‹ Cours théorique et pratique de télégraphie électriqueChapitre 68 sur 92 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Appareils divers.

246. — La forme des appareils télégniphiques peut être variée à Tinfini ; aussi n'entreprendrons -nous pas la description de tous les systèmes qui ont été proposés jusqu'à ce jour. Si Ton doit voir avec plaisir les efforts qui sont tentés dans le but d'améliorer les moyens de transmission, c'est avec la plus grande réserve qu'on doit se prononcer sur le mérite réel des résultats obtenus.

Beaucoup d appareils, qui, au premier abord, paraissent séduisants et donnent même d'assez bons résultats quand les expériences sont faites dans des circonstances favorables, ne pourraient résister à une épreuve tentée en grand, parce qu'ils ne présentent pas toutes les conditions de simplicité indispensables pour des instruments destinés à être mis entre les mains d'un grand nombre d'employés.

Il est possible qu'on arrive un jour à remplacer l'appareil à cadran .et l'appareil Morse par d'autres plus satisfaisants ; mais un changement de système apporte une telle perturbation dans le service, qu'une pareille décision ne peut être prise que s'il doit en résulter des avantages sérieux et bien certains.

Nous allons parcourir, sans entrer dans aucun détail de construction, les divers modes d'appareils, qu'on peut classer en plusieurs catégories distinctes.

SOS TÊLÊGBAPHIE ÊLECTfilQUE.

APPAEEILS A CADRAN.

247. ^ Les signaux sont marqués d* avance sur un cadran fixe. Une aiguille parcourt ce cadran par une série de mouvements successifs et s'arrête , à la volonté de celui qui transmet, devant Tun quelconque des signes.

Le manipulateur est formé d'une roue, dite intemiptrice, sur le pourtour de laquelle sont incrustées des lames alternativement isolantes et conductrices. Toutes les fametf conductrices communiquent ensemble au fil de la ligne ; un ressort fixe, relié au pôle de la pile, appuie sur la circonférence.

Quand on tourne cette roue, le courant passe donc sur la ligne autant de fois que le ressort touche de lames métalliques, et ce nombre dépend de l'angle de rotation fait par la roue.

Pour que le correspondant puisse transmettre à son tour, on place un second ressort qui appuie sur une lame métallique quand le premier presse une lame isolante; ce ressort est relié au récepteur dans lequel se rend le courant qui vient de la ligne.

On peut remplacer avec avantage la roue intcrniptrice par un disque à gorge sinueuse mettant en mouvement on bras de levier comme le montre la figure 5, planche h 4 .

Chaque passage de courant dans le récepteur aimante un électro-aimant, qui attire une palette mobile en fer doux et fait avancer d'un cran l'aiguille indicatrice fixée sur le prolongement d'une roue munie d'autant de dents que le cadran porte de signaux.

Pour quelques appareils, la palette fait directement tourner la roue dentée ; pour d'autres, le mouvement est imprimé à cette roue par un mécanisme d'horlogerie, et chaque oscillation de la palette laisse échapper une dent.

Les signaux qui sont écrits sur le cadran sont ordinairement les lettres de l'alphabet, souvent on en supprime quelques-unes, d'un usage peu fréquent, qu'on remplace conventionnellement par d'autres.

Tantôt, il faut un mouvement complet de la palette et par suite

une émission et une interruption de courant, pour faire avancer l'aiguille de Fespace qui sépare deux lettres ; tantôt une émission de courant la fait avancer d'une lettre, et une interruption la fait avancer d'une seconde. Ce dernier système est préférable puisqu'il rend la transmission plus rapide.

248. B<é«eptean À mouvement direct. — On peut leur donner la forme suivante :E {fig..h\ 5) est l'électro-aimant ; ah la palette, iDobile autour de deux vis projetées en a; a (2 la tige dont la partie

Fig. 115.

supérieure forme une sorte d'ancre dgh, La roue R, fixée au même axe que i'aiguiile indicatrice, est munie de dents entre lesquelles viennent s'engager les deux petites pointes h eigde l'ancre d/»^.

Un premier mouvement de la palette pousse l'extrémité d vers la droite, la pointe g entraîne la roue, et la pointe h^ glissant sur la partie inclinée de la dent supérieure, vient tomber entre les deux dents suivantes ; quand la palette revient à sa première po-

silion sous Faction du ressort de rappel H, la pointe h pousse la roue dans le sens de la flèche, et la pointe y vient à son tour s'engager entre deux nouvelles dents.

Chaque mouvement complet de la palette fait donc tourner la roue de l'angle qui correspond à une dent, de 4/4 3 de la circonférence s'il y a 43 dents.

Les appareils à mouvement direct sont si simples qu'ils seraient sans doute préférables aux autres, s'il ne fallait, pour les faire marcher, quand on donne à la roue dentée et à l'aiguille dés dimensions convenables, un développement de force magnétique assez grande, qu'on obtient difficilement sur les longues lignes. Us peuvent être employés dans les établissements industriels où l'on n'a jamais à correspondre qu'à de petites distances.

249. HéMptenn à inoavenient d'horiogerie. — L'appareil à cadran et l'appareil français à signaux décrits au i^ chapitre et représentés planches 2 et 3, peuvent servir comme types.

Un perfectionnement ingénieux a été introduit dans ces derniers temps par M. Breguet.

Il arrive souvent que le récepteur d'un poste n'est pas d'accord avec le manipulateur du poste qui transmet, ce qu'on reconnaît de suite à l'incohérence des lettres transmises. L'employé qui reçoit peut quelquefois, en pressant sur le bouton placé au-dessus de l'appareil, faire avancer l'aiguille et rétablir la concordance, mais, dans la plupart des cas, il est obligé d'interrompre son correspondant et de faire revenir son aiguille sur la croix. Cette opération est assez longue, puisqu'il faut presser treize fois sur la pa* lelte pour obtenir un tour entier ; si l'aiguille dépasse le point fixe, il faut lui faire décrire un second tour.

Avec la disposition suivante, en appuyant légèrement sur le bouton, on fait avancer Taiguille d'un seul cran, et, en pressant plus fortement, on la fait arriver instantanément à la croix.

Le bouton placé sur l'appareil, au lieu de faire mouvoir une petite lame recourbée qui appuie sur la palette, comme dans la figure 4, planche II, est placé à l'extrémité d'une longue tige verticale dab (Bg. 4 1 6), que le ressort à boudin h maintient soulevée. L'axe X Y porte en même temps que l'ancre d'échappement Z une

petite lame horizontale b e que vient presser Textrémité de la tige dab quand on appuie sur le bouton d. Si on appuie légèrement,

Fig; 116.

la lame c6, en s'inclinant, fait mouvoir Taxe XY et Tancre d*é<cbappement Z ; à chaque pression une dent de la roue L s*échàppe, et l'aiguille indicatrice avance d'une division.

Si, au contraire, on appuie fortement, la lame cb s'abaisse et fait passer la dent m' au delà de la roue d'échappement L, qui, se trouvant entièrement dégagée^ tourne avec rapidité en entraînant l'aiguille; la rotation s'arrête promptement, parce que l'axe L porte une pointe Y qui vient buter contre le renflement a de la tige db.

Au moment où la tige db se relève un peu, le renflement a dégage l'arrêt V, mais la lame m' de l'ancre d'échappement vient s'engager de nouveau entre les dents de la roue L, et enfin quand la tige se soulève entièrement, la dent m vient à son tour arrêter le mouvement ; le récepteur se trouve à l'état normal.

L'arrêt de la roue L a donc toujours lieu pour la même ]^osilion

de raiguille, et 8*il correspond précisément au moment où elle se trouve en face de la lettre Z, il est dair qu'en abaissant fortement la tige et la laissant se relever promptement, on amènera instantanément Taiguille d*une position quelconque à la croix, elle passera sur le Z pendant le temps très-court'que la lame m* met à revenir en face de la roue L.

La tige de la palette doit être un peu modifiée, pour que la fourchette et la tige puissent s'incliaer avec l'ancre ; on la termine par un ressort qui ne Tempèche pas de faire osciller Taxe XY. C'est Taction de ce ressort qui ramène Tancre Z à sa position ordinaire quand la tige dah cesse d'appuyer sur la lame c6.

Une autre amélioration consiste dans la suppression du fil qui s'enroule sur une petite poulie, et au moyen duquel on tend le ressort de rappel ; ces fils, en se cassant, donnent lieu à des dérangements assez fréquents.

Le ressort de rappel se use à l'extrémité d'un (évier coudé qu'on éloigne plus ou moins pour teaike le ressort en tournant l'axe d'un petit cadran disposé à l'extérieur comme celui de l'appareil ordinaire.

250. BEwHpiilttiMir à okivî«r« ^ On fait ordinairement mouvoir à la main la roue interruptrice du manipulateur, et en lui faisait décrupe un certain a«^, on pro(kitt autant d'émkssîoiis 4e Bouraat qu'il en faut pour aflftenar l'aiguiUo îndicatHee à» posie correspondant devant iâ lettre qui doit étae transmise.

Si la roue teurai^ d'etleHméme d'un mouvement umferAe, sous faction d'un mécanisme d'horlogerie, il suffirait de rarrèter à des Intervalles de temps déterminés pour arriver au même résultat.

Tel est le principe du manipulateur de M* Froment :

Il est formé d'un clavier semblable à celui d'un piano, sur les touches duquel les lettres sont marquées; quand on appuie sur l'une quelconque de ces touches, l'aiguille du récepteur au poste voisio se met en marche et s'arrête en face de la lettre correspondante.

La roue interruptrice R (fig. 4 1 7) est fixée à l'extrémité d*utt arbre en acier A'A qui s'étend au-dessous des touches daps toute la longueur du clavier ; cet arbre, qui porte en outre une roue

dentée V, est mis en mouvement par un mécanisme (i*horl(^erie qu'on n'a pas représenté dans la âgure.

Le nombre des dents de la roue V est égal à celui des lames métalliques de la roue R et à celui des lettres écrites sur les touches du clavier et sur le cadran du récepteur. Un ressort appuie sur la roue interruptrice et fait communiquer le ûl de la ligne avec le pôle de la pile chaque fois qu'il touche une lame métallique.

Sur l'arbre A'A et au-dessous des touches sont implantées des tiges rangées en hélice, dont chacune correspond en projection à l'une des interruptions de la roue R.

Sous la partie antérieure du clavier se trouve une lame B'B qui s'abaisse quand on appuie sur l'une quelconque des touches et se relève d'elle-même dès qu'elle n'est plus pressée*

En face de la roue dentée Y est un ressort 6a mobile autour de a; il se termine par une pointe engagée dans les dents de la roue V et arrête le mouvement.

Lorsqu'on appuie le doigt sur une des touches, elle bascule autour de Taxe C'C, s'abaisse et entraîne la barre B'B dontTextrémité presse le ressort 6a. La roue V, se trouvant dégagée, tourne alors en même temps que Tarbre A' A et la roue interruptrice.

Chaque touche porte une palette d'arrêt E, et, quand elle est abaissée, la tige correspondante, 6xée sur Tarbre AB, vient buter contre cette palette et arrête la rotation ; si on abandonne la touche, la barre BB' se relève et le ressort 6a vient de nouveau s'engager entre les dents de la roue Y.

Ainsi, après avoir posé les doigts sur une première touche, si on le pose sur une seconde, l'angle dont tourne la roue interruptrice est égal à l'angle des deux tiges correspondantes plantées sur l'arbre AB, et le nombre de» émissions de courant est égal au nombre de lettres qui séparent, sur le clavier et sur le cadran du récepteur, les deux qui ont été touchées.

Si donc il y a accord une fois entre le manipulateur et le récepteur, cet accord subsistera indéfiniment.

Le mouvement de l'arbre AB pouvant être très-rapide, on peut, avec ce manipulateur, obtenir une grande vitesse de transmission et une grande régularité dans les interruptions de courant.

251. AppareU à eadraa de M. Siemeni. — Cet appareil sert en Prusse pour la transmission des dépêches des Compagnies de chemins de fer.

Il se distingue des autres en ce qu'il n'y a pas de manipulateur. L'aiguille tourne d'elle-même d'un mouvement continu autour du cadran ; quand on l'arrête au moment où elle passe sur une lettre, l'aiguille du poste correspondant s'arrête également et fait connaître la lettre transmise.

Le principe est le même que celui des trembleurs.

Imaginons deux trembleurs semblables à celui de la fig. 91 , placés à deux postes voisins et reliés par le fil de la ligne, une pile étant dans le circuit.

Au moment où les deux tiges (ODC) , cédant à l'action des

ressorts de rappel (IH), touchent les vis (m), le circuit de la pile se ferme et les deux palettes sont attirées par les électro-aimants; leurs tiges s'écartent des vis de repos, le circuit se rompt en même temps aux deux postes et les deux palettes reviennent à leur première position ; le mouvement continue indéfiniment. Si on arrête une des palettes au moment où elle est attirée par Télectro-aimant, en Tempêchant de venir toucher la vis m , la palette de l'autre poste s'arrête évidemment d'elle-même.

On peut supposer chaque palette disposée de façon à faire tourner une roue dentée et une aiguille (comme dans les appareils à cadran ordinaires).

Les deux aiguilles tournent donc simultanément, et, si elles sont d'accord à un moment donné, quand on arrêtera l'une d'elles, Tautre s'arrêtera sur la même lettre*

Lorsqu'on arrête une des palettes au moment où elle est attirée, celle de l'autre poste cède à l'action de son ressort de rappel et l'aiguille avance d'un cran, mais s'il faut une oscillation complète pour faire avancer laiguille d'une lettre, cette différence d'une demi-division n'a aucun inconvénient.

252. — L'appareil construit d'après ces données est assez compliqué ; en voici les principales dispositions :

£ et E' sont les deux pôles de l'électro-aimant qui sont arrondi i d'un côté et plats de l'autre (fig, 418).

L'armature A A' a la forme d'un S renversé, elle est mobile autour de son centre et fait osciller deux bras ; à l'un d'eux, c 6, est fixé le ressort de rappel 6a qu'on tend au moyen d'une vis ; l'autre bras CBE, plus long et recourbé en B, porte, à l'extrémité E, une tige avec crochet E d qui s'engage sur les dents de la roue M. Un ressort mn empêche cette roue de tourner dans un autre sens que celui de la flèche. Quand l'électro-aimant est attiré, la tige CBE se soulève, et le crochet d passe sur une dent voisine de la roue ; si l'électro-aimant revient à l'état naturel, la roue M tourne et entraîne dans son mouvement l'aiguille MN.

La partie de l'instrument qui forme trembleur est désignée sous le nom de navette ; c'est une tige HG, mobile autour de H ; elle est munie de deux appendices évidés x et^. Une noix t, fixée à

TÊLÊGBi|»HIB ^LECT&tQUE.

la lige CB, se meut entre les deux ii^pendioes se et y, et, ai» pre^ saot contre leurs extrénûtés, fait mouvoir alleniativeiQeDt« ^af^

Flg. IM.

les deux sens, la navette dont les deux vis P ejt liaûtent la course.

Le fil qui entoure rélectro-aimant communique, d'une part, en L, avec leûl de la ligne, de l'autre avec Taxe li de la navette.

La vis P est reliée par le fil PP' avec la terre quand on doit recevoir, et avec le pôle actif de k pile quand on transmet; im commutateur P' sert à opérer ce changement.

Lorsque les deux correspondants sont en ti^ansmissipn, une seule des pUes est dans le clipuit, le cour<3nt traverse le 61 de Télectro-aimant £, passe dans la navette, et le circnijt se complète fiar l'appendice y, la vis P et le fil PP'.

L'armature AA' est attirée et le bras CBB se lève en mônae temps qne la tige Ed dont le crochet passe sur la dent s)4 vante de la roue M. Le drcujt persiste pendant tout le temps que la noix t inet à parcourir l'espace qui sépare toi extrémités dik 4eu^ a{H

APPARftitS DIVERS. US

pe^ïdices œety; elle soulève alors la navette, fe circnit se rompt et félectro- aimant revient à Fétat nature! ; Tarmature étant tirée par le ressort de rappel ah, la tige Ed s'abaisse et fait tourner }a roue M.

L'aiguilïe MN tourne au-dessou^ d*un clavier circulaire, fortnant galerie, sur les touches duquel les lettres sont inscrites. Chaque touche porte à la partie inférieure une pointe d'acier qui, lorsqu'on rabaisse, arrête à son passage Taiguille et la roue M ; la tige Ud reste soulevée, et, le circuit étant rompu entre la vis P et l'appendice y, l'aiguille du poste correspondant s'arrête également.

Les pointes d'acier doivent être disposées de façon que l'arrêt de l'aiguille ait lieu un peu avant qu'elle atteigne le milieu de la lettre, c'est-à-dire avant que la noix t ne teuche l'appendice y et ne ferme le circuit.

Quand on abandonne la touche, les deux aiguilles continuent leur mouvement de rotation.

L'appareil est placé dans une boite qui laisse seulement voir à Textérieur le clavier circulaire et une aiguille indicatrice fixée au inême axe que la roue M et que l'aiguille MN.

A l'état de repos, l'aiguille. est en face de la croix, et le fil PP' communique avec la terreaux deux postes correspondants. Comme aucune pile n'est dans le circuit, aucun mouvement ne se produit.

Quand, à l'un des postes, on veut envoyer une dépêche, on établit la communication avec la pile, en P', et les deux aiguilles se mettent en marche. On transmet alors successivement chacune des lettres qui composent la dépêche, en appuyant sur la touche correspondante et l'y laissant jusqu'au moment où l'aiguille vient s'arrêter en face.

L'employé qui reçoit suit des yeux l'aiguille de son appareil et lit les lettres devant lesquelles elle s'arrête. Il peut, sans mettre sa pile dans le circuit, arrêter aussi le mouvement et interrompre la correspondance pour faire répéter les mots mal compris, ou indiquer qu'il a bien reçu ceux qu'on lui a transmis.

Quand la transmission est achevée, on rétablit fa communica tion avec la terre et les deux aiguilles restent stationnaires.

Le commutateur P' est extérieur ainsi que l'extrémité do la vis

avec laquelle on peut leadre plus ou moins le ressort de rappel. Un bouton spécial permet, comme dans les récepteurs ordinaires, rie faire avancer l'aiguille directement quand il y a désaccord entre les deux appareils.

L'appareil porte en outre une sonnerie construite d'après^ le même système. L'éleclro-aimant fait mouvoir un bras de levier semblable à CBE qui fait osciller un marteau en face d'un timbre.

On met cette sonnerie en communication avec la ligne, et, c'est seulement quand on entend Tappel du correspondant ou quand on veut lui transmettre, qu'au moyen d'un commutateur on fait communiquer la ligne avec l'appareil.

APPAREILS ECRIVANTS.

253. — Les appareils écrivants ont le grand avantage de conserver la trace des dépèches; ils n'exigent pas une attention aussi soutenue de la part des employés, qui, en cas d'erreur de lecture, peuvent parcourir labande de papier renfermant la transmission, et la découvrir sans faire répéter la dépêche ; enfin le contrôle se fait avec sûreté, tandis qu'il est à peu près impossible avec les récepteurs à cadran.

De tous les appareils écrivants, le plus simple et le plus pratique est l'appareil Morse décrit au IV* chapitre.

On a proposé divers moyens pour obtenir des signes marqués en noir sur un fond blanc dans le but de les rendre plus visibles, sans toutefois modifier leur forme, car il importe que le remplacement d'un appareil à un poste n'entraîne aucun changement aux postes correspondants; aucun d'eux ne vaut le gaufrage du papier dans les pos'es intermédiaires où l'appareil doit à certains moments servir de translateur.

Le premier consiste à remplacer la pointe sèche par une petite plume -creuse percée à l'extrémité d'une ouverture capillaire. Cette plume, en communication avec un réservoir plein d'encre, est constamment remplie^ mais, à cause de la petitesse de l'ouverture, l'encre ne peut sortir que pendant son contact avec le papier;

un petit tube en caoutchouc fixé à la plume forme la soudure et permet au levier de se mouvoir.

D'après un autre système présenté récemment, les signaux sont marqués par un disque de cuivre plongé à moitié dans un bassin plein d*encre de Chine. Ce disque est relié à la palette de Téiectroaimant, et, en s'avançantà chaque oscillation, vient toucher le papier qui se déroule en face à une très-petite distance.

La bande de papier, tirée par un mécanisme d'horlogerie, fait tourner une roue qui communique son mouvement de rotation à l'axe du disque par l'intermédiaire d'une petite courroie ; cette rotation n'empêchant pas le disque d'avancer en même temps que la palette , il vient toucher le papier au moment où il sort du bain et se trouve toujours imprégné d'encre.

On avait songé dans le principe à faire marquer les signaux par un crayon, mais la pointe s'émoussant rapidement, on était obligé de le tailler très-fréquemment.

M. Froment a résolu cette difficulté en disposant l'appareil de façon que le crayon tourne sur son axe à chaque mouvement qu'il exécute ; il est incliné sur le papier et s'use régulièrement dans tous les sens.

25i. ApparcU de M. Froment. — La palette AB de l'électro-

Fig. 119.

aimant (fig. 4 4 9) est fixée à la tige FE mobile autour de l'axe vertical a&.

318 TÊLÉCftlAPHlE ÉLECTRIQUE.

Le crayon est placé dans un porte-stylet incliné à Textrémité de la tige EF, il traverse à frottement une petite roue dentée H et appuie sur le papier sur lequel il laisse la trace d*une ligne droite. Si le courant passe autour de l'électro-aimant E, la palette est attirée et le crayon marque à chaque mouvement de petites lignes perpendiculaires dont le nombre et Tespacement forment des signaux.

Le ressort de rappel est, soit un ressort à boudin, soit une lamo d'acier c qui presse sur Textrémité de la tige FE et tend à éloigner la palette de Félectro^imant* En K se trouve un ressort terminé par une petite pointe qui est engagée dans les dents de la roue et la fait tourner en même temps que le crayon à chaque mouvement de va et vient.

On enroule le papier sur un tambour R en collant les deux bords pour qu'il forme une enveloppe continue. Un mécanisme d'horlogerie, renfermé dans la boîte M, fait tourner le tambour qui avance en même temps dans le sens de son axe, afin que les traits, décrivant une hélice, ne puissent se superposer. On pourrait aussi faire marquer les signaux sur de longues bandes disposées en rouleaux comme pour l'appareil Morse.

En faisant varier le nombre et l'écartement des petits traits perpendiculaires à la ligne principale, on peut former un alphabet assez simple ; rien n'empêcherait, du reste, d'appliquer l'alphabet Morse ordinaire, en convenant de ne considérer que les traits marqués sur la ligne que parcourt le crayon quand l' électro-aimant est attiré par la palette.

255. Appareil do K. Svjardln. — Les Signaux sont marqués par une plume imbibée d'encre.

Le papier est placé, comme pour l'appareil précédent, sur un tambour animé d'un double mouvement de rotation et de translation.

La figure 420 montre une coupe AB de ce tambour. La plume fnn, garnie d'une petite mèche de coton, est fixée à l'extrémité

APPAHËtlâ DltËBS.

de la tige nq mobile autour de Fave b; elle plonge dans un vase IdN rempli d'encre ordinaire. La lige nq porte un petit bras 6a,

Fig. no.

traversé en a par un petit cylindre d'acier aimanté qui remplace la palette de rélectro-aimant. Les pôles de cet aimant sont places de telle sorte qu il est repoussé par rélectro-aimant, quand le courant traverse le fil, et retombe par son propre poids des que liî courant est interrompu. La plume en venant toucher le papier y marque un point noir.

On ne peut obtenir, avec cet appareil, que de simples points, car, lorsque la plume reste un instant hors de la boîte MN, elle ne conserve pas assez d^encrc pour laisser une trace sur le papier.

Voici l'alphabet adopté par M. Dujardin :

Chaque signal se compose de deux groupes do I à 6 points. Les

byGoogk

chiffres inscrits dans la première colonne verticale de gauche indiquent pour chaque lettre le nombre de points qui composent le premier groupe, et la première ligne horizontale le nombre do points du second groupe.

Ainsi, Paris s'écrira :

Page 1