‹ Courses dans les Pyrénées; la montagne et les eauxChapitre 28 sur 40 · SOUVENIRS HEROÏQUES · texte numérisé non relu

SOUVENIRS HEROÏQUES

Les montagnes de Saint-Sauveur, en allant, du côté de Gavarnie, offrent un caractère grandiose que nous n'avons encore vu nulle part, et justifient par là le nom de Hautes- Pyrénées donné à leur chaîne.

A quelque distance de Saint-Sauveur, sur la rive droite du gave, on parvient à un endroit resserré qui porte le nom de Pas de V Echelle, emprunté à l'ancien fort de VEscalette dont il reste à peine une tour en ruine. Cette forteresse servait autrefois à fermer la partie la plus étroite du défilé, et à défendre la basse vallée contre les incursions des Miquelets d'Espagne.

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Eu i Tus. clic prouva son utilité; une de ces bandes venue a" Arragon lui arrêtée ea cel endroit par une poignée de braves montagnards, et culbutée dans le gave qui coule là, dans un abîme de plusieurs centaines de pieds.

Ce passage n'était pas seulement dangereux pour l'ennemi; chaque jour il était fatal aux gens du pays. Fn conséquence, vers la moitié du dernier siècle, les magistrats de la vallée de Barèges ordonnèrent qu'il y serait pratiqué une corniche assez large pour être parcourue, même à cheval et sans danger. Les montagnards se mirent à l'œuvre avec toute l'énergie qu'on attendait d'eux, bientôt la route fut inaugurée. — Afin de conserver la mémoire de ce travail héroïque et d'en rendre l'honneur à qui de droit. MM. de Saint-Âmand et Dusaulx, dans leur enthousiasme, composèrent une inscription que la vallée fît graver sur une table de marbre et sceller, sur le rocher même, au Pas de l'Echelle. La fureur révolutionnaire arracha ce témoignage qui était un titre de noblesse pour les travailleurs de la vallée. Longtemps l'inscription fut oubliée: elle a été rétablie depuis peu, et la voici telle qu'on peut la lire aujourd'hui :

Hommage rendu à Messieurs les officiers municipaux de la vallée de Barèges par M. de Saint-

Amand et M. Dusaulx. de l'Académie dos Inscriptions et Belles-Lettres de Paris, le il juillet 1788.

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