‹ Courte histoire du célibat ecclésiastique [microform]Chapitre 36 sur 94 · LA DISCIPLINE DE L'ÉGLISE D'ORIENT · texte numérisé non relu

LA DISCIPLINE DE L'ÉGLISE D'ORIENT

(v^-vii® siècles).

ENDANT que l'Occident s'engageait dans une voie nouvelle avec le Patriarcat romain, l'Église d'Orient se montrait plus fidèle à l'antique discipline. Elle évoluait cependant ^. Peu à peu, il fut convenu que l'évêque marié garderait la continence; mais cette obligation ne fut pas étendue aux prêtres et aux diacres.

En 410, nous trouvons le célèbre exemple de Synésius. Quand on voulut le faire évêque de Ptolémaïs, métropole de la Cyrénaïque, il objecta qu'il n'avait aucune science ecclésiastique, qu'il croyait les âmes créées avant les corps, qu'il regardait le monde comme indestructible, qu'il n'admettait pas la résurrection, que sans doute il voulait bien ne pas prêcher tout cela, mais qu'il ne consentirait jamais à rien enseigner de contraire. Enfin, il disait :

Dieu, la loi et la main de Théophile (le pape d'Alexan-

1. Voir le témoignage de Socrate, ci-dessus, cli. XII, p. 73.

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drie) m'ont donné une épouse. Or, je déclare hautement, que je ne veux ni me séparer d'elle, ni avoir avec elle des rapports clandestins, à la manière des adultères. La séparation serait impie; les rapports clandestins seraient contraires à la loi du mariage; je souhaite d'avoir d'elle de nombreux et de vertueux enfants \

On l'ordonna pourtant, quoiqu'il ne fût pas encore baptisé. C'était contraire à la discipline générale. Il n'est pas probable que Théophile, le pape d'Alexandrie, et les autres qui la transgressèrent en cette circonstance, se soient montrés plus difficiles sur un point de discipline particulière, et qu'ils aient exigé de Synésius la promesse de renoncer à sa femme. Il est vrai que Synésius, une fois évêque, paraît avoir enseigné la résurrection; mais ce fut sans doute l'effet de ses études postérieures. Or, s'il trouva dans VÉcriture la nécessité de croire à la résurrection, il n'y trouva certainement pas l'obligation de renoncer à sa femme. Les Canons et les Constitutions Apostoliques durent le confirmer dans sa résolution de la conserver. Si donc on a raison de tirer de son exemple la preuve que, vers 410, en Cyrénaïque, les évêques renonçaient généralement au mariage, on a tort d'affirmer sans preuve aucune qu'il se soumit à cet usage.

Synésius mourut également à temps pour ne pas voir le pouvoir civil imposer une nouvelle législation aux évêques mariés.

En 420, l'empereur Théodose II permit aux prêtres

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