Tim,, III, 1-13, traduction Decoppet
honorable et une grande assurance dans la foi en Jésus- Christ \
Dans ces deux lettres, Paul (ou celui qui tient la plume sous son nom) établit les règles du clergé. Ces « anciens » {preshyteroi), ces « surveillants » {episcopoi), ces « administrateurs » (diaconoi) seront les prêtres, les évêques, les diacres des fidèles du Christ. Tous doivent être des hommes graves, de bonne réputation, ayant bien élevé leurs enfants. Paul ne parle ni de célibat, ni de virginité. Il veut que les anciens et les administrateurs soient « maris d'uneseule femme», et nonpas polygames, comme tant de gens à cette époque. S'il avait regardé comme nécessaire, en outre, que cette épouse fût la première, il aurait probablement su le dire. C'est à raison de la discipline du ii® ou du m® siècle qu'on lui a prêté l'intention d'exclure des fonctions d'ancien ou de surveillant l'homme remarié. Quant à l'idée que l'élu devait rompre tout commerce conjugal à partir de son élection, elle est beaucoup plus récente. Un vieux texte historique des Actes des Apôtres (XXI, 5) semble appuyer la discipline paulinienne. Il est dit que, quand Paul passa par Tyr pour se rendre à Jérusalem, tous les disciples de Tyr l'accompagnèrent « avec leurs femmes et leurs enfants, jusque hors de la ville »; il n'est pas fait mention de frères gardant le célibat.
L'idéal que Paul exigeait des Anciens ou des Surveillants fut-il toujours réalisé? Il n'est pas permis de le supposer. Dans sa lettre aux chrétiens de Philippes, saint Polycarpe se déclare « profondément affligé au
1. Sur les autres textes attribués à Paul, voir plus bas ch, IV, p. 34.
LE CLERGE PRIMITIF
sujet du presbytre Val eus et de son épouse ». D'après le contexte, ils s'étaient rendus coupables d'(( avarice ». Peut-être s'étaient-ils montrés trop parcimonieux dans le soin des pauvres, ou avaient -ils détourné au profit de leurs propres besoins l'argent de la communauté? En tout cas, Polycarpe ne leur reproche pas leur mariage.