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APPAREILS ÉLECTRO-CHIMIQUES

444. Appareil éleelro-ebimiqiie de M. Baia. -r-' Parmi les difTérentes substances qui peuvent être employées pour former du papier électro-chimique (n® 74), celle qui convient le mieux est le cyanure jaune de potassium et de fer ou prussiate de potasse , qu*on trouve dans le commerce sous forme de cristaux jaunes, Lorsqu'un papier a été trempé dans une dissolution de ce sel , si oq le fait traverser par le courant en faisant communiquer un des côtés avec le pôle négatif de la pile et en ap* puyant sur Tautre une pointe de fer reliée au pôle positif, il se produit une décomposition du prussiate de potasse. Le fer se substitue au pptassium et donne lieu à un nouveau sel qui est le bleu de Prusse * ; le point du papier sur lequel appuie la pointe de fer se colore en bleu foncé.

La dissolution doit être en outre un peu acide pour que le papier 8oit assez bon conducteur.

Voici la préparation indiquée par M. Bain, qui, le premier a eu ridée de construire un appareil télégraphique fondé sur ce principe : On verse de Tacide nitrique dans une dissolution de prussiate jaune de potasse jusqu'à ce que la couleur devienne vert foncé; on verse alors de Tacide chjorhydrique (fii fait passer la dissolution au blanc, et ou y trempe le papier.

On ne peut découper le papier en bande et le faire passer entre deux cylindres^ car il doit être employé à Fétat humide , très-peu de temps aprè^ son immersion dans le liquide, et n'aurait pas une consistance suffisante.

* Le cyanure jaune de potassium et de fer (prussiate de potasse) est formé de la manière suivante : Fe Cy + 2K.Cy + SHO, ¥$ désignant l'équivalent du fer, K celui du potassium, Cy celui du cyanogène et HO celui de l'eau. Le l)leu de Prusse «.pour formule SFccyi- 2Fe*.Cy*. Quand le courant passe, il décompose donc 3 éléments du prussiate de potas&e, rend libres 6 équivalents de potassium qui sont remplacés par k équivalents de fer.

Le cyanogène est un composé qui Joue le rôle d'un corps simple dans les combinaisons chimiques, il est formé de deux équivalents de carbone et d'un équivalent d'azote C*.A«.

DESCRIPTION D£S PRINGIPAtJX APPAREILS. 171

On le place ^r un disque de cuivre en cotiltililniCation àVec la terre ; une pointe de fer engagée dans un pdrte-stylet apptlie sui* le papier et est en communication avecla ligné par Tliitermédiaire du manipulateur. Le disque tourné âutoui' de soii centre soiis Taction d'un mouvement d'horlogerie et le porte-stylet rtiuni d'utié vis avance à mesure que le papier tounie pour qu'il ne reste pas constaifnment sur le même cercle. La pointe décrivant une spirale, les traits^e se superposeiit pas. Chaque fois que te Courant passé, le papier, en tournant, emporte la trace d'un trait dotit la lon« gueur correspond au temps pendant lequel le courant a tirculé.

Quant au manipulateur, il peut être le même que celui de l'appareil Morse dont l'alphabet peut être également conservé.

Il n'existe^ comme on le voit, dans cet appareil, aucun mouvement mécanique et la vitesse de la transmission dépend uniquement de la rapidité avec laquelle les signaux sont produits par celui qui envoie le courant. En faisant usage de l'un des deux tiianipulateurs indiqués au n^ 436, on peut arriver à une transmission qui tient du prodige. On a pu faire passer jusqu'à quinze cents lettres par minute.

Toutefois ces expériences n'ont bien réussi que dans le cabinet, l^ous verrons , eh effet ) dans lé chapitre duivatit qUe le courant sur les lignes électriques ne se transmet pas instantanéliient et qu'il est impossible, lorsque les conducteurs ont une certaine étendue, d'obtenir dés lutert^uptions dé courant très-rapides. Quand on dépasse une certaine vitesse, les itHiiê he Sont pas bien séparés les uns deâ autres et la léclufé des sigdaUji devient presque impossible.

De plus la décdhipositioh chimique exigé Uiië iiitéhëilé de courant assez grande ^h'on dbiiéht diâcilemeht sur les grandes lignes, l'impression est peu accusée et s'ëtface au bout dé peu dé temps.

442. Appareil éleotro -cklmiqiie de BI. j^ouget. — Les deui raisons principales qui oht ettipêché l'adoption du télégraphe électro-chimique de Bain, soht, à*uhe |)art la hêcessité d'un cou-irant assez intense pour Opérer la décomposition du pi'Ussiate de

potasse , et de Tautre l'obligation d'employer le papier à Fétat humide et peu de temps après sa préparation.

On peut remédier au premier obstacle er\ faisant agir sur le papier un courant produit par une pile locale au moyen d'un relais. Sans doute on ne peut plus obtenir une transmission aussi rapide, mais on conçoit qu'elle puisse l'être néanmoins davantage que pour l'appareil Morse ordinaire, car il n'est plus nécessaire de faire mettre en mouvement à chaque oscillation de la palette du relais un levier d'une masse assez considérable.

On a proposé diverses préparations du papier électro-chimique, dans le but de rendre son emploi plus commode ; voici celle qui a donné les meilleurs résultats, elle est due à M. Pouget-Maisonneuve, inspecteur des lignes télégraphiques et a valu à son auteur une médaille de première classe à l'Exposition universelle de 4855 : On plonge le papier découpé en bandes dans une dis« solution formée de la manière suivante :

Eau 400 parties

Azotate d'ammoniaque cristallisé 450 id.

Cyanure jaune de potassium et de fer. ... 5 id.

Le papier ainsi obtenu est sufiisamiAent acide pour être conducteur et pas assez pour altérer les métaux.

Il est un peu humide, mais néanmoins assez consistant pour se dérouler entre deux cylindres sans se rompre. Il peut recevoir des annotations à l'encre.

Il donne, sous l'action du courant, un sel fortement coloré, insoluble et inaltérable qui est le bleu de Prusse.

Il peut se conserver plusieurs mois même pendant l'été sans perdre son humidité. On doit toutefois le mettre à l'abri de l'air dans des terrines de grès.

Il est peu coûteux, et sa préparation, qui n'exige pas des proportions parfaitement exactes, peut être faite dans les postes.

L'azotate d'ammoniaque a pour but unique de conserver au papier son humidité en lui donnant un peu d'acidité. L'appareil so compose donc d'un relais mis en mouvement

par le courant do la ligne, d'un mécanisme d'horlogerie qui fait dérouler le papier sur un cylindre de cuivre, enfin d'un stylet en fer BD f/îy. 90), fixé dans un porte-stylet CE, qui presse sur

Fig. 90.

le papier. Le cylindre A est en communication avec le pôle ne gatif de la pile locale. Le porte-stylet communique avec la palette du relais, et la vis, que vient toucher sa tige quand le courant circule autour de l'électro-aimant, est reliée au pôle positif.

Le manipulateur est le même que celui de l'appareil Morse. Le courant qui vient du poste correspondant traverse ce manipulateur et se rend à la terre après avoir aimanté l'électro-aimant du relais. La palette attirée ferme le circuit de la pile locale et l'impression se fait sur la bande de papier.

La pointe de fer du stylet BD s'use assez rapidement; on peut l'avancer au moyen de la vis F.

La résistance qu'offre le papier au passage du courant varie avec son état d'humidilé ; elle est assez considérable, aussi la pile locale ne doit- elle pas être établie dans les mêmes conditions que pour les récepteurs Morse ordinaires. Elle doit être composée d'une quinzaine environ d'éléments Daniell ordinaires. Par

la même raison, on conçoit qu'une pile locale puisse servir à plusieurs appareils différents. On peut employer , pour pile locale , les premiers éléments de la pile de ligne qui ne fonc* lionne pas quand le récepteur reçoit le courant du correspondant.

L'appareil ainsi organisé a sur le récepteur Morse ordinaire l'avantage de donner des signaux très-visibles. La lecture ne fatigue nullement et se fait aisément quelle que soit la position de l'appareil par rapport au jour.

Toutefois, remarquons qu'il ne peut servir pour la translation. U est moins commode que l'appareil Morse dans les bureaux peu occupés où le bruit du levier forme un appel suffisant pour que les employés puissent distinguer à quelque distance des tables de manipulation les signaux réglementaires qu'on leur transmet.

On a proposé, d'ajouter en face de la palette du relais deux nouvelles pointes isolées et de faire opérer la translation par le relais lui-même* Il nous parait difficile qu'on arrive ainsi à un bon résultat.

Cet appareil a été encord peu employé, la pratique fera connaître les améliorations dont il peut être susceptible et l'usage qu'il convient d'en faire.

La manipulation est identiquement la même que pour l'appareil Morse dont ce systôtbe n'est, pour ainsi dire, qu'une heureuse mo* dification.

Quand on remplace la pointe de fer par une pointe de cuivre^ la trace est rouge au lieu d'être bleue ; elle est moins visible, mais elle s'obtient avec des courants moins intenses.

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