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LIGNES ÉTRANGÈRES

237. — Les lignes électriques de France sont établies d'après le système le plus simple et le plus économique ; les supportscloches isolent aussi bien que possible, et, par les temps les plus défavorables, on peut correspondre directement à des distances de 5 à 600 kilomètres; on n'a, dans aucun pays, obtenu des résultats plus satisfaisants.

Alin de donner une idée des difiërcnts modes adoptés dans les divers pays de TEurope, nous cilerons le passage suivant d'un arti-

de inséré dans les Annales télégraphiques j par M. Gaillardi inspecteur des lignes télégraphiques* : •

a Les isolateurs allemands diffèrent essentiellement de ceux de France :

a 4® En ce qu'ils ne sont pas fixés directement sur le poteau dont ils s'écartent de 0",30 au moins ;

t 2** En ce que le point d'attache du fil est situé au-dessus delà cloche et non au-dessous.

« Dans ce système, l'isolateur (fig. 107) consiste en une cloche

Fig. 107.

de verre, de porcelaine ou de grès scellée au plâtre sur une congelé en fer qui est fixée au poteau par sa partie inférieure.

t. N*« de décembre 1855 et de Janvier 1856.

« La cloche se relève à son sommet en une sorte de bouton ou gorge de poulie horizontale'; le fil de la ligne s'enroule autour, ou bien encore il s'engage dans une rainure verticale pratiquée dans le bouton. On l'arrête le plus communément avec une ligature de fil de laiton, ce qui dispense d'avoir recours aux tendeurs.

c Quelquefois aussi, comme en Hollande et en Prusse, le fil glisse librement dans la rainure verticale; un simple lien de laiton ou une goupille transversale placée au sommet de la rainure empêche le fil d'en sortir. Ce dernier système exige des dispositions spéciales pour maintenir la tension de la ligne. En Hollande on se sert de tendeurs français ; en Prusse on a recours à des supports de traction placés tous les 4,000 mètres environ. C'est un assemblage de deux poteaux, distants de 0°",80 l'un de l'autre et accouplés par une double plate-bande de fer. Sur chacun d'eux on place des isolateurs spéciaux qui doivent être d'une grande solidité. A cet effet, l'isolateur ordinaire en porcelaine est couvert d'une seconde cloche en fonte soudée au plâtre par-dessus. Cette cloche est traversée à son sommet par une ouverture en forme de cône tronqué, dont l'axe est paral.èle à la ligne et la base tournée vers l'intérieur des poteaux accouplés. On y passe le fil, qui doit être coupé à cet endroit, et on le serre entre deux coins demi-coniques, dentelés à l'intérieur pour empêcher le glissement; le poids du fil tend à l'entraîner, et avec lui les coins coniques qui le pressent et le maintiennent solidement sous sa tension primitive. La lacune du fil entre ces deux poteaux est comblée par des spirales en fil de cuivre.

«c On substitue quelquefois aux isolateurs à double cloche une sorte de cloche simple en porcelaine très-massive. Un trou conique, pratiqué à la partie supérieure et garni d'une virole de cuivre, reçoit le fil et les coins, comme nous l'avons dit plus haut.

« On emploie aussi, en Prusse, dans les angles rapides ou les changements brusques de niveau, notamment à la soriie des stations, un isolateur particulier; la cloche en porcelaine se relève en forme de cou de bouteille déprimé au milieu. On l'entoure à l'endroit de la dépression d'un collier en fer qui peut tourner librement dans le sens horizontal, ot auquel s'adapte, au moyen d'une

charnière, une tige de fer mobile dans le sens vertical. Le 61 de ligne est fixé à celte tige et prend ainsi toutes les directions et inclinaisons possibles sans fatiguer le support. « En Bavière, les isolateurs [fig. 408) sont munis d'une calotte

Fig. 108.

en fonte soudée au plâtre à leur partie supérieure. Une rainure pratiquée dans cette calotte reçoit le fil, ei on Ty maintient à Taide de deux coins de fer enfoncés en sens inverse dans une ouverture transversale.

« Les consoles jsn fer qui supportent les isolateurs allemands présentent les formes et les dispositions les plus variées. Elles sont fixées au poteeu tantôt par deux vis ou par une vis et un collet, tantôt par des écrous. Elles se terminent quelquefois par une partie droite qui traverse les poteaux, et elles sont fixées, dans es cas, soit par le simple frottement, comme dans le duché de Bade, soit à l'aide d'un écrou.

« Les consoles affectent la forme tantôt d'un S renversé, comme en Prusse et en Hollande ; tantôt celle d'un Z horizontal, dont une branche est fixée au poteau, et dont l'autre supporte la cloche; ou bien encore celle d'un C horizontal, arrondi ou rectangulaire. (Kotr ]es/(i)f.407et40S.)

« La forme d*un C, adoptée en Bavière et en Suisse^ a le grand avantage de placer au même niveau ou à peu près le point d'attache de la console au poteau et le point d'attache du fil à isolateur, en sorte que la traction de la ligne ne tend point à déjeter la console, comme on le remarque trop souvent avec les autres diit positions.

a Sur les lignes à plusieurs fils, les fils sont répartis sur les deux côtés des poteaux, et le plus souvent les consoles sont placées à des hauteurs différentes sur les deux faces.

ff Quelquefois, cependant, comme en Bavière, elles sont placées à la même hauteur et elles sont reliées par un boulon, ou bien encore Tune d'elles traverse le poteau et sert de boulon pour attacher l'autre.

c Cette disposition a l'inconvénient d'établir une communication métallique entre les deux isolateurs, et si l'isolement n'est pas parfait, il en résu'te une dérivation d'un fil à l'autre.

« On peut augmenter la longueur et l'écartement des consoles à partir du sommet du poteau, et placer ainsi les fils dans des plans différents. Cette méthode, très-avantageuse parce qu'elle prévient les mélanges, est adoptée en Bavière et sur les nouvelles lignes autrichiennes.

« Comme variété de l'isolateur à console, nous devons mentionner ici celui qu'on place au sommet du poteau sur une tige de fer droite de 0"*,30 environ.

c En Prusse, la tige est soudée sur une caUtte en fonte dont on coiffe la tète du poteau et qu'on maintient par des vis. Ce système est d'un ajustage difficile.

a En Autriche, la tige, aplatie à sa partie inférieure, est simplement fixée par deux vis sur le côté du poteau et près du sommet. C'est là une disposition très-simple et très-économique; mais elle est d'un effet ti ès-disgracieux et n'offre pas une grande solidité.

a Aussi dans quelques pays, tels que la Suisse et la Bavière, la tige qui supporte l'isolateur est plantée en plein bois au milieu du sommet. Pour empêcher le poteau de se fendre dans cette opération et obtenir plus de solidité, on a recours à un moyen très-ingé-

nieux. Une virole en fer mince, de 0'",04 d'ouverture et de 0"",06 ou 0™,07 de longueur, parfaitement aiguisée à son bord inférieur, est préalablement enfoncée à fleur de bois au sommet du poteau, de manière à maintenir Técartement des fibres intérieures. C'est au centre de cette virole'^ qu'on plante la tige do l'isolateur, en ayant soin de placer d'abord sur la virole une rondelle en feutre, et par-dessus celle-ci un disque de zinc dépassant les bords du poteau et légèrement cintré en forme de cône. (Voir fig. 108.)

« La lige, enfoncée par-dessus jusqu'à un bourrelet aplati dont elle est munie, maintient solidement le feutre et le zinc, et le sommet du poteau se trouve ainsi garanti de toute humidité. Pour enfoncer la virole dans le poteau, on emploie comme outil une sorte de gobelet en fer dont le bord est creusé d'une rainure circu'aire qui embrasse la virole, et pour enfoncer la tige on se sert d'un gobelet plus étroit et plus long dont on recouvre la partie supérieure de la tige de manière que le bord du gobelet vienne s'appliquer sur le bourrelet aplati.

« On peut ainsi, en frappant sur ces gobelets, enfoncer la virole et la tige sans les déformer.

a La cloche de l'isolateur doit être scellée sur place, contrairement à ce qui a lieu pour les isolateurs ordinaires.

« On essaie ce système en France sur la ligne du Nord, et il ne peut donner que de bons résultats.

a Dans les pays qui visent avant tout à Téconomie dans la construction de leurs lignes, le sommet du poteau est simplement couvert et entouré d'une large cloche en terre cuite ou en verre scellée au plâtre pour plus de solidité.

« La partie supérieure de cette cloche se relève en forme de bouton, avec ou sans rainure verticale, et on y fite le fil à l'aide d'une ligature en laiton, comme pour les isolateurs ordinaires.

« Les isolateurs allemands présentent certains avantages : ils sont dégagés du poteau, parfaitement aérés, et conservent moins facilement l'humidité. Malgré leur tendance à se déjeter, ils offrent en général un point d'appui assez solide, ce qui rend plus rare l'emploi de poulies ou d'anneaux dans les tournants et les angles. Par contre, ils coûtent au moins le triple de ceux de France et

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sont d'un ajustage plus difiBcile ; ils encombrent et fatiguent d'avantage les poteaux. Ces inconvénients nuisent au développement du nombre des fils, aussi bien que Tabsence des tendeurs, qui est un inconvénient réel sur les lignes allemandes. La difficulté de tendre régulièrement les fils oblige, en effet, à les écarter davantage. En outre, pour obtenir une tension suffisante au moment de la construction des lignes, ou pour relier les fils et les tendre à la suite d'une rupture, il faut avoir recours à des instruments compliqués et peu portatifs, tels que moufles, treuils à engrenage ou mâchoires, et vis de rappel de grandes dimensions. L'enroulement et le déroulement des fils sur le tendeur, présentent, au contraire, de grandes facilités pour les opérations de cette nature et en rendent l'exécution plus rapide.

« Les isolateurs sardes consistent en une cloche de porcelaine semblable à celle de l'isolateur français, mais sans oreilles. Une rainure circulaire pratiquée au milieu reçoit une bride en fil de fer qui sert à fixer l'isolateur non pas directement au poteau, mais une planchette latérale (/S^. 409).

« Deux planchettes placées symétriquement de chaque côté, portent ainsi chacune quatre isolateurs. Elles sont liées au poteau, sans le toucher, au moyen de deux forts boulons qui le traversent. Elles s'appuient sur deux viroles ou entretoises en porcelaine épaisses de quelques centimètre?, interposées entre le poteau et les planchettes pour les tenir à distance.

« Le fil de ligne passe dans un crochet en fer très-massif soudé au plâtre dans la cloche et muni à sa partie antérieure d'une vis de pression qui permet de fixer le fil ou de le laisser libre.

« On obtient par ce système un double isolement. Le fil est isolé de la planchette par la cloche en porcelaine, et la planchette l'est elle-même du poteau par les viroles en porcelaine.

« Ce mode de construction était en usage sur les premières lignes anglaises^ mais dans de moins bonnes conditions ; car, au lieu d'une cloche, on employait pour isolateurs des sortes de fuseaux en grès dont on voit encore le modèle sur une vieille ligne autrefois concédée à uno Compagnie anglaise entre Bruxelles et

Anvers. Ces isolateurs n'étaient pas abrités et touchaient par une large surface au ûl de la ligne qui les traversait dans toute leur

Fig. 109.

longueur. On a dû, pour remédier aux pertes, couvrir chaque isolateur d'un chapeau en zinc*.

« Aujourd'hui, sur certaines lignes anglaises, on substitue au fuseau en grèâ un double cône au sablier en porcelaine. Le fil passe à r intérieur et ne fait que s'appuyer sur le sommet du cône.

« Tel qu'il est appliqué aujourd'hui en Piémont, le système du double isolement paraît donner de bons résultats ; toutefois, il a l'inconvénient d'exiger un matériel un peu lourd qui va bien avec les supports de forte dimension usités dans le pays, mais qui no saurait convenir pour les poteaux plus faibles dont on se sert on franco.

c Indépendamment des vis de pression fixées dans les isola- Uurs, on emploie sur les lignes sardes des tendeurs permanents analogues à ceux de France, et consistant en un petit treuil trèscourt avec roue de rochet et cliquet. Pour un tendeur, la platebande qui supporte le treuil se relie à une forte tige ronde qui traverse le poteau sans le toucher, en s*appuyant sur des viroles en porcelaine; un autre tendeur, placé derrière le poteau, forme écrou sur celte tige. Le fil qui s'enroule sur le tendeur est un fil coupé se rattachant des deux côtés à celui de la ligne par Tiotermédiaire d'anneaux et de crochets doublés eu porcelaine.

c Les deux sections de ligne de chaque côté du tendeur sont mises en communication par un fil de cuivre qui repose sur un petit isolateur i cloche Hxé à la planchette par une tige de fer droite. Le double isolement se trouve ainsi conservé aux points de tension.

c En Sardaigne^ les poteaux sont toujours recouverts d'un chapeau en bois ou en zinc. Chaque poteau est surmonté d*un paratonnerre consistant en un fil de fer aiguisé en pointe qui dépasse leur sommet de 0"^,02,et va se perdre dans le sol en suivant une rainure pratiquée sur la face latérale du poteau.

« L'efficacité de ces sortes de paratonnerres, employés aussi en Hollande, est peut-être contestable ; leur communication avec le sol est toujours imparfaite, quoiqu'on prenne soin de l'améliorer par une plaque métallique. Des expériences comparatives pour* raient seules décider la question.

« Les isolateurs de la Compagnie anglaise, sur la ligne d'Amsterdam à la Haye, sont suspen lus à une forte traverse de bois fixée on croix sur le poteau au moyen d'une bride et d'écrous.

« Cette traverse porte à chacune de ses extlrémités une large cloche en verre, munie à l'intérieur d'un appendice aussi en verre et Taisant corps avec elle.

« Cet appendice dépasse le bord inférieur de la cloche et remplace le crochet de l'isolateur français. Deux raiâures latérales pratiquées à sa partie inférieure permettent d'engager le fil et de le maintenir par une ligature en laiton. Une calotte en fer, soudée au sommet de la cloche, est surmontée d'une tige de môme

métal qui traverse le support en croix, et s'y trouve fixée par un érrou placé au-dessus (/î^i^. 410).

Fig. 110.

a Des traverses en bois toutes semblables étaient en usage sur les anciennes lignes bavaroises. Au lieu d'une cloche en verre, elles portaient à leur extrémité une poulie en porcelaine sur laquelle s'enroulait le fil. On y a renoncé sur les lignes nouvelles.

a Pour terminer cette revue des isolateurs, nous devons mentionner ici le système en usage sur les premières lignes autrichiennes. Autant que nous avons pu en juger, on enfonçait dans le poteau une simple patte- fiche percée de deux trous à ?a partie antérieure. Un fil de laiton passé dans ces trous servait à relier audessous de la patte-fiche un demi-anneaù en porcelaine, creusé en gorge à sa circonférence extérieure, et au-dessus, une petite plaque en tôle ou en zinc pour servir de chapeau. L'anneau en porcelaine, ainsi abrité, servait d'isolateur et supportait le fil de la ligne. »

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