‹ Cours théorique et pratique de télégraphie électriqueChapitre 34 sur 92 · APPAREIL MORSE · texte numérisé non relu

APPAREIL MORSE

449. — L*appareil Morse fonctionne depuis longtemps en Amérique, il est aujourd'hui adopté presque exclusivement par toutes les administrations télégraphiques de l'Europe.

Les signaux sont marqués par un stylet sur une bande de papier qui se déroule sous Faction d'un mécanisme d'horlogerie, et sont formés de traits et de points. Le stylet terminé par une pointe d*ncier produit une dépression du papier facile à distinguer par Tombre qu'elle forme quand on place la bande du côté du jour.

Le mouvement de ce stylet exigeant, pour donner une bonne impression, une assez grande force magnétique, cet appareil marche au moyen d'un relais (n» 7B). Il est de plus disposé ordinairement de façon à pouvoir servir comme translateur.

420. Btanipuiatear. — La figure 79 représente le manipulateur en projections verticale et horizontale. Il est formé d'une pièce de bois ABCD sur laquelle est fixé un levier en cuivre MIEP mobile autour de l'axe horizontal KL. L'axe KL tient à une pièce en cuivre et peut être serré au moyen de la vis K. Sur la planchette sont deux pointes H et N situées des deux côtés de l'axe KL. Un ressort PR presse le levier et le fait appuyer à l'état ordinaire sur la pointe H. La vis M qui traverse le levier assure le contact.

La planchette est traversée par trois fils conducteurs qui correspondent à la pièce en cuivre sur laquelle est l'axe KL et aux pointes H et N. Enfin des communications métalliques LL', HH' et NN' sont établies sous la planchette entre ces fils et les trois bornes L', H', N'. A la première on attache le fil de la ligne, à la seconde celui du récepteur et à la troisième celui de la pile.

La manipulation se fait à l'aide de la poignée F placée à l'extrémité.

Pour envoyer le courant il suffit d'appuyer sur cette poignée ; le levier vient presser sur la pointe N et fait communiquer le fil de la ligne avec le pôle de la pile.

A l'état de repos, la vis M presse la pointe H et le courant qui vient de la ligne par le bouton V passe dans le levier et arrive par la communication HH' au récepteur.

424. Bëo«piear. — Le récepteur comprend deux parties distinctes, le relais et Tappareil à signaux, qui sont souvent réunies

Fig. 79.

sur la même planchette. La planche i représente un des premiers appareils construits pour l'administration française.

La figure 4 montre une coupe yerticale, et les figures ^ et 3 deux projections horizontales de Tappareil ; les mêmes lettres re* présentent les mêmes objets dans ces trois figures.

Le relais est établi sur une platine de cuivre Xi X2. L'électHHiimant A est soutenu par le support A' A'' ; les extrémités du fil recouvert traversent la planchette par deux petits trous o et a' et aboutissent aux boutons extérieurs L et T dont Tun correspond au manipulateur et Vautre à la terre {/îg. 4 et 2).

La palette placée en face de réiectro-aimant oscille autour de deux petites vis dont une seule n est visible. Le ressort de rappel attaché à Textrémité inférieure / se termine par un fil de soie qui s'enroule sur Taxe EF.

La palette est terminée à la partie supérieure par une tige qui se meut entre les deux grandes vis D et D'« A Tétat de repos, cette tige touche la vis D'. La vis D est engagée dans une pièce de cuivre recourbée K qui entoure la tige de la palette, elle est isolée par une plaque en ivoire du support en cuivre MM' qui soutient la vis D' et les vis nn.

La pièce K porte à la partie inférieure une tige verticale pp' qui traverse le plateau du relais, la planchette et, par un fil conducteur, communique avec le bouton extérieur C auquel se fîx-e un des pôles de la pile locale.

Enfin sur la partie horizontale de la pièce en cuivre MM' se trouve une vis qui traverse également la planchette, et communique avec le fil de Télectro- aimant de Tappareil à signaux.

En résumé, la vis D est en communication avec un des pôles de la pile locale par la tige pp' et la pièce K, tandis que la palette, par r intermédiaire du support MM' et des deux vis n, communique avec rélectro-aimant 6 de Tappareil à signaux dont le fil passe par les deux petits trous 6 et b', b' correspond au bouton extérieur Z qu'on relie au second pôle.de la pile locale. ' Le circuit de cette pile est donc fermé quand la palette du relais, étant attirée par Télectro-aimant A, sa tige vient toucher la vis D, et le courant qu'elle produit passe autour de Vélectro-aimant 6.

422. — Le levier qui marque les signaux se voit dans les figures 4 et 3 ; on Ta supprimé dans la figure 2 pour montrer la partie inférieure de Tappareil. Il est traversé par Taxe o'o" auquel il est fixé fortement au moyen des deux vis m et m'. Cet axe est mobile autour des points o' et o" -, il est retenu par la vis extérieure o qui empêche toute oscillation transversale. Le levier porte d'un côté un cylindre de fer doux VV qui remplace la palette et de Vautre une pointe d'acier v qui vient frapper contre le cylindre R quand rélectro-aimant vertical B attire le barreau VV. Pendant ce mou-

vement, rextrémfté X du levier bute contre la colonne verticale X' X'' dont on peut relever ou abaisser le sonomet au naoyen de la vis X'. Lavis v' sert à élever la pointe v.

La tige YY' tient au levier. Elle presse à Tétat ordinaire la vis t/, et s'en écarte quand le levier s'abaisse. La colonne X'X" et la vis y remplacent les deux vis qui limitent, dans tous les appareils, la course de la tige de la palette.

Le ressort de rappel est attaché en Z' ; il traverse la colonne X' X'' percée d'un trou à cet effet et s'enroule sur le petit axe Z".

La bande de papier sur laquelle s'écrivent les signaux est disposée sur un rouleau au-dessus de l'appareil. Elle passe à frottement entre les deux cylindres R et Ri, dont le second, tournant so'us l'action du mécanisme d'horlogerie, l'entraîne par frottement d'un mouvement continu. Un petit galet r sert à guider la bande.

Le cylindre R porte en son milieu une rainure qui correspond à la pointe du stylet et doit être assez profonde pour que cette pointe, en y pénétrant, laisse une trace bien visible sur le papier.

Le mouvement d'horlogerie est compris entre les deux plaques de cuivre SS, S'S' qui soutiennent tout le système. Un poids fait tourner directement la roue Rs et par suite la roue Ra et le cylindre Ri . La roue R2 engrène en outre avec le pignon de la roue R4 qui fait tourner autour d'un axe vertical un petit volant h destiné à rendre le mouvement régulier.

La tige de cuivre JJ' mobile autour de J' arrête le mouvement. Il suffît de pousser cette tige sur la droite pour dégager le volant et faire avancer le papier.

La chaîne qui supporte le poids passe sur la roue R3 et sur une roue Rs, placée à l'extérieur. Ces deux roues portent des crans dans lesquels s'engagent les anneaux pour empêcher le glissement.

La roueRs (fig» 80) est fixée invariablement à une autre roue dentée que le doigt H, pressé par un ressort K, empêche de tourner sous Taction du poids. Elle est indépendante de toutes les autres et reste immobile pendant tout le temps que dure le mouvement.

Le poids P, suspendu au crochet d'une petite poulie, fait tour*

ner la roue R3 et entraine les autres roues Ra et R. Quand il est en bas de sa course, on le remonte en tournant en sens con*

Fig. 80.

traire la roue R5 avec une clef qu'on engage dans le carré a. On place ordinairement un contre-poids Q qui maintient verticale l'autre portion de la chsdne.

A mesure que le poids descend, le mouvement tend à s'accélérer, mais le volant h (pL 4, fig. 4) tournant avec une grande rapidité, Tair lui oppose une résistance qui augmente avec la vitesse et maintient le mouvement uniforme.

La résistance de Tair est d'autant plus grande que l'étendue des ailes est plus considérable, de sorte qu'en les déployant ou en les serrant on peut faire varier la vitesse d'entraînement du papier.

L'axe du volant h est retenu par une petite vis h' qu'on peut serrer à volonté.

Les bornes P, I et M servent pour la translation ; nous y reviendrons tout à l'heure.

423. L'appareil doit être installé comme le montre la figure 81 . D est le manipulateur ; BB' le récepteur ; E un commutateur

auquel aboutissent les fils de la pile; AA' est le fil de la ligne ; TT' le fil terre ; ZZ' et CC les deux fils qui correspondent aux pôles de la pile locale.

Supposons que le correspondant envoie le courant en appuyant sur la poignée de son manipulateur : ce courant arrive, par l'intermédiaire du levier et du fil HM, au bouton L, traverse le fil de rélectro-aimant du relais et se rend à la terre par le fil TT'. La palette de l'électro-aimant est attirée, sa tige vient toucher la vis placée en face, et le circuit de la pile locale est fermé. Le levier qui porte le stylet étant attiré, l'impression se fait sur le papier si l'on dégage le mouvement d'horlogerie. Tant que le courant passe, cette attraction a lieu, et le papier^ en se déroulant, emporte la trace d'un trait continu. Dès que le correspondant cesse d'envoyer le courant, la palette du relais revient à la position normale et rompt le circuit de la pile locale ; le levier se relève sous l'action du ressort de rappel et le stylet cesse de toucher le papier.

424. Réglage de Pappareil. — L*appareil à signaux doit se régler sans qu'il soit nécessaire de faire transmettre par le correspondant, car, en faisant mouvoir à la main la palette du relais, on produit des signes sur la bande de papier.

4'' La vis (pL 4, fig, 3), qui maintient l'axe oo' doit être suffisamment serrée pour empêcher tout ballottement du levier

en lui laissant assez de jeu pour que son mouvement dans le sens vertical puisse s'opérer facilement ; 2« La pointe v doit se trouver exactement au-dessus de la lai-

Kg. 81.

nure pratiquée dans le cylindre R; pour l'y amener, on peut avancer ou reculer le levier au moyen des deux vis m et m' ;

3** En avançant ou reculant la vis y, on fait en sorte que le cylindre de fer doux soit à l'état de repos à une distance convenable de réiectro-aimant. Gomme la pile locale développe une

DESCRIPTION DES PRINCIPAUX APPAREILS. iûl

assez grande force magnétique , celte distance peut être pfus grande que pour les appareils qui marchent sous l'action directe du courant de la ligne. Plus le mouvement du levier est considérable, et plus la trace laissée par le stylet sur le papier est profonde.

4* La vis X' doit être élevée suffisamment pour que Vextrémilé X vienne buter contre la colonne X'X" en empêchant le barreau VV de frapper sur Télectro-aimant, mais si elle Tétait trop, la pointe sèche ne pourrait pénétrer dans la rainure du cylindre R.

La colonne X'X" peut paraître inutile puisque le levier est arrêté par le choc de la pointe v contre le cylindre R ; mais on verra plus loin son usage pour la translation. Elle empêche d'ailleurs que la pointe ne pénètre trop profondément dans la rainure et ne déchire le papier.

5' On élève ou on abaisse, quand il est nécessaire, la peinte sèche en tournant la vis v'.

6* Il reste, pour régler le jeu du levier, le ressort de rappel ZZ' qu'on tend plus ou moins au moyen de Taxe Z' suivant la force de la pile locale.

7** Le papier se passe facilement entre les cylindres R et r, qu'on peut serrer plus ou moins avec des vis de pression placées sur le côté de l'appareil ; ces vis permettent en même temps d'élever ou d'abaisser toute la partie RRir.

Lorsque le circuit de la pile locale est fermé, si le stylet ne laisse pas de trace sur le papier, on élève la pointe v et l'on abaisse la tête de la colonne X''X', et si ces deux moyens réunis ne sont pas suffisants et que le cylindre V touche l'électro-aimant, on baisse tout le système RRir au moyen des vis de pression.

Si, au contraire, la trace laissée par le slylet persiste quand le circuit est rompu, on fait les opérations inverses.

On est toujours certain d'arriver, après quelques tâtonnements, à un bon résultat, quand la rainure du cylindre R est régulière et assez profonde. Cet état persiste plus ou moins suivant la bonne qualité des appareils.

Le relais se règle d'après le courant du poste correspondant.

On fait produire à l'extrémité de la ligne une série d'interruptions rapides, et, en avançant ou reculant les deux vis D et D', en tendant ou détendant le ressort de rappel /F, on parvient aisément à obtenir une marche régulière de la palette et à faire en sorte que sa tige vienne à chaque oscillation toucher la vis D.

Nous avons indiqué dans les chapitres précédents, les conditions que doivent remplir les deux piles qu'on emploie pour envoyer le courant sur la ligne et faire marcher le levier de l'appa* reil à signaux.

Dans les postes qui contiennent plusieurs appareils Morse, chaque récepteur doit avoir une pile locale indépendante.

Quand la tige de la palette du relais touche la vis D et que le levier n'est pas attiré, on en conclut que la pile locale ne fournit aucun courant, ou que l'un des fils qui forment le circuit de celle pile est rompu. A l'aide de quelques expériences faciles à concevoir on trouve promptement la cause du dérangement.

425. Alphabet. — Les signaux marqués sur le papier sont des traits dont la longueur est proportionnelle à la durée du passage du courant.

On aurait pu faire varier cette longueur pour obtenir un grand nombre de signaux élémentaires ; mais on a préféré n'en avoir que deux, le point formé par un courant d'une durée extrêmement courte, et le trait, par un courant d'une durée un peu plus longue.

Ces deux signes fournissent autant de combinaisons qu'il est nécessaire pour la correspondance.

Il eût été rationnel de choisir les signaux de façon à représenter par les combinaisons les plus simples, les lettres les plus usuelles; la nécessité d'un alphabet unique pour toutes les langues n'a pas permis d'adopter ce système.

Voici le tableau des signaux tel qu'il a été conçu par l'union télégraphique Austro-Allemande, et accepté depuis par toutes les administrations.

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