PARIS
On peut adopter différentes formes de manipulateurs et, entre autres, celle de la 6g. 86, où les signaux sont formés d'avance sur un tableau avec des lames métalliques.
Au lieu de faire agir Télectro-aimant par répulsion, sur son armature, il serait peut-être préférable de le faire agir par attraction, en modifiant un peu la forme de TappareiLlIl avait, du reste, été destiné dans le principe à fonctionner avec une machine électro-magnétique avec laquelle on obtient successivemeut , pour chaque mouvement, deux courants d'une très-courte durée, de sens opposés. Le premier éloignait Farmature de Télectro-aimant et lo second le ramenait à sa position primitive.
256. Appareilf «uiograpliîqttef. — L'écriture ordinaire ellemême peut être reproduite à distance.
Supposons deux rouleaux métalliques, exactement pareils, placés aux deux extrémités d'une ligne, animés tous les deux d'un mouvement de rotation rapide autour de leur axe, et d'un mouvez vement de translation très-lent dans le sens de cet axe.
Sur chacun de ces rouleaux s'uppuie un stylet fixe, qui, pondant la rotation du rouleau, décrit une série de spirales assez voisines pour que tous les points soient touchés.
Si les deux rouleaux ont le même mouvement, les deux stylets seront, à un instant quelconque, sur des points identiquement placés.
Au poste qui doit transmettre, on écrira la dépêche avec une substance isolante, soit sur le rouleau lui-même, soit sur une feuille métallique, recouvrant le rouleau, qu'on fera communiquer avec le pôle de la pile. Le stylet, en cuivre ou en fer, sera rçlié
au fil de la ligne ; le courant passera donc chaque fois que le stylet appuiera sur le métal, tandis qu'il sera interrompu quand il passera sur récriture.
A l'autre poste, le rouleau sera recouvert d'un papier électrochimique (préparé au cyanure de potassium), et le stylet sera une pointe de fer qui laissera une trace bleue chaque fois que le circuit de la pile sera fermé.
On aura, à la fin de l'opération , la dépêche transcrite sur le papier préparé^ le fond sera bleu et les lettres seront marquées en blanc.
Si l'on voulait que les lettres fussent marquées en bleu sur un fond blanc, il faudrait, au premier poste, recouvrir la feuille métallique d'une couche isolante et écrire la dépèche en enlevant cette couche avec une pointe d'acier ; le circuit ne serait alors formé qu'au moment où le stylet passerait sur récriture.
257. — On a cherché, dès le début de la télégraphie, à obtenir les dépêches imprimées directement en caractères ordinaires, et plusieurs appareils ont été construits dans ce but ; ils sont malheu* reusement trop compliqués et trop délicats pour qu'on puisse songer à les adopter dans un service régulier, et de plus la vitesse de transmission est notablement diminuée.
Cette complication est une conséquence du double mouvement qu'on doit faire produire à distance.
La partie principale de tous les appareils imprimeurs est une roue désignée sous le nom de roue des types, qui porte en relief, sur son pourtour, les caractères de l'alphabet. En faisant tourner cette roue comme l'aiguille des appareils à cadran par une série de passages de courant, on peut amener l'une quelconque des lettres au sommet. Il faut alors qu'un petit marteau vienne presser le papier contre le caractère en relief pour produire l'impression.
Si l'on voulait consacrer à un seul appareil deux fils d'une ligne,
avec I*an d'eux, on pourrait faire tourner la roue des types, et une fois la lettre à transmettre arrivée au sommet, on enverrait dans le second fil un courant qui, circulant autour d'un autre électroaimant, dégagerait le marteau et le laisserait retomber sur le papier.
Pour les appareils écrivants, le papier se déroute d'un mouvement uniforme et les signaux sont écrits à des distances variables suivant le plus ou moins de régularité de la transmission, ce qui offre peu d'inconvénients; mais pour les appareils imprimeurs, tout l'avantage serait perdu si les lettres étaient disséminées sur le papier ; on doit donc disposer l'instrument de façon qu'à chaque mouvement du marteau, la bande avance d'une quantité fixe égale à l'espace qui doit exister entre deux lettres consécutives.
La roue des types porte, outre les lettres de l'atphabet et les signes de ponctuation, un espace vide représenté, par exemple, par une croix sur le manipulateur ; pour séparer les mots, on transmet ce signal ; le papier avance, mais il n'emporte aucune marque.
On s'exagère peut-être l'utilité pratique des appareils imprimeurs. Il serait sans doute avantageux d'obtenir les dépêches écrites directement et de pouvoir les livrer immédiatement aux destinataires. On gagnerait ainsi le temps nécessaire à la transcription et l'on éviterait les chances d'erreur qui peuvent en résulter ; mais il arrive rarement qu'une dépêche soit transmise d'un seul jet, soit que l'employé qui manipule se trompe et recommence certains mots, soit que le récepteur ne suive pas tous les mouvements du manipulateur.
Or^ du moment que Ton doit faire la copie des dépêches transmises, il n'y a plus qu'un faible intérêt à recevoir des lettres ordinaires au lieu de signaux dont la lecture se fait avec la même facilité après quelques mois d'exercice.
258. — La figure 121 montre un appareil imprimant réduit à sa plus simple expression.
É est un premier électro-aimant dont la palette adc, mobile autour du point dj fait tourner la roue dentée V et la roue des types Il fixée au même axe.
Les caractères de la roue R frojLtent sur Je petit jcylipdre r, ram-r pli de plombagine ou d'encre d'imprimerie, et a'huiyiejCiept joppa- .tamment.
Fig. 121.
Un second électro-aimani f est destiné à produire Timpression ; il attire, quajad il est aiipanté, la palette & doot la tige bghi, mobile autour du point g, porte en h un petit marteau placé juâjte au^essus de la roue des types.
Le papier passe au-dessous du marteau, il est tendu horizontalement sur deux petits galets ejt passe entre deux rouleaux dont l'un t, porte une roue dentée.
A l'extrémité de la tige t eet un pejUt ressort terminé par «ne pointe : à chaque attraction de la palette 6, cette pointe s'engage syf uœdent suivante de la roue t; quand le courant cesse de pas&er, l'iatpmeskm est terminée, et ien^saort de rappel soidevant
la tige gfU, la roue i tourne et fait avancer le papier d'une longueur constante.
Un appareil, construit avec celte simplicité, ne donnerait sans doute que de mauvais résultats, car on ne pourrait développer que très-difficilement dans les deux électro-aimants E et F une force magnétique suffisante pour faire tourner la roue des types et faire manœuvrer le marteau.
11 est préférable de faire tourner la roue Y par l'action directe d'un mécanisme d'horlogerie, la palette ad agissant seulement par détente pour laisser passer une dent à chaque passage de courant.
Quant au marteau, on peut l'engager dans une petite coulisse verticale et le faire mouvoir de haut en bas au moyen d'un excentrique mis en mouvement par un second mécanisme d'horlogerie; l'armature de l'électro-aimant F arrêtera le jeu de cet excentrique qui deviendra libre au moment où l'impression devra se faire.
Le problème est donc ramené à faire marcher à distance deux électro-aimants par l'intermédiaire d'un seul fil conducteur.
La solution qui se présente la première à l'esprit consisto à remplacer les palettes a et 6 (/{^. 424) par deux armatures aimantées. Le courant venant de la ligne traverse successivement les bobines des deux électro-aimants; tant qu'il marche dans un sens déterminé, l'électro-aimant B attire son armature et fait tourner la roue des types; quand on change le sens du courant, la palette b est à son tour attirée et une lettre s'imprime.
La transmission peut se faire au moyen d'un manipulateur ordinaire à cadran ou à clavier, et d'un inverseur semblable, à celui de la figure 67.
Il est même facile d'éviter celte double manœuvre en modifiant un peu le manipulateur à clavier, qui peut être disposé de manière à changer le sens du courant quand unç des lettres vient d'être transmise.
259. Appareil de M. Brett. — Voici en quelques mots son principe.
La roue des types est mise en mouvement par un électro-aimant, comme pour les appareils précédents; elle porte des chevilles, en
nombre égal aux caractères, implantés latéralement près de la circonférence. Une tige articulée, mobile autour d'un axe fixe, et dont Textrémité recourbée est terminée par une sorte de couteau, repose sur ces chevilles.
Quand la roue tourne, chacune de ces chevilles soulève à son tour le couteau qui retombe sur h s suivantes. Si le mouvement est rapide, il n'a pas le temps de s'enfoncer entre les chevilles et ne produit qu'un petit mouvement de va-et-vient.
Quand, au contraire, la roue s'arrête, le couteau pénètre dans le vide qui sépare les chevilles et produit la détente du mécanisme à impression. Il suffit, par exemple, de supposer qu'il ferme, en s'enfonçant ainsi, le circuit d'une pile locale qui aimante un second électro-aimant analogue à F ifig. 421).
Un petit appareil hydraulique, nommé gouverneur, permet à la tige qui porte le couteau de s'élever trèâ- rapidement quand elle est soulevée par les chevilles, et rend son mouvement de descente assez lent, condition essentielle pour que le couteau ne puisse tomber entre les chevilles quand il n'y a pas arrêt.
Quand on veut transmettre une lettre, on fait, à l'aide du manipulateur, passer le couriant rapidement le nombre de fois qu'il convient pour amener le caractère correspondant de la roue des types en face du papier, et l'on s'arrête un instant ; le couteau s'enfonce alors entre les chevilles et dégage le marteau qui vient produire l'iinpression.
M. Brett a introduit une modification importante, applicable, du reste, à tous les appareils du même genre.
Après chaque temps d'arrêt, la roue des types revient au point de départ, de. sorte que l'inexactitude d'un signal n'entraîne pa4 celle de tous les suivants.
On y arrive en repdant indépendantes la roue des types R et la roue dentée V {fig. 4 21); la première porte une petite poulie dans laquelle passe une corde tirée par un poids qui tend à la ramener constamment à la position de repos. La roue V, en tournant, entraîne la roue R au moyen d'un rochet, dont le doigt se soulèvo quand l'impression a eu lieu; la roueR, devenue libre, est ran.onée par le petit poids à une position fixe,
326 TÉLÊ6RAPD1E ÉLECTRIQUE.
Cette disposition est inutile pour tes appareils à cadrai, làar remployé, étant forcé d'avoir sans cesse les yeux sur Taiguille, reconnaît quand un signal est fautif et peut arrêter son correspondant; elle rendrait la transmission moins rapide.
260. Appareil de M. Theiler. — Chaque signal exige deux émissions de courant; la première met en mouvement la roue des types, la seconde produit l'impression.
Deux mouvements d'horlogerie identiques se trouvent, Tun dans le récepteur et l'autre dans le manipulateur ; ils font tourner deux roues et sont réglés de façon que les deux roues tournent du même angle dans le même temps. Ce synchronisme dans les deux mouvements s'obtient assez facilement, parce qu'il ne doit avoir lieu que pendant un temps très-court, les deux roues étant à chaque tour arrêtées à un point fixe.
Le manipulateur est analogue au manipulaleu r à clavîéï* {figA^T); les lettres sont marquées sur des touches, et le mouvement d'horlogerie fait tourner un arbre semblable à AA' muni de pointes plantées en hélice.
La roue R est supprimée et la roue V ne porte qu'une seule dent qui est retenue par un ressort quand toutes les touches sont levées.
Si on pose le doigt sur une touche, on abaisse la barre B'B qui lève le ressort; la roue se met à tourner jusqu'à ce que la pointe correspondante à la lettre vienne buter contre la touche (en E, fig, 1 17) comme pour le manipulateur de M. Froment.
Par une disposition ingénieuse le courant passe sur la ligne au moment où la roue V se met en mouvement, mais il est aussitôt interrompu ; il passe de nouveau quand la rotation est arrêtée par lechoc de la tige contre la touche, et persiste alors pendant tout le temps que la touche reste abaissée.
Quand on lève le doigt le second courant s'interrompt, et la roue V continue à tourner jusqu'à ce qu'elle ait achevé un tour entier.
Le récepteur contient deux électro-aimants. La roue des types, mise en mouvement par le mécanisme d'horlogerie, est arrêtée, comme la roue V du manipulateur, à un point fixe ; le premier courant, venant do la ligno, traverse la bobine de l'un des électro-al-
APPAREILS DITERS. 327
ihânlê el, eh attirant la palette, dégage la roae qui se met eh ttK)uvement et enlève, en tournant, la communication entre la ligne el Télectro-aimant désembrayeur pour l'établir avec l'électro aimant imprimeur. A cet effet, son axe porte deux lames métalliques isolées, dont Tune, très-étroite, communique avec le premier électro-aimant, et Taulre, qui comprend le reste de la circonférence, communique avec l'électro-aimant imprimeur. Un ressort, relié au fil delà ligne, appuie sur cet axe; qugnd la roue est à Tétat de repos, il touche la petite lame, et, dès quelle a un peu tourné, il presse Tautre pendant toute la durée de la révolution.
Le second courant, en circulant autour de l'électro-aimant imprimeur, arrête le mouvement de la roue des types et imprime une lettre. Comme les mouvements des roues du manipulateur et du récepteur sont synchroniques, la roue des types se trouve arrêtée juste au moment où la lettre, marquée sur la louche abaissée, se trouve au-dessous du marteau.
Quand celui qui tnanipule a entendu le bruit causé par le choc de la tige plantée sur Tarbre contre la touche, il sait que l'impression a eu lieu et lève le doigt ; les roues du manipulateur et du récepteur continuent à tourner jusqu'à ce qu'elles soient de nouveau arrêtées au point fixe.
Bien que cet appareil imprimeur paraisse, au premier abord, un peu compliqué, c'est peut-être celui qui, dans l'application, donnerait les meilleurs résultats.
264. Appareil imprimeur ào M. Bréguet. — Lorsqu'un courant traverse un électro-aimant, le toagnélisme ne se développe pas instantanément, il n'atteint son maximum qu'au bout d'un temps appréciable qu'on peut évaluer, pour les électro-aimafils employés ordinairement en télégraphie, à 4/40 de seconde.
Il en* résulte que la palette fait au moment du passage du courant un petit mouvement qui s'arrête si l'interruption a lieu immédiatement, tandis que si le courant persiste pendant un certain temps, le magnétisme acquiert toute son intensité, et elle est fortement attirée. La petite oscillation qu'exécute la palette, quand la durée du courant est très-courte, est pourtant suffisante ^our dégager une roue d'échappement, puisque avec les appareils
828 TÉLÉ RAPHIE ÉLECTRIQUE
à cadran on peut faire exécuter à l'aiguille plusieurs tours par seconde.
C'est sur ce principe qu'est fondé Tappareil imprimeur de M. Bréguet.
E (fig. 422] est Télectro aimant, a6, la palette mobile autour de deux vis projetées en a.
Fig. 122.
La poinfe, contre laquelle vient butor la lige quand la palette est attirée, est remplacée par un ressort assez fort hk fixé en k.
La palette fait d'ailleurs tourner une aiguille devant un cadran et une roue portant en relief lés mêmes lettres.
Quand les interruptions de courant sont assez rapides, la tige acde la patelto vient presser légèrement le ressort kh: la roue d*échappement tourne ainsi que Taiguille et la roue des types.
Au moment où Taiguille est arrivée en face de la lettre qui doit être transmise, le courant passe pendant un certain temps, la tige de la palette appuie alors fortement sur le ressort et lui fait toucher une vis n placée à une petite distance.
La vis n et le ressort hk sont en communication avec les
deux pôles d'une pile locale, par l'intermédiaire d'un second électro-aimant qui met en mouvement un petit marteau, au-dessus delà roue des types et produit l'impression de la lettre.
Le temps d'arrêt peut être très-court puisqu'il suffit de 4/40*^ de seconde pour que le magnétisme de l'éiectro-aimant atteigne son maximum.
Ce système peut facilement s'adapter aux appareils à cadran ordinaires auxquels il suffit d'ajouter les pièces nécessaires pour rimpression en y apportant toutefois une légère modiûcation, car il faut que chaque lettre soit produite par une émission de courant. Le cadran doit avoir 52 divisions au lieu de 26 et les lettres sont marquées seulement en face des divisions ioipaires.
Quant à la manipulation, elle n'est pas changée; en t^ournant la manivelle avec une vitesse moyenne, l'aiguille du récepteur et la roue des types tournent, mais le circuit de la pile locale ne se ferme pas ; c'est seulement quand on s'arrêie sur une lettre le temps nécessaire pour faire entrer la manivelle dans le cran correspondant que l'impression a lieu.
Cette addition serait utile si l'on voulait conserver la trace des transmissions échangées entre deux postes. La lecture des signaux aurait lieu comme à l'ordinaire, et l'on retrouverait sur la bande de papier toutes les lettres transmises, parmi lesquelles il pourrait s'en trouver quelques-unes produites par des arrêts irréguliers de la manivelle.
M. Siemens avait il y a plusieurs années construit un télégraphe imprimeur fondé sur un principe analogue, il faisait traverser par le courant deux électro-aimants dont l'un, l'imprimeur, étant d'une grande dimension, s'aimantait plus lentement que l'autre ; il n'attirait l'armature que lorsque le courant circulait pendant un temps assez long.
262. — Les sonneries ordinaires sont de véritables télégraphes acoustiques, tnais elles ne peuvent donner qu'un simple signal d'a-
IZO TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE.
vcrlissemenl ; avec les sonneries à Irembleur (n° 1 46], on peut obte* nir des signaux plus variés qui sont assez faciles à distinguer à Foreille et auxquels on peut assigner diverses significations.
On aurait un télégraphe acoustique encore plus simple en remplaçant, dans la figure 120, la plume par un petit marteau et le rouleau AB par un timbre. L'alphabet indiqué par M. Diyardin pourrait même être conservé ; chaque lettre serait formée par deux séries de coups rapprochés remplaçant les points que la plume marque sur la bande de papier. Le p, par exemple, serait produit par doux séries, Tune de quatre coups et Tautrede deux.
On ne peut songer à employer ce genre de télégraphe pour la transmission des dépèches, car l'attention devrait être trop sou* tenue pour que, dans un travail continu, il n'en résultât pas une grande fatigue pour les employés et des chances d'erreurs,
263. Transousnon de la parole. «— On ne s'e^t pas bomé k vouloir imprimer et autographier les dépêches, on a essayé de transmettre la parole elle-même par la voie télégraphique.
Voici la combinaison proposée pour réaliser celte idée singulière :
Supposons qu'à l'extrémité d'une ligne on fasse vibrer une lame en face d'une pointe métallique, la lame étant en communication avec la pile et la pointe avec la ligne ; à chaque mouvement de la lame, le circuit sera fermée et, si le courant circule à l'autre extrémité autour d'un électro-aimant, il fera osciller son armature, Chacune des vibrations de la palette, correspondant aune vibration do la lame, elles produiront la même note de Téchelle musicale *.
On peut faire vibrer la lame métallique eu produisant un son
1. Lorsqu'on corps élastique oscille autour ûe sa position cPéqoilibre, ses vibrations se transmettent par Tair aux corps euTironnants et produisent un son si elles sont suffisamment rapides.
On distingue dans le son trois propriétés : \** Pintensité ou la force qui Tarie avec Tamplitude des vibrations; 1* la hauteur qui donne lieu aux différcnies notes deréchelle musicale et qui dépend du nombre de vibrations exécutées dans un temps donné ; S» le timbre.
- Le timbre est une quatilé du son dont IVirigiiie est peu ooonue \ Q etaaose fivec la nature et la ro.'mede^ corp^ vU)raat|i ainsi deux iaitrnmten^ ^ muslqt^
APPAREir^ DIVERS. Ui
à une très-petite distance, soit à l'aide d'un instrument de muisique, soit à l'aide de la voix. Le problème de la transmission delà parole est toutefois loin d'être résolu ; les syllabes, en effet, sont pro duites par une qualité spéciale du son qu'on nomme le timbre, et elles répondent souvent à une môme note musicale ; or cette qua- Klé du son ne se transmet pas par le fil conducteur. On obtient seulement à l'exlrémité de la ligne un certain nombre de vibrations dont la durée peut être variable et donner des sons différents; mai^ le timbre est toujours le même et dépend de la nature de la plaque, de ses dimensions, des corps qui l'entourent^ etc.
EMPLOI DES MACHINES MAGNETO-ËLECTRIQUES.
264é — On peut obtenir des courants d'induction intenses en faisant mouvoir un aimant en face d'un barreau de fer doux entouré d'un fil conducteur (n** .48), aussi a-t-on depuis longtemps songé à remplacer, dans les bureaux télégraphiques, les piles par des machines magnéto-électriques qui ne donnent lieu à aucune dépense d'entretien et sont toujours en état de fonctionner sans aucune préparation.
On donne différentes formes aux machines magnéto-électriques : tantôt Taimant est mobile autour d'un axe en face d'un électroaimant ; tantôt l'aimant est fixe et l'électro-aimant, muni de deux bobines de fil recouvert, est mobile. Une troisième disposition préférable^ parce que la masse qu'on doit mettre en mouvement est moindre, consiste à placer les bobines autour de l'aimant qui reste
pcuTcnt donner la même note bien que les deux sons soient essentiellement différents,
La Yoix est produite par la Tibration de Tair qui, en sortant dès poumons , traverse un organe spécial nommé glotte.
' Les sons qui sortent du gosier acquièrent, suivant la position de la Hanguc et des lèvres, des timbres différents qui forment des syllabes, de sorte que toutes les syllabes peuvent être prononcées sur la môme note et correspondre siu même nombre de vibrations.
fixe et à faire mouvoir en face un barreau de fer doux ; chaque fois qu*il passe devant les pôles, il produit dans l'aimant une perturbation qui donne lieu à une diminution de magnétisme et développe des courants d'induction.
Lorsque Taimant est en fer à chevalf comme dans la figure 32, à chaque révolution, le barreau passe deux fois devant les pôles de Taimant ; il se produit quatre courants , deux ont lieu pendant le rapprochement du fer doux et les deux autres de sens contraire aux premiers pendant Téloignement.
Quand les courants d'induction traversent de longs conducteurs extérieurs, les bobines qui entourent les deux branches de l'aimant doivent avoir de grandes dimensions ; leur résistance doit être comparable à celle de la ligne.
On augmente la force des courants induits en augmentant les dimensions de l'aimant^ ce qui peut facilement se faire en ajoutant des aimants supplémenUiires dans Tintérieur des bobines.
Pour appliquer lesmachiues électro magnétiques aux appareils à cadran, il suffît que la mauivelle du manipulateur, au lieu de faire osciller un levier, imprime un mouvement de relation au barreau de fer doux et qu'au moment ou elle passe d'une lettre à la suivante, il y ait un rapprochement ou un éloignoment entre l'armature et Taimant.
Quand la manivelle est en face d'une lettre, le barreau mobile se trouve placé suivant la ligne des pôleà de l'aimant, ou dans une position perpendiculaire ; s'il y a 26 lettres la manivelle fait tourner une roue dentée ayant 26 dents, et par un engrenage communique le mouvement à Taxe du barreau muni de quatre dents seulement, de sorte que; pour chaque angle décrit par la manivelle et égal à ~ de la circonférence, l'axe du barreau tourne de 45°.
zo .
Quant au récepteur, il se trouve sur le parcours du fil ; une oscillation complète de la palette, fait avancer l'aiguille d'une division. Le circuit est toujours fermé et comprend la ligne, les bobines des deux récepteurs et les deux bobines électro-magnétiques.
M. Henneley a construit un télégraphe électro-magnétique à
aiguilles : le manipulateur est une pédale qui, lorsqu'on rabaisse, éloigne d'un aimant fixe un électro-aimant dont la bobine est en communication avec la ligne ; un courant d'induction se rend alors au poste voisin et fait dévier une aiguille aimantée. Quand on relève le doigt la pédale revient à sa position et le nouveau courant teAd à ramener Faiguille à Tétat de repos ; un buttoir d'arrêt Tempêche d'osciller dans l'autre sens, car on ne peut évidemment utiliser qu'une seule des déviations pour produire des signaux.
Par une disposition particulière, la bobine d'induction ne se trouve dans le circuit que lorsqu'on la met en mouvement avec la pédale.
Nous avons déjà cité le télégraphe écrivant de M. Dujardin : le manipulateur était dans le principe une roue qui faisait tourner une armature en face d'un aimant entouré de deux bobines. Suivant l'angle de rotation exécuté par la roue, le courant passait une fois, deux fois, etc., etc.
265. — Malgré les avantages que paraissent présenter au premier abord les machines magnéto-électriques, on a renoncé à les employer en télégraphie. La manipulation est assez pénible à cause de la masse considérable qu'il faut faire mouvoir, ce qui est un obstacle à la rapidité de la transmission ; l'intensité du courant varie avec la vitesse qu'on imprime aux parties mobiles ; les courants d'induction ne peuvent d'ailleurs servir quand on doit en faire varier la durée, comme pour l'appareil Morse.
Enfin on a souvent besoin dans les postes de courants continus, qu'on ne peut obtenir avec les machines magnéto-électriques, pour faire les expériences sur Tétai des lignes et pour les recherches de dérangements.
Les piles sont au contraire d'un usage commode : le plus petit mouvement suffit pour fermer le circuit et envoyer le courant. Les piles Dauiell dont on se sert ordinairement sont d'iii Heurs d'une grande constance, d'un entretien facile et peu dispendieux. On peut évaluer à environ 60 centimes la dépense annuelle occasionnée par chaque élément Daniell. L'entretien d'une pile do 60 éléments revient donc seulement à 36 francs par an.
Le pôle négatif de la pile esl ordinairement relié au fil de
ZZk TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE.
terre et le pôle positif communique avec le manipulateur : )q cqyrant qu'on envoie sur la ligne a toujours le même sens.
On pourrait, en modifiant convenablement les différents manipulateurs, changer le sens du courant à chaque émission pour détruire le magnétisme qu'il développe dans leséleclro-sûmants ; mais on y a renoncé pour éviter la complication dans les appareils, Ce magnétisme est d'ailleurs trés-faible, quand les électro^imants sont de bonne qualité ; il n'a pas d'influence sur la transmission, car une fois développé il restQ constant, et il suffît de tendre convenablement le ressort de rappel pour vaincra Tadhérence qi^i en résulte.
On réserve exclusivement cettQ inversion du sens dos cQuranls pour les appareils à armatures siimautées 4oqt |'e(|iploi pst du reste assez rare.
BÉGLA69 DBS RESSORTS DB RAPPEL.
266. — La partie fondamentale de tous les appareils télégraphiques est une palette dont le mouvement de va et vient est employé, soit à faire tourner une roue dentée et une aiguille indicatrice, soit à fermer le circuit d'une pile secondaire, soit à fairç marcher un stylet, etc.
Cette palette, attirée par un électro-aimant quand le courant vient de la ligne, est ramenée à la position de repos, dès que le courant est interrompu, par un ressort, nommé ressort de rappel ou ressort antagoniste, dont la tension devant être très-peu supérieure à la force magnétiqne qui persiste dans l'électro-aimant après le passage du courant doit changer avec Tintensité. [Voir len"69.)
Ces ressorts sont tantôt des ressorts à boudin en cuivre qu*oi^ tend en les allongeant, tantôt des lames d'acier dont une extrémité est fixe et dont l'autre appuie sur la palette. On augmente ou on diminue la tension, dans ce dernier cas, en avançant ou en reculant une vis qui fait varier la longueur du ressort.
L'intensité du courant varie gouyent, même à (}es intervalles de temps assez courts, par suite des influences atmosphériques et du changement de pile quand on reçoit alternativement de plusieurs postes différents.
Pour régler la tension du ressort de rappel, on prie le correspondant de produire avec son manipulateur des interruptions rapides et régulières de courant et l'on tend ou Ton détend le ressort jusqu'au moment où la palette oscille avec la régularité désirable.
Il Y aurait un grand avantage à éviter ce réglage qui présente quelquefois des diâîcultés et cause toujours un retard dans la transmission. Plusieurs tentatives ont été faites dans ce but ; mais on ^st loin d'avoir réussi d'une manière complète.
267. Armatures aimantées. — Le premier moyen a été proposé par M. Glaesner. La palette en fer est remplacée par un aimant mobile entre deux électro-aimants dont les bobines sont traversées par le courant ; ces électro-aimants sqpt placés de façon que les pôles contraires soient toujours en présence, l'un d'eux attire l'aimant et l'autre le repousse.
Le courant change de sens à chaque émission ; il renverse le sens de l'aimantation des deux éleclro- aimants et fait aller la palette alternativement dans les deux sens.
Quelle que soit l'intensité du courant, le mouvement a toujours lieu, si toutefois elle est suffisante pour produire la répulsion do la palettp aimantée.
Ce procédé a l'inconvénient d'introduire, dans les appareils, des armatures aimantées ; ce qu'on doit éviter dans la pratique, car le contact avec l'électro-aimant, qui produit la répulsion, leur fait perdre promptement leur magnétisme.
On peut rendre ces aimants plus stables en faisant osciller un seul pôle entre les deux électro-aimants, le mouvement ayant lieu autour de l'autre pôle; dans ce cas, le pôle fixe conservant son magnétisme maintient la séparation des deux fluides. Malgré cette précaution, les orages, les courants atmosphériques produisent encore la désaimantation subite et arrêtent souvent la marche des appareils.
356 TÉLÉGRAPIHË ÉLECTRIQUE.
268. BMfoftU progrtififi. — M. Callaude emploie pour ressort de rappel um lame d*acier dont ia longueur varie d'elle-même suivant la fore» du courant.
Cette lame CF {fig. 123), fixée invaria- ♦F blement en F, tend à repousser la j>alette
DCO contre le butloir d'arrêt m.
En face de cette lame CF sont des vis a, b, c, d, dont les extrémités forment une ligne ^^H —a courbe.
^ Quand le courant traverse l'électro-at^
«ç mantE, la palette est attirée et la lame vient
— .d s'appuyer sur ces vis; quand l'inlensité est
jL||__|j| faible^ le ressort, au moment où il touche la ■||H|fl| première vis, oppose à la palette une force ^^^^^ égale à l'attraction de l'électro-aimant et I \ arrête son mouvement.
1 \ Si l'intensité augmenté, la force de ré- Fjg. 123. pulsion du ressort, quand il touche la vis a,
n'e.4t pa^ ^uffi ante, et la paleite étant encore attirée, la lame vient toucher la vis 6, la longueur du ressort diminue et il agit avec une force plus grande pour repousser la tige quand le courant cesse de passer.
Enfin si l'intensité augmente encore, la lame vient s'appliquer contre la vis c ou même ia vis d.
En résumé, la longueur de la lame qui agit comme ressort et, par suite, la pression qu'elle exerce sur la palette dépendent de l'intensité du courant, et, si l'on a d'avance réglé Técartement des vis a,b, c et d de façon que l'appareil puisse marcher avec diverses intensités du courant, on n'aura plus à y toucher pendant la transmission.
On peut remplacer les vis a, 6, c et d par une courbe calculée convenablement.
Les appareils de M. Callande exigent un courant assez intense, et l'amplitude de l'oscillation de la palette est variable, ce qui peut être un obstacle dans beaucoup de cas.