‹ Courte histoire du célibat ecclésiastique [microform]Chapitre 37 sur 94 · Bp. 105 dans P. G · texte numérisé non relu

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de garder leurs épouses, tout en observant la continence, ce qui était une manière polie de leur recommander la chasteté, ou peut-être de leur conseiller, pour parler la langue de Synésius, d'avoir seulement avec leurs femmes des rapports clandestins. Cette législation s'imposa sans doute dans tout l'Orient orthodoxe. Mais les Nestoriens, secte attachée aux antiques observances, se rappelant l'enseignement de saint Paul sur « l'évêque mari d'une seule femme », autorisèrent, dans leurs conciles de 486 et de 497, le mariage et la procréation des enfants pour tous « depuis le patriarche jusqu'au dernier de la hiérarchie » et permirent aux prêtres veufs de se remarier.

Justinien I^^, empereur de 527 à 565, aggrava la législation théodosienne. Il prescrivit de ne pas nommer évêquesles clercs qui avaient encore leurs femmes, ou qui avaient des enfants et des neveux. La mention des neveux dans cette défense est très intéressante; elle montre que l'exclusion n'est pas fondée sur des motifs mystiques, mais qu'on veut supprimer des abus causés par l'affection qUe des évêques pouvaient avoir pour leurs proches parents. L'empereur maintint aux autres clercs, mariés avant leur ordination, le droit d'user de leurs droits conjugaux; mais il déclara que les mariages contractés après l'ordination seraient nuls et que les enfants issus de ces mariages seraient illégitimes. L'empereur ajoutait donc une sanction civile à la sanction ecclésiastique, qui privait de la dignité cléricale et réduisait à la communion laïque ceux qui se mariaient après leur ordination.

En 692, Justinien II, qui avait aussi des prétentions théologiques, convoqua, pour parachever l'œuvré des

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V® et VI^ conciles œcuméniques^ qu'il jugeait insuffisante, un concile général qu'on appelle quinisexte. Les patriarches d'Orient, avec 211 évêques ou représentants d'évêques absents, y reconnurent comme ayant force loi, les 85 canons attribués aux apôtres, ceux d'Ancyre, de Néocésarée et de Gangres. Le concile défendit ensuite l'ordination des bigames et tout mariage d'un sous-diacre, diacre ou prêtre après son ordination.

L'usage du mariage, approuvé chez les prêtres, diacres et sous-diacres, ne l'était plus chez les évêques, comme au v® siècle ^. Aussi le Quinisexte dit-il :

Nous avons appris qu'en Afrique et en d'autres lieux, les évêques ne font pas de difficultés d'habiter avec leurs femmes après leur ordination, au grand scandale des peuples; nous leur défendons d'en user ainsi à l'avenir, sous peine de déposition ^.

La discipline du Quinisexte est encore aujourd'hui celle de tout l'Orient, même là où l'autorité du pape est reconnue. Les évêques, mariés ou non, doivent y garder la continence. Les prêtres et diacres ne peuvent plus s'y marier après leur ordination. Mais ceux qui étaient mariés auparavant, continuent d'avoir commerce avec leurs femmes. Ce commerce ne leur est

1, Socrate, v. 22. II convient de remarquer que, tout en constatant l'état de choses de son temps en Orient, Socrate ne le regarde pas, pour les évêques, comme un usage primitif.

2. Canons 12, 13, 30, 48; Héîélé-Leclercq, Histoire des conciles, III, 565

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défendu que les jours où ils participent aux saints mystères ' .

1. Cette discipline produit des situations assez bizarres dans les grands séminaires dirigés par des prêtres latins. Au lieu de recommander à leurs élèves, comme en Occident, la fuite des sociétés féminines, les professeurs leur font employer leurs vacances au choix d'une compagne et les marient avant de les faire ordonner. Un fils succède fréquemment à son père dans la même cure. Le Saint-Siège ne tolère peut-être ces usages, que faute de pouvoir les empêcher, et par crainte de rejeter dans le schisme ceux qui les pratiquent. Mais des professeurs qui ont pu voir cette discipline de près et comparer ces résultats avec ce qui se passe en Occident, l'approuvent complètement et soutiennent que son maintien est désirable.

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