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LE PIC DU GER

Vous savez déjà que le pic du Ger est le point élevé qui domine le village des Eaux-Bonnes. Il est à 2,612 mètres au-dessus du niveau de la mer; il se compose de deux pointes ou petits plateaux; mais vu d'ici son sommet n'en présente qu'un. Durant le jour, sa masse est d'un gris éclatant; la neige coule en ruisseaux d'argent le long de ses pentes où les ombres bleues se dessinent en nuances plus vigoureuses que le ton du ciel. Le soir aux derniers rayons du soleil, lorsque déjà tout ce qui l'entoure rentre

i'20 COURSES DANS LES PYRENEES.

dans la nuit, il étincelle comme un casque d'or. C'est d'un effet merveilleux, et l'œil de l'étranger, incessamment tourné vers ce pic, s'en arrache toujours avec regret.

L'ascension du Pic du Ger est le rêve des aventureux qui viennent aux Eaux-Bonnes. Beaucoup la projettent, bien peu l'exécutent. C'est qu'il faut pour l'entreprendre une certaine force et un certain courage, des jambes et une haleine suffisantes. Il s'agit de monter pendant six heures au moins, et parfois en s'aidant des mains et des genoux. La descente n'est ni moins longue ni moins pénible. Sur ces [tentes rapides où l'on court souvent plus vite qu'on ne voudrait, les jambes, à la lettre, rentrent dans le ventre, et les articulations des genoux deviennent douloureuses; c'est comme le jeu d'une machine où l'huile manque; on sent les os grincer sous le frottement que la synovie n'adoucit plus.

Et puis il faut un beau jour, un ciel sur lequel on puisse compter, et ces temps-là sont rares dans les Pyrénées. C'est le pays des brouillards; lorsque les nuages ne montent point de la vallée, ils descendent iln ciel; souvent par le plus radieux soleil, au moment où on y pense le moins, on se trouve pris entre les deux. Ces jours-là, il faut renoncer au magique panorama qu'on va chercher au haut du pic, mais on n'a pas néanmoins à déplorer une journée perdue. J'ai dû tenter deux fois cette ascension que je

tenais à faire, el je suis loin de regretter ma première course empêchée.

Nous ('tiens partis en caravane . un peu tard peut-être; mais nous n'avions pu faire autrement. Le ciel semblait devoir nous favoriser, et, pleins d'espoir, nous gravissions la montagne du Gourzy. Bientôt la vallée d'Ossau s'est développée à nos pieds, puis ça été la plaine de Pau et l'horizon au delà à plus de dix lieues. Nous montions toujours, non plus alors sous des ombrages de hêtres et de buis, mais à travers des pins blanchis par l'âge, cassés et noircis par la foudre, restés debout pourtant, fiers et rares débris des grands combats de la forêt contre l'hiver, la tourmente et l'avalanche coalisés. Quelques-uns. comme pour pleurer des frères d'armes endormis, se penchent sur ce champ de mort et de désolation où gisent les Titans centenaires l'un sur l'autre amoncelés, si formidables et si énormes, que nulle main ne songe à les enlever.

l'n peu plus haut, le rocher est sans ombre, mais c'est un beau tapis vert jonché de bouquets roses; — nous sommes dans la région des rhododendrons. Il faut invinciblement s'arrêter, couper ces belles ges, en former des bouquets, en orner sa boutonnière; et d'ailleurs, comment écouter la voix qui vous appelle et qui vous crie de vous hâter! — là tout {très, une fleurette plus humble montre sa corolle bleue; c'est la fleur du souvenir qu'on mettra

dans une lettre, et qui dira, là-bas, au loin: « A 1,200 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans le pays des nuages, c'est à vous, chers objets de mon cœur, c'est à vous que j'ai pensé. »

Pourtant il faut bien l'entendre cette voix et lui obéir. Du fond de la vallée, voyez-vous le nuage qui monte, qui monte à mesure que vous le fuyez, qui monte plus vite que vous? Un instant encore et nous sommes enveloppés, et l'ombre est épaisse; à dix pas on se perd de vue. Il n'est plus temps de suivre sa fantaisie et d'aller ça et là. Malgré soi l'on devient sérieux. Nous avions un bon guide heureusement, sans cela nous n'aurions su ni avancer ni retourner sur nos pas; les chemins sont divers, à peine tracés, et le précipice n'est jamais loin.

Mais voilà que tout à coup notre tête sort de l'humidité. Le nuage était resté accroché aux flancs du rocher. Voilà le ciel bleu ! c'est le sommet du Gourzy . Le soleil éclaire de mille feux toutes les crêtes neigeuses d'alentour. Une mer houleuse de vapeurs s'agite à nos pieds; la brise, de temps en temps, dé* chire le nuage en écharpe, et, par une gorge ouverte, le fait onduler, transparent comme la gaze, et disparaître en l'effilant. — Rien de magique comme ce tableau. Quelle .splendeur, quelle surprise! et quel machiniste que cette nature, qui donne depuis des millions d'années la représentation toujours nouvelle de son opéra! A ces changements à vue, on

n'applaudit pas; on reste muet, on frémit, on se sent petit, et, quoi qu'on en ait. c'est alors qu'on pense au Dieu consolant qui nous voit néanmoins et nous compte pour quelque chose.

Près de la source murmurante et devant ce spectacle éblouissant, nous avons étalé nos provisions et nous nous sommes mis à déjeûner. Je n'ai pas l'intention de vous dire ce que c'est qu'un déjeûner sur le haut des montagnes, c'est quelque chose qu'on ne donnerait pas pour tous les soupers fins de la Maison-Dorée et du Café de Paris. On se rappelle les souvenirs et les émotions de la route, on rit des accidents, des robes déchirées et des casquettes envolées, on fait de l'admiration rétrospective, — et de quel cœur et de quel appétit on entame le jambon, on déchire le poulet! Il est assez de règle que lorsqu'on emporte des vivres pour les deux repas de la journée, le tout disparaît au déjeûner.

Or, rien ne nous a manqué. Du bout de ce désert élevé et du milieu du brouillard, un chasseur et ses deux guides sont apparus, hésitant un instant et ne sachant sans doute trop distinguer si nous n'étions pas des gendarmes. C'est qu'un des guides portait à son cou, comme une brebis de bon pasteur, un isard magnifique; l'autre tenait un cheval par la bride et le dirigeait sur les crêtes; le chasseur venait derrière, le fusil sur l'épaule.

L'isard est un animal charmant, plus tin que le

chamois, avec lequel il a beaucoup de ressemblance ; ce sont les mêmes jarrets d'acier, les mêmes cornes inoffensives, droites sur la tête au-devant des oreilles, et recourbées en brusque crochet vers le haut seulement. Les Guides-Richard ont raison de dire que les isards sont l'ornement des Pyrénées; rien de plus pittoresque à voir que leurs sentinelles éveillées sur les pics élevés, tandis que le troupeau broute l'herbe rare derrière les rochers. Il y avait dans le village un petit isard pris sous le ventre de sa mère tuée par les chasseurs; on lui avait donné pour nourrice une rhèvre qu'il suivait partout. Chacun prenait plaisir à le caresser, et je ne pouvais, en regardant ses formes élégantes, m'empêcherde songer que c'est là un animal dont notre ami Mène tirerait bon parti et qui manque à son admirable collection de bronzes d'art.

Autrefois les isards étaient très-nombreux; la loi sur la chasse est venue fort à propos pour empêcher qu'on n'en détruisît l'espèce. On comptait par mille ceux qu'on tuait chaque année. C'est d'ailleurs une chair délicate et qui tient du chevreuil.

Nos chasseurs enfin s'approchèrent, et nous échangeâmes quelques paroles. Ils contèrent leur exploit; on les félicita d'un si beau coup de fusil, on toucha leur bête encore chaude. Puis ils s'éloignèrent et se perdirent de nouveau dans le brouillard. Serait-ce un assez joli commencement de roman ?

LES EAUX-BONNES. 12ô

Mais il t.illut se remettre en route. Jusque-là nous avions espéré que le temps redeviendrait propice. Il faisait grand vent, cela devait inévitablement chasser les nuages, dissiper le brouillard et découvrir la cime du pic. A chaque espoir exprimé, notre guide, hélas ! branlait la tète. « Entendez-vous ce bruit sourd? — Oui. Eh bien ! qu'est-ce que c'est? — C'est le tonnerre, c'est l'orage qui se prépare. — Mais le vent l'emportera, ne croyez-vous pas, guide? » Et le guide encore hochait la tête sans répondre. Un quart d'heure à peine se passa; les nuages remontaient, les nuages descendaient, et le mugissement de la foudre était plus menaçant ; un éclair passa devant nos yeux. « Cela devient sérieux, dit le guide, pressons-nous et gagnons les cabanes des pasteurs avant que l'orage éclate. »

Allons, leste, grimpons, descendons, courons. On sent les premières gouttes, courage! encore une demi-heure de marche. — Vite, vite, nous arrivons ; entendez-vous la clochette des brebis et la voix des bergers dans le fond et sur le plaz d'Anouillas? C'est là que nous allons, c'est là qu'est le port et le toit hospitalier... Encore dix minutes... il est trop tard, la pluie fouette, la grêle tombe et le tonnerre roule avec fracas. Sauve qui peut!

Vous me disiez un jour, mon cher ami. que l'orage dans les montagnes ressemblait à une bataille. Cela doit être exact, comme bruit; mais il y

a cette différence que les forces de l'ennemi sont inconnues; on ignore de quel côté se tire le tonnerre, il n'y a pas de combat possible et nous n'avons de victoire à espérer que dans la fuite. Cependant, il faut l'avouer, dans ces moments-là l'homme trouve de l'héroïsme dans ses jarrets.

Je n'ai jamais vu de course pareille à la dégringolade que nous exécutâmes alors sur les pentes gazonnées qui descendaient vers la hutte des pasteurs ; l'eau ruisselait, elle couchait les herbes, la grêle roulait sous nos pieds. Faut-il le dire, nous avions une femme avec nous dans cette belle équipée; elle n'était pas la moins vaillante, mais il est juste d'ajouter qu'elle était Parisienne. Le guide ne cachait pas son admiration. « Au reste, disait-il, ces petites dames de Paris sont toutes ainsi. Où les autres font mille simagrées, et poussent des ah ! mon Dieu, elles grimpent sans pâlir et redoublent de courage. Avec elles on ne retourne jamais à moitié chemin, ce qui est désobligeant pour un guide. »

Nous reçûmes des pasteurs un accueil cordial dans leur cabane. A vrai dire, ces cabanes sont des tanières longues de dix ou douze pieds, et larges de cinq à peu près. Elles sont construites avec des pierres superposées sans terre ni ciment; les deux murs principaux d'inégale hauteur supportent un toit incliné, formé de planches sur lesquelles la pluie coule tant bien que mal. On ne peut s'y tenir debout ;

le sol présente un lit de feuilles sèches et de peaux de mouton. Nous étions là-dedans douze ou quinze personnes accroupies, les bergers dans le fond, et nous devant le foyer d'où la fumée s'échappe par l'ouverture qui sert de porte. C'est là que ces braves gens dorment la nuit sous la garde de leurs chiens, et qu'ils fabriquent leurs fromages pendant le jour. Un petit parc enclos de pierres sèches est adjacent à ces misérables demeures; ils y font entrer les brebis pour les traire. — J'y reviendrai plus tard pour vous dire les mœurs curieuses de ces pasteurs, qui sont heureux de la vie primitive qu'ils mènent ainsi, e* qui ne paraissent point envier d'autre condition.

Mais, pour ne pas allonger cette lettre outre mesure, et pour revenir au Pic du Ger, qui en fait le sujet, sachez qu'après deux heures d'attente, et profitant d'une éclaircie, nous dîmes adieu à nos hôtes, et commençâmes à retourner sur nos pas. Nous n'étions cependant plus qu'à deux heures de marche du pic. L'un de nous fit bien la motion de pousser l'aventure malgré le vent et le ciel, toujours menaçants. — Être si près du but. et renoncer à l'atteindre, c'était un véritable crève-cœur. Nous le ressentions tous. Mais à l'ouïe d'une pareille folie, les pasteurs se livrèrent à de tels gestes d'effroi, qu'il fallut céder à leurs représentations. Sept mille pieds au-dessus du niveau de la mer, c'est la région des tempêtes. Quand le vent déjà souffle avec violence

dans les gorges moins élevées, on peut être sûr que la tourmente règne et que la foudre se brise sur ces hauteurs. Nos montagnards contaient qu'un imprudent, un jour, fut enlevé au sommet du pic sans qu'on ait jamais retrouvé son corps. Comme on n'y va guère que pour le plaisir d'en revenir et de conter son ascension, cette perspective ne pouvait être longtemps de notre goût.

Néanmoins, j'avais dit à notre guide que la mauvaise fortune du jour ne me faisait pas reculer, et qu'au premier beau matin, s'il voulait venir me prendre, nous ferions l'ascension à nous deux. 11 accepta, et le surlendemain, à trois heures et demie, le bâton à la main, le cache-nez dans la poche et le paletot sur l'épaule, nous nous mettions en route.

Peut-être vous étonnez-vous de ces précautions prises au midi même de la France et en plein mois d'août. Rien de plus nécessaire. A mesure qu'on monte, la température se rafraîchit, la marche vous met en transpiration, et pour peu qu'on s'arrête un instant, on a vite fait d'attraper un refroidissement. Aussi les montagnards sont-ils vêtus de laine en toute saison.

Cette fois nous ne suivons pas le même chemin ; nous grimpons à pic la gorge qui mène, en droite ligne, du village au sommet du Ger. C'est un peu plus difficile, mais c'est plus court. Généralement on choisit l'autre, parce qu'on peut taire une partie

de la route à cheval. Mais j'avoue que lorsqu'il s'agit «le gravir certaines crêtes aiguës, j'aime infiniment mieux m'en rapporter à mes jambes. Ce n'est pas cependant que je veuille médire des chevaux de montagnes. Ces petites bêtes sont au contraire d'une intelligence et d'une habileté rares. Le soin avec lequel elles tâtent le terrain, du bout du sabot, avant d'y poser définitivement un pied sûr, est vraiment chose curieuse.

Le temps était admirable, le soleil se levait sans avoir une vapeur à dissiper. Après trois heures de marche, nous arrivions aux premières neiges, mais le plus pénible restait à faire. Déjà, dans l'ordre où l'on remarque invariablement ces végétations successives, nous avions dépassé les hêtres et les buis d'abord, les pins ensuite, et puis les rhododendrons. Maintenant nos pieds foulaient, entre les nappes de neige, moins éblouissantes de près que de loin et toujours un peu sales, des tapis d'herbe verte où paissaient des vaches abandonnées à elles-mêmes.

La vache dans les montagnes détruit toutes les idées qu'on a pu s'en faire au milieu des plaines. C'est bien toujours cet animal qui vous regarde passer avec un étonnement placide, — juste image de ces penseurs creux qui sans cesse ont l'air pensif à propos de tout et qui ne songent à rien ; — si vous l'approchez, elle se sauve également avec de petits soubresauts de côté dont les grâces et la légèreté

sont au moins équivoques. Mais ici, la chèvre est une bête terre à terre auprès d'elle. On rencontre des vaches à des hauteurs où n'atteignent pas les autres troupeaux. Partout où croit un brin d'herbe on est sûr de voir une vache juchée. S'il en poussait jusque-là, Io montagnarde, n'en doutez pas, irait chercher son piédestal sur le point culminant du pic du Ger.

La vue de la neige est toujours une surprise agréable; on en jouit et l'on n'a pas froid. Le rêve du gamin de Charlet, soldat d'une bataille à coups de boules de neige, est accompli. Vous vous en souvenez?— « Cristi, disait-il en soufflant dans ses doigts, c'est-y dommage que l'hiver ne soit pas en été! » Le touriste veut la toucher sitôt qu'il l'aperçoit, et ne manque pas de la porter à sa bouche. Les animaux n'y sont pas moins sensibles; un chien qui nous accompagnait préférait au sentier gazonné de mousse la jouissance de courir sur la neige, et d'y brûler ses pattes. J'ai vu aussi des chevaux en liberté se rouler les quatre fers en l'air, comme un baudet sur le pré, dans ces neiges qui ne fondent pas toujours chaque année.

Quelques pas encore , et nous dominerons les vaches. La végétation a cessé ; on escalade des roches nues, et des pierres cassées, dans les interstices desquelles se montrent à peine quelques mousses et de petites fleurs veloutées, sans parfum. Nous n'avons

plus la récréation d'arracher ces espèces de trèfles rampants, tout à l'heure si nombreux, dont la racine a le goût de la réglisse, et qui n'est autre, en effet, que la réglisse de montagne. Ici, cela devient terriblement raide et difficile à marcher, et, sans fausse honte, il faut y mettre les mains. Cependant les montagnes voisines s'abaissent, et laissent voir un horizon sans borne; bientôt ce sera seulement l'insuffisance des yeux qui limitera l'étendue. Mais ce n'est là qu'un paysage connu: la vallée d'Ossau et la plaine immense par delà la ville de Pau ; ce qu'on attend avec impatience, c'est la vue de la chaîne des hautes Pyrénées de l'autre côté du versant.

Oh! cela, voyez-vous, mon cher ami, c'est tout bonnement sublime, c'est sauvage, c'est gris, c'est féroce, plein d'audace et d'impuissance à la fois. La même voix qui imposa des limites à la mer a dû dire à ces granits furieux : Tu ne t'élanceras pas plus loin ! et ils sont retombés l'un sur l'autre devant le ciel inaccessible. 11 est impossible de compter les sommets hérissés qui se découpent sur l'azur; voici le Pic du Midi qui domine toutes les hauteurs, mais on ne voit que lui dans cette tourmente, et toujours l'œil y revient. Epouvantable entassement! Je vous le dis, et je crois que rien n'en peut mieux rendre l'effet. C'est un océan agité, de marbre et de granit ; les crêtes bondissantes sont des vagues pétrifiées dont la neige semble l'écume, — et là-dessus pas

un vaisseau, pas une dernière planche de salut, pas un mouchoir de détresse à l'horizon, tout a été englouti !

Après cela, que vous dirai-je? que vingt-cinq minutes après, nous déjeunions au haut du pic même, où cependant la première impression est toute religieuse, on croit qu'on va toucher Dieu ; — que nous agitions nos paletots au bout des bâtons pour nous faire apercevoir des gens de Bonnes qui devaient nous guetter, et qui nous aperçurent en effet avec une lorgnette; — ce ne sont plus là que des détails insignifiants.

Lorsque nous rentrâmes, mon guide et moi, couverts de gloire, au village, il était trois heures de l'après-midi. Notre course avait duré douze heures. — Mon premier soin fut d'entrer à la buvette. Jamais je n'avalai rien qui me causât autant de plaisir. Je dois faire amende honorable aux gourmets d'eau sulfureuse. Dorénavant, mon cher ami, je ne me moquerai plus d'eux.

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