l'horizon nuages. L'ancienne Province de Québec, avaient fondée, et que l’on croyait enscevelie pour jamais dans l’oubli le
plus complet, se releva radieuse d’espérance et s’achemina librement vers l’accomplissement de ses destinées.
Telle a été la voie que nous avons suivie, per en affirmant que notre race a pris ce développement graduel et bien conditionné qui fait les peuples grands. Pendant que les nations de l’Europe se livraient les guerres les plus sanglantes, nous marchions paisiblement à l'ombre du drapeau britannique, les bras tendus vers l’avenir,
Nous avons conservé notr langue,
français dissipa ses que les gouverneurs français
et je ne crois pas me trom-
nos lois, nos institutions et la ff
468 MOYEXS DE FORMER LE STYLE, de nos pères. Nous avons défriché tiplié nos paroisses, et bâti dnns tou des colléges et des couvents,
Notre population est libre, libre de cette bonne liberté tout le bien et qui proscrit le mal.
les autres nations du monde, et ses lèvres ne font au’effleurer cette coupe du libéralisme qui a débordé en Europe ct aux Etats-Unis, Plaiso à Dieu qu’elle ln repousse toujours loin d'elle!
Voilà ce que nous avons été ct ce que nous sommes, C’est la Provi. dence qui nous a placés dans ces cunditions de vic, ct c'e préservera de la mort.
Je l’ai déjà dit, et je le répète pas un grand rôle à jouer dans le la Providence permettrn que nou
nos forêts, agrandi nos villes, mul.
8 les centres importants des églises,
qui permet Elle est plus religieuse que toutes
st elle qui nous
: il est impossible que nous n’ayons 8 destinées futures do l'Amérique, ct 8 accomplissions notre fin...
À. B. Roururer.
L'élève fera le plan et la crilique du morceau ci-dessus.