‹ Courte histoire du célibat ecclésiastique [microform]Chapitre 27 sur 94 · TÉMOIGNAGES ERRATIQUES · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGES ERRATIQUES

les ministres, chantres, lecteurs et portiers, nous ordonnons qu'ils soient aussi nxonogames. Que s'ils sont entrés dans le clergé avant leur mariage, nous leur permettons de prendre des épouses, s'ils y sont portés, de peur d'un délit qui nécessiterait leur punition. Mais nous ne permettons à aucun clerc de prendre une prostituée, une servante, une veuve ou une femme répudiée, comme dit la Loi [Léç., XXI, 7).

Ces documents prouvent qu'une condition absolue pour être admis dans le clergé, comme pour y demeurer, était l'exclusion des secondes noces; mais l'ordination d'un célibataire était exceptionnelle. La fornication était tenue pour aussi odieuse de la part d'un clerc que le parjure ou le vol. Quant au mariage des monogames, il était en grand honneur, jusque chez le diacre, le prêtre ou l'évêque, qui l'avait contracté avant son ordination. La défense qui lui était faite de copulari avec d'autres femmes que la sienne, implique la pleine liberté de copulari avec celle-ci. Il lui était permis sans doute de s'abstenir (d'un commun consentement), mais seulement pour s'exercer à la continence.

L'abstention qui aurait eu pour cause l'horreur de l'union des sexes et du devoir conjugal était regardée comme criminelle; si le coupable ne venait pas à résipiscence, on le chassait de l'Église.

D'après ces textes, dans l'Église primitive, il n'aurait pas été bon pour l'évêque, le prêtre ou le diacre, que sa femme vînt se plaindre d'être négligée. L'habitude delà continence semble s'être établie peu à peu dans les saints ménages comme une convenance pour les jours où le mari devait offrir le sacrifice sacré, et, par conséquent, cette convenance ne s'est, établie que graduelle-

ment, au fur et à mesure que le repas corporatif se transformait en sacrifice sacré ou sainte messe. C'est dans ce sens, croyons-nous, qu'il faut entendre certains textes comme ceux d'Eusèbe de Césarée ou de saint Cyrille de Jérusalem.

Page 1