HAUTEUR
DIAMÈTRE
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PRIX
des poteaux.
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DIAMÈTRE
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PRIX
des poLeaux,
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Dans les pays où lo bois est assez bon marché^ on se borne à carboniser les poteaux à la partie inférieure ou à les enduire de goudron jusqu'à un mètre au-dessus du sol.
En France, on leur fait subir une préparation particulière qui consiste à les imprégner d'une dissolution de sulfate de cuivre.
%0i . Injection des poteaux. — Le bois, quand il est exposé à l'air et à l'humidité, pourrit promptemont. Cette abéralion tient aux substances solubles que contient le bois, qui fermentent sous raclion de l'humidité et de la chaleur, se décomposent et forment des acides , et aussi aux vers et aux insectes qui s'alimentent de ces substances ayant seules les propriétés alimentaires, et rongent les fibres ligneuses.
On a pensé qu'en faisant pénétrer dans le bois une dissolution d*un sel métallique pouvant chasser la sève, précipiter ces substances et former dans l'intérieur du bois un composé inaltérable, les principales causes de la destruction étant enlevées, il pourrait se conserver indéûnimenL dans les circonstances les plus défavorables.
C'est le docteur Boucherie qui s'est occupé le premier d'une manière suivie de ces questions; après un grand nombre d'expériences, il a reconnu que le sel métallique qui donne les meilleurs résultats est le sulfate de cuivre*. La dissolution la plus convenable doit contenir une partie en poids de sulfate sur 100 parties d'eau.
l.Le docteur Boucherie a pris pour faire ses expériences, non des pièces de bois dont la durée, mâmc à l'état naturel, est assez longue, mais de la toile de coton qui, soumise à l'innucnce des agenis almospliëriqucs, se détruit rapidement ; il a essîiyé avant d'arriver au sulfate de cuivre diffcîrenis sels d'un prix moins élevé ; le pyroliguiic de fer, le sulfate de stiiic, l'acétate de plomb, etc., mais aucun d'cun
byGoç)gk
Si Ton 86 bornait à tremper le bois dans cette dissolution, le but ne serait pas atteint ; le sulfate doit pénétrer dans tous les pores, et se substituer à la sève et aux liquides contenus dans le bois.
Un mètre cube de bois doit absorber, pour être injecte convenablement, environ 5 kilog. 50 de snifate de cuivre.
Toutes les essences de bois ne sont pas susceptibles de subir cette préparation. Un arbre est formé de deux parties distinctes , le cœur et Taubier ; Taubier seul est traversé par la dissolution ; aussi, le chêne, dans lequel le cœur est extrêmement développé, ne peut-il être injecté. Les essences qui conviennent le mieux sont le pin, le sapin, Taulne, le peuplier et, en général, tous les bois blancs qui sont presque entièrement formés par Taubier.
La pénétration du sulfate peut Veffectuer de différentes manières ; elle se fait plus ou moins rapidement suivant la nature du bois, son âge et l'époque de Tannée. C'est au moment du mouvement ascendant de la sève qu'elle a lieu avec le plus de facilité. Les moments les plus défavorables sont les mois de juillet et d'août, et l'hiver lorsqu'il gèle.
Cette préparation du bois est une des plus belles et des plus utiles découvertes de notre siècle, et l'administration des lignes télégraphiques de France a contribué à la vulgariser en adoptant, dès le principe, les procédés de M. Boucherie pour l'établissement de ses lignes électriques.
202. — Les chantiers d'injection qui doivent avoir une assez grande étendue sont établis à proximité des forêts où se fait l'abatage des arbres , dans un endroit où l'on puisse se procurer facilement de l'eau.
Les bois coupés et ébranchés sont tran.'^portés au chantier pour y être préparés. L'abatage no doit se faire qu'au fur et à mesure
n*a donné des résuluts comparables à ceux qu'on a obtenus avec le sulfate de cuivre.
L*inJection au sulfate de cuivre peut être employée non -seulement pour la coti' ecrvation des bois, muis encore pour celle des autres substances végétales; on peut ruiiliser, par eiemple, pour préserver les filets de ptehc.
des besoins, afin que Tarbre ne reste pas plus de trois ou quatre jours avant d'être injecté.
Dans le principe on faisait pénétrer le liquide par son propre poids aidé de la force ascensionnelle de la scve ; dans leî^ nouveaux chantiers, on place le réservoir à une certaine hauteur, de façon à donner au liquide une pression considérable.
?03. — La première méthode est encore en usage dans plusieurs chantiers de Tadministration , elle est assez simple et peut convenir quand on a seulement un petit nombre de poteaux à préparer.
On établit {fig. 97) pour Tinjection des poteaux dont la dimon-
Fig. 97.
sion dépasse 7°*, 50 en échafaudage de i mètres de hauteur, do 1 à 2 mètres de largeur et dont la longueur varie suivant le nombre des poteaux qu'on veut préparer simultanément. Contre les deux côtés de cet échafaudage , on appuie les poteaux en leur donnant l'inclinaison convenable pour que la partie supérieure soit à portée de la main. Le pied repose contre un petit talus en terre dans lequel on ménage une rigole en pente vers l'une des extrémités du chantier, afin de pouvoir recueillir le liquide, qui sort des poteaux, dans de^ tonneaux spéciaux.
A l'une des extrémités de l'échafaudage se trouve une potence avec une poulie et un seau au moyen duquel on puise la dissolution dans un réservoir placé au niveau du sol. Les poteaux sont dressés munis de leur écorce ; le sommet de l'arbre se place en
bas et le gros bout contre l'échafaudage, le mouvement du liquide devant toujours s'effectuer du pied au sommet.
On scie l'arbre à la base supérieure, en enlevant une rondelle d'un ou deux centimètres d'épaisseur pour enlever le dépôt de résine qui s'opère pendant le transport au chantier, puis on donuQ à cette base la forme d'un tronc de cône.
On lui adapte alors un récipient en plomb formé de deux troncs de cônes réunis, Taxe du cône supérieur étant toujours vertical. Ces calottes^ faites en plomb de deux centimètres d'épaisseur, doivent être parfaitement lulées à l'arbre pour que le liquide ne puisse passer.
Dans ce but, on entoure le pied d'argile plastique, avant de placer le récipient en plomb qu'on enfonce fortement de cinq ou six centimètres. Le calottage des poteaux se fait ordinairement avant qu'ils soient dressés contre l'échafaudage.
Une fois qu'ils sont installés comme l'indique la figure, on commence l'injection.
On remplit les calottes de la dissolution de sulfate contenue dans le réservoir.
Comme nous l'avons dit, le liquide doit contenir 4 kilogramme de sulfate pour 400 kilogrammes d'eau. Afin de faire facilement cette dissolution, on prépare d'abord, dans un tonneau spécial, une liqueur concentrée de 4 kilogrammes de sulfate pour 4 00 litres d'eau. Il suffit de prendre dans ce tonneau dix parties pour cent d'eau qu'on verse dans le réservoir situé au pied de l'échafaudage. A mesure que le liquide contenu dans les calottes en plomb s'écoule, on le remplace ; l'ouvrier chargé de ce travail doit faire pendant la nuit plusieurs tournées, pour ne jamais laisser vides les cônes en plomb.
Au bout de quelques heures, on voit la sève couler dans la rigole au pied du talus, mais l'injection n'est pas terminée; c'est seulement lorsqu'on voit couler le sulfate, que le liquide a pu imprégner le poteau dans toute sa longueur. L'injection d'un poteau de 6 mètres dure de 36 à 48 heures^ celle d'un poteau de 9™, 50 de 5 à6 jours.
Il arrive souvent qu'au début, l'opération ne marche pas. Cet
CONSTRUCTION DÉS LIGNES ÉLECTRIQUES. 2k^
arrêt provient d'une accumulation de résine à la base du poteau. On enlève la calotte, on scie de nouveau le poteau à 2 ou 3 centimètres et on replace la calotte. On peut empêcher cet arrêt dans l'opération, en laissant reposer le pied du poteau, quand il arrive au chantier, pendant sept ou huit heures dans une dissolution de sulfate de cuivre. Au moment de l'injection, on scie une rondelle à la base et on place la calotte du poteau. Le liquide qui sort des rigoles peut être employé pour cette opération.
On est assuré que le poteau est injecté, quand, en donnant un coup de hache à la tête du poteau, on voit apparaître la teinte verdâtre du sulfate.
On peut aussi employer, pour reconnaître si l'injection est bien faite, le cyanure de potassium ; quand on frotte avec ce réactif un point du poteau débarrassé de l'écorce, la partie frottée doit se colorer en rouge.
204. — La nouvelle méthode employée pour l'injection est de beaucoup préférable ; la main-d'œuvre est moindre, l'injection se fait avec une plus grande rapidité, et la dissolution de sulfate do cuivre, pressée avec une force considérable, pénètre dans toutes les parties du bois et chasse plus complètement la sève.
Le réservoir B (fig. 98) est placé sur un échafaudage à une hauteur de 7 à 8 mètres; il est alimenté par des tonneaux gçgdans lesquels on prépare la dissolution de sulfate qu'on fait monter à Taide d'une pompe ou au moyen d'un seau.
Un tuyau en plomb ou en cuivre part du réservoir et aboutit à un autre tuyau semblable, disposé horizontalement, dont la longueur est calculée d'après le nombre des poteaux qu'on veut injecter, 30 mètres environ pour iOO poteaux. Sur ce tube viennent s'embrancher des tuyaux en gutta-percha terminés par une canule en cuivre ou en bois par laquelle le liquide s'introduit dans les poteaux.
Les poteaux à injecter p.p^p, sont rangés tous parallèlement dans une direction perpendiculaire au lubé principal , le sommet repose à terre sur le bord de la rigole dans laquelle doit s'écouler le liquide, la base appuie sur une traverse élevée de 1 mètre au-
dessus du sol, de façon à permettre aux ouvriers d'exécuter l'opération du calotlage quand les poteaux sont en place.
Pour calolter les poteaux, on place sur la face supérieure, qui correspond au pied de Tarbre, après avoir enlevé à la scie une petite rondelle, un plateau en cœur de chêne [fig^ 99) qu'on presse fortement en interposant entre ce plateau et la base du poteau, une bande en caoutchouc.
Celte opération est évidemment. la plus imporUnle, carilim-
porle que le liquide soumis à une forte pressioQ ne puisse sortir par la partie supérieure du poteau.
Fig. 99. < '
On serrait primitivement ce plateau au moyen d'une forte vis en cuivre * qui s'engageait dans le poteau ; maintenant on applique sur le plateau une pièce de bois traversée par deux crochets, munis de boulons , dont on enfonce les pointes dans le poteau ; en serrant les boulons on exerce une forte pression sur le plateau et la bande de caoutchouc. On évite toute fuite en creusant dans la tète du poteau une cavité circulaire dans laquelle on place la bande de caoutchouc.
La canule^ reliée au tuyau de distribution par un tube en guttapercha, s'introduit dans le plateau de chêne muni d'un trou à cet effet.
Le liquide, ainsi soumis à la base du poteau à une pression do
!• Toutes les pièces métalliques qu*on emploie dans un chanUer, telles que ▼is, tuyaux, canules, robinets, etc., doivent être en cuivre ou en plomb ; si elles étaient en fe^, elles seraient altérées par le sulfate de cuivre. Pourtant, comme le cuivre est peu résistant, on le remplace quelquefois par du fer qu'on recouvre préalablement d*une couche de cuivre par les procédés galvano'plas* tiques. Le cœur de cliéne ne peut être traversé par le sulfate, c'est pourquoi ou i'empi'iie pour le caloUage des poteaux.
7 â 8 mètres de hauteur, pénètre avec une grande force dans le bois, et Ton voit, au moment même où Ton établit la communia cation avec le réservoir, la sève sortir par l'autre extrémité.
L'injection d'un poteau télégraphique de 8 mètres dure en moyenne trois jours par ce procédé.
Pour que Tinjection soit complète, chaque poteau doit absorber une quantité do sulfate de cuivre proportionnelle à son volume et calculée à raison de 5 kilogr. 5 par mètre cube.
205.— Lorsque Tinjection est terminée, on ferme les robinet?, on enlève la calotte et on place le poteau sur des chevalets pour procéder à l'écorçage ; on abat les nœuds avec la hache et on enlève à la plane Técorce de manière à le rendre aussi régulier que possible.
Il est bon de ne pas planter le poteau immédiatement après l'injection, car il absorbe, en môme temps que du sulfate de cuivre, une grande quantité d'eau, et 8*il était placé verticalement avant d'être sec, une partie de cette eau, qui contient en suspension le sulfate de cuivre, descendrait en vertu de son poids et entraînerait le sel.
On peut évaluer Taugmentation de prix occasionnée par l'injection, en comprenant le prix du sulfate, les frais de chantier, de •urveillance, etc., à environ,
2 fr. 30 c. pour les poteaux de 9™,50 1 fr. 50 c. pour ceux de 7",50 1 fr. pour ceux de 6™.
206. IPIantation des poteaux. — Pour planter les poteaux, on enterre à 1™,50 de profondeur ceux de G"" et de 7'^,50 et à 2™ ceux dont la hauteur varie de 8 à 10™. Un simple (rou fait dans le sol €^ la pelle et à la pioche suffit en général ; la terre qui sert à combler le trou doit être damée avec soin par couche de 20 ou 30 centimètres.
Dans le rocher x)n perce à la pincs ou à la mine, un trou de 50 ou 60 centimètres de profondeur et on scelle à la chaux le pied du poteau.
Contre les murs et contre les maisons , en peut les fixer au
CONSTRUCTION DES LIGNES ÉLECTRIQUES. Hxl
moyen de brides en fer scellées dans la maçonnerie. Une de ces brides doit toujours être placée aussi haut que l'état des lieux le permet.
Celte plantation deâ poteaux revient, dans le terrain ordinaire, à 4 fr. pour les poteaux de 6 mètres, 4 fr. 50 pour ceux de 7", 50 , 2 fr. pour ceux de9"',50. Le prix augmente, en général, de moitié quand le terrain est difficile à creuser. Quand on doit sceller à la chaux le pied des poteaux, le prix de pose monte en moyenne à 6 francs.
On termine les poteaux éii pointe pour faciliter Técoulèment de Teau , et on leur donne deux couches de peinture dont Tune au ttioins est appliquée après la plantation. Le prix varie, suivant la dimension du poteau, entre 1 et 2 francs.
Voici en résumé le prix moyen de revient d'un poteau télégraphique tout planté :