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CHAPITRE YII

Construcllon des lignes électriques.

194. — Les lignes électriques se divisent en deux catégories, suivant que les fils conducteurs sont placés en l'air, ou qu'ils sont enveloppés d'une matière isolante et placés sous l'eau ou dans un conduit souterrain.

Nous examinerons d'abord les lignes de la première espèce, et nous commencerons par passer en revue les différentes parties qui les constituent.

LlGxNES AÉRIENNES.

FILS

192. Fils de cuivre. — On s'est servi, pour la construction des premières lignes électriques , de fils de cuivre de 2 millimètres de diamètre, mais on y a renoncé, bien que la conductibilité du cuivre soit six fois plus grande que celle d.u fer, parce que le fil de cuivre perd promptement son élasticité; il ne résiste pas à des tractions un peu considérables et les brusques changements de température le font rompre. On ne l'emploie plus que dans quelques cas particuliers et lorsqu'il n'est pas nécessaire de le tendre.

On a remplacé presque partout le fil de cuivre par du fil de fer dont le diamètre varie suivant les pays entre 2 et 5 millimètres.

Les fils employés en France ont 3 ou 4 millimètres de diamètre.

4 93. Fils de 4 millimètres de diamètre. — C'est celui dont on se sert le plus habituellement. Il est assez maniable pour la

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construction des lignes et présente une résistance suffisante. Un kilomètre de ce fil pèse environ 4 00 kilogrammes.

Lorsque le fil est soumis à une traction dans le sens de sa longueur, il s'allonge en veriu de son élasticité et revient à Télat normal dès que l'effort qu'il supportait a cessé d'agir. Il faut toutefois que l'allongement ne dépasse pas une certaine limite qu'on nomme limite d'élasticité, car alors le fer change de nature, il ne reprend pas sa longueur primitive , devient cassant et se rompt facilement.

On peut admettre que le fil dô fer de 4 millimètres de bonne qualité peut résister à une tension de 480 kilogrammes. Dans la pratique^ la force avec laquelle on le tend ne doit jamais atteindre le quart de cette charge, et, sur les lignes électriques, il convient de ne pas dépasser 80 à 90 kilogrammes.

Pour essayer les fils on en choisit un certain nombre de bouts de 50 mètres de longueur, on les suspend à une extrémité et on les soumet, à l'autre à une traction de 300 kilogrammes pendant vingt-quatre heures; le fil doit, après cette opération, reprendre sa longueur primitive.

î^ 194. Fil de 3 millimètres.' — Lorsque la ligne fait des angles aigus et que les points d'appui ne présentent pas une très-grande résistance, on emploie du fil de fer de 3 millimètres de diamètre dont le kilomètre pèse 60 kilogrammes.

Ce fil ne peut résister qu'à une traction longitudinale de 370 kilogrammes , la tension sur les lignes ne doit pas aller au delà de 50 à 60 kilogrammes.

i95. Fil non recuit. — Pour les portées qui dépassent 3 à 400 mètres, on est souvent obligé de tendre assez fortement le fil afin de diminuer sa flèche, on emploie dans ce cas du fil non recuit de 3 millimètres dont la résistance est plus grande que celle du fil recuit. On peut, sans danger, le tendre avec une force de 80 kilogrammes. Il est assez cassant, il est peu maniable et ne peut être tordu ; c'est pour cette raison qu'on en réserve l'emploi pour les grandes portées.

496. OaWanisatioa. — Le fil de fer, avant d'être livré pour être posé, doit être galvanisé.

Celte opération consiste à le recouvrir d'une légère couche de zinc qui préserve le fer de l'oxydation. On le trempe, à cet effet, en premier lieu dans un bain d'acide sulfurique pour le décaper, et ensuite dans un bain de zinc fondu.

On a proposé en outre de recouvrir les fils d'une ou plusieurs couches de peinture, pour les garantir du contact de l'air et augmenter l'isolement. On a même suivi ce système pour quelques lignes établies en France avec du fil de fer non galvanisé, mais on a pensé que cette précaution offrirait peu d'avantage , car c'est principalement aux points d'appui que se produisent les pertes de courant, et, en ces points, les vibrations que l'air imprime constamment aux fils et le frottement qui en résulte font promptement disparaître cette couche de peinture.

497. 9m du fil. — Le prix du fil de fer varie avec le cours du fer. En 4 854, le fil de i millimètres revenait à 73 francs les 4 00 kilogrammes et celui de 3 millimètres à 78 francs les 4 00 kilogrammes, en comprenant dans ces prix la galvanisation qu'on peut évaluer à 42 francs par 400 kilog. En 4855, il y a eu une hausse considérable sur le fer; le fil de fer galvanisé de i millimètres vaut actuellement 82 fr. les 400 kilogrammes, celui de 3 millimètres, 87 francs.

498. BëoDion des bouts de fil. — Le fil de fer est livré pour la construction des lignes sous forme de couronnes qui p^nt environ 20 kilogrammes. Chaque bout a donc à peu près 200 mètres de longueur; pour les réunir, on emploie différents moyens.

La méthode suivie en France est la plus simple ; elle consiste à juxtaposer les deux extrémités voisines sur une longueur de 45 ou 20 centimètres, après avoir frotté la surface pour la décaper, à serrer dans deux étaux d'une forme spéciale (mâchoires à tordre) les deux fils et à tordre assez fortement (fig. 96). On obtient ainsi une torsade qui offre une résistance au moins égale à celle du fil. On coupe avec une lime tiers-point les bouts qui dépassent les étaux.

Dans quelques pays, on soude en outre les torsades en les plongeant dans un bain d'étain, afin de rendre le contact plus parfait.

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On ne doit pas tordre les fils avec trop de force, pour ne pas compromettre leur solidité et écailler la surface galvanisée.

Fig. 96.

Quelquefois, on réunit les fils en engageant les deux extrémités voisines dans de petits cylindres en cuivre ou fer galvanisé, nommés serre-fils , et en les serrant fortement au moyen de vis.

On emploie également ces serre-fils, quand on veut se ménager un moyen de couper facilement la communication pour introduire un galvanomètre ou un appareil dans le circuit.

Le fil qui n'a pas été recuit est trop cassant pour être tordu ; on

croise les deux bouts qu'on veut réunir sur une longueur de 10

à <5 centimètres, en pliant les extrémités en crochet et à angle

droit; on fait alors une ligature avec du petit fil de laiton qu'on

^enroule en hélice. On soude quelquefois cette ligature.

Le fil de fer subit à la longue une modification dans sa nature, par suite des vibrations continuelles que le vent lui imprime et, peut-être aussi, par suite du passage du courant électrique. Il devient aigre, mais comme il n'est soumis à aucun choc, on n'a pas en général à craindre de rupture si la tension ne dépasse pas les limites que nous avons indiquées.

499, Ti\ recouvert de gutta-percha. — Pour traverser Tintérieur des tunnels, on se seit de fiU recouverts de gutta-percha. [Voir les lignes sou! errai nés.)

238 TÊLÊGRàPHIB Ê(.ECT1tIQUE.

Oq a reconnu que Tenveloppe isolante s'altère rapidement au contact de l'air ; au bout de deux ou trois ans, elle n'isole plus suffisamment, et, comme les tunnels sont en général humides et qu'il n'est pas toujours possible d'écarter le fil des parois, on doit en général faire passer les lignes au-dessus des souterrains.

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