De praescriptione, XL
tiens, il s'efforce d'établir que, selon la foi, tous les chrétiens sont prêtres ^ »
TertuUien déconseillé à sa femme, s'il meurt, de se remarier.Cependantilreconnaîtqu'ellepourraêtrepoussée à le faire par « la concupiscence..., qui dit qu'un mari est nécessaire ». C'est assez indiquer qu'en attendant sa mort, ce prêtre austère conformait sa conduite aux préceptes orthodoxes : « Que l'homme rende à la femme ce qui est dû » ( J Cor. VÏI, 3) et pourvoyait aux nécessités decelleà quisoncorps appartenait. «L'homme ne dispose pas de son propre corps, mais la femme. » {Ibid.,^).
Le même Père est l'auteur d^nne Exhortation à la chasteté et d'un Traité De la pudicité. Il est revenu sur les mêmes sujets dans une foule d'endroits de ses autres ouvrages. Si, comme le prétendent des auteurs ultramontains, la continence, en ce temps-là, eût été imposée aux clercs, même mariés, TertuUien aurait eu mainte occasion de le rappeler. Cet exemple aurait ajouté à ses arguments quelque chose de plus fort que tout le reste. Jamais il n'en a dit un mot. De pareils silences sont autrement probants que quelque passage isolé. Celui-ci doit toujours être soupçonné d'interpolation, quand seul de son espèce, il s'écarte de la doctrine générale de son temps. La négation par un silence universel ne saurait être l'objet des mêmes soupçons ^.
1. Vacandard, Études de critique et d'histoire religieuse, I, p. 74 (et Dictionnaire de théologie catholique : Célibat).
2. A Clément et à TertuUien, on peut joindre comme partisan du célibat, -vers la fin du ii® siècle, l'évêque de Sardes, Méliton, « le saint eunuque », comme l'appelle Polycrate d'Éphèse (dans Eusèbe, Hist. eccl., V, 24j 5),