Voiv Delaîosse, L'Épître aux Romains p
services ctaritables, une caisse commune et, chaque semaine, un repas corporatif, réunion conforme à la législation romaine. Ces groupes prirent plus tard le nom d'« églises », c'est-à-direderéunions, d'assemblées. C'était la réunion des « saints », des « élus », de ceux qu'il avait plu à Dieu de prédestiner au royaume. Les groupes étaient gouvernés par des chefs portant des appellations diverses : Anciens, Surveillants, Administrateurs, Bergers, Guides, Conducteurs^. Deux prétendues lettres du principal annonciateur du Messie, l'apôtre saint Paul, à ses compagnons de missions Tite et Timothée concernent les règles qui présidèrent au choix de ces préposés.
Paul aurait écrit à Tite :
Je t'ai laissé en Crète, pour que tu mettes en ordre tout ce qui reste à régler et que tu établisses, comme je te l'ai prescrit, des anciens {presbyterous) dans chaque ville. Que chacun d'eux soit irréprochable, mari d'une seule femmej que ses enfants soient fidèles et ne puissent être accusés ni de déhanche, ni d'insuhordination. Car il faut que le surveillant {episcopon) soit irréprochable, étant l'administrateur de la maison de Dieu. Qu'il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni âpre au gain; mais qu'il soit hospitalier, ami des gens de bien, prudent, juste, saint, tempérant, attaché à la vraie parole, telle qu'elle a
1. Voir le Pasteur d'Hermas. L'épître à Tite donne aussi comme synonymes : ancien, presbutéros, et surveillant, épiscopos, qu'elle emploie, ch. I, l'un au verset 5, l'autre au verset 7. Preuve à noter en passant que la distinction de l'épiscopat et de la prêtrise, bien qu'établie d'assez bonne heure, ne remonte pas jusqu'aux origines de l'Église.
LE CLERGE PRIMITIF
été enseignée, afin d'être capable d'exhorter suivant la saine doctrine, et de réfuter les contradicteurs \
Il aurait écrit à Timothée ^ :
Cette parole est certaine : si quelqu'un aspire à être évêque, il désire une œuvre excellente. Il faut donc que i'évêque (episcopon) soit irrépréhensible, mari d'une seule femme, sobre, prudent, digne, hospitalier, capable d'enseigner. Qu'il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais doux et pacifique; qu'il n'aime pas l'argent; qu'il gouverne bien sa maison et qu'il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté; car si quelqu'un ne sait pas gouverner sa propre maison, comment pourra-t-il s'occuper de l'Eglise de Dieu? Qu'il ne soit pas nouvellement converti, de peur qu'enflé d'orgu,eil il ne tombe sous le jugement du diable. Il faut aussi que ceux du dehors lui rendent un bon témoignage, pour qu'il ne soit pas exposé à l'opprobre et ne tombe pas dans les pièges du diable.
De même, que les « administrateurs» {diaconoi) soient graves. Qu'ils ne soient ni doubles dans leur langage, ni adonnés aux excès du vin, ni âpres au gain, mais qu'ils gardent le mystère de la foi dans une conscience pure. Aussi faut-il qu'ils soient d'abord mis à l'épreuve, et n'obtienennt la charge d' « administrateurs» que s'ils sont trouvés sans reproche. Que leurs femmes soient graves, point médisantes, sobres, fïdèles en toutes choses. Que les administrateurs soient maris d'une seule femme, et qu'ils gouvernent bien leurs enfants et leurs propres maisons. Car ceux qui auront bien rempli leur ministère acquerront un rang