Le train est arrivé, etc
Un signal déterminé d'avance indique l'emploi des tableaux conventionnels.
Les manipulateurs peuvent avoir plusieurs commutateurs semblables à NV et N'Y', et peuvent servir pour communiquer dans plus de deux directions différentes pourvu qu'il y ait une sonnerie spéciale affectée à diaque ligne.
On ne doit pas toutefois multiplier ces commutateurs surtout dans les postes où plusieurs employés peuvent prendre part simultanément à la manipulation , car les transmissions ne pouvant s'effectuer que successivement au moyen du même appareil, le service pourrait être entravé.
L'appareil à cadran ne laisse aucune trace des dépèdies, et par conséquent la lecture des signaux exige, de la part des employés, une attention soutenue , mais sa manipulation est si simple que toute personne étrangère à la télégraphie peut, sans étude préalable, arriver à se faire comprendre ; il sera toujours un instrument extrêmement précieux pour les chemins de fer et pour toutes les applications où l'emploi du télégraphe n'est qu'un accessoire.
AffAREft MlJkKÇAlS A SIGNAVX.
409. BéMpUor. -^ L'appareil français à signaux ne diffère de Vapparetl à cadran que par le noiQbfd des dents de laioue d'é-
chappement qui, au lieu d'être de treize, ett seulement de quatre. L*aiguille, en tournant, au lieu de s'arrêter vingt-six fois, ne s'arrête que huit fois, et, comme les angles eux-mêmes sufiSsent pour déterminer les signaux, il est inutile de les marquer sur le cadran.
L'appareil comprend presque toujours deux systèmes semblables de façon à pouvoir fonctionner avec deux fils.
DCE, D'C'E' (pi. 3, fig, 1) sont les deux aiguilles indicatrices en mica, noircies du côté qui marque les signaux. Elles sont fixées à simple frottement sur les axes C et C*
G et G', les carrés qui correspondent aux barillets et servent à remonter les mouvements d'horlogerie;
F et F', les axes des poulies qu'on tourne au moyen de petites clefs H et H' pour tendre les ressorts de rappel ;
A et B, A' et D', les bornes en cuivre auxquelles se fixent les fils par lesquels entre et sort le courant.
L'un des systèmes est dessiné en projection verticale dans la figure 2.
L'électro-aimant I, au lieu d'être à la partie supérieure comme pour l'appareil à cadran, repose sur le fond de la boîte et est maintenu par deux tiges verticales et une barre de cuivre horizontale.
Le fer doux de l'électro-aimant peut être avancé ou. reculé au moyen de la vis K.
La palette QM est mobile autour de deux vis dont mie seule est visible en M ; sa tige NP se termine à la partie supérieure par une pointe horizontale engagée dans une petite fourchette. L'axe qui porte cette fourchette et l'ancre d'échappement sont retenus par la vis a ; la disposition est analogue à celle de la figure 4, planche 2.
Le mouvement d'horlogerie est compris entre deux plaques de cuivre. L'axe de la dernière roue mC porte l'aiguille extérieure DCE et la roue d'échappement munie de quatre dents que la tige de la palette cache dans la figure. Les deux vis x et y limitent la course de la tige de la palette.
Le ressort de rappel est fixé en u à la tige NP. Il est tenniné par un fil qui passe dans les gorges Y et S, et s'enroulo sur la petite poulie T dont l'ioe est prolongé jusqu'en F.
12^ TÉLÊGBAPHI& ÉLECTRIQUE.
L (/i^. 4 et 2) est une tige recourbée en L" qui sert à faire mouvoir la palette directement.
Les fils des électro-aimants aboutissent à deux petits boutons qui, par des lames métalliques, communiquent avec les bornes extérieures À et B.
Le jeu de cet appareil est le même que celui de l'appareil à cadran. Lorsque le courant traverse le fil de Télectro-aimant, la palette est attirée, la tige fait mouvoir la fourchette et l'ancre d'échappement qui laisse passer une seule dent de la roue. Pendant ce mouvement, l'aiguille tourne d'un angle de 45**. Quand le courant cesse de passer, la palette revient à sa première position et Taiguille tourne de nouveau de iB"".
L'aiguille produit donc la série des angles de 45** en 45^ depuis 0<* jusqu'à 360% ce qui donne les signaux suivants :
pour l'aiguille droite et
pour l'aiguille gauche.
UO. Manipulatenr. — Le manipulateur {fig, 3) est formé d'une colonne verticale en cuivre AB terminée par un cylindre horizontal CD. Dans l'intérieur de ce cylindre peut tourner un axe qui tient d'un côté à la manivelle EF et de l'autre à la roue GU à gorge quadrangulaire dont les angles sont arrondis. IK est un disque ou diviseur qui porte huit crans dans lesquels s'engage la manivelle pressée par un ressort intérieur. Un leviier coudé LMN pénètre dans la gorge en N; son autre extrémité est fixée à la tige LP à la partie inférieure de laquelle est un petit ressort à marteau qui vient frapper alternativement contre les deux contacts X et Y.
Pour les positions de la manivelle marquées 0, 2, 4 et 6, le
marteau appuie sur le contact X, pour les quatre autres sur le contact Y.
Les deux pièces métalliques qui forment ces contacts sont isolées au moyen d'une plaque d*ivoire et portent des petits trous dans lesquels on engage les fils qui correspondent, au récepteur pour X et à la pile pour Y. Le fil de la ligne s'attache en Z sur la base même de la colonne.
Lorsque la manivelle est dans une des quatre positions 0, % i et 6, le courant, venant de la ligne en Z, passe dans la colonne et par la tige LP, le ressort à marteau J, le contact X, se rend au récepteur d'où il sort pour aller à la terre..
Dans les quatre autres positions, le pôle de la pile est jon communication avec la ligne par l'intermédiaire du contact Y, du ressort à marteau, de la tige et de la colonne.
444. Maaipulatûm. — La manivelle du manipulateur de l'un des postes A, et l'aiguille du récepteur de l'autre poste B ayant la même position horizontale {fig, 78), supposons que l'on abaisee la
Fig. TS.
manivelle et qu'on la place en face du cran qui porte le n^ 4 . Au même moment le courant traverse le récepteur de B, l'aiguille tourne d'un angle de 45"* et reste dans cette position tant que la manivelle A ne change pas. Si l'on place la manivelle sur le cran n« 2, le courant cesse dépasser sur la ligne et l'aiguille de B avance encore de 45». Le même mouvement do rotation se produit si l'on continue à
tourner la maniTelle, et l*angle que forme Taiguille avec sa poai* lion primitive est toujours le même que celui de la manivelle.
A rétat de repos, les récepteurs des deux postes correspondants doiveni avoir leur aiguille horizontale, les indicateurs cachent les barres tracées sur les cadrans ; les manivelles ont la même po* sition.
Quand à Tun d'eux on veut envoyer un signal, on tourne rapi« dément la manivelle en parcourant d*abord la partie inférieure du diviseur et Ton s'arrête au cran qui correspond à Tangle qu'on doit transmettre. L'aiguille de l'autre poste indique aussitôt ]» même angle. Pour produire un second signe , on continue à tour* ner la manivelle dans le même sens jusqu'au cran qui représente le nouvel angle. Il y aurait évidemment désaccord entre les si* gnaux transmis et ceux qui sont reçus, si l'on ne tournait pas la manivelle dans le même sens.
Toutes les observations que nous avons faites pour l'appareil à cadrans'appliquent à l'appareil à signaux. Ainsi, pour régler l'appareil, on serre les vis a; et y de façon à donner un jeu convenable à la tige de la palette. On règle l'appareil en faisant tourner rapidement la manivelle du poste correspondant et en tendant ou détendant le ressort de rappel à l'aide delà clef H jusqu'au moment où l'aiguille tourne régulièrement.
On peut également avancer ou reculer l'électro-aimant quand l'intensité du courant est trop faible ou trop forte, mais il est préférable de le maintenir à une très-petite distance de la palette, sauf à faire diminuer ou augmenter la pile au poste correspondant.
H2. — L'appareil français fonctionne ordinairement au moyen de deux fils distincts.
La figure 4 montre la dispositicm la plus simple d'un poste.
Les deux manipulateurs à coloone sont fixés sur la table par dd fortes vis qui traversent la planche; ils correspondent aux deux fils d'une même ligne et aux deux côtés du récepteur. Lee fila de pile arrivent à on commutateur qui permet d'augmenter ou de diminuer le nombre des éléments employés ; un seul fil partant du commutateur est relié aux deux manipulateurs.
DESGRIPnOH DBS PRINCIPAUX APPAREILS. iS7
Bien que la seule pile serve pour transmettre le courant soit sur un seul fil, soit sur les deux simultanément, l'intensité est assez constante pour quMl n*y ait aucune pertuii>ation dans la transmis* sion *.
La manipulation se foit aréoles deux mains* Si on tourne les manivelles pour les arrêter i ^eux crans quelconques des diviseurs, les deux positions qu'elles prennent sont identiquement reproduites par les aiguilles du récepteur à l'extrémité de la ligne.
4 4 3. — On a fait des planchettes et des commutateurs spéciaux pour l'appareil à signaux. Un de ces commutateurs est représenté dans la planche 3 (fig. 5) ; les deux fils de la ligne arrivent aux boutons L et U ; le courant traverse une plaque en cuivre, munie de pointes en regard de la plaque T qui communique ayec la terre. F et F sont les paratonnerres décrits dans le pr^ïédent chapitre ; R et R' des commutateurs qui permettent de faire communiquer les deux fils de la ligne avec Tun quelconque des fils attachés en C, B, À et C, B', A^ En A et À', par exemple, on place les fils qui correspondent aux deux manipulateurs, en B et B' des fils de communication directe,- en C et C des fils de sonnerie.
4U. Alphabet. — * La combinaison des angles que forment les deux aiguilles fournit quatre-vingt-quatre signaux qui peuvent représenter les vingt-quatre lettres, les dix premiers nombres, les principales syllabes et quelques signaux réglementaires.
Voici le dernier alphabet adopté par l'administration française. (Kotr au verso).
Quand l'indicateur cache la barre horizontale de l'appareil, on ne l'indique pas dans le d^sln du signal; quand au contraire il est sur le prolongement, on le marque par l'indice o.
La position réglementaire est celle du fermé.
L'attaque se fait par un tour de manivelle à laquelle le correspondant répond de la même manière^
Toute transmission commence par l'ouverture. L'activité pré^ cède toute dépêche privée et Turgeoce toute dépêche officielle.
1. Ifmis aTOAs Ta cpt'une sente pile suffit poar envoyer simoltanAnent le courant dans cinq ou sU directions différentes i
On indique la fin de chaque mot en fermant les indicateurs. Quand les signaux sont inintelligibles, celui qui les reçoit interrompt son correspondant en tournant la manivelle et passe le
hernie
Ouvert. Actmlé. Urgence. Final.
Kémplim
Mîente.
Ernnr
Sïmole
Foûit:
h'xepJtrinia ■ Cédille
ai
o— i, Tmù. iwmn
(tfi
-Doublé
conveidi. r ' h
ou
rff 1 e •
eur
un 1 . M on „
maji
cion
dernier mot compris. On rétablit des deux côtés la position normale des manivelles et des indicateurs et la correspondance continue.
En faisant précéder les signaux d'une clef ou d'un signal déterminé d'avance on obtient soixante-quatre nouvelles combinaisons au moyen desquelles on a formé des tableaux de phrases conventionnelles, telles que :
j'ai reçu, je répète, répétez,
etc...
La transmission se fait avec une rapidité merveilleuse. La lecture est également rapide, car les signaux se dessinent, par les angles qu'ils font, sans qu'il soit nécessaire, comme pour l'appareil à cadran» de suivre une aiguille dans les vingt-six positions qu'elle peut occuper, ou de compter mentalement ses mouvements comme pour l'appareil anglais.
Un employé très-habile peut faire passer jusqu'à deux cent trente lettres par minute, mais, dans les circonstances ordinaires, on ne peut compter que sur cent vingt à cent trente lettres.
En combinant les signaux deux à deux, on dresse des vocabulaires pouvant contenir un nombre indéfini de phrases ou de mots, et assez compliqués pour qu'il soit impossible d'en trouver la clef. Gomme les signes n'ont plus de signification intelligible, on passe les signaux par dizaine, et l'on fait suivre chaque dizaine du fermé pour qu'on puisse reconnaître quand les manivelles et les indicateurs ne sont plus d'accord. Si ce cas se présente, on fait répéter la dizaine que l'on croit fautive.
Pour ces vocabulaires, on peut prendre, soit les signaux euxmêmes qui s'écrivent facilement à la main, soit les lettres et les clnffres qu'ils représentent d'après l'alphabet indiqué plus haut.
445. — On a souvent besoin de nommer les signaux directement, abstraction faite des lettres ou chiffres qu'ils représentent.
Au lieu de désigner les ang'es que forment les aiguilles par leur valeur absolue, ou de leur affecter des nombres simples comme nous l'avons fait jusqu'ici, on a conservé une ancienne méthode empruntée à la télégraphie aérienne.
On nomme :
Zéro la position de Taiguille à l'état de repos, Cinq celle qui correspond à un angle de 45*^,
130 TÊLÊGRAPHIB ÉLECTRIQUE.
Dix . . • . de QO*»,
Quinze de 435*^.
On ajoute le mot ciel aux angles formés au-Klessus de la position normale et le mot terre aux angles formés au-dessous.
Enfin quand Taiguille est sur le prolongement de la ligne des centres, on l'indique par le terme grand zéro.
Dans la dénomination d'un signal on commence toujours par le fsôté gauche. Si les angles formés par les deux aiguilles sont identiques, on les réunit dans une seule expression.
Exemples : i ^ s'énonce dix ciel quinze terre ;
quinze et cinq terre ; zéro dix terre ; X — 7 deux cinq terre ;
o ■ ^ grand zéro dix ciel ;
•- % ■ D cinq terre grand zéro.
Les signaux formés par cet appareil sont analogues à ceux du télégraphe aérien. Aussi, a-t-on, pendant quelque temps, conservé les anciens vocabulaires pour les dépêches secrètes.
Le télégraphe aérien pouvait donner toutes les combinaisons précédentes moins celles qui correspondent au cas où l'aiguille est sur le prolongement de la barre du cadran, mais, en outre, il pouvait fournir les mêmes signaux portés verticalement, tels que :
etc.
Pour indiquer la position horizontale ou verticale des signaux, on faisait précéder le signal qui devait être porté verticalement de l'indice o.
116. — Dans beaucoup de circonstances, la transmission se fait au moyen d'un seul fil, soit qu'on se serve d'appareils spéciaux n'ayant qu'un seul indicateur, soit qu'on emploie des appareils à deux indicateurs dont un seul fonctionne. Ce travail se fait nécessairement lorsque les lignes n'ont qu'un seul fil ou lorsqu'on
sépare les différents ûU d'une ligne pour correspondre avec plusieurs postes.
Dans ce cas on se sert du même alphabet que pour l'appareil à deux fils, mais les signaux se décomposent en deux parties et se font avec un seul indicateur. On forme d'abord l'angle de gauche qu'on foit suivre immédiatement de Tangie de droite. Ainsi le signal ^ 1 se remplace par les deux signaux ^ | ■ ■ avec
la manivelle gauche et ■ » "V — j avec la manivelle droite.
Ce changement, qui, au premier abord, semble compliquer la manipulation, n'offre par le fait aucune difficulté ; il suffit de quelques jours aux employés pour s'y habituer.
La transmission par un seul fil est plus lente que lorsqu'elle se fait par deux fils; mais le nombre des signaux qu'on peut passer dans un temps donné n'est pas réduit de moitié. On peut admettre quatre-vingts à quatre-vingt-dix lettres par minute au lieu de cent trente.
La rapidité de transmission est donc encore plus grande que celle qu'on obtient avec l'appareil à cadran, bien qu'il faille deux temps d'arrêt pour chaque lettre.
La raison en est assez facile à saisir. Pour deux tours de maninivelle, c'est-à-dire pour huit émissions de courant, on produit soixante-quatre combinaisons, tandis qu'on en obtient seulement vingt-six, avec l'appareil à cadran, quand on fait passer le courant treize fois.
Quand deux lignes à un seul fil aboutissent au même poste et qu'un employé est chargé de la transmission dans les deux directions, on place ordinairement ces deux fils aux deux côtés du même appareil*
147. — On a essayé de faire servir comme tfanslateurs les appareils à signaux, mais le résultat n'a pas été très-satisfaisant.
D'après ce que nous avons dit au n? 74, il suffit d'isoler les deux vis X et y {fig. 2) au moyen de lames d'ivoire, de les faire communiquer ainsi que la palette à des bornes extérieures et d'établir les communications suivantes :
40 de la vis w avec un autre récepteur semblable ; 2* de la pa-
132 TÊLÊGBAPHIE ÉLECTRIQUE.
lotte avec Tune des lignes qui aboutit au poste ; 3<* de la vis |/ avec la pile.
448. — On croit généralement que Tappareil à signaux a été conservé par Tadministration, uniquement parce qu'il reproduit les signaux du télégraphe aérien et qu'on n'a pas voulu apporter de modifications aux vocabulaires ni de changements dans le personnel. C'est une erreur que nous croyons devoir relever.
Les vocabulaires ont été refaits à plusieurs reprises et peu de stationnaires aériens sont restés au même titre dans la télégraphie électrique.
L'idée de conserveries signaux du télégraphe aérien est en effet celle qui a présidé à la construction des premiers appareils^ et elle était bien naturelle au moment de l'établissement de la première ligne électrique, alors que le succès était douteux et qu'on ne voulait pas changer le système administratif en vue d'un simple essai.
On aurait pu sans doute arriver au résultat en écrivant sur un cadran les quatre-vingt-dix-huit signaux du télégraphe aérien et en donnant à la roue d'échappement quarante-neuf dents au lieu de quatre. Mais il n'est pas nécessaire d'insister sur l'absurdité d'une semblable solution qui aurait nécessité pour la production de chaque signal, en moyenne, quarante-neuf émissions de courant.
On eut l'idée ingénieuse de reproduire seulement les angles, et, après quelques essais, on arriva au récepteur que nous avons décrit.
On put reconnaître alors que, si l'on s'était posé pour problème de trouver le nombre de divisions qu'il convient de donner à un cadran devant lequel tourne une aiguille, pour avoû* le plus grand nombre de signaux, en faisant passer le courant le moins de fois possible, et de produire les signes les plus faciles à saisir, on aurait dû choisir cette disposition, abstraction faite de toute idée du télégraphe aérien.
Si de plus on veut bien remarquer que les lignes électriques doivent en général avoir deux fils, pour que , en cas de rupture de l'un des deux, l'autre puisse servir seul, que, dans les pre-
mières années, le service télégraphique n'était pas assez inoportant pour qu'on crût devoir séparer les fils en doublant le personnel, on reconnaîtra qu'on ne pouvait avoir des conditions plus favorables, car on pouvait, à l'état ordinaire, employer les deux fils pour la transmission, et à un moment quelconque continuer le travail avec un seul fil sans aucun changement dans le mode de manipulation.
L'objection qu'on a faite d'un alphabet spécial qui n'est pas nécessaire pour l'appareil à cadran, ne peut avoir de valeur dans une administration essentiellement constituée pour la transmission télégraphique des dépêches, et dans le sein de laquelle on doit conséquemment regarder comme utile un temps d'épreuve ou de surnumérariat imposé aux agents.
Depuis quelques années, les circonstances sont devenues différentes.
Les lignes électriques ont pris un immense développement, et les fils ont été divisés de telle sorte que la plupart des appareils fonctionnent avec un seul indicateur.
L'étendue des lignes a nécessité l'établissement d'appareils de translation dans un grand nombre de bureaux intermédiaires, et les récepteurs français n'ont pas donné de bons résultats.
Le contrôle, qui est devenu plus important à mesure que le service a pris de l'extension, se fait difficilement avec des appareils qui ne conservent aucune trace des dépêches.
Enfin les communications continijelles avec les pays étrangers ont rendu nécessaire l'adoption d'un système unique pouvant permettre les transmissions entre les différentes capitales.
Ces diverses considérations ont déterminé l'administration française à abandonner l'appareil à signaux pour prendre l'appareil Morse.
Quoi qu'il en soit, l'appareil français à signaux restera dans l'histoire de la télégraphie comme Tun des plus ingénieux et comme celui qui, au début, pouvait rendre le plus de sei\ices.