‹ Cours théorique et pratique de télégraphie électriqueChapitre 70 sur 92 · Bégleur de M. Moiiîlleron, — Le ressort de rappel se · texte numérisé non relu

Bégleur de M. Moiiîlleron, — Le ressort de rappel se

tead lui-même pendant la transmission jusqu'au moment où la tension est celle qui convient à Fintensité du courant.

L'appareil est divisé en deux parties indépendantes, le récepteur ordinaire qui fait marcher une aiguille ou un slyloi et le régleur.

Le régleur seulement est représenté dans la figure 424. 11 com-

^.^.^^^^^^^.^^g^^^m^î^^^^^^g^^^^^MWig^^^?^

Fig. 12a.

prend un électro-aimant E dont la palette f^it tourner, par Tintermédiaire d'un mécanisme d'horlogerie et d'une roue d'échappement, deux petites poulies m et n.

Le ressort de rappel du récepteur et celui de la palette c6 du régleur sont terminés par de longs fils de soie qui viennent s'enrouler, le premier sur la poulie n, le second sur la poulie m.

Le courant qui vient de la ligne traverse successivement les deux bobines des électro-aimants du régleur et de l'appareil à signaux.

Supposons les deux ressorts détendus; quand le correspondant transmet, les deux électro-aimants s'aimantent, et, le régleur fai-

338 TÉLÉGRAPHIE IX^CTBIQUE. ]

sanl tourner les poulies^ les deux fils 8*enroulent et tendent les ressorts de rappel.

Le ressort du régleur est plus fort que l'autre, il se tend rapidement jusqu'à ce que sa tension soit (elle que Télectro-aimant i.e puisse plus attirer la palette ; le mouvement des deux poulies s'arréle alors et les ressorts conservent leur tension malgré le passage du courant dans les bobines. Le ressort du récepteur doit être alors tendu suivant la force qui convient à l'intensité du courant.

Si l'intensité augmente, Télectro-aimant du régleur attire do nouveau la palette et fait encore tourner les deux poulies, les ressorts se tendent un peu plus jusqu'à ce que le régleur s'arrête do nouveau.

Si au contraire l'intensité diminue, le régleur reste immobile, et, les deux ressorts ne se détendant pas^ on est forcé de dérouler complètement les deux fils en faisant tourner les poulies, au moyen d'une petite ficelle pq. Cette opération doit du reste se faire au commencement de chaque transmission.

C'est par une série d'expériences préalables qu'on dispose les poulies et les ressorts de façon que l'arrêt du régleur corresponde à une tension convenable du ressort du récepteur.

TRANSMISSION SIMULTANÉE DE DEUX DÉPÊCHES EN SENS CONTRAIRE PAR LB MÊME FIL.

270. — 11 a beaucoup été question, dans le courant de l'année •tSSS, d'un moyen particulier d'obtenir la transmission simultanée de deux dépêches en sens contraire par le même fil conducteur, et plusieurs appareils construits dans ce but ont figuçé à FExposi* tion universelle de Paris.

On peut arriver à ce résultat avec un appareil quelconque en apportant une légère modification dans sa construction.

Il suffit que les bobines de l'électro-aimant soient formées de deux fils exactement pareils enroulés en sens contraire. Le courant qui part de la pile de Tun des postes, traverse en se bifur-

APPAREII^ Diy^l3. 339

quant, ces deux fils; après avoir passé dans Tun d'eux, i| se rend à la terre, et, après avoir passé dans l'autre, il va à l'autre station ; si l'intensité du courant suivant ces deux directions est la même, Télectro-aimant reste à l'état naturel , car l'effet de l'un des courants détruit celui de l'autre. Le fluide qui vient de l'autre station ne traverse que l'une des deux bobines et aimante l'électrO' aimant.

P et P' (yî^f. 425) sont les piles de deux postes correspondants, A et À'; R et R', les récepteurs figurés par une section de leur électro-aimant. Le fil des bobines est représenté par un seul tour ; il comprend pour chaque électro-aimant deux fils distincts qui se bifurquent en l et V et sont enroulés en sens contraire ; les uns suivant Ifhi et Vfh^' sont marqués eh traits pleins , les autres suivant Igem et Vg'e'm' en traits ponctués. Les deux premiers sont réunis par le fil delà ligne i»', les deux autres communiquent avec la terre par l'intermédiaire de deux rhéostats et Q'.

Les manipulateurs M et M' établissent la communication des bobines et de la ligne alternativement avec le pôle de la pile et avec la terre.

271 . T- Il faut, quand l'un des postes transmet, que son récepteur reste en repos, et qu'au contraire celui du correspondant indique le passage du courant, quelle que soit la position de son manipulateur. Nous allons examiner les différents cas qui peuvent se présenter dans le courant de la transmission.

4*' cas. A transmet seul, La tige du manipulateur M est sur da et celle de M' sur à! h'.

Dans ce cas le récepteur R doit rester en repos et l'électro-aimant R' doit être aimanté.

• Le courant de la pile P se bifurque en l ; une partie suit le fil Igem^ traverse le rhéostat Q et revient à l'autre pôle par tz ; l'autre partie suit le fil Ifhi^ la ligne jusqu'en %\ le fil de l'électroaimant R' marqué en traits pleins WfU et se rend à la terre par la roule Và'h'i'V , Le courant ne se divise pas en i', et ne suit pas la route g'e'm'Q'V parce que les résistances du fil de la bobine et de celui du rhéostat sont très-grandes, tandis qu'on peut regarder comme nulle la résistance Và'b't'.

3/liO

Ainsi un seul des deux fils enroulés autour de R' est parcouru par le courant qui aimante le fer doux de Télectro-aimant.

Les deux fils du récepleur R sont traversés par deux courants qui circulent en sens contraire. Comme les deux fils sont pareils,

APPABEILS DIVERS. 3^1

TefiBt produit sera nul si le courant a la même intensité des deux côtéà^ et cette condition sera remplie si les résistances des deux circuits IgemQt et Ifhii'h'fl'd'b'tTt sont égales. C'est dans ce but qu'on place un rhéostat Q sur le parcours du fil mT ; il doit offrir au courant une résistance égale à celle de la ligne tV et de la bobine i'Wfl' *. Si la longueur de la ligne est de 300 kilomètres et la résistance de chacune des bobines de 200 kilomètres, la résistance du rhéostat sera de 500 kilomètres.

^^ cas. A' transmet seul. La lige du manipulateur M est sur da et celle de M' sur d'b'. Ce cas est identique au précédent. L'électro-aimant R s'aimante et le récepteur R' reste en repos si le rhéostat (/ offre au courant une résistance égale à celle de la ligne t't et de la bobine ihfL

Pour donner aux deux rhéostats les résistances convenables, on envoie le courant d'une des stations A, par exemple, et l'on augmente ou l'on diminue la longueur du fil du rhéostat Q jusqu'au moment où le récepteur R n'indique aucune trace d'aimantation.

3« cas. A et A' envoient le courant simultanément. Les tiges des manipulateur sont sur db et d'b'. Les deux récepteurs doivent accuser le passage du courant.

Nous allons examiner l'effet produit par chacune des deux piles P et F. Lorsque plusieurs piles sont placées dans un circuit , on obtient l'intensité en chaque point en cherchant l'intensité produite par chaque pile considérée séparément et en faiïant la somme dexes intensités lorsque les courants vont dans le même sens ou leur différence lorsqu'ils vont en sens contraire.

La pile P donne lieu à deux courants dérivés à partir du point l : l'un suit la route IgemQtz , l'autre parcourt les deux bobines IfhieX i'h'fV et la ligne tV. La pile P' donne lieu à deux courants : l'un suivant l'yfm'Q't'z' ; l'autre a le même circuit que le deuxième courant de la pile P.

Ces deux courants circulent en sens contraire dans le même

1. Noos ne parlons pas ici de la résistabce de la terre et de celle des fils Fd et b't qa*On peut regarder comme nulles par rapport à ceUe de la ligne et des bobines.

W TÊLÉeRAPHIS ÉLECTBIQUË.

conducteur; si leur intensité est égale, ils s'annulent, et siqouu courant ne traverse la ligne et les deux bobines ip^i et l'fh'i\

Ainsi les électro-aimants sont influencés seulement par les courants qui parcourent les bobines ponctuées Ig^m et î'^'eV ; ils sont donc aimantés. On peut voir en outre que le sens de l'aimantation est le môme que dans les deux premiers cas de la trfinsmission. Pour R', par exemple, lorsque A envoie seul le courant, il tourne dans le sens h'f'g'h' autour des deux tiges de fer doux ; il a la même direction dans le cas actuel , car il provient de la pile P' et circule dans le sens g'c'h'f.

Il n'est pas , du reste , nécessaire que les courants produits par les deux piles soient égaux pour que la transmission simultanée puisse s'effectuer. On peut, en effet/analyser un peu différemment Taction des deux piles. Le courant de la pile du poste A circule autour des deux bobines de R et n'exerce aucun effet sur cet électro-aimant. Le courant de la pile P^ traverse seulement une des l)obine8 et, soit qu'il s'ajoute à celui de la pile P, soit qu'il en détruise une partie, l'effet qu'il produit sur R est évidemment le même que quand la \>i\e P ne donne pas de courant. 11 en est de même pour le récepteur R'.

Les deux courants produits par la pile F, et qui traversent la bobine hfl, 1« quand le manipulateur M est au repos, 2* quand il est sur contact, n'ont pas exactement la môme intensité, parce que la résistance aczt n'est pas égale à la résistance 61 ; pour rendre Tégalilé parfaite, il faudrait placer en ce, sur le parcours du fil 6f, un rhéostat présentant une résistance égale à celle de la pile P. Par la môme raison, un quatrième rhéostat devrait être placé en a/ sur le parcours du fil b't^.

i^ Quand on passe de Tun des postes de la position de réception du courant à celle de l'émission, il existe un moment très-court pendant lequel le fil de la ligne est complètement isolé. Il nous reste à examiner le cas où le poste A envoyant le courant, les trois points a'd'b' du manipulateur M' sont isolés.

Dan» cette situation du manipulateur M', il faut que Féleotroaimânt R' sîoit aimanté, et que la force magnétique développée

APPAREILS DIVERS. ^l^i

soit la mêpoe que lorsqpe le maDi'pulateur est sur la position de réception.

Le courant de la pile P se divise encore en { en deux parties, Tune suit la direction IgemQtz^ l'autre Ifhh'h'fl' \ le courant étant arrêté en d', puisque les trois points T, b' et a' sont isolés, passe du point de bifurcation V sur l'autre bobine l'g'tf'm'j traverse le rhéostat Q' et se rend à la terre par le fil t'T'. Il traverse les deux bobines de R' et tourne toujours dans le même sens autour de Télectro-aimant. Le nombre de tours est deux fois plus considérable que lorsqu'il traverse une seule des bobines ; la force magnétique développée sera la même, si Tintensité du courant est réduite de moitié ou si la résistance du circuit est double.

Cettetésistance à partir de l se compose : 4 " de la bobine fhi ; 2" de la ligne i'i ; 3° de la bobine i'h'f'V ; 4" de la bobine Vg'e'm' ; 5° du rhéostat)©' dont la résistance est ég^le à celle de la ligne et de la bobine ifhi. En résumé, elle est égale à deux fois la somme des résistances de la bobine ///lî, ^ela ligue et de lu bobine i'/i'e'i'. Elle est donc double de ce qu'elle était quand la tige dyi manipulateur M' faisait communiquer d' et a'.

272. — Les expériences faites sur plusieurs lignes pour obtenir cette communication simultanée ont assez bien réussi, mais on dpit voir dans cette réalisation beaucoup plus la solution d'un intéressant problème de télégraphie électrique qu'uq moyen d'augmenter les ressources d'une ligne.

Dans le courant d'un service ordinaire, on doit, à chaque poste, être prêt, pendant la réception d'une dépêche, à interrompre le correspondant pour lui faire répéter les mots mal compiis, lui donner le collationnement à la fin de chaque transmission, etc. La ligne doit donc rester libre et ne peut servir à la transmission d'une dépêche différente.

Quelques personnes ont envisagé la question à un autre point de vue et ont pensé qu'il serait possible, en faisant passer sur le même fil des courant? d'une nature différente, de parvenir à les séparer aux extrémités et d'obtenir ainsi une solution complète, parce qu'alors^ non-seulement deux dépêches pourraient passer en sens contraire, mais elles pourraient être envoyées dans !a même

Ititi TÉLÊGBAPHIE ÉLECTRIQUE.

direction. Rien ne peut faire supposer qu'on parvienne à ce résultat.

On peut également obtenir une transmission simultanée par le même fil entre deux postes très-éloignés entre lesquels sont placés des appareils de translation, pourvu que les translateurs soient établis d*après les mêmes principes.

273. C^onlrMe aoioiBatiqae dm dépêches. — Quand un employé transmet une dépêche^ il n*a ordinairement aucun moyen de s'assurer que les signaux qu'il envoie arrivent fidèlement à Textrémilé de la ligne ; en plaçant son récepteur dans le circuit^ il peut reproduire sa dépêche au point de départ, mais il n'est pas certain que ses signaux sont parvenus au poste correspondant.

Si Ton pouvait disposer de deux fils conducteurs sur chaque ligne, on établirait au poste qui reçoit la translation de façon à faire retourner au point de départ, par un des deux fils, la dépêche reçue par l'autre. La théorie précédente fournit un moyen d'obtenir ce contrôle avec un seul conducteur.

Supposons qu'on emploie l'appareil Morse, que, dans la figure

425, R et R' soient les deux relais destinés à recevoir le courant de la ligne et à fermer le circuit d'une pile locale, et que le manipulateur M' soit remplacé par le levier à signaux du récepteur; chaque foisque A transmettra, il fera lui-même mouvoir le manipulateur M', et le courant de À' reviendra faire marcher le récepteur R.

Le poste qui reçoit sera donc établi comme l'indique la figure

426. R eàt le relais dont l'électro-aimant est entouré par deux fils semblables qui se bifurquent en l et sont représentés seuleiront par deux tours / et y ; P est la grande pile, P' la pile locale, Q un ihéostat, abc le levier et H l'électro-aimant de l'appareil à signaux.

Au moment où le poste correspondant A' transmet, le courant traverse la bobine f, le fil la, le bras de levier am et se rend à la terre en T par la colonne de repos V. Le levier abc est attiré et son extrémité vient frapper sur la colonne^de. Le circuit de la pile de A' est rompii en mV, mais il se complète par la colonne de et la pile P. Pendant tout le temps que A' envoie le contact du levier abc et de la colonne de persiste, et comme dans le 3« cas examiné plus haut les relais des deux postes sont aimantés.

APPAREILS mVERS.

Pendant le temps que le levier abc emploie à exécuter son mouvement, le courant ne peut passer par le fil la, mais il parcourt

Fig. 126.

successivement les deux bobines /"et g ôo. [*électro nimnnt du relais qui ne ce?se pas d*être aimanté.

Ce contrôle aulomatique peut sVfTec'tuer, nou-seulemenl entre deux postes qui correspondent directement, mais encore quand il se trouve entre eux des appareils de translation convenablement installés.

Remarquons en terminant que, si, par ce moyen, on peut s'assurer que le courant est arrivé à sa destination, rien n'indique que la production du signal a été complète, que, pour le système Morse, par exemple, le stylet a laissé sur le papier une trace nelto et bien visible.

La manœuvre des rhéostats, dont la résistance doit varier suivant l'état des lignes, exige une grande attention et sera toujours un obstacle à ce qu'un pareil système soit adopté dans la pratique.

8h(J ' TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE.

APPLICATION DE LA TéLEGRAPHIE AUX CHEMINS DE FER.

274. — La télégraphie électrique rend de tels services aux chemins de fer, qu'on en concevrait difficilement, maintenant, l'exploilation, s'ils n'étaient accompagnés d'un télégraphe spécialement destiné aux correspondances entre les agents des Compagnies.

On a donc établi, le long de toutes les voies ferrées, des fils conducteurs qui relient les différentes stations. Ces Hls sont ordinairement au nombre de deux; l'un (fil omnibus) s'arrête à presque toutes les stations, l'autre (fil direct) dessert seulement les stations principales. Dans les premières, le service est fait par le chef de gare ou l'un de ses employés, dans les autres, un agent spécial en est chargé.

On emploie, en France, l'appareil à cadran décrit au quatrième chapitre.

Aux stations secondaires, il n'arrive donc que deux fils qui correspondent aux deux directions; le poste est monté comme le montre la figure 6, planche n.

Les fils aboutissent aux commutateurs du manipulateur, à Tétat de repos, ils communiquent av«c deux sonneries. Quand on veut correspondre avec l'un des postes voisins, on change la position de la lame du commutateur pour faire passer le courant dans le récepteur. Sur le parcours de diaque fil se trouvent toujours un paratonnerre et une boussole.

Nous n'avons rien a ajouter à ce qui a été dit au n^ 408, sur la manière dont se fait le service.

Il existe sur les lignes beaucoup de petites stations avec lesquelles il est rare qu'on ait besoin de correspondre, main qui, à un naoment donné, peuvent avoir à transmettre un avis important. On y installe, comme dans les autres, un appareil pouvant servir dans les deux directions; mais à l'état ordinaire les ressorts des deux commutateurs sont placés sur la lame de communication

limite , et les postes voisins communiqueht directemettt entre eux.

Quand le chef de gare veut transmettre une dépêche, il commi6nce par s'assurer, en regardant lesboussoies, que la ligne n'est pas occupée, alors il coupe la communication et fait l'appel à son feorrespondant en ayant soin d'indiquer le nom de sa station. Après avoir passé sa dépêche, il rétablit la communication directe. Oii convient en outre de certaines heures fixes auxquelles il doit rtentrer dans le circuit, soit pour recevoir les avis qu'on peut avoir à lui transmettre, soit seulement pour s'assurer que les appareils sont en bon état.

Aux stations principales, il aboutit toujours quatre fils, et, auX stations de bifurcation, il peut en arriver six ou même huit.

A chaque fil doit correspondre une sonnerie spéciale ou tout au moins un relais de sonnerie (n^ \ 47) pour qu'on puisse connaître io correspondant qui fait un appel. Un récepteur ne sert pas en général pour plus de deux directions différentes.

Sur quelques lignes de chemin de fer, on ajoute aux appareils télégraphiques ordinaires un instrument nommé communicateur destiné à faire connaître aux postes intermédiaires^ quand ils ont établi la communication directe, que la transmission est achevée et qu'ils doivent rentrer dans le circuit (n® 95). C'est un relais dont la palette est remplacée par un aimant fixe, mobile entre deux électro-aimants dont les bobines sont parcourues par le courant. Cet aimant est arrêté d'un côté par un buttoir ; quand il est sollicité de l'autre, il vient loucher une vis, et, fermant le circuit d'une pile locale, déclanche une sonnerie.

Chaque poste doit en outre être pourvu d'un inverseur qui permette de changer â volonté le sens du courant.

Pendant la transmission, les palettes des communicaleurs reposant contre les buttoirs d'arrêt, restent immobiles ; quand à l'un des postes extrêmes on renverse le courant, les postes intermédiaires sent tous avertis par le mouvement de leurs sonneries.

27b. — Sur les chemins de fer qui ont deux voies, il est expreé- . è'ément défendu de faire aller deux trains en sens contraire sur la même voie, et comme leur marche est calculée de façon qu'un

3ft8 TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE.

convoi ne puisée en rattraper un autre entre deux stations, il ne peut y avoir de rencontre que lorsque Tun d*eux est arrêté.

Dans ce cas, on envoie un homme en arrière pour faire, à 5 ou 600 mètres, aux trains suivants, les signaux de détresse qui consistent à agiter un drapeau ou une lanterne, à ouvrir les disques, 8*il 8*en trouve à portée, à mettre sur les rails des pétards qui éclatent.quand ils sont pressés par les roues de la machine. Tous ces signaux sont suffisants, et, il n'y aurait jamais d'accident de cette nature à craindre, si les employés suivaient strictement leurs instructions.

On n'annonce pas généralement le départ des trains réguliers; 00 se borne à faire connaître leur retard, quand il y en a, pour éviter l'envoi des machines de secours.

La télégraphie électrique, outre qu'elle facilite singulièrement l'exploitation des chemins de fer, a permis aux Compagnies de réaliser de grandes économies et d'étendre dans une immense proportion leurs opérations commerciales.

Il existe sur les lignes un certain nombre de stations dites de dépôt auxquelles se tiennent les machines de réserve destinées, soit à remplacer celles des trains réguliers lorsqu'elles ne peuvent fonctionner, soit à aller au secours des trains en détresse.

Toutes les fois qu'un convoi est en retard, si l'on reste sans avoir de ses nouvelles pendant dix minutes, on fait partir une machine qui marche à sa rencontre sur la voie opposée.

Dans le principe, lorsqu'un train était en retard au début de son parcours, toutes les machines de secours de la ligne se mettaient donc successivement en mouvement.

Avec le télégraphe, on sait toujours entre quelles stations un train est arrêté, et la machine de dé(>ôt la plus voisine va seule à son secours ; comme les retards considérables sont le plus souvent causés par une succession de petits arrêts, l'envoi des machines de secours est extrêmement rare.

On a donc pu diminuer le nombre de stations de dépôt; la machine de secours est demandée par le chef do gare qui ne voit pas arriver le train quand il s'est assuré de son passage à la station précédente.

APPABEILS DIVERS. 349

Le télégraphe permet de lancer sur la voie un plus grand nombre de convois sans qu'on ait à craindre que le service soit l>aralysé sur toute la ligne par un accident arrivé à l'un d'eux.

Cest surtout pour la distribution et l'emploi du matériel de transport, qu'il diminue les frais d'exploitation et augmente les ressources des Compagnies, car il permet de connaître à un instant donné les besoins de chaque station, le nombre de wagons disponibles qu'elle possède, celui des wragons pleins qu'elle doit faire partir, etc., etc.

Employer un matériel donné de façon à effectuer le plus de transports possibles, éviter les voyages de retour sans chargement, tel est le but vers lequel doit tendre une bonne administration. ' C'est un problème assez complexe dont le télégraphe facilite la solution et que certaines Compagnies arrivent à résoudre beaucoup plus complètement que d'autres.

276. — Sur les chemins de fer qui n'ont qu'une seule voie, l'adjonction d'une ligne télégraphique est encore plus indispensable^ et chacune des petites stations doit être en état de recevoir à chaque instant les communications des deux correspondants.

Les trains iparchent en sens contnn're sur In même .voie, et ce n'est qu'à force de précautions qu'on peut éviter les collisions.

En cas d'arrêt d'un train^ on ne peut envoyer à son secours, et l'on est forcé d'attendre que les cantonniers de la ligne, arrivant à pied, fassent connaître la cause et le lieu de l'accident. S'il n'y a pas de télégraphe, le service est forcément interrompu sur toute la ligne et l'interruption peut durer longtemps; si, au contraire, chaque station est munie d'un télégraphe, un homme se détache du train en souffrance et n'a que quelques kilomètres à parcourir pour arriver à un poste et demander du secours aux gares principales. La marche du train est arrêtée seulement entre deux stations, on en connaît la cause et le service régulier est promptement rétabli.

Avant de faire partir un train d'une station quelconque sur un chemin de fer à voie unique, on ne doit jamais manquer de prévenir par le télégraphe le chef de la station suivante en lui domandant si la voie est libre.

277. — On ne doit pas s'illusionner sur l'efficacité absolue des

85e TÉLÉGRAPHIE ÉLECTttlQUE.

secoure que la télégraphie électrique prête à rexploitatîon des chemins de fer, car la transmission peut être entravée par différentes causes sur lesquelles nous n'avons pas à revenir.

Le service doit donc être organisé de manière que le télégraphe fie soit pas un élément indispensable, mais qu*li vienne seulement ien faciliter Texécution.

II est une observation importante sur laquelle on ne saurait trop appeler l'attention de tous les employés d'une Compagnie ; c'est qu'on ne doit jamais compter sur une dépèche télégraphique avant d'avoir rcç«i l'accusé réception du destinataire, et, coranje il peut y avoir eu des erreurs dans la transmission, en cas de dépêche importante, il est utile de la faire répéter en entier. Ainsi un chef de gare qui ferait partir un convoi, en se proposant d'en prévenir ultérieurement son correspondant pour qu'il arrête à temps les trains qui peuvent venir à la rencontre du premier, engagerait gravement sa responsabilité, car il pourrait reconnaître, mais trop tard, que la ligne télégraphique est interrompue, et qu'il n'a aucun moyen de communication.

On a imaginé dans ces derniers temps une foule d'appareils fondés sur les mêmes principes que les récepteurs ordinaires, dans le but do diminuer les chances de collision ou de hâter l'arrivée des secours.

Les uns indiquent aux employés des gares et aux cantonniers le nombre et le sens des trains en marche entre deux stations, d'autres permettent à un convoi en détresse de prévenir les stations voisines du lieu où il se trouve arrêté ; d'autres enfin sont destinés à avertir le mécanicien qui conduit le train du danger qu'il peut y avoir à continuer sa route.

La plupart de ces systèmes, bons en théorie, sont en général trop délicats et sont trop soumis aux influences extérieures pour qu'on puisse compter sur leurs indications ; ils ont le grave inconvénient d'inspirer une fausse sécurité aux employés et de diminuer leur surveillance en môme temps que leur responsabilité, c'est beaucoup plus, selon nous, par un bon choix du personnel, par une surveillance active et assidue, par Texéculion complète des tègle-

ments que par l'emploi de ces appareils qu'on peut arriver à prévenir les accidents. Nous allons en citer quelques-uns,

278. Appareils mobiles. — L'appareil mobile de M, Bréguet p'est autre qu'un poste tout organisé réduit sous un petit volume de façon à pouvoir être placé dans un convoi.

En cas d'arrêt d'un train entre deux stations^ on place cet appareil dans le circuit de Tuu des fils conducteurs de la ligne, et l'on peut demander du secours sans envoyer à pied un homme jusqu'^ la station voisine.

Tout le système est renfermé dans une boite d'une dimension moyenne qui, lorsqu'on l'ouvre, présente le récepteur et le manipulateur placés dans leur position normale. La pile, composée de 45 à 18 éléments Daniell fermés avec des bouchons de liège, est placée dans un tiroir au-dessous du manipulateur. Toutes les communications sont établies au moyen de ressorts et de lames métalliques. On attache au bouton qui correspond à la terre un long fil conducteur terminé à l'autre extrémité par un petit coin qu'on enfonce dans l'intervalle de deux rails consécutifs. La communication avec la ligne s'établit avec une longue canne à rallonges, dont le bout en métal porte un ressort formant crochet, on engage ce crochet sur le fil omnibus qui s'arrête à toutes les stations (c'est ordinairement le fil inférieur). Une fois ces deux communications établies, on peut entrer en correspondance.

Le courant se divise ; il suit la ligne dans les deux directions et se rend aux deux stations voisines. La première opération à faire consiste à tourner la manivelle assez longtemps pour que les deux correspondants puissent régler leurs récepteurs, et, quand l'un d'eux a fait connaître qu'il est prêt à recevoir, on lui indique Ja cause de cette attaque en lui transmettant la demande do secours.

La boîte contient en outre une boussole étales bobines de résistance qu'on peut mettre dans le circuit lorsqu'on egt placé trop près de l'une des stations.

La palette du récepteur est arrêtée par un boulon pour que les secousses ne puissent détériorer le mécanisme ; on la rend libre quand on veut se servir de l'appareil.

Sur quelques lignes de chemin de fer, on place des appareils mobiles sur tous les trains, mais ils sont rarement utiles. Sans parler des chances pour que Tappareil ou la pile ne soient pas en bon état, et pour que les communications avec la ligne et avec la terre ne soient pas suffisantes , la transmission simultanée entre trois postes dont deux au moins sont pris à Timproviste présente toujours certaines difficultés, et Ton comprend qu'elle puisse souvent ne pas réussir, quand elle est confiée à des chefs de station ou à des conducteurs de train peu familiarisés avec ious les détails du service télégraphique.

Ils peuvent rendre d'utiles services dans quelques cas particuliers, pour un train spécial, par exemple, car alors on peut placer dans le convoi un employé habile et les chefs de station sont prévenus d'avance.

Ils sont d'ailleurs d'un emploi commode pour établir promptement un poste provisoire en un point de la ligne ; et à ce titre toutes les compagnies de chemin de fer doivent en avoir à leur disposition.

279. Zpdioateurf des trains. — Ces appareils, iuaginés dans le but de diminuer les chances de collision sur les chemins de fer à une seule voie, sont placés à toutes les stations.

La partie principale est un cadran visible à l'extérieur du bâtiment pour toute personne qui se trouve dans la gare; c'est un galvanomètre dont l'aiguille, verticale à l'état de repos, s'incline dès qu'un train est en marche entre celte station et la suivante, le sens de l'inclinaison indiquant celui de la marche du convoi. Le signal persiste tant que le train res>te engagé entre les deux stations, de SOI te que chacun peut, en consultant le cadran, connaître TtUt de la ligne.

Les chefs de gare ^ont chargés de la manœuvre de ces appareils qui, outre le récepteur indicateur, comprennent un manipulateur, une pile et deux interrupteurs.

Aux deux stations voisines, les deux pôles seniblables des piles sont en communication par l'intermédiaire des récepteurs et du fil de la ligne; les autres pôles communiquent avec la terre. Les deux

courants, allant en sens opposé s'annulent, et les aiguilles des deux récepteurs restent verticales.

Au moment où un train va quitter l'une des stations, le chef de gare enlève la pile du circuit et établit une communication entre son indicateur et la terre. Le courant de l'autre pile agit alors seuli les deux aiguilles s'inclinent et conservent leur position.

Quand le train arrive à la station suivante, le chef de gare de cette dernière enlève à son tour la communication avec sa pile et les deux aiguilles reviennent à leur position première.

Gomme deux trains peuvent être engagés dans le môme sens entre deux stations, chaque indicateur porte deux aiguilles sem*^ blables. Deux fils spéciaux établis sur toute la ligne sont destinés à faire fonctionner ces appareils, ils s'arrêtent à toutes les stations et aboutissent à deux appareils indicateurs distincts correspond dant aux deux directions.

R ifig, 427) est un de ces récepteurs indicateurs dont les deux aiguilles extérieures sont fixées aux mêmes axes que les aiguilles de deux galvanomètres.

Les fils qui entourent ces galvanomètres arrivent aux bornes c, d, c', d'; d et d' sont reliés aux fils qui vont d'un même côté de la station , c et c' aux bornes h et V du manipulateur M composé de deux parties exactement semblables.

E est un électro-aimant dont l'armature mn, mobile autour de m, est retenue, quand il n'est pas aimanté, par le ressort de rappel U. Son extrémité touche la vis q. Le levier B6, mobile autour du point 6, se meut à la main à l'aide de la poignée B; quand on pousse cette poignée vers la droite, l'arc métallique k pousse l'armature mn qui vient s'appliquer contre l'électro-aimant.

La vis q communique avec la borne g y l'interrupteur I et le pôle cuivre de la pile P; la vis p, par l'intermédiaire du fil de rélectro-aimant E et de la borne t, communique avec la terre ainsi que le pôle zinc de la pile.

A l'état ordinaire, le courant de la pile traverse l'interrupteur I, le fil conducteur I gq, l'armature mn, le fil mhc, circule dans la bobine du galvanomètre a et se rend sur la ligne.

Le courant du poste correspondant suit le même chemin, mais

sa directioû est opposée, et Taiguille a reste immobile ainsi que celle de la station voisine.

Flg. 127.

Pour indiquer le dt^part du train, le chef de gare pousse la poignée B vers la droite, Tarmature mn s'applique contre Téleclroaimant E et touche la vis p.

Le courant de la pile p ne passe plus sur la ligne, mais celui de l'autre station se rend à la terre en traversant le fil de l'électroaimantE qu'il aimante.

L'armature mn étant attirée par E, on peut laisser le levier B6 reprendre sa position. Le but de l'électro-aimant est de rendre le contact do vm avec p permanent et indépendant du levier.

L'aiguillo a ainsi (}ue celle de rindicateur correspondant s'ift-

iPPABEJL9 BIVIB8. 355

clineat jusqu'au menaient où le train arrive à Tautre stadon ; le chef de gare de cette dernière interrompt alors un instant le courant avec son interrupteur I, les aiguilles reprennent leur position normale et l'armature mn, sollicitée par le ressort de rappel U , vient de nouveau toucher la vis q.

Si un second train doit partir à la suite, avant qu'on ait reçu Tannonce de l'arrivée du premier, on fait la même opération avec l'autre levier du manipulateur.

Le mouvement de l'aiguille étant produit par le courant de la station qui doit recevoir le signal, celui qui le transmet est certain, si son aiguille s'inclinç, que celle de son correspondant s'incline aussi (sauf le cas de désaimantation de l'une des deux aiguilles par suite d*une décharge atmosphérique).

On ne doit du re^ste regarder ces appareils que comme un accessoire qui ne doit en rien changer toutes les autres précautions à prendre en se servant des appareils télégraphiques ordinaires.

280. Appareils âe demande de secours. — Les appareils mobiles, avec lesquels un train en détresse sur la ligne peut deman* der une machine de secours aux stations voisines, font quelquefois défaut; on a essayé d'y remédier au moyen d'appareils fixes placés de distance en distance^

On divise la ligne en un certain nombre de sections dont chacune comprend à son milieu une station de dépôt.

Un fil spécial entre dans tous les bureaux des chefs de dépôt où il est en communication avec la pile, aux extrémités des sections il communique avec la terre. Ce fil est donc parcouru par un courant continu, et c'est par une série d'interruptions du circuit reproduites au dépôt que se fait l'appel.

A cet effet, à tous les quatre kilomètres le 61 est arrêté ; il descend des deux côtés du poteau et aboutit à un petit appareil spécial nommé avertisseur par lequel le circuit est fermé.

Chacun de ces avertisseurs comprend (fig. 128) un galvanomètre R dont l'aiguille extérieure est mobile entre deux petits timbres et un manipulateur M.

La manivelle gk fait tourner un disque à gorge sinueuse qui.

dans sa rotation, éloigne et rapproche alternativement le ressort cod de la vis A.

Fig. 128.

A rétat de repos, la manivelle est verticale et le contact existe entre le ressort cod et la vis h^ le courant traverse le fil et Taiguille de R est inclinée. Si un train est en détresse, un cantonnier se rend à pied ju^^qu^au premier avertisseur distant au plus de deux kilomètres, il fait faire un tour à la manivelle et le circuit se trouve interrompu autant de fois que le disque porte de sinuosités. Le premier avertisseur qui suit le dépôt n*en a qu'une, le second en a deux, le troisième trois, et ainsi de suite.

Au dépôt, le fil conducteur arrive à un appareil à cadran dont les lettres sont remplacées par des chififres en nombre égal à celui des avertisseurs.

Le pôle de la pile est aussi en communication avec cet appareil qui est ainsi constamment traversé par le courant. Dans cet état, l'aiguille indicatrice doit être sur la croix, elle avance d'une division à chaque interruption.

Si donc un cantonnier fait faire un tour entier à la manivelle

de son avertisseur, Faiguille du récepteur, au dépôt, tourne et s'arrête précisément sur le numéro qui correspond à celui de l'aver tisseur avec lequel Tappel est fait.

La palette, au premier mouvement qu'elle fait, ferme le circuit d'une pile locale et déclenche une sonnerie qui prévient le chef de dépôt dans le cas où il n'est pas à son bureau.

Enfin les deux fils qui partent de la pile traversent un inverseur (n"* 87), et, lorsque le chef de dépôt a reçu un appel, il change le sens du courant ; le cantonnier, qui voit l'aiguille de son galvanomètre oéciller et toucher l'autre timbre, est assuré qu'on a reçu son signal. Il fait faire un second tour à sa manivelle pour éviter toute chance d'erreur.

Page 1