CLEMENT ET TERTULLIEN
Quoi qu'il en soit, Clément dépose contre ses tendances personnelles, et sa déposition n'en a que plus de poids.
Gomme Clément, le prêtre TertuUien est partisan du célibat; mais, plus passionné que lui, il accommode l'histoire à ses opinions. Dom Leclercq s'en exprime ainsi : « TertuUien, le premier, semble-t-il, imagine de faire des apôtres des eunuques ou des célibataires obstinés ^. »
Si TertuUien brouille l'histoire, il donne du moins sur son temps des indications qui montrent quelques misères dans ceux qui faisaient profession particulière de chasteté. Il s'élève contre les vierges qui se font avorter ^. Montaniste, aux jeûnes de sa secte il oppose les agapes catholiques, qui « fournissent aux jeunes gens l'occasion de coucher avec leurs soeurs ^. » Aveu plus important : il reconnaît que plusieurs sacerdoces antiques offrent des exemples de chasteté et, parlant du diable, il dit : « Lui aussi, il a des vierges et il a des continents *. »
Comme tout montaniste, TertuUien est adversaire des secondes et troisièmes noces. Aussi glorifie-t-il, en passant, le prêtre monogame, c'est-à-dire le prêtre qui n'a été ou qui n'est marié qu'à une seule femme. « Il se plaît même à reconnaître que cette loi de la monogamie était chez les catholiques l'honneur. du sacerdoce et, pour en faire une loi générale applicable à tous les chré-
ot non pas par l'authentique tradition judéo-chrétienne. Cette remarque est nécessaire pour expliquer l'évolution des idées à partir du commencement du iii^ siècle dans l'Orient chrétien.
1. Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie. -mot Céhbat,p. 2802.